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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 10 juillet 2004      N° 906
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Martinique
Prime pour un voyage vers Paris. Qui seront les gagants? Les patrons ou les voyageurs?

La ministre de DOM lors de son passage en Martinique à la fin du mois de juin a donné son accord pour la mise en place d’un nouveau dispositif intitulé «continuité territoriale».
Il s’agit d’une prime qui sera accordée semble t-il à certains voyageurs des DOM qui voyageront vers Paris. Pour la Martinique, cette prime sera plafonnée à 400 euros. Et les membres du Conseil régional se sont montrés bien zélés vis-à-vis de l’Etat et des possédants, Ils se sont empressés d’adopter les critères d’éligibilité à cette aide, une semaine avant l’arrivée de la ministre. Cette aide concernera donc 12500 Martiniquais, en dehors des jeunes bénéficiaires d’un passeport mobilité.
En fait, ces professionnels de la politique n’ont fait que jouer leur rôle de notables et surtout de sélectionneurs. Les heureux «élus à percevoir cette prime» sont 12500 personnes non imposables et triés sur le volet depuis la Région et à la loupe au cours d’une séance plénière le 15 juin dernier. Ce sont des gens qui sont supposés effectuer un voyage unique dans l’année, et attention, pour des raisons bien précises par exemple: pour… un entretien d’embauche en France! un événement familial, pour un examen et même pour un impératif professionnel. Bref.
Mais ce n’est pas tout, pour bénéficier de cette prime les bénéficiaires doivent acheter un billet d’une valeur moyenne de 1300 euros, sinon ils paieront de leur poche. De plus, il y aura un contrôle strict pour ceux qui feront la demande.
La belle affaire! Ceux qui nous transportent ou qui nous «volent» vers Paris, c’est à dire ceux qui empocheront le fric, doivent déjà se frotter les mains. Et ils auront là un prétexte pour ne pas baisser le prix du billet. C’est la continuité territoriale ou plus précisément la continuité de cadeaux au patronat?
Désormais non seulement on a droit régulièrement au cinéma et aux déclarations hypocrites des hommes politiques gouvernementaux sur les ondes, mais on a aussi droit à ceux de la Région Martinique.



Mobilisation unitaire contre la répression syndicale

Différentes organisations politiques et syndicales ainsi que des personnalités ont crée un comité de lutte contre la répression antisyndicale en solidarité avec les militants de l’UGTG victimes de la répression judiciaire. Plusieurs d’entre eux ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme et long, en dernière instance. D’autre part, l’UGTG est condamné à payer plusieurs amendes très fortes, grevant lourdement son budget. Les organisations qui ont pour l’instant adhéré au comité sont : le KLNG, l’UPLG, le MOUVMAN GWADELOUPEYEN, COPAGUA, l’UGTG, NONM, l’UPG, FAEN-SCL , SUD-PTT, le PCG, COMBAT-OUVRIER. Certaines personnalités telles le père Céleste, Louis Théodore, Gérard Lokel, Michel Rovelas ont également adhéré. D’autres organisations ont déjà fait savoir qu’elles donneront leur accord.
Un communiqué signé par ces organisations a été envoyé à la presse. Une conférence de presse est prévue pour le mercredi 7 juillet à 10 heures à la salle Rémy Nainsouta ainsi qu’un meeting le vendredi 9 juillet à 19 heures au Palais de la Mutualité.
Le comité entend sensibiliser l’opinion publique sur les condamnations en série qui frappent les militants de l’UGTG. Ces condamnations concernent l’ensemble des travailleurs qui sont de plus en plus confrontés aux attaques patronales. Quand les travailleurs réagissent, ils trouvent face à eux les forces de l’ordre et l’appareil judiciaire pour les réprimer. Toutes ces attaques visent à faire reculer les travailleurs. La politique des patrons est d’étouffer toute représentativité syndicale dans l’entreprise et d’imposer leurs conditions de travail. C’est pour cela qu’il est important que les organisations réagissent et mobilisent tous les travailleurs pour une riposte d’ensemble contre de telles attaques. Les patrons tombent régulièrement sous le coup de la loi pour toutes sortes de malversations, propos malveillants, menaces, racisme, harcèlement sexuel et moral contre les travailleuses et travailleurs. Mais eux, ne sont pratiquement jamais inquiétés.
Les recours devant la Cour d’Appel et les pourvois en Cassation ont été rejetés. La justice maintient les condamnations contre les militants de l’UGTG. Certains d’entre eux risquent d’être arrêtés dans les prochains jours. Il est donc important que la mobilisation s’amplifie.



Guadeloupe
Encore deux morts suite à des accidents du travail. Il faut arrêter le massacre!

Lundi 28 juin, deux travailleurs sont morts. L’un d’eux, un ouvrier mécanicien de 29 ans, à Ste Rose, a été écrasé par le rouleau compresseur d’un engin qu’il était en train de réparer. Le second, âgé de 42 ans, à Basse Terre, conduisait un tracteur remorquant un chargement de canne. Il a perdu le contrôle de l’engin, a été éjecté, et a eu la tête broyée par les roues.
Deux jeunes hommes ont donc perdu la vie dans l’exercice de leur travail. Ce type d’accident n’est pas rare, aux Antilles, en France, et dans l’ensemble du monde capitaliste. Ils sont dus dans la plupart des cas, à la fatigue, à des conditions de travail éprouvantes, à la nécessité de travailler trop vite et sans précaution sous la pression des patrons. Les accidents du travail ne sont pas tous mortels, mais beaucoup laissent des séquelles ou des handicaps à vie. En France, des statistiques de 2001 dénombrent 737 439 accidents du travail, dont 43 078 accidents graves et 730 décès. Pour les départements d’Outre mer, en 1998, il y a eu 7 738 accidents du travail, dont 463 ont entraîné une incapacité permanente ou un décès. 11 décès ont été recensés en 1997 et 7 en 1998.
Ces morts et ces infirmes à vie viennent s’ajouter au cas de tous les travailleurs qui sont victimes de maladies professionnelles parfois mortelles, liées, parmi de multiples autres, à la manipulation de l’amiante, ou encore à l’épandage de pesticides, très fréquent en Guadeloupe sur les plantations de banane.
Pour un patron, la vie d’un travailleur pèse bien peu. Son objectif est de réaliser le plus de bénéfice possible, y compris au détriment de la sécurité et même de la vie des salariés.



Sécurité sociale: la réforme sur le dos des travailleurs se met en place

Le mercredi 16 juin Douste-Blazy, ministre de la santé et de la protection sociale, a présenté son projet de réforme de la Sécurité Sociale au conseil des ministres qui l’a adopté. Les prochaines étapes avant son application sont ses passages devant les députés puis devant les sénateurs. Il n’a pas eu l’accord des syndicats, mais il a bénéficié de leur neutralité bienveillante. CGT et FO, ne sont pas donné les moyens de mobiliser les travailleurs le mardi 15 pour préserver leur droit à la santé et contre le vol que constitue cette prétendue réforme de la Sécurité Sociale. La manifestation contre la réforme fut un échec et conforte le ministre a poursuivre sa réforme dans la voie choisie. Douste-Blazy se fait fort d’ici 2007 d’économiser 10 milliards d’euros et trouver 5 milliards presque exclusivement sur la santé des travailleurs et dans leurs poches. Les mesures phares sont:
- 1 euro supplémentaire qu’on aura à acquitter lors d’un acte médical. On sera exonéré si l’acte conduit à une hospitalisation. Sont exclus du paiement de cette immonde taxe les femmes enceintes et les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle);
- Augmentation du forfait hospitalier qui de 13 euros passera progressivement à 16 euros en 2007;
- Augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) pour les travailleurs et surtout pour les retraités qui verront leur taxation s’accroître de 0,4%;
- Prolongation de la CRDS ( contribution au remboursement de la dette sociale ).
Douste-Blazy prévoit pour les patrons une augmentation de le C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) de 0,03% mesure qui amènera dans les caisses de la sécurité 760 millions d’euros. Donc le ministre qui prévoit 5 milliards de recette supplémentaire pensent les prendre uniquement dans les poches des travailleurs.
De plus il les accompagne de mesures vexatoires sous prétexte de réaliser des économies.
- Contrôle plus accru des congés de maladie;
- Obligation de prouver son identité lors de l’utilisation de la carte vitale;
- Obligation d’avoir un médecin traitant et de le consulter avant un spécialiste. Sinon on paie plus cher et on est moins bien remboursé;
- Institution du dossier médical personnel qui contiendra tous les soins reçus par le patient, et devra être consulté par tous les praticiens avec tout acte sinon sanction.
Tous ces contrôles visent à rendre impossible l’accès à des soins de qualité au travailleurs, alors qu’ils paieront plus. Les riches eux ne sont pas concernés, ils peuvent toujours payer pour se faire soigner correctement dans une clinique privée de luxe.



La justice condamne sévèrement plusieurs militants de l'UGTG

13 militants de l’UGTG ont été condamnés à des peines de prison avec sursis ou à la prison ferme, ainsi qu’à de lourdes amendes. Ces militants pour la plupart sont des responsables syndicaux qui se sont activement impliqués dans des mouvements de grève.
Malgré la longue durée de ces grèves les patrons refusent de céder en jouant sur le pourrissement de ces conflits qui se durcissent. Les dirigeants syndicaux sont pris comme cibles. La justice a frappé fort dans le but de décourager les travailleurs. Mais cela n’a pas entamé la détermination des militants de l’UGTG. Parmi ceux qui sont condamnés aujourd’hui, on retrouve des militants qui ont déjà subi la répression et sont restés plusieurs mois en prison.
Les 13 militants condamnés sont les suivants:

GUY SUZANON : secrétaire syndical UTC-UGTG (Union des Travailleurs des Collectivités), condamné à 4 mois de prison avec sursis et 6000 euros d’amende.
EDDY PETER : membre du conseil syndical de l’UTC-UGTG, condamné à 6 mois de prison avec sursis et 1627,50 euros d’amende.
DELICE PAQUION :employée communale du Lamentin, condamnée à 3 mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende.
JOCELYN COMUCE : délégué du personnel à la société Ecomax, licencié, condamné à 6 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende.
DANIEL DICANOT : délégué du personnel à la société Match, licencié, condamné à 12 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende.
PATRICE FERGE : secrétaire de l’UEC-UGTG ( Union des Employés du commerce) condamné à 12 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende.
MICHEL MOLIA : délégué syndical de la société Match, condamné à 12 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende.
FRANCOIS MONTANTIN : délégué du personnel de la société Ecomax, licencié et condamné à 6 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende.
LOUIS CARL : délégué du personnel de la société Ecomax, condamné à 12 mois de prison avec sursis et 5607 euros d’amende.
ELIE DOMOTA : secrétaire adjoint de l’UGTG, condamné à 2 mois de prison avec sursis.
LUCIANO LENDO :, un jeune responsable du conseil syndical de l’UGTG et du syndicat de l’hôtellerie( UTHTR), récemment décédé, condamné à 4 mois de prison ferme.
ARMAND TOTO : membre du conseil syndical de l’UGTG, condamné à 6 mois de prison ferme et à 8 700 euros d’amende pour une grève d’agents de sécurité à l’hôtel le Club Med et à 4 mois d’emprisonnement ferme et 9890 euros de dommages et intérêts à 4 gendarmes qui l’accusent de les avoir frappés. Ce responsable syndical a déjà été condamné et est resté plusieurs mois en prison.
MICHEL MADASSAMY : membre du conseil syndical de l’UTPP( Union des Travailleurs des Produits Pétroliers) a été condamné à 3 mois de prison ferme et à 7000 euros de dommages et intérêts. Il a été également condamné à 10 mois de prison ferme et 53 000 euros de dommages et intérêts à la société Texaco. Il a été également licencié. Ce n’est pas la première fois qu’il est condamné. Il a passé plusieurs mois en prison.

Ce sont des syndicalistes qui sont condamnés alors que les patrons refusent d’appliquer les règles élémentaires concernant le droit syndical. Ces patrons n’hésitent pas à licencier des responsables syndicaux. Les conflits éclatent contre ces licenciements et de meilleures conditions de travail. Les patrons pourtant ne sont pas poursuivis ni condamnés. Avec la complicité de l’Etat et de la justice, complicité ils se sentent autorisés à étouffer toute tentative de lutte des travailleurs.



La hausse du SMIC du 1er juillet: une misère qui inquiète les patrons!

Le gouvernement a décidé d’augmenter le SMIC à compter du 1er juillet comme chaque année. Cette année, la hausse sera de 5,8%. Il s’agit aussi selon le gouvernement d’uniformiser la variété des SMIC créée par les socialistes lors de la mise en place de leur fameuse loi sur les 35 heures.
Cette hausse pourtant infime a déclenché la colère des patrons. Leurs représentants (la C.G.PME) ont réagi par communiqué à la presse et en donnant de longues interviews. Selon ces derniers, ces miettes accordées aux salariés mettront leurs affaires à mal en alourdissant leurs charges. Le toupet, le culot, ce n’est pas ce qui leur fait défaut. Ils oublient que l’argent que gagnent les travailleurs d’une main, ce sont les patrons qui les récupèrent dans le cadre de la consommation des ménages.
Ils font comme si, dans le même temps, ils ne bénéficiaient pas en contre-partie, d’exonérations et de subventions, souvent supérieures, aux maigres augmentations que pourrait provoquer une hausse du SMIC. D’ailleurs, il n’y a qu’à prendre connaissance des résultats des entreprises pour se convaincre que ces patrons sont très loin d’être dans le besoin. Et bien souvent, lorsque leurs affaires vont mal, c’est parce qu’ils pillent dans la caisse commerciale pour investir ailleurs.
Non seulement la hausse du SMIC de 5,8 % est justifiée, mais elle est nettement insuffisante au regard des besoins de la population. Ce taux n’est qu’une infime partie de la richesse créée par les travailleurs et dont les patrons sont les seuls à profiter. Ce n’est que lorsque les salariés interviennent directement et avec force qu’ils obtiennent une hausse significative pour vivre un peu plus décemment.




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