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ÉditorialTravailler 39 ou 40 heures payées 35 ou 36? Non!
Les attaques patronales et gouvernementales contre les travailleurs n’ont pas eu de trêve pendant la période des vacances. En particulier, la volonté de remettre en cause les 35h s’est manifestée bruyamment. Chirac a bien sûr répété qu’il ne s’agissait pas de remettre en cause la loi des 35h, comme durée légale du travail, mais que de nombreux «assouplissements» pourraient être autorisés. Autrement dit, il s’agit quand même de se soumettre au bon vouloir des patrons qui lorsqu’ils le jugeront utile pourront remettre en cause d’une manière ou d’une autre les 35h dans leur entreprise. Mais le plus hypocrite est de vouloir revenir sur les 35h au nom de la liberté du travail et de la démocratie! Il s’agirait de permettre à tous ceux qui voudraient travailler plus de pouvoir le faire, nous dit-on! Comme si ce n’était pas les patrons mais les travailleurs qui décidaient des heures supplémentaires! Déjà, la loi Fillon du 17 janvier 2003 avait augmenté le nombre d’heures supplémentaires autorisées annuellement de 130 à 180 heures.
Le gouvernement, véritable conseil d’administration du patronat souhaite diminuer le paiement des heures supplémentaires. Actuellement ces heures supplémentaires sont majorées entre la 36 ème et la 39 ème heure de 10 à 25% dans les entreprises de 20 salariés et plus et de 10% dans les entreprises de moins de 20 salariés. Le gouvernement voudrait étendre partout les règles appliquées aux entreprises de moins de 20 salariés. Si ce n’est pas la remise en cause des 35h on n’en est pas loin.
Pourtant les lois Aubry sur les 35h ont été manipulées de telle façon que les patrons pouvaient en tirer de substantiels avantages: la réduction de leurs charges sociales, le blocage des salaires, l’extension de la flexibilité, la réduction des temps de pause. Et cela bien sûr les patrons veulent le conserver. Par contre ce qu’ils veulent supprimer c’est précisément ce qui est favorable aux travailleurs: la RTT, la diminution du temps de travail hebdomadaire.
Pourquoi faudrait-il travailler plus alors qu’il existe des millions de chômeurs? tout simplement parce que les patrons veulent augmenter toujours plus les profits. C’est pour les mêmes raisons qu’ils n’embauchent pas.
Toute la propagande des gouvernants et des patrons comme Seillère est de culpabiliser les travailleurs qui ne travailleraient pas assez. Ils seraient fainéants quoi! Mais ces gens là ne peuvent comprendre les travailleurs. Ils sont d’un autre monde. Pour les ministres, les Seillière et cie, le «travail» qu’ils font, eux, n’est pas du « travail » au sens de pénibilité, répétition, ennui, brimades, stress, maladie du travail, dépression, et tout cela pour de bas salaires. Eux ils ont choisi leur «travail». Et c’est là toute la différence. Et en plus ils gagnent des millions et ont de multiples avantages pour un travail choisi et qui leur plait, celui d’exploiter, de dominer des millions d’esclaves salariés.
Le chantage à l’emploi a commencé dans certaines entreprises qui menacent de fermer ou d’aller ailleurs si les travailleurs n’acceptent pas de travailler plus pour le même salaire. La tendance est prise, d’abord en Allemagne à "IG metall", en France, chez Bosh, puis maintenant c’est une entreprise de Châlons en Champagne, «ronzat» qui veut faire passer les travailleurs à 39h payées 36 ou en Belgique, «marichal ketin» qui parle de passer aux 40h au lieu de 36 sans augmentation de salaire. Aux Antilles, ça pourrait venir. Alors si les patrons sont si sensibles à la contagion, de bonnes luttes contre la remise en cause des 35h pourraient aussi avoir leur effet pour couper leur élan d’exploiteurs sans scrupule. En Allemagne, les manifestations de protestation tous les lundis sont déjà un premier signe.
Guadeloupe
Les ouvriers de la banane en grève pour exiger l'application du SMIC
Les ouvriers de la banane, avec leur syndicat CGTG, sont en grève reconductible depuis le mardi 24 août. Ils demandent, pour les ouvriers en activité, que les propriétaires appliquent l’augmentation du SMIC décidée par le gouvernement et valable à compter à partir du le 1er juillet 2004: 7,61 euros par heure au lieu de 7,19 précédemment. Mais aussi le respect de la procédure applicable en cas de chômage partiel, et tout particulièrement le R.M.M (Revenu, Minimum, Mensuel), pour ceux qui sont actuellement concernés par cette procédure.
Il faut savoir que jusqu’à cette année la plupart des gros propriétaires appliquaient sans trop de problèmes les augmentations du SMIC décidées par le gouvernement. Mais cette fois, sous le prétexte d’une mise en application de la semaine de 35 heures, ils se sont livrés à une véritable supercherie qui aboutit en fait à priver les travailleurs de la banane de cette augmentation du SMIC et surtout des autres à venir. Ainsi jusqu’au 30 juin dernier, le salaire était calculé sur la base de 21 jours de 8 heures de travail. Et depuis le 1er juillet 2004, ces exploiteurs ont décidé d’un commun accord, en évoquant la semaine de 35 heures, de payer sur la base de 21 jours de 7 heures de travail. On pourrait croire qu’il y a une diminution de la durée et donc de la charge de travail. Mais il n’en est rien, car l’essentiel du travail dans la banane s’effectue sous forme de tâches, payées 8 heures chacune. Et désormais, au lieu de recevoir 8 heures de salaire par tâche, le salarié sera payé 7 heures et le tour est joué.
Les patrons de la banane, surtout ceux du groupement Karubana, ont ainsi décidé de s’attaquer aux salaires des ouvriers de la banane. Et ce n’est probablement qu’un début. C’est précisément pour mettre un coup d’arrêt à cette attaque et à celles qui ne manqueront pas de suivre que les travailleurs de ce secteur, avec leur syndicat CGTG se sont mis en mouvement.
A l’heure où nous écrivons, plusieurs rencontres ont eu lieu. Avec la préfecture le mardi 24 août tout d’abord. Par la suite les patrons ne se sont pas présentés à un premier rendez-vous fixé à l’inspection du travail. A celui du lundi 30 août à la DDTE, sous la direction d’un inspecteur du travail, ils ont refusé de revenir, même provisoirement, sur leur mode de calcul des salaires. Par contre ils ont décidé de respecter la procédure du chômage partiel. La grève se poursuit donc. Et chaque jour qui passe, les travailleurs se réunissent pour décider de la suite de leur mouvement: manifestations et barrages à Capesterre-B-E, rendez-vous sur différentes plantations ou aux sièges de celles-ci, mobilisation sur le port de Jarry etc.
La détermination des grévistes est grande. Car ils savent qu’avec ce nouveau mode de calcul de leurs salaires, les patrons modifient en fait leur contrat de travail avec pour conséquences prévisibles, entre autres, la suppression de la prime de fin d’année, la baisse des salaires et une aggravation de leurs conditions de travail.
Un Euro de plus sur les consultations médicales: Une mesquinerie de plus du gouvernement
Dans sa course pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, Sarkozy va faire appliquer dés cette année un forfait de un euro non remboursable sur les consultations médicales. Un euro, pas un franc. La santé est en train de devenir un luxe. Médicaments non remboursables, forfait hospitalier en hausse, suppression des dispensaires, difficultés pour se faire soigner quand on a une carte CMU (couverture médicale universelle), difficultés pour prendre un congé de maladie. Rien n’arrête ce gouvernement. D’autant- que les 700 millions que veulent rentrer Sarkozy et Douste Blazy iront dans la poche des patrons.
Alors évidemment un euro en soi ce n’est peut être pas grand chose. Mais le processus est enclenché. Ce sera ensuite un euro cinquante puis deux euros etc.
C’est pour cela qu’il faut se préparer à arrêter le plus vite possible la course au racket dans les poches de la population qui pour le gouvernement tient lieu de politique.
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