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Les multinationales ne savent plus quoi faire de leurs profits!
Alors que les licenciements, les plans sociaux, les délocalisations, se poursuivent régulièrement de par le monde, les profits des grosses sociétés multinationales n’ont jamais été aussi importants. L’article du Monde du 17 septembre 2004: « les multinationales sur leur tas d’or » est à ce sujet édifiant. Eric le Boucher, auteur de l’article cite des chiffres de 2004 énormes! Ainsi, «Microsoft» accumule 60 milliards de dollars de réserves grossissant d’un milliard tous les mois. Cette année, la firme de Bill Gates a doublé ses dividendes et même racheté ses propres titres pour 30 milliards de dollars. Mais Microsoft n’est pas seul. Au total les 374 entreprises de l’indice «Standard and Poor’s» ont dans leurs coffres 555 milliards de dollars de réserves. Soit 11% de plus par rapport à l’année 2003. Selon le magazine «Business week», Bouygues, Exxon, Intel, British Télécom viennent de racheter massivement leurs propres actions pour faire gonfler leur cours. Et le phénomène concerne tous les pays.
Les causes de cette abondante accumulation de richesse stagnante, selon Eric le Boucher, seraient la prudence, la frilosité, la peur d’investir face au terrorisme, à une possible récession. Patrick Artus, un économiste qui ne remet pas en cause le système économique existant, parle de « capitalisme sans projet». Il déclare aussi: «Si les profits d’aujourd’hui ne font plus les investissements de demain mais provoquent seulement des distributions de liquidités aux actionnaires, l’utilité de profits très élevés n’apparaît pas. Les entreprises devraient «rendre» l’argent aux clients, en baissant leur prix de vente». Or, c’est loin d’être le cas.
Les entreprises seraient donc « trop riches ». Et Eric le Boucher de se demander pourquoi n’augmentent-elles pas l’emploi et les salaires?
Mais c’est dans la logique du capitalisme dans sa période de putréfaction. Distribuer de super dividendes aux actionnaires, racheter ses propres actions, plutôt que d’investir ou de relancer la consommation par l’emploi et les salaires augmentés, c’est le signe d’un capitalisme paralysé et effectivement sans avenir. Eric le Boucher conclut son article par une remarque juste: «Tant que l’existence d’une ROE (rendement des fonds propres) de 12 à 15% reste l’alpha et l’oméga de la «bonne gouvernance», se creuse le fossé entre les grandes entreprises et les populations, entre leur vie à l’échelle globale et celle de leur entourage à l’échelle nationale».
Tout cela est bien l’illustration de la malfaisance du système capitaliste. Et on voit bien qu’il serait naïf de compter même sur une amélioration du capitalisme, sur un capitalisme «humanitaire» comme beaucoup l’espèrent ou même le revendiquent. Ce qui apparaît comme ses pires contradictions est la nature même du capitalisme. Ce système est par nature irrationnel et il n’est pas étonnant que pour satisfaire leur appétit démesuré de profits, les capitalistes ne se soucient nullement d’éviter les risques qui pourraient conduire à la faillite économique de leur propre système.
Le système capitaliste est porteur de ses propres germes de crises et de destruction. Et dans ses crises larvées ou aigues il entraîne toujours plus de pauvreté, de catastrophes pour des millions d’être humains privés de tout.
Le seul espoir pour l’humanité réside dans la lutte contre ce système capitaliste jusqu’à son remplacement par une autre société, débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme et de la soif de profit d’une minorité, pour enfin satisfaire les besoins de toute la société.
Dur, dur d'avoir la couverture maladie universelle (CMU)!
Si certains médecins donnent aux malades ayant la CMU des médicaments échantillons gratuits, d’autres, médecins ou dentistes, refusent carrément de les recevoir. Ils l’affichent à l’entrée de leur cabinet: pas de CMU. Les pharmaciens également sont réticents lorsqu’on leur présente une carte CMU. Ils n’arrivent pas à se faire rembourser. Les responsables de laboratoires d’analyses médicales parlent même de refuser les cartes CMU si la situation ne s’améliore pas. Tous se plaignent des délais et des difficultés de remboursement.
Ce système de couverture complémentaire devrait permettre à 60 000 personnes en Guadeloupe de se soigner correctement. La CMU paie par exemple le forfait hospitalier, et d’autres sommes qui restent à la charge d’un assuré social sans mutuelle.
Mais pour le titulaire de cette carte, c’est le parcours du combattant: de nombreux déplacements pour se rendre à des bureaux de la Sécurité sociale qui, quand ils ne sont pas fermés, sont surchargés, des queues interminables, quelquefois il est mal reçu par des employés surchargés de travail qui s’énervent parce que le titulaire de la carte n’a pas compris tel ou tel point, et puis souvent, l’impression d’être déconsidéré. De plus le système n’est pas simple, il faut toujours fournir de nouvelles pièces sous peine de voir sa carte désactivée, annulée. Enfin, il y a les pannes d’informatique.
Certains même se découragent et ne font plus aucune démarche. En cas de maladie grave, ils vont aux urgences et reçoivent pour quelques jours d’hôpital des factures qu’ils ne peuvent pas payer. Cela se traduit par des menaces de saisie, alors qu’ils ne possèdent rien. Ils n’osent plus par la suite s’approcher de l’hôpital.
Le mauvais fonctionnement de la CMU est une des conséquences de l’organisation injuste de cette société. Oui, une telle idée est bonne, mais l’Etat n’a pas prévu les embauches, le matériel et les locaux nécessaires pour sa mise en œuvre. Il fait d’autant moins ce qui est nécessaire qu’il s’agit d’un service pour les plus démunis. Et il demande aux employés de la Sécurité sociale de fournir des efforts, ce qu’ils ne peuvent pas toujours faire, ce qui dresse souvent les pauvres contre ces travailleurs.
Une période cyclonique catastrophique
Une centaine de personnes tuées sur le trajet de l’ouragan Yvan, de la Caraïbe aux côtes américaines. Déjà plus d’un millier de morts dans la Caraïbe. Les ouragans sèment la désolation sur leur passage. Outre les pertes en vie humaine, c’est la destruction totale d’habitations, de cultures et d’infrastructures qui laissent les populations dans une détresse extrême.
Chaque année, à la même période, il faut compter avec ces phénomènes atmosphériques ; et s’ils sont tout à fait naturels, les catastrophes qu’ils engendrent, ne sont pas elles, naturelles. Il n’est pas normal, alors que les moyens financiers existent que des précautions ne soient pas prises, que des mesures de préventions ne soient pas mises en route afin de protéger plus efficacement les populations, notamment les plus pauvres.
En effet lors des catastrophes, se sont les plus pauvres qui payent le plus lourd tribut au dérèglement atmosphérique et ceci n’a rien de naturel.
Ce n’est pas un hasard si les pays qui ont le plus payer en vies humaines, sont également les pays les plus pauvres : une trentaine de morts à Grenade pour Yvan, une cinquantaine en Haïti pour Jeanne! Sans parler de la Jamaïque, de Porto Rico ou de Saint Domingue. Ces îles de la Caraïbe sont très pauvres et très démunies face aux phénomènes cycloniques. Ces îles que l’on peut qualifier de «bidon-îles» sont un concentré de maisons vétustes, d’infrastructures légères, de populations laissées pour compte, et ce n’est pas pour rien que les ouragans n’en font qu’une boucherie!!
Même aux USA, grandes puissances, la dizaine de tués de l’ouragan Yvan fait parti des plus pauvres du pays, de ceux qui, faute de moyens, vivaient dans des roulottes.
La pauvreté, la misère, sont des tares de la société. Elles n’ont rien de naturel et lèsent les individus à tous points de vue, santé, éducation… Mais aussi les laissent démunis face aux phénomènes naturels.
HAÏTI
La population du Nord gravement touchée par la tempête Jeanne
Il y a une semaine le passage du cyclone Ivan, qui avait surtout frappé les régions du Sud et de la Grand'Anse, a occasionné un lourd bilan au 14 septembre: trois morts, plus de 300 maisonnettes endommagées, 2521 sinistrés selon le gouvernement.
La région de l’Artibonite avait été touchée par la pluie, mais cette fois la tempête Jeanne ne l’a pas épargnée. Après avoir longé le nord d’Haïti elle a laissé dans son sillage plus de 1000 morts selon un bilan provisoire du 21 septembre, dont 500 pour la seule ville de Gonaïves. Les pluies très abondantes qui sont tombées samedi 16 et dimanche 17 septembre ont entraîné des inondations. La ville de Gonaïves a été dévastée, la cathédrale où les habitants s’étaient réfugiés a même été inondée. Un hôpital a littéralement volé en éclats et on ne trouve plus les malades.
C’est donc une immense catastrophe dans un pays qui fut déjà gravement touché par les inondations de juin de cette année (un millier de victimes!).
Le premier ministre Gérard Latortue et son ministre de l'Intérieur ont tenté de se rendre sur place, et ils ont fait demi-tour en raison des routes coupées. Finalement, les moyens de transport de l’ONU (Minustah) ont été mis à leur disposition. Des missions, appuyées par la Minustah, se sont rendues sur place et le bureau haïtien de la protection civile a annoncé que des kits d’hygiène seraient distribués à la population. Mais à combien de gens? Pendant quelle durée?
Le gouvernement avait décrété depuis jeudi l’état d’alerte cyclonique, mais cette alerte n’a pas permis aux habitants des quartiers pauvres de se réfugier dans des quartiers moins menacés et ils ont été les premières victimes des inondations.
La situation des populations dans ces zones pauvres était déjà difficile. Après ces deux tempêtes, les habitants doivent faire face à une nouvelle catastrophe, les maisons sont ravagées, les jardins détruits, le bétail a été emporté par le courant.
Ils ne se font guère d’illusion sur l’aide d’un gouvernement plus prompt à défendre les possédants et notables corrompus qu’à soutenir les pauvres. C’est une immense misère qui va encore s’aggraver, les catastrophes naturelles venant s’ajouter à la catastrophe sociale permanente, au pillage, générés par une poignée de possédants avides et cyniques. Eux, c’est chaque jour qui passe qu’ils jettent dans la misère et le désespoir des milliers de gens pauvres. Et c’est cette misère, créée de toute pièce, qui rend alors plus vulnérables ces populations pauvres face aux catastrophes naturelles.
Liquidation de l'UDMG
Les salariés trinquent
L’UDMG (l’Union des Mutuelles de la Guadeloupe) qui regroupe plusieurs mutuelles a été liquidée par décision de justice. Cela faisait déjà quelque temps que la situation financière de l’UDMG était difficile et qu’elle était en sursis.
Avec la liquidation de l’UDMG, il y a aussi le Centre dentaire et le Centre d’Optique qui sont liquidés. Le Palais de la Mutualité a été racheté par la FNMF (Fédération Nationale des Mutuelles Françaises) pour combler les dettes du Palais.
L’UDMG avait 86 millions d’euros de dettes sociales non payées à la CGSS. Beaucoup disent qu’il s’agit d’un problème de mauvaise gestion, de querelles de personnes entre les dirigeants. Il y avait un climat malsain. L’UDMG a eu beaucoup de procès perdus, ce qui a été particulièrement coûteux. Où est passé l’argent? Les véritables responsables seront-ils sanctionnés? Et comme toujours ceux qui paient les pots cassés ce sont les salariés qui ont été licenciés.
Pour le moment on ne sait pas s’il y aura un repreneur, mais de toute façon les assurés pourront retrouver une mutuelle pour prendre le relais. Ceux qui sont les laissés pour compte ce sont évidemment la quarantaine d’employés qui se retrouvent à la rue. Quel sort sera réservé au personnel nul ne s’en soucie pour le moment. A moins qu’ils ne décident de se faire entendre et respecter!
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