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OSSETIE DU NORD
Quand la barbarie des uns rivalise avec celle des autres
La population ossète a longuement enterré ses morts, victimes du dernier affrontement entre l’Etat russe et les groupes islamiques tchétchènes, en particulier les centaines d’enfants pris au piège des preneurs d’otages et d’un assaut stupide et cynique décidé par le pouvoir russe. Mercredi 1er septembre, un commando tchétchène d’environ 17 combattants, se réclamant des «brigades Islambouli» prit en otage un millier d’élèves, de parents et de professeurs dans une école de Beslan en Ossétie du nord, pays du Caucase en ex URSS. Il réclamait la libération d’Islamistes pris en Ingouchie voisine et le retrait des troupes fédérales russes de Tchétchénie. Poutine le président russe et les responsables de l’Etat firent semblant de négocier. Les ravisseurs firent preuve de la plus grande violence vis à vis des victimes. Ils les laissèrent sans alimentation et sans boissons durant 3 jours. Les enfants furent obligés de boire leur urine pour survivre. Le vendredi, les troupes spéciales de l’armée russe donnèrent l’assaut. Les conditions de cette attaque donnent une idée du mépris de l’Etat russe pour la population. Il fit intervenir des chars lourds contre le gymnase dans lequel étaient enfermés les otages alors qu’il savait que les terroristes avaient miné le toit. Ce fut un carnage et une pagaille. Bilan, 400 morts, 700 blessés et des dizaines de disparus. Et parmi eux une majorité d’enfants.
C’est donc la population Ossète plongée dans une douleur sans borne qui a fait les frais de cette action des Islamistes tchétchènes et de l’assaut. Quant à Poutine, bien que critiqué par la presse, il regroupe encore derrière lui la population russe à la recherche d’une protection contre ces attentats aveugles. Il promet d’éradiquer «le terrorisme tchétchène» qu’il prétend lié à Al Quaïda. Le soutien relatif dont bénéficie Poutine dans la guerre de Tchétchénie est dû au mode de lutte qu’utilisent les Islamistes: prise d’otage, attentats aveugles évidemment rejetés par la population russe et d’autres nationalités. La liste de ces exactions est longue. La veille soit le mardi 31 août 2004, une femme tchétchène se faisait sauter dans le métro de Moscou: 10 mort et une cinquantaine de blessés. Le 24 août, deux femmes tchétchènes faisaient sauter avec elles deux avions de ligne russes tuant 90 personnes.
Ces Islamistes sont en lutte pour demander le retrait des troupes russes de leur pays et pour imposer l’indépendance de la Tchétchénie. Ils souhaitent installer dans leur pays libéré une république islamique. Ce n’est vraiment pas une perspective réjouissante pour la population tchétchène que cette république islamique réactionnaire.
Les troupes russes depuis 1999 ont commencé, avec Poutine à la présidence, la deuxième guerre de Tchétchénie. La soldatesque russe s’adonne aux pires atrocités dans le pays. Viols, exécutions sommaires, tortures, racket sont le lot quotidien des Tchétchènes. Et cela sans compter avec des décennies d’oppression stalinienne de ce peuple, dont la déportation en masse dans les années 1940.
Ce n’est pas la dernière parodie d’élection le 29 août du président pro-russe Alou Alkhonoiv avec 74% des voix qui annonce une amélioration de la situation. Bien au contraire la prise d’otage de Beslan et son dénouement tragique préfigure un renforcement de la répression en Tchétchénie et inévitablement une poursuite des attentats aveugles des Islamistes.
Islamistes et Poutine poursuivent un jeu macabre, à celui qui tue le plus de civils. Les intérêts des populations de cette région ne sont défendus par aucun des deux adversaires. La prise d’otage de Beslan illustre tragiquement cette réalité où chaque camp a fait preuve d’une innommable barbarie.
HAÏTI
Les ex-militaires réclament la reconstitution de l'armée
En Haïti, les anciens militaires reviennent au devant de la scène en occupant, depuis fin août, leurs anciennes casernes dans diverses villes comme Petit-Goave, Jacmel, Gonaïves, Cap.
Ils réclament la reconstitution des forces armées d’Haïti, qui ont été dissoutes en 1994 par Aristide à son retour d’exil. Ils réclament aussi le versement de ce qu’ils appellent «leur fonds de pension» et des arriérés de salaires depuis 1994. Ils se désignent comme les forces de maintien de l’ordre et leur alibi est d'assurer la sécurité de la population, en parallèle avec les forces de la police nationale qui sont aux ordres du gouvernement intérimaire. L’attitude des ex militaires a déclenché ainsi plusieurs affrontements avec les policiers.
L’armée d’Haïti a toujours été présente pour maintenir la population pauvre sous les coups de la bourgeoisie. A la chute de la dictature des Duvalier, en 1986, les généraux ont été le noyau autour duquel s’est formé le Conseil national de gouvernement CNG. Puis les généraux commandant les différentes fractions de l’armée se sont battus entre eux lors de coups d’état jusqu’en décembre 1990 où Aristide prônait le mariage de l’armée et du peuple.
Le coup d’état dirigé par le général Cédras a montré que l’armée était au service de la bourgeoisie. Les militaires qui ont tenu le gouvernement durant la période de l’embargo ont permis aux bourgeois de s’enrichir, alors que la population pauvre s’appauvrissait encore plus.
Après son retour en octobre 1994 Aristide a décidé de se protéger de l’armée avec un décret qui la dissolvait. Mais ce décret ne faisait pas disparaître les hommes en armes qui avaient des intérêts communs au sein de cette armée. Sans uniforme ils ont continué à servir les intérêts des possédants contre la population pauvre et contre Aristide en qui elle avait confiance.
La question de la reconstitution de l’armée a été agitée pendant le mandat de Préval qui a succédé à Aristide et est revenue sur le devant de la scène en 2001 au début du deuxième mandat d’Aristide. L’opposition regroupée autour d’un président bis, Grérard Gourges, demandait la remobilisation des forces armée d’Haïti.
Mais c’est lors de la chute d’Aristide que les anciens militaires ont eu leur heure de gloire sous les ordres de Guy Philippe et de Jodel Chamblain, ex chef du groupe paramilitaire Fraph. Ils avaient appuyé les milices anti Aristide dans leur combat contre les chimères (bandes armées) et précipité la chute d’Aristide.
A la demande de forces alliées, ils avaient mis leurs armes de côté un certain temps, pour permettre au gouvernement intérimaire de Boniface de s’installer et claironner qu’une nouvelle démocratie venait de commencer.
Aujourd’hui les ex-militaires réclament leur récompense, la reconstitution de l’armée d’Haïti. Ils ont servi la cause des possédants et attendent le retour d’ascenseur de la part du gouvernement mis en place par ces bourgeois.
Boniface a d’abord déclaré qu’il ne pouvait pas reconstituer l’armée. Mais il a créé une commission de concertation avec les anciens militaires et décidé qu’une somme de 20 millions de dollars serait réservée au paiement des «fonds de pension» réclamés. Ce serait la première étape du retour à la normalisation d’une armée dont l’ossature n’a jamais été disloquée par Aristide.
Alors que le militaires réclament des arriérés de salaires, la localité de Mapou continue de subir les conséquences des inondations de mai dernier. La population locale est aujourd’hui confrontée à des problèmes sanitaires graves et le gouvernement de Boniface ne trouve pas des millions pour assurer le minimum à cette population dépourvue de tout.
IRAK
Totale insécurité dans un pays dévasté
Depuis le 28 juin, l’Irak est gouverné par Iyad Alloui, le Premier ministre à qui les Etats-Unis ont remis le pouvoir et qui doit conduire le pays en attendant des élections programmées pour janvier 2005. En vérité, l’armée américaine détient toujours la réalité du pouvoir avec son contingent de 140 000 soldats ; tandis que les entreprises américaines contrôlent l’économie irakienne.
En déclenchant la guerre contre l’Irak, les dirigeants américains prétendaient établir la liberté, la démocratie et la prospérité. Pour l’heure, en fait de démocratie, ce sont les massacres dans les rues, la loi des bandes armées et l’insécurité partout. En fait de prospérité, la population n’a jamais été aussi démunie, dans ce pays dévasté où personne ne se soucie de remettre en place les infrastructures. Même le pétrole fait défaut!
La population irakienne subit en plus la guerre civile qui oppose différents groupes de guérillas nationalistes à ce gouvernement et à l’armée américaine.
Le gouvernement s’est octroyé les pleins pouvoirs en commençant entre autre à rétablir la peine de mort. Sa police sert de supplétif aux troupes américaines, avec les mêmes méthodes: arrestations arbitraires, tortures, y compris sur des enfants! Malgré cela, le gouvernement irakien a bien du mal à s’imposer. Pour l’instant, c’est le clergé chiite qui tente de tirer quelque profit politique du chaos qui règne en Irak. En effet c’est lui, qui sert le plus souvent d’intermédiaire dans les conflits entre miliciens chiites radicaux et les troupes du gouvernement. A la répression américaine et gouvernementale s’ajoute le joug de ces bandes armées, leurs attentats et leurs prises d’otages.
Le kidnapping s’est développé avec le chaos entraîné par l’intervention américaine. Même si l’opinion internationale ne s’en fait pas l’écho, comme pour les journalistes français enlevés, toute une série d’enlèvements frappe la population irakienne et relève du banditisme. Ils frappent d’abord les Irakiens des couches privilégiées contre rançon. Les kidnappings qui se veulent « politiques » montrent le vrai visage de ces miliciens nationalistes: ils s’en prennent principalement à des travailleurs, des camionneurs ou des journalistes.
L’exécution de 12 travailleurs immigrés népalais le 31 août dernier illustre à quel point la lutte de ces combattants est opposée aux aspirations du peuple irakien. C’est ce dernier qui paie quotidiennement le plus lourd tribut à ce chaos engendré par la guerre déclenchée par l’impérialisme américain, britannique et leurs alliés.
Décès de Guy Clérembault
Guy Clérembault est décédé dans le courant du mois d’août. Il était le propriétaire du domaine de Pako à Baie Mahault où chaque année Combat-Ouvrier organise sa fête. Il avait passé la soixantaine. Il a travaillé comme ouvrier à l’usine Darboussier puis comme chauffeur au lycée agricole où il a pris sa retraite. Il était bien connu à Baie Mahault, sa commune où il fut aussi footballeur à l’USBM.
De nombreux camarades et sympathisants l’ont connu au cours des préparatifs de notre fête annuelle. Nous adressons notre soutien à sa famille.
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