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Les militaires de l'ONU ont pris le relais en Haïti, au service de la bourgeoisie
Deux mois après le renversement d’Aristide le 29 février, la MINUSTAH, mission des Nation Unies pour la stabilité en Haïti, a pris le relais de la force multinationale pilotée par les Etats-Unis. Le 18 juin, les membres du conseil de sécurité de l'ONU se sont félicités du déploiement de la MINUSTAH depuis le début du mois. Ils ont estimé que la situation en Haïti demeurait stable et calme tout en indiquant que "des renforts seraient nécessaires à l'avenir".
Le premier ministre, Latortue, a informé qu'un accord de principe sur la coopération électorale a été paraphé la veille par la MINUSTAH, l'OEA et la CARICOM, à l'occasion d'un dîner organisé à l'initiative du secteur patronal. De prochaines élections vont être organisées en trois temps dans le pays : territoriales et locales, législatives et présidentielles!
Le gouvernement s’occupe de mettre sur pied des institutions favorables aux patrons, et les patrons eux ne se laissent pas détourner de leurs intérêts immédiats. Ainsi le nouveau président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti, Réginald Boulos, a critiqué la lenteur avec laquelle les autorités intérimaires gèrent le dossier de la réparation des hommes d'affaires victimes des événements (pillages et destructions de biens!) du 29 février dernier. Il a demandé que «des mesures concrètes soient adoptées en vue de permettre, a-t-il dit, la reprise effective des activités économiques dans le pays».
Boulos a proposé que la Banque de la République d'Haïti (BRH) accorde des crédits et d'autres dispositions spéciales aux banques commerciales pour que les patrons et autres hommes d'affaires profitent de délais dans le remboursement de leurs dettes.
Ce Boulos est connu comme membre de l’entreprise pharmaceutique Pharval qui avait commercialisé un sirop toxique ayant entraîné le décès d’une trentaine d’enfants, il y a une dizaine d’années. Les laboratoires Pharval et Boulos n’ont jamais été inquiétés pour cela. De même qu’il a reçu le soutien de la loi bourgeoise, il demande que le soutien financier des bailleurs de fonds internationaux aille renflouer les caisses des possédants pour leur permettre de faire tourner les banques locales. Et pour que tout se déroule dans le calme, la MINUSTAH veillera à ce que la population ne vienne pas mettre le désordre dans le déroulement des opérations des bourgeois!
Le 10 juin 1848, l'esclavage est aboli en Guyane
Après le 22 mai 1848 en Martinique, puis le 27 mai en Guadeloupe, le décret d’abolition de l’esclavage a été officiellement annoncé en Guyane le 10 juin.
Dans cette colonie, le contexte a été différent. Il n’y a pas eu de mobilisation des esclaves comme en Guadeloupe et en Martinique. Ces derniers se sont soulevés et ont imposé l’abolition avant l’arrivée officielle du décret. Cette différence s’explique par l’histoire de l’esclavage en Guyane. Il y a eu bien moins d’esclaves dans cette colonie qui ne rapportait pas autant de richesses pour les planteurs que les îles des Antilles, à l’époque. Les luttes n’ont pas eu autant d’ampleur qu’aux Antilles. Si les luttes des esclaves en Guyane n’ont pas eu la même ampleur qu’aux Antilles, c’est aussi parce que l’influence des idées ( celles de 1789 et de 1848) venant de la métropole ont eu un impacte moins important du fait de l’éloignement de la colonie.
Les esclaves guyanais n’ont pas pour autant accepté leur condition d’esclaves et se sont battus pour obtenir leur liberté. Comme aux Antilles, ils ont organisé des complots pour tuer les maîtres.
En 1707, sous la direction d’un esclave, Gabriel, des Marrons ont survécu pendant près de 30 ans dans la forêt. Le marronage a pris de l’ampleur avec l’arrivée massive des marrons hollandais en partie française. Ces groupes ont pris une importance considérable. A l’époque ont a parlé de plusieurs milliers de marrons, chiffres non négligeables au regard du peu d’habitants de la colonie. Vers 1770 les marrons ont constitué des groupes ethniques qui ont été plus tard appelés Bonis du nom de leur chef.
En 1790 des esclaves se sont révoltés sur une plantation et ont tué des colons. Certains ont déserté les plantations et ont fui dans les forêts où les troupes ont eu bien souvent du mal a les rattraper à cause de difficultés géographiques. Les nègres marrons ont pu survivre durant plusieurs années.
Après la première abolition décrétée par la convention en 1794, de nombreux esclaves ont fui les plantations. Le rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802, a entraîné le mécontentement des esclaves. Le gouverneur de l’époque, Victor Hugues, chargé par Napoléon de rétablir l’esclavage en Guyane, est celui qui avait proclamé le décret d’abolition en Guadeloupe en 1794. C’est lui qui a réprimé la rébellion conduite dans trois régions différentes de la Guyane par des chefs noirs tels Simon, Adone et Pompé. Les deux premiers ont succombé. Pompé a poursuivi la lutte durant deux ans. Il a été rattrapé par les troupes, condamné à mort puis gracié par la suite.
. Les idées de la révolution de 1789, ont eu une répercussion sur la révolte à Saint Domingue et les luttes des esclaves en Guadeloupe et en Martinique. Dans ces colonies les esclaves sont allés jusqu’à prendre les armes et à constituer de véritables armées contre les troupes françaises. Mais comme partout où il y a eu l’esclavage, les esclaves guyanais se sont rebellés constamment contre leur condition d’esclave.
Européenne
Les résultats des listes LO-LCR
Nous publions ci dessous un extrait d’un article de George Kaldy de Lutte Ouvrière.
…. « Les listes LO-LCR n'ont totalisé que 2,58% des suffrages exprimés. C'est évidemment très loin des quelque 10% réalisés par Arlette Laguiller et Olivier Besancenot au premier tour de la présidentielle de 2002. C'est un résultat plus bas que les 5,24% des européennes de 1999. Il est même en recul par rapport aux régionales de mars 2004 (4,58%).
Si, avec 432 630 voix, les listes LO-LCR n'ont même pas retrouvé leur électorat des régionales (1 075 883 voix), on peut supposer que ce n'est pas tant qu'une partie de cet électorat a voté cette fois-ci pour le PS, mais plutôt qu'il n'a pas jugé utile de se déplacer une nouvelle fois. C'est moins le "vote utile" que le désintérêt de l'électorat populaire à l'égard du vote, qui a fait le succès du PS.
Derrière les statistiques, moyennes, il y a des réalités sociales. C'est dans les bureaux de vote des quartiers populaires que l'abstention a été la plus forte, atteignant 70%, voire plus. L'électorat populaire, dans sa majorité, n'a pas eu envie d'aller voter.
Dans le contexte actuel, s'abstenir c'était favoriser le PS. C'est son électorat qui s'est fait entendre, non seulement en son propre nom, mais en tant que représentant de tous ceux qui sont hostiles au gouvernement Chirac-Raffarin.
Les grandes formations de la gauche, PS et PC, en appelant à voter pour Chirac lors du deuxième tour de la présidentielle de 2002, ont contribué à dégrader un peu plus les repères politiques de l'électorat populaire.
Élections européennes
Très forte abstention!
L’abstention aura été l’un des points marquants de ce scrutin. En France, on a compté 57, 22% d’abstentions soit 4 points de plus qu’en 1999. Mais par rapport aux élections régionales d’il y a quelques mois on compte 20 points de plus d’abstention. En Grande Bretagne 61%. Cette abstention a été aussi forte dans toute l’Europe : 52% dans l’Europe des dix et …74% chez les quinze ! Dans les pays nouvellement adhérents, l’abstention a été encore plus forte.
Les records d’abstention vont à la Slovaquie avec 84% et à la Pologne avec 79,2%. Seuls la Belgique et le Luxembourg ont participé massivement avec 91% de participation, sans doute parce que dans ces pays le vote est obligatoire.
On peut expliquer cette abstention par le fait que pour une majorité d’électeurs, le vote européen pour l’instant apparaît comme sans grande incidence dans leur vie quotidienne. L’électeur n’a pas vu en quoi ces élections pourraient régler par exemple les problèmes de chômage, de pauvreté, de niveau de vie. Et c’est encore plus vrai dans les pays d’Europe de l’Est, bien plus pauvres que ceux d’Europe occidentale.
Élections européennes
Résultats DOM-TOM
Lutte Ouvrière a présenté une liste dans la "8e circonscription", regroupant l'ensemble des DOM et des TOM. Dans cette circonscription, aussi aberrante par le découpage que par l'objet "européen" du scrutin, l'abstention a été plus importante encore que dans l'Hexagone, atteignant 71,80% des électeurs inscrits.
La liste LO a recueilli 7 421 voix, représentant 1,95% des suffrages. On note quelques pointes, comme en Martinique, où Ghislaine Joachim-Arnaud, militante de Combat Ouvrier, conduisait notre liste et a rallié les suffrages de 7,11% des électeurs; ou comme à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans une moindre mesure, avec 4,11% des voix. Dans deux autres départements, la liste LO dépasse les 2%: la Guyane (2,29%) et la Guadeloupe (2,03%).
Élections européennes
Record d'abstention aux Antilles
L’abstention est en général assez élevée ici aux Antilles, quel que soit le type d’élection. Mais pour les européennes, la participation diminue de beaucoup par rapport aux autres types d’élection.
C’est ainsi qu’aux européennes du 13 juin dernier on a compté 84,51% d’abstention en Guadeloupe. C’est moins que lors des élections précédentes. On a eu 85.36 % d’abstention en 1994 et 88.25% en 1999. En Martinique, elle atteint cette fois 82,05% contre 88.38% en 1999.
A La Réunion elle était de 59.21%, à St Pierre et Miquelon : 81,2%, en Nouvelle Calédonie : 74,57% en Polynésie française : 60,15%, à Wallis et Futuna : 81,75%.
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