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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 11 septembre 2004      N° 908
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Les agents se mobilisent contre la privatisation de France Télécom

Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO et SUD ont appelé les agents à une journée de grève le mardi 7 septembre. Il s’agit d’un mouvement national relayé par les syndicats de France Télécom en Guadeloupe.
Toutes les organisations syndicales dénoncent la décision du gouvernement de céder près de 10 % de son capital détenu dans l’entreprise ce qui aura pour conséquence de rendre l’Etat actionnaire minoritaire de France Télécom car il détiendrait moins de 50 % du capital. Cela permettra à l’Etat de renflouer ses caisses car il espère récupérer 4,5 milliards d’euros. La privatisation est donc réalisée et les agents constatent déjà depuis ces dernières années une nette dégradation de leurs conditions de travail. Pour satisfaire les actionnaires, la direction n’hésite pas à faire pression sur les agents pour augmenter la productivité. D’ailleurs une prime est versée pour inciter les agents âgés de 55 ans ainsi que ceux qui ont 15 ans d’ancienneté et 3 enfants à partir en préretraite. Certains sont invités à postuler dans une autre administration. Il s’agit avant tout de supprimer des emplois mais il n’y a aucune compensation en embauche de ces départs et pour ceux qui restent c’est une augmentation du rythme de travail.
Ainsi en Guadeloupe une centaine d’emplois ont été supprimés et au niveau national ce sont des milliers d’emplois.
La grève a été diversement suivie dans les différentes agences. En Guadeloupe les syndicats ont relayé le mouvement national sans réellement faire campagne pour mobiliser les agents et la grève n’a pas été très suivie. Certains agents sont déboussolés et ont l’impression qu’il est trop tard et que la grève ne servira à rien car la loi sur les services publics est déjà votée. Dès janvier 2005 des élections auront lieu pour la mise en place des délégués du personnel et des Comités d’Entreprise comme cela existe dans le secteur privé.
Il est sûr que ce n’est pas une journée de grève qui fera l’Etat et la direction de France Télécom changer d’un iota sa politique de privatisation. Il faudra une mobilisation bien plus importante pour ne pas subir une dégradation des conditions de travail, terriblement pénalisantes à France Télécom.



Capesterre Belle-eau
Conflit de l'eau. Nouvel accord

On se souvient qu’au mois de juin dernier, le S.I.A.E.A.G et la Générale des Eaux avec l’accord du maire de Capesterre-B-E avaient envoyé un avis aux abonnés en conflit avec eux, les invitant «à se rapprocher des agences de Capesterre-B-E et de Petit-Bourg, sous huitaine, afin d’analyser leur situation» et cela sous le prétexte qu’un accord avait été conclu avec les représentants des usagers de l’eau. En fait par cette manœuvre, il s’agissait ni plus ni moins de faire payer par les abonnés du S.I.A.E.A.G en conflit avec le Syndicat, les factures contestées depuis des années. Mais très rapidement ces abonnés, avec le Comité de Défense de l’Eau pour la Guadeloupe ont retrouvé le chemin de la lutte, et le S.IA.E.A.G et la Générale des Eaux ont estimé qu’il valait mieux rechercher l’apaisement. Une rencontre a donc eu lieu le vendredi 28 août dernier, rencontre qui s’est terminée par un accord qui prévoit entre autres que:
- L’ensemble des abonnés devra s’acquitter d’un forfait de 220 m3/an sur la base du prix en vigueur (eau et assainissement pour les années 2003 et 2004);
- Les factures pour l’année 2004 seront réglées normalement sauf litige;
- Les procédures en cours seront arrêtées dans le cadre du respect de ce protocole.
En fait cet accord n’est pas différent de celui qui avait déjà été signé il y a quelque temps par les protagonistes du conflit de l’eau, accord que le S.I.A.E.A.G et la Générale des Eaux n’ont pas respecté, comptant sur la démobilisation des abonnés et du Comité de Défense de l’Eau pour imposer leur point de vue, à savoir obtenir le paiement des factures contestées. Comme lors de la signature de l’accord précédant, il est prévu que l’ensemble des signataires se réunira autant que de besoin.
Reste maintenant aux abonnés en conflit et au Comité de Défense de l’Eau à imposer une fois pour toute l’application de cet accord. Accord pour lequel ils luttent depuis bientôt dix ans.



Liquidation de "Vernou Jalousy"

Le tribunal du Commerce a décidé de liquider l’entreprise «Vernou Jalousy» qui était déjà en cessation de paiement depuis le mois de mars dernier. Une vingtaine de salariés sera licenciée et l’on sait toutes les difficultés qu’ils auront à retrouver un emploi. Cette décision n’est pas une surprise pour le personnel qui s’attendait à cette liquidation. Le personnel a le sentiment que la direction en place a tout fait pour mener l’entreprise à la liquidation car il y avait une mauvaise gestion.
«Vernou Jalousy» est une entreprise spécialisée dans l’aluminium (fenêtres, portes, volets à rame de verre, anti cyclone, coulissant…) et qui a été créée en 1957. De ce fait le personnel en place a beaucoup d’ancienneté avec un salaire et certains avantages obtenus par la lutte des salariés. Certains ont contribué à faire de cette entreprise une pionnière dans son domaine en Guadeloupe. L’entreprise était déjà en redressement judiciaire en 1998 et avait un sursis de 10 ans. Les salariés critiquent la mauvaise gestion du PDG, M. Bonnet Rémy. Ce dernier avait déjà mis ses billes ailleurs en investissant dans d’autres entreprises (Exodis à Jarry, Basse-Terre, Martinique et Guyane). Si les salariés sont à la rue ce n’est pas le cas du PDG qui de toute façon s’en sortira très bien et c’est cela qui est révoltant dans le système capitaliste.



Quand les travailleurs obtiennent gain de cause!

L’UGTG a mené plusieurs mouvements de grève où les travailleurs ont dû saisir le Conseil des Prud’hommes ou le tribunal pour obtenir gain de cause. Dernièrement plusieurs décisions favorables aux travailleurs ont été prises et bien souvent la presse n’en parle pas.
Ainsi le Conseil des Prud’hommes a condamné la Chambre de Commerce de Pointe-à-Pitre à payer la somme de 20160,04 € aux 14 anciens salariés d’Ecotel en estimant qu’ils avaient subi un préjudice pour licenciement abusif camouflé en licenciement économique. L’ancien président de la CCI (M. Adélaïde) avait trouvé ce moyen pour se débarrasser de militants jugés trop combatifs.
Dans le conflit de l’Express des Iles où le PDG refusait de payer aux marins leurs heures supplémentaires, le tribunal a demandé le paiement de la somme de 150.000 € correspondant aux astreintes pour 90000 € d’heures supplémentaires non payées. Le PDG a dû payer cette somme sinon il risquait de voir immobiliser son bateau la Turquoise qui fait la ligne Pointe-à-Pitre - Fort-de-France. Il ne pouvait se permettre d’immobiliser son bateau.
Quant au conflit du Cinéma Rex à Pointe-à-Pitre où les salariés avaient fait 21 jours de grève en 2001, M. Elisé a été condamné à payer aux 12 grévistes la somme de 85000 € car il a refusé de payer les jours de grève qui ne représentaient que 10061 €. Les grévistes ont tout simplement saisi le tribunal pour réclamer le paiement d’arriérés de salaires dus sur 5 ans et qui représentaient la somme de 170311 €. En réalité le refus de négocier de M. Elise lui a coûté beaucoup plus cher que s’il avait payé les jours de grève car chaque gréviste a perçu la somme de 7083.33 € (46.395.81) Frs au lieu de 838.47 euros (5.500 Frs).
En fait les patrons font du non paiement des jours de grève une question de principe puisque c’est le MEDEF qui l’a demandé même si au tribunal ils sont condamnés à payer beaucoup plus. Comme quoi les conseillers ne sont pas toujours les payeurs. Les travailleurs eux ne doivent pas hésiter à se battre car ils n’ont rien à perdre.



Guadeloupe
Le comité de lutte contre la répression antisyndicale poursuit ses actions

Le Comité de lutte contre la répression anti syndicale s’est constitué au début du mois de juillet. Il regroupe différentes organisations syndicales et politiques: le KLNG, l’UPLG, Mouvman Gwadeloupéyen, COPAGUA, l’UGTG, NONM , l’UPG, FAEN-SNCL, SUD-PTT, PCG,COMBAT-OUVRIER. Ces organisations dénoncent les condamnations lourdes dont sont victimes plusieurs militants de l’UGTG et entendent lutter contre la répression anti syndicale. Le comité est intervenu sur les ondes et dans la presse afin de sensibiliser l’opinion publique sur le caractère répressif de ces condamnations. Le 9 juillet, il a organisé un meeting devant le local de l’UGTG. Des délégués syndicaux venus de la Guyane, de la Martinique et de la Dominique ont participé au meeting. Le Comité n’a pas lâché la pression durant la période des vacances. Des réunions d’information ont eu lieu dans différentes communes: à Sainte-Rose, Sainte-Anne, Port-Louis, Basse-Terre. Malgré la démobilisation des vacances, des dizaines de personnes ont participé à ces réunions. Des comités locaux ont été constitués et se sont engagés à poursuivre des actions dans les communes. De son côté, l’UGTG a organisé des caravanes qui ont parcouru toute la Guadeloupe.
Dés la rentrée de septembre, le Comité a lancé une campagne de presse. Différentes interventions sont prévues sur plusieurs radios et télévisions. Des contacts ont été repris avec l’ensemble des organisations syndicales pour des actions plus larges. Ces actions ont pour but de sensibiliser l’opinion publique. Cela est d’autant plus important que la justice pourrait d’un instant à l’autre incarcérer deux militants de l’UGTG: Armand Toto et Michel Madassamy qui ont été condamnés à de la prison ferme tout simplement parce qu’il s’agit de militants syndicaux très combatifs que révoltent l'injustice et l’arrogance patronales.



Un petit roquet au service du patronat

Pendant quelques mois, le dénommé «Spéronel», psychologue de son état, a pu passer pour un «médiateur», quelqu’un qui aurait une position équilibrée entre ouvriers et patrons. A vrai dire une telle position est intenable. Dans les grèves, chacun choisit son camp. Et les soi disant médiateurs payés par les patrons sont en réalité à leur service. Jeudi 3 septembre les médias l’ont enfin présenté comme «le représentant du patronat». C’est ce même Spéronel qui défend aussi les patrons de la canne, lors des réunions annuelles de discussion sur les salaires. On a pu alors entendre cet individu déclarer « nos salariés », «nos plantations», «des salariés qui seraient très satisfaits». Et d’ajouter que la feuille de paie sans l’augmentation du SMIC du 1er juillet était «légale». Pour lui tout est parfait. Cela ne l’a pas gêné que l’inspecteur du travail soit choqué et ait demandé aux patrons d’annuler ces contrats bidons.
Mais cela ne lui a pas suffi. Il a fallu qu’il appelle à la répression. Il désigne des fauteurs de trouble: un «groupuscule autour de J-M Nomertin.» Et d’ajouter que ces travailleurs seraient responsables de «violences verbales» et de «violences physiques». Il termine d’un ton menaçant appelant ceux qui luttent pour leurs droits à «prendre leurs responsabilités». M Spéronel, n’est ni plus ni moins que la «voix de son maître», un groupuscule patronal qui lui dicte ses quatre volontés.



Extrait du bulletin "Écho de l'aéroport"

BILLETS D’AVION: DES TARIFS INJUSTES…
Les Antillais vivant en France ont entamé une action contre les compagnies aériennes. Ils dénoncent le fait que le billet sec coûte plus cher que le billet avec hôtel.
Celui qui se sacrifie parce qu’il veut revoir sa famille et son pays alors qu’il gagne souvent moins de 1000 € par mois, paiera son billet 1200 €.
Cependant, dans l’avion, insolemment, passe la publicité: 8 jours à l’hôtel, billet compris, à 599 €.

COMPAGNIES AÉRIENNES: L’HYPOCRISIE DES RESPONSABLES
Le directeur de Corsair n’a pas hésité à pleurer sur les difficultés de sa compagnie qui aurait des avions presque toujours à moitié vides, sauf pendant 2 mois de l’année. La réalité est que les trois compagnies sur les Antilles (Air France, Corsair et Air Caraïbes) ont un taux moyen de remplissage de 80 %. Ces compagnies pourraient très bien baisser les tarifs.

AIR FRANCE: LA PRIVATISATION, C’EST LE STRESS.
La privatisation se traduit par des réorganisations: c’est ce que la direction appelle «la réduction des coûts»
Cela veut dire moins de personnes pour faire le travail. Les départs en retraite ne sont pas remplacés, certains postes sont carrément supprimés.
Des pressions sont exercées sur les cadres qui eux-mêmes mettent la pression sur nous. Plusieurs collègues sont déjà malades. Il va sûrement se passer quelque chose.

AIR FRANCE: LA PRIVATISATION, C’EST PLUS DE PRECARITE, PLUS DE «MOBILITE»
Avec ce besoin de rentabilité, avec la direction qui veut remplir les poches des actionnaires, notre vie devient incertaine. Personne ne reste à son poste. Après 20 ans dans une branche, vous pouvez être muté à la vente, par exemple, où vous n’avez aucune expérience. Les nouveaux contrats prévoient la possibilité d’être muté hors du département. Sinon c’est la porte.




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