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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 octobre 2004      N° 910
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Page 3

Guadeloupe
La grève des employés de Carrefour Milenis

Samedi 2 octobre, les travailleurs du supermarché Carrefour Milenis ont décidé de cesser le travail. La veille, les négociations annuelles obligatoires (NAO), avaient achoppé sur 5 points non satisfaits. Lorsque les délégués sont venus rendre compte au personnel des résultats, le débrayage a été immédiatement décidé.
Les points sur lesquels les négociations ont buté sont les suivants:
-Prime de froid;
-Prime d’ancienneté pour les agents de maîtrise et les cadres;
-Remise sur achats;
-Revalorisation du Ticket restaurant;
-Revalorisation des salaires;
-Prime de transport.
Des responsables du groupe avaient affirmé qu’il y avait des possibilités, mais le directeur a abruptement annoncé qu’il n’avait plus rien à donner et que les revendications des salariés mettraient en péril la Société. Pourtant, les travailleurs de Milenis sont bien placés pour savoir quels énormes bénéfices réalise cet hypermarché. Les plans d’agrandissement tramés pendant des mois, sans que les salariés soient informés, sont une preuve que les profits rentrent dans les poches des actionnaires. En annonçant ces projets tardivement les patrons ont accru la révolte des salariés.
Les grévistes sont regroupés devant leur lieu de travail. La direction est venue les trouver lundi matin, pour leur dire de reprendre le travail, et que les négociations reprendraient dans l’après midi. Tous les employés ont répondu «NON!». Ils sont déterminés à attendre des résultats satisfaisants avant de reprendre leur poste.

D.H.: Finalement, dès lundi soir, la direction a jugé bon de reculer. Un accord a été trouvé. Le travail a repris le mardi matin.



Annulation de la procédure dans un des procès d'Armand Toto

C’est dans un contexte de large répression judiciaire visant plusieurs militants et responsables de l’UGTG qu’Armand Toto, membre du conseil syndical de l’UGTG, a été convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre le mercredi 22 septembre. Il était accusé d’avoir proféré des injures à l’encontre d’une équipe d’intervention au cours du conflit à Ecomax en octobre 2003. Les avocats de la défense ont dénoncé le caractère peu crédible de telles accusations. Dans le dossier, aucune précision n’était donnée sur l’identification des témoins. Il était simplement mentionné qu’une équipe Cobra 32 avait été outragée. Quant aux soi-disant injures exprimées en créole, aucune traduction n’a été faite par un interprète. Face à des accusations peu convaincantes le juge a prononcé la nullité de la procédure.
Des travailleurs de l’UGTG et des représentants du comité de lutte contre la répression anti-syndicale étaient dans la salle d’audience. Il faut savoir que par ailleurs, ce militant très actif de l’UGTG a été condamné à 6 mois de prison ferme et à 8.700 euros d’amende suite à une grève des agents de la sécurité à l’hôtel Club Med. Il a été également condamné à 4 mois de prison ferme et à 9 890 euros de dommages et intérêts suite à la plainte de quatre gendarmes qui l’ont accusé de les avoir frappés. Quand on considère que ce même militant a été accusé dans une affaire dont la procédure a été annulée en raison de la légèreté de l’enquête, on se demande si ces condamnations s’appuient sur des témoignages crédibles. C’est sur la base d’accusations des représentants de la force publique, au cours de conflits opposant des travailleurs à leur patron, que d’autres responsables syndicaux de l’UGTG ont été condamnés.
Pourtant dans des cas de fautes flagrantes venant du patronat, où le droit n’est pas respecté, telle la non- application de l’augmentation du SMIC comme on le voit dans le conflit de la banane, et dans bien d’autres situations, la justice se tait. S’agissant des travailleurs c’est la politique du bâton. Pour les patrons et la justice de classe il faut à tout prix faire taire ces syndicalistes et les travailleurs qui se battent pour défendre leurs droits. Mais ils auront bien du mal à y parvenir.



Pointe-à-Pitre
Meeting du comité de lutte contre la répression anti-syndicale

Le vendredi 1er octobre a eu lieu, devant le local de l’UGTG, un meeting organisé par le comité de lutte contre la répression anti-syndicale. Ce deuxième meeting, après celui qui a eu lieu le 9 juillet, a rassemblé plus de monde, environ 200 personnes. Les représentants des différentes organisations qui font partie du comité (COMBAT-OUVRIER, le MOUVMAN GUADLOUPEYEN, le KLNG, l’UPLG, NONM, le PCG, SUD-PTT, TRAVAYE E PEYIZAN, COPAGUA, FAEN-SNCL, le SPEG, l’UPG, l’UGTG) ont pris la parole pour dénoncer les condamnations dont sont victimes plusieurs responsables syndicaux de l’UGTG et exprimer leur solidarité. C’est notre camarade Claude Fletcher qui est intervenu pour Combat Ouvrier. Le secrétaire général de la CGTG, Jean-Marie Nomertin a dénoncé les attaques patronales et la répression judiciaire qui frappe également la CGTG. Il a évoqué la grève actuelle des ouvriers de la banane et dénoncé la présence des forces de l’ordre dans les plantations.
Le comité se fait de plus en plus connaître dans la population grâce aux différentes actions qu’il a menées jusqu’ici (meetings, réunions d’information dans les communes, interventions sur les ondes et dans la presse). Il continue d’organiser des réunions d’information.
L’une à Moule, une autre à Capesterre sont déjà programmées. Des rencontres ont eu lieu avec différentes organisations syndicales (CTU, CGTG) et des syndicats d’enseignants.
Si la justice et les patrons visent à isoler les travailleurs en s’attaquant aux responsables syndicaux ils se trompent. Au contraire, la répression anti- syndicale a fait réagir de nombreuses organisations et la solidarité qui se manifeste ira en s’élargissant.



Pointe-Noire
Neuf mois de grève contre la précarité

Les «emplois jeunes» de la mairie de Pointe Noire ont eu le courage de continuer le combat malgré l’intransigeance du maire avec le syndicat UTC (UGTG) des communaux. A deux reprises depuis une semaine, les grévistes sont allés manifester devant le Conseil Régional. Pendant des années ils ont été utiles par leur travail et avaient toutes les raisons d’espérer être embauchés définitivement. Ce système de contrat de cinq ans était censé être un processus d’insertion: chaque année l’administration qui reçoit un emploi jeune paie une part plus importante du salaire, l’objectif étant, qu’après cinq ans, le contrat emploi jeune est remplacé par une véritable embauche. Mais l’Etat ne tient pas ses engagements. Dans toutes les administrations il a placé, à la place de fonctionnaires, des «précaires», de la main d’œuvre à bon marché, des salariés qui doivent accepter toutes les tâches pénibles, toutes sortes de responsabilités. Mais au bout du compte l’administration bénéficiaire leur offre la porte avec le mépris: «le contrat est terminé, je ne vous dois rien».
Le maire «socialiste» de Pointe Noire a agi ainsi. Ces jours-ci il se targue de vouloir «le droit, rien que le droit». D’abord, est-ce si sûr? Et puis le droit est celui des exploiteurs, des possédants, pas celui des ouvriers, des employés. Par ailleurs, il se vante d’avoir réduit le déficit de la commune depuis peu. Raison de plus pour embaucher! Mais Girardin, ministre des DOM, promet de nouveaux types de contrats pas chers. Dehors donc les anciens emplois jeunes! Ils pourront être remplacés par de nouveaux précaires. Les maires ont toujours préféré la soumission des précaires.
Il se trouve que pour certains emplois jeunes, les luttes, en particulier à la Réunion, ont amené le gouvernement à proposer une prolongation de 3 ans. Tous les emplois jeunes de la Guadeloupe n’ont pas été prolongés et si certains ont donné lieu à de vraies embauches, d’autres jeunes se sont retrouvés à la rue. Chaque fois, c’est le rapport de force entre responsables de l’administration et travailleurs combatifs qui a déterminé l’issue. Aujourd’hui Desplan dit qu’il était d’accord pour 3 ans supplémentaires en emplois jeunes et que ce sont les grévistes qui n’ont pas voulu. Peut être! Mais nul ne peut reprocher aux grévistes de Pointe Noire de se battre pour une véritable solution. Trois ans de plus de précarité, c’est toujours la galère, l’incertitude, les difficultés pour avoir un prêt et pour faire des projets. C’est toujours des relations de dépendance vis à vis des chefs, des conseillers municipaux, du maire, c’est de nouveau la peur de ne pas être maintenu sur le poste, le chantage, le stress. Alors la plupart des grévistes ont continué la lutte.
L’intransigeance du maire de Pointe Noire est injuste. Le mépris qu’il affiche envers ceux qui se battent pour ne pas devenir des chômeurs est intolérable. S’il était véritablement du côté des travailleurs il serait descendu avec eux dans la rue, il aurait mené le combat contre le préfet, les ministères, le gouvernement. M.Desplan doit trouver une solution pour ces travailleurs qui luttent pour leur dignité.



Saint-François
Grève à la bibliothèque

Depuis le 8 septembre les 5 employées de la bibliothèque exercent leur droit d’alerte et de retrait. En effet des jeunes stationnent devant le bâtiment, après avoir bu et fumé ils deviennent violents et menaçants. Cette situation dure depuis fort longtemps sans que la municipalité ne réagisse. Depuis fin 2003, les menaces sont plus nombreuses et plus précises. Craignant pour leur sécurité les employées ont cessé le travail. Pour appuyer leur démarche, elles précisent qu’en 2002 la bibliothèque avait reçu la visite de 836 personnes. Au 1er septembre 2004, avec la montée de l’insécurité aux abords de l’établissement, seulement 300 personnes ont franchi ses portes.
Les employées en ont profité pour déposer un cahier de revendications. Elles demandent, des ordinateurs, un fax, un minitel, un scanner et le rétablissement de l’accès à internet. Concernant le bâtiment, elles exigent la pose de rideaux et la mise aux normes de l’amphithéâtre pour recevoir des enfants de moins de 3 ans.
Deux rencontres avec le conseil municipal ont déjà eu lieu. La première sans le maire mais avec deux conseillers le 14 septembre n’a rien donné. Celle du 27 en présence du maire Ernest Moutoussamy a permis de régler les problèmes de matériel. Quant à la question de l’insécurité, le maire a été incapable de porter un élément de réponse au problème d’insécurité que ressent le personnel. La grève des 5 employées se poursuit donc, elles appellent la population à les soutenir. La balle est dans le camp du maire.



Échos des entreprises

ÉCHOS DES ENTREPRISES

AÉROPORT

GRÈVE DES AGENTS CHARGÉS DE L’ENTRETIEN DE PÔLE CARAÎBES
Depuis le 16 septembre les agents de PRONET et de KARUNET sont en grève. Avec les nouveaux marchés, KARUNET s’en va. Mais avant le patron devra payer ce qu’il doit.
Celui de PRONET aussi doit des rappels de salaires de 2002 et 2003. Ils renvoyaient l’affaire à chaque fois. Alors c’est la grève. Ces patrons ont bien profité. Ils doivent payer.
Outre les rappels de salaires, les grévistes, avec leur syndicat UGTG, exigent à l’occasion des nouveaux marchés le respect de la convention collective.
Ils sont nombreux chaque jour sur le piquet de grève de 6 heures à 23 heures.

FRANCE TÉLÉCOM

TEMOIGNAGE DE NOS CAMARADES DE CARQUEFOU
Ecoutons encore nos camarades: "A Carquefou encore, un bâtiment tout neuf a été construit pour accueillir 40 personnes. Deux mois plus tard, tout le monde a été muté et c’est une plate forme (centre d’appels) qui prend le relais. Il est courrant aussi d’être formé à un nouveau travail et, au bout du stage de formation, de se retrouver à faire tout autre chose ! tous les moyens sont bons pour la direction pour nous pousser à la démission, y compris le flicage et le fichage des employés sur leur comportement ou leur appartenance syndicale."

FRANCE TÉLÉCOM TUE!
Nous savons que depuis un certain temps il y a de nombreux suicides à FT. On dénombre 3 suicides en Corse au cours des deux dernières années sans compter deux tentatives. En comptant les suicides de Carquefou et Cholet cela porte le triste compte à 5.
S’étant produit en si peu de temps, il y a forcément une coïncidence entre ces suicides et les conditions de travail même si ces dernières n’en sont pas toujours la seule cause

CE QUI CONDUIT AU SUICIDE Voilà ce que dit Dominique Decèze dans son livre sur FT «a machine à broyer»: «..Des résultats nettement plus dégradés à FT que dans la population en général : le tiers des salariés se sent fatigué », 40% avouent mal dormir la nuit et 22% prennent en conséquence des médicaments, 54% se déclarent découragés, nerveux, tendus, 23% n’ont plus de goût à rien, 22% des sondés ont le sentiment d’être seuls et prés de 20% ne trouvent personne à qui parler. Pourquoi ces réponses? parce que leur univers professionnel n’est pas très bon.»

GARDEL

CTM: LA DIRECTION ATTEND
La négligence et l’imprévision des dirigeants de la CTM ont été à la base de l’incendie. Nous sommes en octobre, la récolte prochaine est prévue pour le mois de février 2005, on ne voit pas de mouvement, de volonté de la part de la direction de réparer le tapis à bagasse détruit par le feu. C’est le même comportement que l’on observe chez les patrons quand il s’agit de procéder à d’importantes réparations ou d’importants investissements, ils attendent l’arrivée de subventions. Ce sont de véritables assistés !

CTM: LES DÉFAUTS DE SÉCURITÉ
Lors de l’incendie du tapis à bagasse, les pompiers n’ont pas pu atteindre ce tapis pour éteindre le feu. Car il n’y a aucun autre accès au tunnel que l’ouverture où entre la bagasse et celle où elle sort. Et ce tunnel est suspendu à plus de 10 mètres de hauteur. Les défauts techniques, le manque de rigueur dans la conception même du tapis ont favorisé sa destruction. Ce n’est pas la responsabilité des employés présents ce jour là qui est en cause

C.H.U. P-À-P/ABYMES

URGENCES: LA LOMBALGIE DES BRANCARDIERS
Les roues de nos brancards sont tellement usagées qu’elles ne roulent plus, surtout quand nous devons les manœuvrer sur les nouveaux linoléums des services rénovés.
Leur « école du dos » et leur stage de «manipulation des malades» n’est que de la poudre aux yeux. Ce n’est pas le poids des malades ni leur mauvaise manipulation qui bousillent notre dos, mais bien ces brancards sur lesquels il faut toujours forcer.




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