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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 10 juillet 2004      N° 906
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Aéroport Pôle Caraïbe
La grève de la SORI

Les travailleurs de la SORI, chargés de la restauration dans les avions, ont arrêté le travail deux jours, les 2 et 3 juillet. Leurs revendications sont nombreuses:
-5% sur les salaires au lieu des 1,5% proposés en NAO (négociation annuelle obligatoire) par les patrons,
-Passage à temps plein des agents à temps partiel,
-Révision de la grille des salaires,
-Enfin les grévistes demandent l’embauche des intérimaires. Un groupe d’intérimaires qui travaillent à la SORI depuis 10 ans et plus sont depuis novembre 2003 rayés des plannings pour avoir eu le courage d’aller aux prud’hommes pour que soient reconnus leurs droits : légalement, après 18 mois sur un même poste, ils sont personnels de la SORI. Or il manque du personnel.
Les directeurs de la SORI pensaient avoir convaincu les salariés que cela allait mal pour la société. Ils mentaient. Depuis quelques jours, c’est la colère : assemblée générale du personnel, tract, revendications. L’intersyndicale créée avec la CGTG, l’UGTG et la CFDT, dénonce le « féroce exploiteur SERVAIR » qui, de 1991 à 2003 aurait « distribué d’exorbitants dividendes ». Les salaires mirobolants des 3 cadres sont mis au grand jour.
La moindre des choses aujourd’hui est que les salariés reçoivent le fruit de leur travail, de leurs sacrifices. Ils n’entendent plus « se serrer la ceinture ».
La grève est suspendue, les directeurs ont repris les négociations mais le personnel reste mobilisé.



IRAK
Rien n'a changé

Le 28 juin soit 2 jours d’avance sur les prévisions, l’administration américaine d’occupation a transmis symboliquement le pouvoir à un gouvernement irakien. Gouvernement que l’administration politico- militaire américaine a elle-même installé au pouvoir sans demander leur avis aux Irakiens. C’est le moins qu’on puisse dire, puisque les USA l’ont imposé par la guerre. De plus ce gouvernement illégitime n’a aucun contrôle sur les troupes américaines et celles de leurs alliés. Le gouvernement Bush n’a pas l’intention de se retirer de l’Irak. Bien au contraire il a fait passer ses troupes de 110 000 à 130 000 hommes. Il maintient 2 500 hommes en réserve au cas où. Ce gouvernement à la solde de l’administration américaine veut se faire reconnaître et comme il est prévu des élections en janvier 2005, il va tenter de les préparer et se donner les moyens de l’emporter. Le Premier ministre Alaoui, ancien membre du parti Baas, parti de Saddam Hussein, ancien agent de la CIA s’apprête à installer le couvre feu, la peine de mort et la détention sans procès. Comme dit Bush «la liberté est en marche en Irak»...
Alors rien d’étonnant, que les attentats se poursuivent, que les troupes américaines poursuivent leurs bombardements contre la ville de Fallouja. Le chaos s’est installé en Irak à la suite de l’intervention américaine et de ses alliés. Ce n’est pas son simulacre de transfert de compétence qui gommera les 50% de chômage que compte le pays et fera revenir la sécurité, même si l’ONU applaudit à cette comédie.



HAÏTI
Le CEP au complet prépare l'agenda électoral

Le jour de la fête américaine célébrant l’indépendance (Independance Day) du 4 juillet, invité par l’ambassadeur dans sa résidence, le Premier ministre haïtien a déclaré que l’année 2005 verrait la réalisation d’élections transparentes et démocratiques. L’ambassadeur américain est satisfait. L’organisation d’élections avait été en effet le prétexte du débarquement des militaires américains. Les politiciens haïtiens ont repris le slogan : ils veulent des «élections libres, honnêtes, sincères et démocratiques»
La mascarade électorale est relancée en Haïti avec la nomination du neuvième membre du Conseil électoral provisoire CEP, Mme Josepha R Gauthier, elle occupera le poste laissé vacant par le représentant du parti Lavalasse qui a refusé de participer au CEP.
Les groupes politiques se refondent, ceux de l’alliance des 184 cherchent à créer de nouveaux pôles, d’autres fronts afin que chacun d’entre eux ait une part du gâteau électoral. Les partisans de lavalasse présentent un profil bas tout en lançant des coups de sonde comme leur apparition à quelques dizaines devant l’ambassade des US dimanche 4 juillet. Ces politiciens ne se préoccupent pas des problèmes de la majorité de la population, de la misère, la hausse du coût de la vie, l’absence de travail, l’insécurité, l’incurie de l’Etat qui mettent la population à la merci de la nature comme lors des inondations du mois dernier.
L’absence de service d’Etat est telle que les vivres des aides dites humanitaires arrivent sur les zones sinistrées un mois plus tard après qu’une partie ait été récupérée tout au long des divers circuits administratifs par toutes sortes de trafics. Les marchandes du centre ville de Port-au-Prince ont tout perdu dans les incendies de la semaine dernière, de même aux Gonaïves, elles sont aux abois et elles n’ont pas de groupes de pression au gouvernement comme les gros commerçants familiers des Boulos, Baker, Apaid et consorts pour se faire octroyer une aide du gouvernement.
Alors pendant que les politiciens préparent la machine électorale à leur profit, la population laborieuse subit le poids de l’exploitation. C’est la démocratie bourgeoise à la sauce haïtienne.



Après14 mois de grève, signature d'un accord entre l'UTC-UGTG et le maire du Lamentin Guadeloupe

Le maire du Lamentin a finalement accepté de signer un accord avec le syndicat UTC-UGTG pour trouver une solution pour les 35 agents licenciés.
Il aura fallu 14 mois de mobilisation de ces agents pour que Madame Juliard qui avait toujours déclaré qu’elle ne pouvait rien faire trouve une issue à cette grève.
Rappelons nous que le conflit concernait 35 agents de Ravine Chaude, de la crèche municipale, de la Caisse des Ecoles et le maire pour de prétendues raisons administratives leur avait fait signer leur démission avec la promesse de les réembaucher et avait toujours refusé de le faire.
Durant tous ces mois, le dialogue a été très difficile, mais les discussions ont quand même toujours eu lieu. Certains agents avaient saisi le tribunal administratif qui leur a donné raison. Le 10 mai dernier un premier accord avait été signé et le maire s’était engagé dans un premier temps à payer 12 mois de salaire, puis après discussion on en est arrivé au principe du paiement de 6 mois et une étude sur les modalités d’intégration des 35 agents. La délibération du conseil municipal a entériné cette décision. Mais cette délibération a été rejetée par le contrôle de légalité. Le rejet s’est fait sur une question de forme et non de fond et le maire a pris l’engagement de refaire une délibération conforme.
L’accord signé le 28 juin et qui a mis fin à cette longue grève prévoit le respect de l’accord du 10 mai 2004 (engagement de payer les 6 mois de salaire et intégration des 35 agents). Il prévoit l’embauche des 35 agents pour une période de 6 mois (deux contrats à durée déterminée de trois mois) à compter du 1er juillet. Entre temps un groupe de travail se met en place pour étudier les possibilités d’intégration des 35 agents dans la collectivité du Lamentin.
On a entendu sur les ondes le maire annoncer la prochaine ouverture de Ravine Chaude, du ciné-théatre du Lamentin, et autres structures de la mairie.
Mais sans la ténacité des agents, leur mobilisation, ils seraient restés à la rue. C’est bien leur combat qui a fait céder Madame le Maire qui au départ ne voulait rien entendre et prétendait n’avoir aucune solution car la commune n’avait pas les moyens d’embaucher les 35 agents.
Ces derniers n’ont jamais baissé les bras et ont eu bien raison car ils ont obtenu satisfaction. Mais ils doivent rester vigilants jusqu’à leur embauche définitive.



Allemagne
Offensive contre les 35 heures

Il y a quelques semaines, le principal syndicat allemand IG Metall, signait avec l’entreprise Siemens un accord concernant le retour aux 40 heures hebdomadaires au lieu de 35, sans augmentation de salaire, sur deux sites de l’entreprise. Cette mesure, qui touche 4000 salariés, entraîne une baisse de la masse salariale de 30%. Le chantage opéré par le patronat reposait sur la menace de 2000 délocalisations sur des sites situés en Hongrie, qui ont été, pour le moment du moins, abandonnées.
Fortes de cette victoire patronale, remportée sans opposition du syndicat, d’autres entreprises de grande envergure ont entamé des négociations du même ordre. A Daimler-Chrystler qui fabrique des voitures, l’accord porte sur la hausse du temps de travail en échange de nouveaux investissements, sur le site de Sidelfinger, qui compte 40 000 salariés. Les temps de pause, soit 15 à 40 minutes par jour, ne seront plus comptabilisés dans le temps de travail.
Une quarantaine d’accord du même type ont déjà été signés dans d’autres branches de l’industrie. Dans une centaine d’autres, des négociations sont en cours pour une hausse du temps de travail sans hausse des salaires, et la suppression de primes. Les entreprises de l’automobile, de la métallurgie et de l’électronique en Allemagne avaient appliqué le passage aux 35 heures, dans les années 90, sous la pression du même syndicat IG Metall.
Le gouvernement n’est pas en reste : un projet touchant les fonctionnaires fédéraux vise a faire passer leur temps de travail de 38,5 heures à 40 heures hebdomadaires. Et dans la province de Bavière, il est même prévu que le temps de travail passe à 42 heures pour les moins de 50 ans, 41 heures pour les fonctionnaires de 50 à 60 ans, et 40 pour les plus de 60 ans!
Patrons et gouvernement main dans la main pour faire régresser les travailleurs, le principal syndicat qui cède au chantage et leur donne quitus… la même offensive patronale se prépare en France et donc ici même. Le fait que les accords se déroulent entreprise par entreprise et la passivité des dirigeants syndicaux ont probablement joué un rôle dans l’absence de réaction collective des travailleurs. Pourtant, le chantage est bien gros : rien n’empêchera les capitalistes de délocaliser des emplois une fois les 40 heures rétablies, sous prétexte que les bénéfices ne sont pas encore assez importants.
Une réaction massive de millions de travailleurs, en Allemagne, en France et ailleurs en Europe et ici aux Antilles, aurait pourtant le pouvoir de contraindre les capitalistes à abandonner leur offensive de grande envergure contre les travailleurs.



Dépenser 12 000 euros par jour
Une pécadille pour certains

Dernièrement on a pu voir et entendre à la télévision des informations sur le tourisme de luxe en France. On a ainsi appris, par la bouche du propriétaire d’un des luxueux hôtels de la Côte d’Azur que le nombre de milliardaires dans le monde avait augmenté de 11%. Et qu’un client de ces palaces pouvait dépenser jusqu’à 12 000 euros par jour, soient 78 715F.
Cela correspond à peu près au montant du salaire mensuel de mille employés payés au SMIC. Et un de ces clients à qui on a demandé est-ce que 12000 euros par jour cela ne faisait pas un peu cher a répondu que « celui qui trouvait cette somme trop élevée n’avait qu à aller camper. » Et cet individu plein de sa personne pour qui dépenser 12 000 euros par jour est somme toute normal n’est pour ainsi dire « qu’un gagne petit » à côté des grandes fortunes de ce monde : les Bill Gates, Liliane Betancourt et autres familles Peugeot. Il est vraiment temps que la classe des travailleurs nettoie cette société pour la débarrasser de tous ces parasites du genre humain.




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