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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 octobre 2004      N° 910
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Page 2

Martinique
À propos de la présence des enseigants blancs.

La rentrée scolaire 2004 suscite beaucoup de réactions à cause du non réemploi de certains contractuels. Les responsables seraient les enseignants français nommés en Martinique, les «non originaires» comme certains les dénomment. Après les déclarations de deux syndicats nationalistes, la CSTM et l’UGTM, les organisations politiques qui leur sont proches, le MIM et le CNCP ont renchéri.
Ces prises de position ont entraîné une riposte de la part des représentants locaux d’une fédération syndicale la FSU qui a taxé de «racistes» ces déclarations, ce dont bien sûr se défendent les auteurs de la campagne anti «non originaires»
Le président de la commission Education du Conseil Régional reçu dans le cadre de l’émission «le club» diffusé le dimanche 26 sur la chaîne de télévision ATV, a déclaré «qu’il y avait en Martinique 80 000 Blancs qui, à 99% avaient un emploi, tandis que 60 000 Martiniquais étaient sans emploi».
Nous n’avons pas vérifié ces derniers chiffres qui paraissent pour le moins bizarres, mais, les aligner comme ça n’a pas grand sens. Certes, il est vrai que la grande majorité des Blancs sinon la totalité résidant en Martinique ont un emploi et souvent même un bon emploi. Ces Blancs sont généralement des patrons, directeurs, cadres, enseignants, fonctionnaires grands et petits. La plupart ont des postes de direction et d’encadrement. Est-ce à dire que ces soi-disant 80 000 Blancs prennent les postes de 60 000 Martiniquais? c’est aller vite en besogne. Bien souvent les Blancs occupent des emplois spécialisés nécessitant une expérience et une compétence technique. Et le fait qu’il n’y ait pas assez de Martiniquais pouvant occuper ces postes tient à un manque de cadres martiniquais, peut être aussi dans l’enseignement. Que la formation de ces cadres autochtones ne soit volontairement pas assurée par l’administration française par racisme et vieille habitude colonialiste, c’est vrai. Mais alors il faut le dire, l’expliquer et dénoncer ce racisme.
Ceux qui s’insurgent contre le peu de place fait aux Noirs par rapport aux Blancs dans une île comme la Martinique ayant connu trois siècles de colonialisme et de racisme où les postes de responsabilité étaient longtemps interdits aux Noirs, ont raison. Ce n’est pas faire du racisme mais combattre le racisme. Le racisme consiste à rejeter l’autre du fait de sa race. S’il se trouve des individus, militants syndicaux, politiques nationalistes ou autres qui s’opposent à la présence de Blancs du simple fait qu’ils sont Blancs, cela est du racisme. Il faut alors le combattre comme tous les racismes.
Il y a en Martinique des «petits blancs» racistes ici et là et aussi au sein de l’appareil administratif. Il faut les combattre, les dénoncer, ou les chasser. Mais la question de la présence des Blancs en Martinique doit être relativisée. Un certain nombre de fonctionnaires dont des enseignants, des techniciens, des cadres administratifs blancs sont appréciés de la population pour ce qu’ils apportent dans la formation. Certains se lient à la population noire et comprennent tout à fait les sentiments de méfiance à l’égard des Blancs, sentiments issus de l‘esclavage et de la colonisation.
Cependant, le vrai racisme, le plus nocif, est celui des patrons blanc békés ou autres, celui des grandes familles blanches propriétaires de banane, de terre, de grosses entreprises. Ceux là sont les descendants d’esclavagistes et ont un long passé de répression, de crimes contre la population noire. Leurs alliés «métropolitains» sont aussi à combattre. Ces patrons blancs traitent encore aujourd’hui leurs ouvriers avec un profond mépris. Ils ne se mélangent pas à la population noire, ne se marient pas avec des Noirs. Ils forment une caste pétrie du sentiment qu’elle appartient à une race supérieure. Ce sont eux qui font peser sur l’ensemble de la société martiniquaise le préjugé de race et qui perpétuent une sorte de racisme institutionnel par la pression qu’ils exercent sur l’ensemble de la société du fait de leur puissance économique.
Voilà les Blancs qu’il faut combattre en réalité. Et c’est un combat qui rejoint de fait celui des travailleurs contre le patronat et la bourgeoisie exploiteuse, blancs dans leur très grande majorité.



Suicides en série à France Télécom

A Carquefou prés de Nantes, un collègue, technicien de 48 ans, s’est suicidé le 8 septembre dernier sur son lieu de travail. Il était concerné par une restructuration, avait été muté et avait complètement changé de travail. Il ne supportait plus les pressions de la direction. Le nombre de suicide à France- télecom ne cesse d’augmenter: 3 en Corse, deux sur le continent. Sans compter les dépressions et maladies dues au stress. Tous les moyens sont bons pour cette direction afin de faire passer les employés par ses quatre volontés jusqu’à les briser et à ce qu’ils en arrivent à «se foutre en l’air». Les méthodes de réorganisation de «FT» sont tout simplement criminelles!




Les banques nous arnaquent

L’association UFC Que Choisir dénonce les tarifs prohibitifs pratiqués par la plupart des banques pour différents services. Ainsi les clients doivent payer au prix fort toutes les opérations: retrait au guichet, retrait dans les distributeurs qui  n’appartiennent pas au réseau de la banque, virement, sans compter les commissions pour découvert, etc... C’est notre argent mais il faut pratiquement payer pour en disposer alors qu’à partir d’un certain niveau de salaire on est obligé de virer son salaire dans une banque.
Pour le moment Que Choisir menace de porter plainte à l’encontre des banques si elles ne révisent pas leur tarif. Mais ces dernières font mine de ne pas entendre.
Et ce sont ces mêmes banques qui font d’importants profits sur notre dos qui veulent rogner les maigres avantages dont nous disposons en tant que salariés.
Les banquiers ne connaissent qu’une seule chose: faire fructifier leur argent par tous les moyens.



Guardel
De quoi a peur la direction?

Le Grand public a été mis au courant par la presse que la Société Gardel s.a. n’avait transmis ses comptes à la Chambre de Commerce. Que cachent ces comptes pour que la direction ne les transmettent pas depuis 12 ans. Quelles magouilles se déroulent avec les subventions de l’Etat pour que les directeurs ne veuillent pas en parler?



Élections américaines
Kerry-Bush, deux candidats pour une même politique

Le candidat démocrate John Kerry est placé en tête des sondages après le premier débat télévisé du jeudi 30 octobre: pour les élections présidentielles qui auront lieu le 2 novembre, il bénéficie de 49% des intentions de vote, contre 46% à l’actuel président, le Républicain Georges W. Bush. Kerry se serait, selon les commentateurs, montré plus «offensif» que son vis-à-vis lors du débat. Mais au delà des attitudes médiatiques, qu’est-ce qui différencie le discours de ces deux candidats à la présidence?
Kerry dénonce les «erreurs de jugement» de Georges Bush. Il met en avant le fait que les grandes compagnies pharmaceutiques, pétrolières et en particulier Halliburton sont favorisées par la politique de Bush. Halliburton est un groupe de services pétroliers et logistiques présidé par Dick Cheney, l’actuel vice-président républicain des Etats Unis. C’est Halliburton qui a emporté la majeure partie des contrats attribués en Irak par l’armée américaine. Il dénonce également les baisses d’impôts accordée par G. Bush aux plus riches: les foyers gagnant plus de 200 000 dollars par an (environ 200 000 euros). Lors de sa campagne, il a aussi promis de faire rentrer les troupes actuellement sur le terrain en Irak.
Faut-il pour autant penser que Kerry envisage de faire cesser la guerre en Irak, une guerre impopulaire aux Etats Unis parmi les travailleurs, la classe sociale qui la paye le plus cher? Eh bien non! Il promet de faire revenir des troupes, mais en même temps d’envoyer sur le terrain 40 000 hommes supplémentaires. Il faudrait aussi, selon Kerry, favoriser l’engagement d’autres pays aux côtés des USA dans la guerre. Donc, pas question d’arrêter la guerre qui s’enlise en Irak.
Sur le plan social, il promet d’offrir de «nouveaux choix» sur les questions de l’emploi, de la santé, la fiscalité et la politique énergétique. Il n’a pas pour autant été question de créer des emplois pour enrayer le chômage et la misère qui augmentent pour les catégories les plus pauvres. 13% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, dans le pays le plus riche du monde.
Donc, bien peu de choses différencient le discours électoral de Kerry et de Bush. Et c’est bien le reflet de leurs politiques respectives. Démocrates et Républicains sont deux partis au service de la bourgeoisie américaine. Les travailleurs, les chômeurs, les pauvres ne les intéressent pas. D’ailleurs, la majorité d’entre eux, dégoûtés, ne votent pas. Il y a en général aux Etats Unis, 60% d’abstention aux élections. Que le vainqueur le 2 novembre soit Bush ou Kerry, cela ne changera absolument rien pour eux.



Coup de colère des parents d'élèves de Morne à l'eau

Depuis plusieurs semaines, les parents d’élèves des écoles maternelles de Morne-à-l’Eau manifestent leur mécontentement car leurs enfants ne peuvent pas manger correctement, le personnel de surveillance des cantines étant insuffisant pour encadrer les enfants.
Le mardi 28 septembre les parents de l’école Pointe à Retz sont venus en grand nombre devant l’école pour déplorer cette situation et interpeller la municipalité. Ils ont menacé de perturber le fonctionnement de l’école.
Lors d’une intervention sur les médias, la municipalité de Morne-à-l’Eau en la personne de F. Garain, adjoint au maire, a expliqué que ce problème n’était pas dû à une insuffisance de personnel, mais était la conséquence de son redéploiement. Selon les représentants syndicaux, ce redéploiement a été décidé de façon unilatérale et sans concertation du personnel concerné. Certains agents refusent de regagner leur nouvelle affectation. Ils demandent à être reçus par le maire afin de discuter des modalités de ce redéploiement. Ils disent ne pas être contre mais critiquent le manque de concertation entre la mairie et les travailleurs. Le maire n’a même pas réuni le Comité Technique Paritaire sur cette importante question qui concerne les agents, mais a pris sa décision lors d’un conseil municipal.
Les parents d’élèves ne veulent pas entrer dans une polémique entre le maire et ses agents mais à juste titre réclament du personnel pour encadrer correctement leurs enfants pendant le repas.



NIGÉRIA
Au bord d'une nouvelle guerre civile?

Les combats entre deux gangs dans l’Etat pétrolier de Rivers du sud du Nigeria ont fait ces dernières semaines plus de 500 victimes. La situation demeure très tendue, obligeant la Shell à rapatrier une partie de son personnel et l’ENI (trust pétroliers) à l’envisager. Ceci, malgré l’occupation de la capitale de l’Etat Port Harcourt par les troupes de l’Etat fédéral nigérian. Ces gangs se disputent le contrôle des puits de pétrole et demandent une plus grande autonomie voire l’indépendance de l’Etat de Rivers. Le premier groupe, qui semble être le plus puissant et qui dit compter plus de 200 000 hommes armés, s’appuie sur la tribu des Ijaws. Il est dirigé par un contrebandier: Dokubo Asari. Il s’est enrichi en détournant du pétrole qui, après raffinage par ses soins est écoulé sur le marché local. Avec les revenus tirés de ce trafic il a armé des hommes. L’autre bande dirigée par Ateke Tom provient d’hommes armés par l’actuel gouverneur de l’Etat pour assurer son élection. S’étant renforcée la bande s’est affranchie de l’autorité de ce potentat pour défendre ses propres intérêts et envisager de faire main basse sur les revenus pétroliers du Nigeria. Il faut dire que la tentation est grande. L’Etat fédéral central a de plus en plus de mal à assurer son autorité et maintenir l’unité de ce géant au pied d’argile qu’est la fédération nigériane.
Ce pays artificiellement constitué en 1960 par les colonialistes anglais rassemble 250 ethnies en 38 Etats. En gros les musulmans occupent le Nord du pays et les chrétiens le sud, dont le delta du Niger dont le sous sol regorge de pétrole de très bonne qualité… Le Nigeria est le sixième producteur mondial de pétrole avec 2,5 millions de barils par jour.
La semaine dernière l’établissement de la loi islamique et donc de la charia dans plusieurs états du Nord a provoqué des protestations de la minorité chrétienne vivant là. En réaction des bandes de voyous et d’étudiants musulmans ont assassiné des dizaines de chrétiens et ont brûlé leurs biens et provoqué leur exode vers le sud de la fédération En écho, dans le sud, ce sont les musulmans qui ont fait les frais de la vengeance des Chrétiens. L’Etat fédéral est incapable de stopper l’engrenage.
Vient s’ajouter la rébellion du Delta du Niger et l’intervention de l’armée. Minée par ce conflit religieux et par la corruption régnante, rien ne dit que l’armée ne se désagrège pas. D’autant que la faiblesse de l’Etat central aiguise l’appétit des chefs de gang et celui des compagnies pétrolières. Le Nigeria produit un brut très léger donc très prisé par les raffineurs. Une sécession du Delta du Niger et donc l’institution d’un petit Etat pétrolier, ce serait une aubaine pour eux. Ces trusts sont tentés d’armer les chefs de gang en vue d’avoir un Etat sous leur contrôle et donc d’attiser la guerre. Déjà en 1967 une rébellion des Ibos, ethnie du Delta, pour les mêmes raisons, avait fait en 3 ans plus de 1 million de victimes.
Le Nigeria risque une nouvelle fois de plonger dans une guerre civile atroce, dont les seules victimes seront la population pauvre du Delta et tout le pays, et les seuls bénéficiaires les grosses sociétés pétrolières des pays riches.



CÔTE D'IVOIRE
Derrière les manifestations contre l'armée française

Des manifestations ont lieu depuis peu en Côte d’Ivoire. Elles sont dirigées contre les forces armées françaises de l’opération «licorne».
Les manifestants protestent contre le vol d’une banque perpétré par douze soldats français. Ces derniers ont dérobé 100 millions de francs CFA (160.000 euros) fin septembre à Man dans une succursale de la banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest, dont ils étaient chargés d’assurer la sécurité en zone rebelle ; Ils ont été arrêtés et emprisonnés en France dans l’attente de leur jugement. Mais les manifestants réclament leurs noms et la date du procès.
L’armée française s’illustre bien déjà en tant que protecteur des dictatures et des intérêts impérialistes. Alors du grand banditisme, il était facile pour certains de ses éléments de passer au petit banditisme.
Ce sont les partisans du président Laurent Gbagbo qui manifestent. Pourtant l’armée française est là pour le soutenir en même temps que les intérêts des grosses sociétés françaises. Mais l’occasion était trop belle pour Gbagbo de faire ainsi pression sur la France quelque peu affaiblie par le scandale. Ces manifestations arrivent au moment où un accord signé par tous les protagonistes du conflit ivoirien doit intervenir pour désarmer les groupes paramilitaires. Le respect d’un tel accord priverait Gbagbo de ses propres milices.




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