logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 25 septembre 2004      N° 909
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Page 2


Martinique
près les licenciements de centaines de salariés agricoles...

Après plusieurs mois de péripéties judiciaires, après différentes protestations et manifestations des ouvriers agricoles, les plantations appartenant au groupe COBAMAR et AGRIBAN ont fermé l’essentiel de leurs plantations. Elles ont été mises en redressement judiciaire puis liquidées. Ce sont donc des centaines de salariés agricoles qui se sont retrouvés au chômage.
On se rappelle les différents actes de ce mauvais feuilleton. Un repreneur en la personne de CANAVEZE SA s’était bien présenté et avait même été accepté, ayant fait une offre au Tribunal de commerce. Mais les Békés propriétaires ont attaqué cette décision et le tribunal leur a donné raison même s’ils n’envisageaient pas du tout de reprendre l’activité bananière.
Mais ni eux, ni le milieu béké ne veulent voir s’installer en Martinique un puissant concurrent comme Canaveze-SA producteur et exportateur de bananes de Côte d’ivoire.
La Martinique doit rester la chasse gardée des Békés. Ils y ont non seulement la maîtrise des grandes plantations, mais aussi du commerce. Tout ce qui est nécessaire à la production de bananes dépend d’eux: ils produisent ou vendent engrais, plastique, palette, ficelle, vitro-plants, etc… et c‘est encore leurs groupements qui commercialisent la banane y compris celle des petits et moyens planteurs noirs. Ce qui leur permet de les voler au passage.
Les De Reynal, Des grottes et cie ont préféré voir licencier des centaines de travailleurs plutôt que d’accepter de laisser leur terres aux mains de Canaveze, lui permettant ainsi de prendre pied en Martinique et d’avoir accès à la mangeoire des subventions en tous genres (défiscalisation, exonérations, primes diverses, prêts à taux zéro, etc..). C’est donc l’appât du gain des uns et des autres qui a provoqué les licenciements de centaines de travailleurs au cours des derniers mois. Ceux de Grand réduit, Château gaillard, Signardy-Desgazon, de Trinité et Vauclin … savent qui sont les responsables de leur malheur. Mais cela ne suffira pas pour changer les choses.
Si les Békés se comportent avec tant d’aisance et d’arrogance dans un pays qu’ils ont conquis autrefois, où ils y ont opprimé et exploité des esclaves, où ils possèdent encore toute l’économie, c’est aussi parce que les politiciens et notables noirs, les dirigeants des partis en place, de gauche et de droite, se courbent devant eux!
Ces politiciens, y compris de prétendus indépendantistes, se prosternent devant la puissance des Békés. Combien d’entre eux osent dire publiquement, en face des Békés qu’ils sont des usurpateurs, des voleurs de terres, et qu’il faudra les exproprier un jour!
Ces politiciens de tous bords ne manquent jamais une occasion de faire des déclarations d’allégeance ou de reconnaissance des Békés: « ce sont des martiniquais comme les autres (comme les Noirs!) »! Ils ont peur de passer pour racistes s’ils dénoncent les oppresseurs racistes de leurs ancêtres, qui sont les exploiteurs de l’essentiel des travailleurs martiniquais d’aujourd’hui.
Alors confiants dans cette «reconnaissance » des Noirs installés, des notables de tous bords, les Békés ne se gênent pas pour faire ce qu’ils veulent, disposant d’une main d’œuvre qu’ils malmènent à longueur d’année et payent comme bon leur semble. Maîtres de la chasse gardée appelée «Martinique», ils ouvrent et ferment les entreprises selon leur soif de profit.
Les travailleurs ne pourront donc pas compter sur tous ces gens de la dite «classe politique», quelles que soient leurs étiquettes. Ils sont soumis, domestiqués par les maîtres Békés. Ceux-ci leur ont laissé la gestion des affaires publiques, les postes électifs, les honneurs et les prébendes municipales, départementales et régionales! Pour le reste, les affaires séreuses, l’économie, les «affaires», les importations et exportations, les terres, le contrôle du littoral, les hôtels, etc… ce sont les Békés qui s’en occupent! Et vogue la galère Martinique!
Bien sûr, cela cessera un jour, mais pas tout seul! Mais sous l’effet des luttes, des coups conjugués des travailleurs et de tous ceux que leur dignité de descendants d’esclaves poussera à s’opposer et à combattre la domination des Békés en Martinique. Pour faire cela, de façon efficace, ils devront se méfier de tous les Noirs notables, beaux parleurs, bardés de titres officiels, élus au services des possédants et des puissants. Ces intermédiaires domestiqués sont évidemment toujours prêts à se soumettre devant la puissance des Békés et des gros possédants en général.



Le Moule
Abattoir de Coma: Quand le "cinquième quartier" disparaît!

Certains éleveurs et bouchers de Guadeloupe accusent les responsables de l’abattoir de voler leurs abats, ce qu’ils appellent le «cinquième quartier» des animaux livrés pour l’abattage. Ces professionnels suspectent même l’existence d’une filière organisée de revente illégale des abats sur les marchés. Et cette situation dure, paraît-il, depuis très longtemps.
Les utilisateurs et bouchers de la région dénoncent jusqu’à la vente ouverte, à l’abattoir même, des abats de leurs bêtes. Plainte a donc été déposée auprès de la gendarmerie, pour disparitions d’abats.
Les responsables de la structure, notamment le Président de la société fermière qui exploite l’abattoir (la SEAG), Georges Luce, disent qu’aucune preuve n’est apportée jusqu’ici sur l’existence d’un quelconque trafic de cinquième quartier. Georges Luce accuse même ceux qu’il qualifie d’ «agitateurs» de vouloir s’approprier l’exploitation de la SEAG. G. Luce admet qu’il y a, effectivement, eu plainte auprès de lui de ces vols et l’enquête qu’ils ont menée n’a pas confirmé cette accusation. Mais comme la rumeur persiste, il a lui aussi, déposé plainte pour que la justice dénoue le problème.
Toutefois, Georges Luce fournit une explication! Selon lui, l’appareil qui fournit de l’eau chaude fonctionne mal, ce qui fait que l’eau n’est pas toujours à la température exigée par les services d’hygiène. Alors le vétérinaire de service demande de jeter les abats qui ne sont pas bien traités. Ainsi, les abats traités, eux, sont livrés à l’ensemble des clients sur un plateau commun.
Mais à travers toutes ces déclarations et plaintes, les consommateurs peuvent se demander si finalement, ces abats, contrôlés ou non, volés ou non, n’arrivent pas tous dans leur assiette? On comprend, et ce n’est pas nouveau, que les conditions d’hygiène et de contrôle de cet abattoir sont vraiment douteuses.




Guadeloupe
Élections sénatoriales. Beaucoup de postulants pour une bonne planque!

Contrairement à ce qui se passe habituellement ici, cette année, les élections sénatoriales occupent un peu le devant de la scène. Tout d’abord par le nombre de candidats qui atteint des records: 17 candidats pour 3 sièges. De plus, alors que c’était jusqu’à présent surtout des vieux «routiers» de la politique qui postulaient pour le poste de sénateur, il est vrai après de multiples tractations entre les différents courants politiques, cette fois beaucoup de candidats se présentent sans bénéficier de l’appui de tel ou tel courant politique important. Ainsi, en dehors de L. Michaux-Chevry, J. Gillot, F. Desplan et E. Moutoussamy qui bénéficient de l’appui ouvert du RPR pour la première, de la fédération du Parti socialiste, du PPDG et de G.U.S.R (parti socialiste de Larifla) pour les trois autres, il n’y a que D. Marsin qui peut se prévaloir de l’appui du Renouveau socialiste et Andy et Larifla de celui de leur parti G.U.S.R. Tous les autres candidats se présentent plus ou moins à titre individuel. Cela permet toujours de faire parler de soi. Comme dit le proverbe, ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer…
Quant aux arguments des différents candidats sur leur programme, on ne peut pas dire qu’ils sortent de l’ordinaire: utiliser leur siège de sénateur pour faire ceci ou cela, ou pour faire avancer la Guadeloupe. En fait le siège de sénateur c’est surtout une bonne place, ou plutôt une bonne planque pour 6 ans, dorénavant. Une sinécure en quelque sorte.



Guadeloupe
Ce sont les plus démunis qui souffrent le plus des catastrophes naturelles

La tempête Jeanne a touché la Guadeloupe dans la nuit du lundi 13 septembre au mardi 14. Annoncée au départ comme dépression tropicale elle s’est renforcée avec de fortes pluies entraînant des inondations.
La zone qui a subi le plus de dégâts est la côte Sous-le-Vent où les habitants de Bouillante, Pointe- Noire et Deshaies ont subi des pertes importantes. A Moule et à Saint-François, certains quartiers ont été inondés de même qu’à Marie-Galante. Des routes et des ponts très endommagés sont impraticables, telle la route de la Traversée qui est interdite à toute circulation. A Pointe-Noire, la rivière Caillou a quitté son lit et a inondé tout un quartier. Le pont qui traverse le bourg s’est effondré. A Bouillante, les rivières Bourseau et Losteau se sont rencontrées, ce qui a complètement coupé la section Bois-Malher du bourg. A Pointe-Noire, c’est la section Les Plaines qui s’est trouvée isolée à cause des routes impraticables.
S’il n’y a pas eu de victimes, les dégâts matériels sont importants. L’eau a inondé les maisons, charriant de la boue et de grosses roches. De nombreuses familles ont perdu des meubles et leurs appareils électroménagers. Les véhicules ont été endommagés par l’eau. Des petits commerçants et des pêcheurs ont subi des pertes. A Bouillante, le supermarché Match a subi des dégâts importants et les gérants ont déjà affirmé que cela risque d’entraîner le chômage technique pour les employés. Ces familles sinistrées, pour la plupart d’entre elles, n’ont pas les moyens de racheter ce qu’elles ont perdu. Elles n'ont pas d’assurance et ne pourront pas se faire rembourser. Elles ne pourront compter que sur les faibles aides des communes. L’état n’interviendra pour des remboursements que si les régions touchées par la tempête sont déclarées zone sinistrée. Ce qui n’est toujours pas fait au moment où nous écrivons!
Les pertes auraient pu être moins importantes si la population avait été avertie. La tempête a surpris tout le monde dans la nuit. Dans certaines communes, ce sont les habitants qui ont averti le maire. Les inondations auraient fait plus de victimes si les habitants n’avaient pas été vigilants. Pourtant il existe différents plans en cas de tempête et de cyclone avec phase de vigilance, phase d’alerte. Ces plans n’ont pas fonctionné. Les pouvoirs publics n’ignorent pas que de fortes pluie peuvent entraîner des inondations. Une grande majorité de personnes vit aux abords des rivières et n’est pas à l’abri des intempéries, surtout en période cyclonique. Dans l’avenir, la population aura intérêt à savoir comment s’organiser pour se protéger sans attendre de décisions officielles.



Plan Borloo
Un énième plan social

Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a présenté au conseil des ministres du 25 septembre son projet de plan dit de cohésion sociale. Plan, annoncé à grand renfort de publicité, qui bénéficiera selon lui de 13 milliards d’euros sur 5 ans. Prudent, le ministre précise que les effets de son plan se verront vers 2006 –2007 soit l ‘année des élections présidentielles ! Car effectivement c’est Chirac le commanditaire de ce plan. Il compte sur lui pour freiner sa chute dans les sondages et préparer sa réélection en 2007.
Après les CES (contrat emploi solidarité), CEC (contrat emploi consolidé) et autres emplois jeunes créés par les gouvernements de gauche et supprimés par l’actuel gouvernement de droite, Borloo revient sur un nouveau moyen de mettre à la disposition des patrons, collectivités et aux associations une main d’œuvre à bon marché.
En effet, il prévoit de proposer aux Rmistes et aux allocataires de l’ASS (allocation de solidarité spécifique) des contrats dits «d’avenir». L’ouvrier touchera entre 700 et 800 euros soit 75% du Smic pour 26 heures de travail et 9 heures de formation. Sur cette somme, l’Etat prendrait à sa charge 417 euros soit le montant du RMI et l’employeur la différence. Les patrons auront donc des ouvriers avec des salaires de 1,60 euros de l’heure comme en Pologne. De plus, ils ne payeront les charges sociales que sur ce salaire ridicule. Les Rmistes et les bénéficiaires de l’ASS seront contraints d’accepter ces contrats de misère. En cas de refus, ils s’exposent à la suppression de leurs allocations.
Ce nouveau plan, n’a rien de nouveau. Comme les précédents c’est un moyen déguisé, d’aider les patrons en baissant le prix du travail.



Le Moule
L'OMACS dissout

Dans une assemblée générale du 10 septembre dernier, l'Office Municipal des Affaires Culturelle et Sportive du Moule (OMACS) a été dissout.
Cette association qui avait en gestion le Centre culturel Robert Loyson était dirigée par un employé de la mairie, Jean-Claude Nelson. Cet ancien dirigeant de l'OMACS était pendant des années, politiquement, le bras droit de madame le Député-Maire, Gabrielle Louis-Carabin. Mais, quand lors des dernières cantonales partielles, J-C Nelson s'est présenté contre la volonté du maire, les relations se sont dégradées entre le Maire et son ex-poulain. Et le Maire a exercé sa vengeance ! Cette lutte sans aucun intérêt pour la population a donc entraîné la disparition de l'OMACS.
Souhaitons que le Centre Robert Loyson que devra diriger, d'après les dires de madame Louis-Carabin, Marie-Claude Pernelle, l'actuelle directrice de la bibliothèque multimédia, reprenne rapidement ses activités dans l'intérêt de la population moulienne.




Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2004 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!