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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -    Samedi 24 juillet 2004      N° 907
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Banane
Les planteurs de Guadeloupe lancent "la banane de terroir"

Le groupement bananier Karubana, qui est constitué d’environ 250 planteurs de la Guadeloupe, a conclu récemment un accord avec Intermarché et Auchan, deux enseignes de grande distribution françaises. Il est question de valoriser «un produit de qualité», qui comporterait trois catégories: la banane «pays», la banane «planteur», la banane «de montagne». Selon le groupement Karubana, cela mettrait la banane guadeloupéenne, ou au moins une partie de la production, au dessus du lot commun des bananes martiniquaises, africaines et sud américaines. Mais bien entendu, les producteurs de ces régions sont d’un autre avis!
En 2003, la production de banane est tombée à 70 000 tonnes (elle était de 124 414 tonnes en 2001). Les ouvriers agricoles se mobilisent en ce moment même contre les licenciements et les fermetures de plantations annoncées par les planteurs. Karubana estime que la filière « banane terroir » permettrait d’écouler 12 000 à 14 000 tonnes par an.
Ce qui intéresse les planteurs, ce n’est pas de relancer la production de banane. C’est avant tout les 30 millions d’euros d’aides diverses que rapportera aux organisations agricoles antillaises le «contrat de progrès» signé avec le gouvernement au mois de juin. Avec la «banane terroir», les planteurs du groupement Karubana pourraient faire une bonne affaire: écouler une partie de leur production à bon prix, et surtout toucher les subventions. Ils pourraient faire produire cette quantité limitée de banane «de qualité» par un nombre limité de travailleurs.
A travers diverses magouilles, les planteurs les plus gros trouveront toujours un moyen de tirer le meilleur parti possible de la «crise de la banane». Les travailleurs agricoles qui sont menacés de licenciements devront, eux, compter sur leurs propres forces et sur leur lutte pour imposer le respect de leur droit à une vie décente.



Meeting de Comité contre la répression anti-syndicale

Le vendredi 9 juillet dernier s’est tenu un meeting organisé par le Comité de lutte contre la répression anti-syndicale. Le meeting s’est déroulé devant le local de l’UGTG à l’appel de plusieurs organisations politiques et syndicales. Près de 150 travailleurs ont répondu à l’appel du Comité. C’est le début d’une mobilisation qui doit se renforcer.
Plusieurs organisations étaient présente pour apporter leur soutien aux militants de l’UGTG frappés par la répression et qui risquent des peines de prison ferme pour certains et de lourdes amendes. Ont pris la parole des représentants de l’UPLG, de l’UPG, du KLNG, du Mouvman Gwadeloupéyen, un représentant d’un syndicat de la Dominique, de la CSTM et de l’UGTM de la Martinique. C’est notre camarade Lita Dahomay qui a pris la parole pour Combat Ouvrier et qui a rappelé toutes les attaques que subissent actuellement les travailleurs avec le gouvernement de droite en place.
Il faut lutter contre cette répression qui frappe des syndicalistes qui sont tous des responsables syndicaux et des délégués du personnel.
Il faut souligner la présence de délégations syndicales de la Dominique, de Martinique (CSTM, UGTM) et de Guyane venues pour la circonstance. Le «Parti des travailleurs» de France, ne pouvant se faire représenter a envoyé une lettre qui a été lue devant l’assistance. Un compte rendu de l’audience d’une délégations de plusieurs organisations reçues à l’Elysée à été fait.
L’UGTG a alerté un nombre important d’organisations syndicales et politiques du monde entier, notamment en Caraïbe, Amérique latine et en Europe.
On le sait plusieurs militants de l’UGTG ont été condamnés à, de fortes amendes. Plusieurs d’entre eux sont condamnés à des peines de prison ferme en dernière instance. Il s’agit de Guy Suzanon secrétaire de la fédération UTC-UGTG, de Eddy Peter, Delice Paquion, Jocelyn Comuce, Daniel Dicanot, Patrice Ferge, Michel Molia, François Montantin, Louis Carl, Elie Domota, Luciano Lendo ( décédé dernièrement), Armand Toto, Michel Madassamy.
L’action du Comité se poursuit. D’autres meetings auront lieu. Pour l’instant le Comité de soutien en Guadeloupe regroupe le KLNG, l’UPLG, Mouvman Gwadeloupéyen, COPAGUA, l’UGTG, «NONM», l’UPG, FAEN-SNCL, SUD-PTT, PCG, COMBAT-OUVRIER Raymond Gauthiérot pour l’UGTG a clôturé le meeting en rappelant la répression qui frappe les militants de son organisation et leur détermination à ne pas se laisser faire sans réagir.



Un collectif lutte contre la pollution au Moule

Les frères Damoiseau, patrons de la distillerie de Bellevue au Moule, sont entrain de polluer gravement toute une région en déversant, en toute impunité, des quantités de vinasse dans la rivière de l’ouest qui se jette à la mer juste sur la plage de La Baie du Moule. Ces capitalistes ont pollué toute une zone qui va de Bellevue à la Baie en passant par la Mahaudière et la rivière de l’ouest sans scrupule. La vinasse a supprimé toute vie dans la rivière. Et la plage de la Baie n’est pas épargnée. C’est une catastrophe que certains Mouliens ne veulent plus tolérer.
Pour lutter contre cette catastrophe écologique, des gens du Moule aidés par les Verts Guadeloupe et des membres d’associations de défense de l’environnement, ainsi que Combat Ouvrier se sont organisés en collectif pour lutter contre cette pollution.
Le collectif après avoir rencontré un des Damoiseau qui l’a reçu avec le plus grand mépris, a mené des actions de sensibilisation dans la région du Moule. Le lundi 12 juillet il a barré le pont de la Baie pendant quelques heures. Le mardi 13 il a fait une prise de parole sur la place de la liberté au Moule. Le samedi 17 au matin un rassemblement s’est tenu devant la distillerie Damoiseau et le dimanche 18 il y a eu une prise de parole à la sortie de la messe à 11 heures sur la place centrale du Moule. A chaque action des dizaines de personnes écoutent les explications des membres du collectif.
Mais seule une véritable mobilisation, comme à La Boucan, fera reculer les Damoiseau.



Encore une nouvelle attaque contre les chômeurs

Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo vient de proposer un avant-projet de loi qui est une attaque en règle contre les chômeurs. Il s’agit dans ce projet de loi d’obliger les chômeurs à accepter, après six mois d’indemnisation, des offres d’emploi même sans lien avec leurs compétences, sous peine de voir leurs allocations réduites ou supprimées.
Il s’agit d’amener les chômeurs à ne plus refuser un emploi quelle que soit la durée du contrat de travail offert et si cet emploi correspond à une spécialité ou une formation que le service public de l’emploi lui propose d’acquérir. On pourra même proposer au chômeur des aides à la mobilité géographique afin qu’il puisse élargir son champ de prospection. Tout est fait pour culpabiliser le chômeur.
Dans ce projet de loi il est question également de réformer l’ANPE et de mettre en place des maisons de l’emploi qui peuvent associer l’Etat, l’ANPE, et les acteurs locaux. En fait il s’agit de privatiser petit à petit les services rendus par l’ANPE et de démanteler encore plus le service public.
Comme quoi il n’y a pas de répit pour les chômeurs car après la longue lutte des « recalculés » ils doivent encore continuer à se battre pour leurs droits.



Extrait de l'écho des Télécom

LA GREVE DU 13 JUILLET A EBOUE.
F0 a appelé à la grève à Eboué le mardi 13 juillet dernier pour protester notamment contre les nuisances occasionnées par les travaux et qui nous perturbent considérablement. Une bonne décision. Le lendemain, nous avons constaté une pause dans les travaux, sans doute pour nous calmer. Mais évidemment les travaux doivent se poursuivre. Quelles compensations aurons-nous?

LA GREVE FUT MAINTENUE APRES LA REUNION AVEC LE DIRECTEUR
FO a publié un Compte rendu de la réunion avec le directeur qui a eu lieu avant la grève au sujet des nuisances . Ce dernier envisagerait des pauses à tour de rôle pour le personnel sédentaire victime de ces nuisances. C’est toujours ça. Mais il faut attendre la réponse des différents chefs de départements à qui le directeur a écrit. On n’attendra pas indéfiniment. La grève était donc un bon avertissement

LES CONTRACTUELS S’ORGANISENT
Le syndicat CGTG des PTT s’insurge contre la précarité dans l’emploi dont nous sommes victimes, nous, les contractuels. Le recrute-ment de « précaires » tend à devenir une règle dans l’entreprise. Ils représenteraient maintenant 1/3 des effectifs. La règle c’est le CDD. Il y a très peu de CDI parmi nous. Les contractuels n’ont pas de perspectives de promotion. Leurs salaires sont inférieurs à ceux des collègues fonctionnaires. La Poste et FT veulent faire ainsi le maximum d’économies sur nos conditions de travail et de vie. Inacceptable ! Le syndicat nous a appelés à nous réunir et c’est une très bonne chose

SUCCES DE LA REUNION CGTG DES CONTRACTUELS
La réunion à laquelle la CGTG a convié les contractuels a été un succès. Nous étions en effet plus de 150 à discuter de notre situation et à envisager ensemble la lutte à mener pour obliger La Poste et FT à ne plus entretenir la précarité de nos emplois et de nos conditions de travail et de vie.



Extrait de l'écho de l'Aéroport

LA SORI DES PATRONS SANS VERGOGNE
Le 17 juin, dix de nos camarades vont aux Prud'hommes pour que leur situation soit régularisée. Maintenus intérimaires par la SORI et FIDERIM, lesquelles ont commis des dizaines d'infractions à la loi, ils doivent être de fait intégrés à la SORI.
Le directeur sait qu'il a tort. Il n'en fait pas moins campagne auprès du personnel pour dire qu'il ne veut pas réintégrer ces collègues, qu'ils resteront au chômage.

SORI: IL MANQUE DU PERSONNEL
Le directeur de la SORI raconte ce qu'il veut. Mais nous en avons assez qu'on nous appelle chez nous pour venir travailler pendant les jours de repos.
La SORI, c'est la SERVAIR, c'est Air France, dont les revenus sont énormes. La SORI n'a aucune raison de refuser l'embauche des intérimaires, sinon par pure méchanceté.
Il est regrettable que les syndicats n'aient pas jugé utile de mener la lutte pour ces collègues. Pour une fois que la loi est favorable aux travailleurs, exiger son application, c'est bien le minimum. Une telle attitude n'arrange que le patron.



Extrait de l'écho des Assurances

BANQUES AFB: LES NÉGOCIATIONS CONTINUENT DIFFICILLEMENT
Comme cela était stipulé dans l’accord de fin de conflit, l’AFB rencontre L’intersyndicale des banques pour négocier une convention collective locale.
Une première rencontre a eu lieu en Guyane, puis à St-Martin et dernièrement en Martinique. Ces messieurs ne veulent absolument pas venir en Guadeloupe et préfèrent tout autre lieu.
Les discussions sont très difficiles car en réalité l’AFB a toujours l’intention d’imposer la convention collective nationale. Et bien sûr les discussions bloquent dès qu’il s’agit de rémunération, de classification ou autres avantages acquis. Ils veulent dépouiller les salariés alors qu’il n’y a aucune justification économique pour faire accepter un tel recul.
Pour le moment ce sont les vacances et les négociations doivent reprendre début septembre. Mais ce n’est pas le moment de baisser la garde.

LA CANNE VA-T-ELLE CONNAITRE LE MÊME SORT QUE LA BANANE?
Suite aux plaintes déposées par certains pays dont le Brésil pour les subventions allouées par l’Europe au secteur du sucre, on parle de diminuer de façon progressive ces subventions.
Les producteurs du sucre en Guadeloupe s’inquiètent et sont déjà montés au créneau pour attirer l’attention sur les conséquences dramatiques de ces décisions. Est-ce pour ces raisons qu’Erstein a abandonné l’usine de Grande-Anse à Marie-Galante ? Dès qu’il n’y a plus de subventions à gratter, cela n’intéresse plus les capitalistes.



Un job pour les vacances: pas toujours facile!

De plus en plus des étudiants, des lycéens cherchent à travailler pendant les vacances. Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir des parents qui travaillent dans une «grosse boite» où les départs qui partent en vacances sont remplacés, ont souvent du mal à trouver. Bien sûr, depuis quelques années, il existe les emplois payés par le Conseil régional : 20 heures par semaine en principe. Mais certains patrons ne se contentent pas de l’aubaine. Ils imposent des heures en plus, parfois ils exigent 30 heures, et pour le même prix.
D’autres problèmes se présentent. Ainsi, plusieurs étudiantes sont allées demander du travail pour les vacances à la mairie de Baie Mahault. Elles sont révoltées : elles ont été reçues par des conseillers qui n’ont pas hésité à leur promettre le job en échange de leurs charmes. Apparemment, dans cette mairie, cela n’est pas seulement arrivé à des étudiantes mais aussi à d’autres femmes à la recherche d’un emploi.




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