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ÉditorialLe gouvernement veut s'attaquer aux 35 heures, ne le laissons pas faire!
Le ministre de l’économie Nicolas Sarkozy ne cesse de faire des effets d’annonce et a déclaré récemment au salon Planète PME qui rassemble 12000 chefs d’entreprise qu’il fallait revenir sur les 35 heures et que surtout « il ne fallait pas craindre d’engager une réforme profonde » des 35 heures.
Et le premier ministre de renchérir en déclarant qu’il fallait permettre à ceux qui veulent gagner plus d’argent de le faire. C’est à un véritable matraquage du gouvernement que les travailleurs ont droit en ce moment, et bien entendu le président du MEDEF, Ernest-Antoine Sellière a renchéri et déclaré qu’il ne fallait pas redouter la sanction des urnes, mais qu’il fallait en profiter pour réformer. Ses propos en disent long sur les intentions du patronat : «alors, allons de l’avant, allons-y vite et allons-y fort!». Et ce mardi 6 juillet le président du MEDEF déclarait encore qu’il fallait engager les discussions avec les partenaires sociaux. Ce que ces gens là veulent c’est augmenter le contingent d’heures supplémentaires, démanteler encore plus la loi sur la réduction du temps de travail à 35 heures mais sans augmenter les salaires comme ils veulent le faire croire.
En Allemagne, l’entreprise SIEMENS, a réussi à faire signer au syndicat IG Metal un accord pour passer de 35 heures à 40 heures sans augmentation des salaires sous prétexte d’éviter les délocalisations. Cet accord est une véritable aubaine pour le gouvernement français qui en profite pour faire croire aux travailleurs qu’avec les 35 heures les entreprises françaises vont délocaliser à l’étranger.
Depuis son arrivée au pouvoir, Chirac et ses ministres n’ont cessé de s’en prendre aux 35 heures qui seraient source de difficultés pour les entreprises, qui coûtent trop cher et ne créent pas d’emplois. Une première attaque avait déjà eu lieu avec la loi Fillon qui avait permis d’augmenter le quota d’heures supplémentaires et d’assouplir de façon importante la réglementation sur les 35 heures. En réalité ce que ne dit pas le gouvernement c’est qu’avec la réduction du temps de travail, la flexibilité a augmenté et les entreprises se sont arrangées pour faire effectuer le même travail en moins de temps en créant le moins possible d’emplois et tout en bénéficiant d’allègements de charges sociales. Les entreprises n’ont rien perdu en productivité et les profits n’ont jamais été aussi importants.
Il s’agit en réalité de revenir sur tous les acquis sociaux des salariés et sur les moindres petits avantages qu’ils ont obtenus par la lutte. Beaucoup de grèves ont eu lieu dans les entreprises pour que les travailleurs puissent obtenir une réduction du temps de travail sans perte de salaire et avec des embauches. D’ailleurs bien souvent les travailleurs ont dû accepter un gel des salaires, plus de flexibilité pour bénéficier de jours RTT (réduction du temps de travail). C’est une attaque injustifiée, indigne d’une société du 21ème siècle. Comment peut-on nous faire croire qu’à l’époque où les techniques modernes ont évolué que l’on doive travailler encore plus. En réalité les patrons utilisent l’augmentation de la productivité pour faire encore plus de profits, mais les salariés n’obtiennent que les miettes car le chômage ne cesse d’augmenter et les salaires stagnent.
Mais l’occasion est trop belle de faire pression encore plus sur les travailleurs et de profiter de la période des vacances pour les attaquer. Avec la remise en cause de l’assurance-maladie, le projet de privatisation d’EDF-GDF, le gouvernement fait feu tout bois d’autant plus que les dirigeants syndicaux n’organisent pas la riposte réelle qu’il faudrait.
Seule la colère des travailleurs fera reculer ce gouvernement au service du grand patronat.
La grève au CHU de Fort-de-France
Les salariés du CHU de Fort de France se sont mis en grève depuis le jeudi 1er juillet. Ils réclament des titularisations immédiates et des remplacements en nombre suffisant.
Tout à commencé par la campagne mensongère de dénigrement menée par la direction visant à faire croire que le manque de remplacements venait du trop grand nombre d’arrêts - maladie. Lors des séances de travail avec les directeurs, les délégations syndicales ont pu débusquer les pratiques de cette direction pour faire des économies sur les dépenses de personnel. Plus de 350 mensualités de remplacement sont actuellement utilisées sur des postes figurant au budget, mais restant vacants. Car bien sûr, pour la direction, il revient moins cher d’utiliser du personnel en situation de précarité, taillable et corvéable, que de titulariser les agents. Dans le même temps cela lui permet de réduire au minimum le nombre de remplacements réels, et pour ce faire, des pressions inadmissibles sont exercées contre le personnel.
D’après les documents obtenus par les syndicats, il y aurait prévu au budget:
- 119,5 postes vacants de catégorie C (agents d’entretien, agents techniques, maître-ouvrier, etc…
- 134.65 postes vacants de catégorie B (préparateurs en pharmacie, infirmiers, secrétaire etc…
- 94.7 postes vacants de catégorie A (psychologues, ingénieurs, puéricultrices, infirmiers, cadres, etc…
Il s’agit bien d’une politique délibérée et scandaleuse de la direction! Aujourd’hui, l’heure est à la mobilisation! Car avec ces gens là, ceux de la direction qui se montrent toujours de bons élèves zélés des directives gouvernementales, il ne suffit pas d’avoir raison. Il ne suffit pas de les avoir obliger à donner des preuves comme cela a été le cas dans de multiples réunions. Il faut aussi les contraindre à réajuster leur tir et à céder pour obtenir des titularisations d’agents qui sont sur les postes vacants et un nombre de mensualités de remplacements suffisants.
Jeudi et vendredi dernier, la mobilisation était grande et lors des assemblées générales qui se sont déroulées dans le hall d’entrée du CHU de La Meynard, il y avait de l’ambiance. Une délégation a rencontré les directeurs mais la directrice générale n’étant pas présente les décisions n’ont pas été prises. Lundi 5 juillet, il y a eu une rencontre à l’Agence Régionale de l’hospitalisation. Là non plus, les grévistes n’ont pas eu satisfaction. Une deuxième rencontre est prévue le mercredi 7 juillet. La mobilisation continue!
DH: au moment où nous bouclons, mardi 6 juillet, l’entrée du CHU est de nouveau bloquée, face à l’intransigeance de la direction.
Ouverture de la chasse au congés maladie!
Dans les mesures de réforme de l’assurance maladie, Douste Blazy, le ministre, annonce une surveillance renforcée des arrêts-maladie, actuellement il n’y a pas d’obligation de contrôle pour les arrêts continus de moins de 6 mois. Cette mesure «incite le service médical des caisses à contrôler de façon méthodique ces arrêts et à apprécier l’adéquation thérapeutique du recours à la prescription de l’arrêt de travail à l’état de santé de l’assuré», en clair à vérifier qu’il ne s’agit pas d’un arrêt de complaisance. Et pour permettre un contrôle plus efficace, ces arrêts-maladie seraient enregistrés par le biais de la Carte Vitale afin d’être traités rapidement par les Centres et le numéro de téléphone devrait figurer sur l’arrêt de travail.
Voilà une loi qui intéresse particulièrement les patrons, cette chasse au «congés-maladie» qu’ils appellent «abusifs». La nouvelle loi prévoit des contrôles plus fréquents, plus stricts des salariés à leur domicile. Les caisses devront donc trouver des contrôleurs en nombre plus importants pour effectuer ses contrôles, alors qu’elles n’en ont déjà pas assez pour effectuer les contrôles actuels.
C’est alors que l’on voit naître un nouveau secteur d’activité, celui des agences privées de contrôles des arrêts de travail. Les promoteurs de ces agences se définissent comme «des alliés de l’Assurance maladie avec laquelle ils travaillent pour boucher le déficit et des partenaires des patrons des entreprises qu’ils aident à optimiser la gestion de leur personnel». Des tas de belles formules pour dire que les salariés ne pourront plus être malades car ils auront à payer les médicaments, ils ne recevront pas d’indemnités et la procédure de contrôle pourra aboutir au licenciement.
Les médias ont annoncé qu’une agence de contrôle prépare son ouverture à Jarry. Leurs recruteurs démarchent des infirmières, médecins, secrétaires pour constituer leurs équipes, et ils cherchent des financements auprès des organismes régionaux.
Encore d’autres personnes qui vont être employés pour serrer la vis aux salariées comme eux, à qui on veut faire jouer le rôle de flic auprès des travailleurs comme eux et qui seront payés sur les bénéfices de l’exploitation des travailleurs.
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