logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 10 juillet 2004      N° 906
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 3

Martinique
Hôpital de Trinité. Face à la mobilisation, l'ARH arrête de lanterner les syndicats

Après plusieurs journées de mobilisation des travailleurs, ARH (Agence régionale d’hospitalisation) et direction de l’établissement ont dû revoir leur copie pour l’hôpital de Trinité. Voila des années que la direction de l’établissement lanterne le syndicat UGTM en place. Malgré l’état calamiteux des conditions d’hébergement des malades, leur amélioration n’était toujours pas à l’ordre du jour. Est-ce le renforcement du syndicat CGTM à l’issue des dernières élections représentatives du personnel, qui a «boosté» le ronron des comptes-rendus d’audience avec les tutelles sans résultat? Quoi qu’il en soit, suite à cette nouvelle donne syndicale, en 2004, les syndicats ont eu plusieurs rencontres avec l’ARH, autorité de tutelle des hôpitaux, représentant de l’Etat. Les représentants des travailleurs ont exigé que des fonds soient prévus et que des travaux soient programmés dans le cadre de l’humanisation de l’hôpital pour les services de soins, de chirurgie et la maternité. Et l’ARH devait faire de nouvelles propositions sur le contrat d’objectif et de moyens (COM) à la fin du mois de juin.
Le coup de colère des syndicats et des personnels contre une situation qui stagnait depuis 13 ans est arrivé à point nommé le 17 juin.. Après la visite des locaux par les élus, les syndicats ont programmé mardi 22 juin, une rencontre avec le représentant de l’ARH, le député-maire de la ville de Trinité, président du Conseil d’Administration et le directeur de l’hôpital. Les «décideurs» étaient désormais face à face. Il n’était plus question de se renvoyer la balle. Ils ont dû enfin commencer à évaluer sérieusement les sommes reçues et celles encore nécessaires pour l’amélioration de l’hébergement. Il fallut encore d’autres réunions, avec le Directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation et ce n’est que lors de la réunion du 28 juin que les négociations aboutirent enfin. Le contrat d’objectif et de moyens passait de 200 000€ pendant trois ans à 250 000€ pendant trois ans, et une rallonge supplémentaire de plus de 100 000€ fut même trouvée par l’ARH, permettant de faire l’avance nécessaire au lancement des travaux d’humanisation. Sur les volets sociaux et médicaux du contrat COM, un calendrier fut fixé pour prévoir les financements. Voilà, les travaux sont désormais programmés! Tous les problèmes sont loin d’être réglés! Mais la mobilisation des salariés a tout de même permis d’obtenir des avancées conséquentes.



Martinique
Pneus Arma. Des travailleurs en lutte pour le respect de leurs droits

Des travailleurs d’une entreprise, « Pneus Arma », spécialisée dans la vente et la réparation de pneus, sont en grève plusieurs jours.
Ces travailleurs demandent qu’une disposition inscrite dans le Code du travail et dans le Code de la Sécurité Sociale soit respectée : la sécurité des travailleurs.
Compte tenu de la campagne orchestrée par le gouvernement pour culpabiliser la population laborieuse sur le fameux trou de la Sécurité sociale, on aurait pu penser que les pouvoirs publics, qui reconnaissent le bien fondé des demandes des salariés, auraient envoyé la force publique ou employé tout autre moyen pour obliger ce patron hors la loi à s’y conformer. Eh bien non. La seule intervention a été celle d’un inspecteur du travail qui, après avoir constaté l’état d’insécurité des locaux, a sommé le patron de faire des réparations. Accessoirement, ce fait montre que ce ne sont pas les salariés qui sont à l’origine du déficit de la Sécu, puisqu’ils se battent pour éviter les accidents du travail toujours coûteux, mais bien les patrons.
Par contre, ni le préfet, ni le procureur de la république, toujours pressés de faire dégager des piquets de grève pour garantir la liberté de circulation au nom du droit ne trouvent rien à redire lorsque des patrons, et plus singulièrement celui de « Pneus Arma », s’assoient sur ce même droit voté par le parlement.
Dans cette société, les pouvoirs publics sont d’abord là au service des patrons et des exploiteurs. Ce ne sont pas eux qui entreprendront donc des actions contre les patrons au profit des travailleurs. C’est par contre à ces derniers de faire respecter le peu les droits qui leur restent et que veulent grignoter petit à petit les patrons. Et les travailleurs de « Pneus Arma » sont non seulement dans leur bon droit, mais en plus ils montrent la voie à suivre : celle de la lutte.



Capesterre B-E
Les S.I.A.E.G. et la générale des Eaux Guadeloupe déterrent la hache de guerre

Depuis quelques semaines, le conflit qui opposait des consommateurs de Capesterre-B-E au S.I.A.E.A.G (Syndicat Intercommunal d’Adduction d’Eau et d’Assainissement de la Guadeloupe) et à la Générale des Eaux Guadeloupe, (ex SOGEA) refait surface. En effet un certain nombre d’abonnés de la commune ont reçu un avis signé de J. Beaugendre maire de la commune et vice-président du S.I.A.E.A.G, du président du Syndicat et du directeur de la Générale des Eaux Guadeloupe les invitant « à se rapprocher des agences de Capesterre-B-E et de Petit-Bourg, sous huitaine, afin d’analyser leur situation », sous le prétexte qu’un accord aurait été conclu avec les représentants des usagers de l’eau.
En fait, quel est l’objet de cet avis?
On se souvient que depuis 1995 un conflit oppose des abonnés du SIAEAG, résidant surtout à Capesterre-B-E à la SOGEA, devenue depuis Générale des eaux Guadeloupe. Le conflit portait sur les factures, incompréhensibles et surtout exorbitantes. Pendant plusieurs mois, Capesterre-B-E a été le théâtre de manifestations, de barrages, suivis de procès qui opposèrent les usagers qui avaient entre temps créer un Comité pour se défendre contre la SOGEA et le S.I.A.E.A.G. Finalement un accord avait été signé entre les parties en 2000, accord qui prévoyait le paiement par les abonnés concernés d’un forfait de 220 M3 par année d’arriéré. Un comité de suivi devait se réunir tous les mois pour évaluer l’évolution des choses. Mais le S.I.A.E.A.G et la Générale des Eaux, comptant sur une démobilisation des abonnés membres du Comité de Défense de l’Eau et surtout sur le conflit qui opposa alors des membres de la direction de ce Comité ne respectèrent pas leur engagement. La Générale des Eaux entendaient faire payer intégralement les factures exorbitantes et fantaisistes qu’elle avait envoyées aux abonnés en conflit. A l’époque, le maire de la commune, J. Beaugendre avait aussi invité la population à ne pas payer l’eau.
Et aujourd’hui, devenu vice-président du S.I.A.E.A.G, il invite, en accord avec la Générale des Eaux et le Syndicat, la population à payer sans tenir compte de l’accord qui avait été signé en 2000.
Le S.I.A.E.A.G, la Générale des Eaux et le maire J. Beaugendre ont cru que leur manœuvre allait passer comme une lettre à la Poste. Ils se sont trompés, car les abonnés de Capesterre-B-E ont vite retrouvé le chemin de la lutte. Le samedi 5 juin dernier, ils se sont rassemblés à plus d’une centaine devant la mairie de la commune. Les responsables du Comité de Défense de l’Eau ont proposé aux abonnés de revendiquer l’application de l’accord qui prévoyait le paiement d’un arriéré de 220 m3. Et cette fois pour les années 2002 et 2003. Une rencontre de toutes les parties concernées est souhaitée par les abonnés mobilisés. Ils ne sont toujours pas décidés à se laisser plumer par la Générale des Eaux Guadeloupe, ex-SOGEA, et sa maison mère Vivendi ex-Générale des Eaux dont l’ancien PDG a aujourd’hui affaire avec la justice.



Guadeloupe
Plantation H. Chaulet. La grève continue

La grève commencée le vendredi 11 juin par les camarades de la S.A Féfé et la S.A Fenneteau continue. Ils réclament entre autres revendications:
- Les fiches de paie et l’application des 35H,
- Les contrats de travail en CDI,
- La mise en place d’un Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail,
- Le paiement de la prime de fin d’année pour tous.
Jusqu’à présent H. Chaulet fait la sourde oreille. Mais les camarades continuent leur mouvement en se rassemblant devant le parc floral de Vallombreuse.
(Extrait du bulletin «plantations en lutte»)



Guadeloupe
Gardel. Arrêt de travail à l'ensachage

Le 18 juin les travailleurs de la section ensachage ont observé un arrêt de travail pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail et exiger des améliorations. Il a fallu 4 heures de temps à la direction pour admettre que les camarades étaient dans leur bon droit. C’est bien connu, seule la lutte paye.
( extrait du bulletin «sucrerie en lutte» -Gardel)



Morne-à-l'Eau
Les agents communaux ont eu gain de cause

Les agents de la commune ont mis fin à la grève le jeudi 01 juillet dernier après plusieurs semaines de lutte. Il leur a fallu près d’un mois pour obtenir du maire, Julien Chovino, l’essentiel de leurs revendications. Ainsi, ils ont eu, entre autres, en plus des rappels de salaires pour lesquels ils avaient déjà obtenu l’accord du maire, le régime indemnitaire qui est un complément salarial fixe qui remplace les heures supplémentaires. Ils ont également obtenu le paiement d’une cotisation d’assurance qui permet à un agent d’être couvert sur le trajet de son domicile à son lieu de travail et vice-versa.

Nouvelle alerte à la légionella à la CTM (Centrale Thermique du Moule)

C’est le jeudi 01 juillet dernier que les travailleurs de la CTM furent informés de la présence de légionella dans la centrale. Ce n’est pas la première fois que cette contamination se produit. Au mois de janvier dernier l’Institut Pasteur avait détecté la légionella dans une des cuves de la centrale. Mais la direction de la CTM avait alors caché l’information aux travailleurs. La vérité n’avait éclaté au grand jour qu’au mois de mai de la même année. Les ouvriers avaient appris la nouvelle par l’intermédiaire de la presse.
La légionellose est une maladie que les chercheurs américains ont découverte en 1976 chez les légionnaires, d’où est tiré son nom. Elle se déclare par de la fièvre, la toux, des douleurs thoraciques, des troubles digestifs, la diarrhée, etc. Il existe 39 espèces de légionellas. La maladie se traite par antibiotiques. C’est une maladie qu’il faut prendre très au sérieux. Elle peut être mortelle. Plusieurs morts ont été dénombrés en France autour d’une usine l’année dernière. Il n’y a pas si longtemps des gens en sont morts dans certains hôpitaux.
La bactérie évolue, notamment, dans les installations de distributions d’eau chaude, de vapeur et la climatisation. Il n’est donc pas vraiment étonnant qu’on en trouve à la CTM.
Au mois de mai, quand les travailleurs du site ont été informés par les médias de l’existence de légionella dans la centrale, le directeur, Nicolas de Fontenay a réagi en disant que « c’était beaucoup de bruits pour rien, c’est un incident survenu depuis plus de 3 mois pourquoi revenir sur cela;». Pour ce monsieur, tout allait bien, mais voila, les faits sont là, la bactérie n’a pas disparu ou a réapparu.
Depuis il se montre moins léger apparemment. Mais c’est quand même la vigilance accrue des travailleurs qui lui fera prendre des mesures radicales et une maintenance rigoureuse pour éviter la réapparition de cette bactérie dangereuse. Et il faudra bien cette fois que quel qu’en soit le coût, le souci de préserver la santé de tous passe avant celui de réaliser les plus gros profits possibles.




Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2004 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!