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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 octobre 2004      N° 910
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Grève de la banane
Les ouvriers agricoles demeurent déterminés

LES OUVRIERS AGRICOLES DEMEURENT DÉTERMINÉS!
La grève des ouvriers de la banane commencée le 24 août dernier est arrivée à un moment crucial pour la suite du mouvement. Après plusieurs manifestations de soutien, dont deux dans les rues de Pointe-à-Pitre les samedis 18 et 25 septembre dernier avec prises de parole et distribution de tracts, une autre le jeudi 30 devant certaines entreprises de Jarry et en particulier le port, les ouvriers ont poursuivi leur mouvement.

SOLIDARITÉ DES DOCKERS FACE AUX GENDARMES
C’est ainsi que le samedi 2 octobre au matin ils se sont rassemblés devant l’entrée du port de Jarry pour essayer de convaincre leurs camarades dockers de ne pas embarquer les bananes provenant des quelques plantations où le travail a repris mais surtout les bananes provenant de Surinam selon les dires de certains.
Très rapidement les forces de gendarmerie sont intervenues afin d’empêcher les ouvriers d’entrer dans l’enceinte du port pour discuter avec les dockers. Mais en dépit de la présence des gendarmes et de toutes les manœuvres de la direction du port, dont des pressions sur les dockers sous contrat, les bananes sont restées sur le port le samedi soir. Les dockers, à l’appel des syndicats CGTG et UGTG du port ayant refusé de les embarquer. Les ouvriers agricoles sont restés jusqu’à 21h à l’entrée du port. Mais le lendemain dimanche, la direction du port et les autorités préfectorales avaient décidé de durcir le ton. Très tôt le matin les forces de gendarmerie étaient sur place. Par la suite ce sont les groupes d’intervention, en tenue de combat, casqués et boucliers en main qui sont intervenus pour chasser du port les ouvriers de la banane qui avaient pu entrer. Et cette fois les pressions de la direction du port ont été plus fortes: un certain nombre de dockers ont accepté d’embarquer les bananes.

LA GRÈVE CONTINUE
La grève des ouvriers agricoles montre ce que les patrons entendent par «dialogue social»: imposer leur loi et avec l’appui ouvert de l’Etat, de sa police quand les salariés résistent aux tentatives des patrons pour aggraver leurs conditions de travail ou baisser leurs salaires comme c’est le cas pour les ouvriers de la banane.
Rappelons que les travailleurs de la banane ne réclament que l’application de la loi: la fixation du SMIC à 7,61 euros de l’heure au lieu des 7,14 euros précédemment.
A l’heure où nous écrivons, les ouvriers en grève restent plus que jamais déterminés à se battre pour obtenir satisfaction.



GRENADE
Après Ivan, des besoins immenses

On se souvient qu’après Hugo, le gouvernement français avait promis 1000 constructions de logements sociaux chaque année en Guadeloupe et qu’ils n’ont pas tous été construits ; deux ans après Hugo, des familles vivaient encore sous la tente. Aujourd’hui, c’est la petite île de Grenade qui a été ravagée par le cyclone Yvan le 7 septembre dernier: 50 000 des 80 000 habitants sont sans abri. Il faut dire que les cyclones ne passaient jamais dans cette île du fait de sa position très au sud de l’arc antillais. Les constructions n’étaient donc pas du tout adaptées. Même des bâtiments modernes sont tombés. Le Premier ministre de Grenade annonce la construction de 6 000 à 8 000 logements sur l’île. On est loin du compte. Mais surtout avec quel argent?
Une aide a été demandée au gouvernement des Etats-Unis. La réponse de Bush, président de l’état le plus riche du monde n’a été que de quelques dollars par personne. L’aide officielle américaine fait grincer des dents à Grenade et dans l’île voisine de Trinidad où les journaux écrivent: «L’aide de 50 millions de dollars des Etats Unis pour Grenade, Haïti et la Jamaïque est ridicule quand on sait que les besoins de Grenade seule s’élèvent à un milliard de dollars. Pendant ce temps les Etats-Unis dépensent dans la guerre en Irak chaque jour un milliard de dollars, une somme qui aiderait à relever ces îles de la Caraïbe». Quand on pense aux milliards dépensés par les USA pour envahir la Grenade en 1983 et surtout la rapidité avec laquelle ils l’ont fait, on voit qu’ils ont la possibilité «d’intervenir», oui, mais pas quand il s’agit de voler au secours de la population pauvre et démunie d’un petit Etat pauvre de la Caraïbe. Petit Etat qui pourtant leur avait fait peur quand il avait voulu se dégager quelque peu de leur emprise directe!
Les hôpitaux existent mais manquent de matériel. La rentrée scolaire est reportée de plusieurs semaines. L’agriculture, une des ressources de la population est dévastée. Les arbres sont tombés. La banane est ravagée. De même, 80% des hôtels étant détruits, le Premier ministre annonce qu’il faudra attendre 2 ans avant que l’activité touristique recommence. Et ceux qui ont perdu leur emploi, qu’ont-ils pour vivre?
Il semble que tous font des efforts pour tenter de donner un aspect moins désolé à l’île. Mais les moyens manquent. Pas de feuilles de tôles, pas d’outils. Il n’y a ni téléphone ni électricité. Keith Mitchell annonce un délai de 6 mois pour le rétablissement complet de ces services. Ce Premier ministre se veut rassurant. Il n’y a que très peu de groupes électrogènes, il n’y en a pas dans les magasins. Mais probablement la plupart des gens n’ont pas les moyens d’en acheter. Un signe: dans presque toute l’île la population est encore soumise au couvre feu, car les autorités craignent des actions de pillage ou de révolte. Ce sont des soldats essentiellement venus de Trinidad, qui assurent le maintien de l’ordre. Certes de l’aide vient d’un peu partout dans le monde, mais elle paraît insuffisante et bien trop lente. Aucune grande puissance impérialiste n’a plus grand intérêt économique à la Grenade. Elle n’est plus «l’île aux épices» tant convoitée du 16 ème au 19 ème siècle, pour laquelle Français, Anglais, Hollandais se sont battus en mer des Caraïbes, pour laquelle on a fait venir des milliers d’esclaves d’Afrique.



HAÏTI
Les possédants, les politiciens sont les fléaux des pauvres en Haïti

Depuis le passage du cyclone Jeanne qui a provoqué une inondation tuant sans doute près de 3000 personnes dans la zone de l’Artibonite et le Nord, il y a 15 jours, Haïti est devenu, une nouvelle fois, le centre d’intérêt des organisations humanitaires pour quelques semaines. La Croix Rouge, les agences internationales ou nationales, les organisations non gouvernementales, grandes ou petites, acheminent de l’aide sur le territoire haïtien. Quelle part de cette aide arrive réellement à la population sinistrée? C’est la question qui se pose.
La difficulté est d’organiser la distribution des denrées et du matériel qui arrivent en évitant que les bandes armées ne s’approprient les cargaisons. Aux Gonaïves il y a un manque criant d’eau potable, une quarantaine de points d’eau ont été mis en place et il s’agit de les approvisionner.
En Haïti, les préoccupations des gouvernants, des politiciens, des possédants ne sont pas d’aider la population pauvre à se relever des désastres dont ils sont les victimes. Parce que ce n’est pas leur premier souci, les autorités sont incapables d’organiser une distribution de vivres, d’eau potable, de fournitures aux sinistrés qui se débrouillent avec les moyens du bord. Ces dirigeants sont incapables de mettre en branle les engins nécessaires au déblayage, nettoyage, curage des zones atteintes, et ce n’est pas faute d’aide internationale même si celle-ci demeure nettement insuffisante.
Pendant que la population du Nord se bat pour survivre, les politiciens continuent leurs batailles à Port-au-Prince pour contrôler le pouvoir. C’est ainsi que le 30 septembre les partisans d’Aristide ont pris la rue pour commémorer la date du coup d’état de 1991 contre Aristide et demander son retour. Dans les quartiers de Bel-Air, Delmas, La Saline, Cité Soleil, les affrontements entre les policiers et les chimères ont fait 14 morts.
Samedi 2 octobre, lors d’un débat sur Radio Caraïbes, les partisans du Premier ministre Gérard Latortue et les "lavalassiens" se sont affrontés, s’accusant mutuellement d'avoir "armé les bandes de mercenaires et de bandits" qui ont tué ces derniers jours. Le débat s’est terminé par l’intervention de la police qui a arrêté les proches d’Aristide (Yvon Feuillé, Roudy Hérivaux, Gérard Gilles) après plusieurs heures de confrontation. Durant le week-end dans les quartiers du bas de la ville de Port-au-prince ainsi que la zone de Cité Soleil les chimères bloquaient la circulation des véhicules, menaçaient les habitants de ces quartiers populaires, les empêchant de vaquer à leurs occupations.
Les 3.000 militaires de la Minustah et policiers de l'ONU ne se sont pas interposés, ils sont intervenus pour protéger le Palais national, ils sont là pour protéger les possédants, le gouvernement et ne font aucun cas des pauvres. Ils n’utilisent pas comme il le faudrait le matériel qu’ils ont pour accélérer les secours aux populations en détresse aux Gonaïves et ils font à peine le service minimum. Quand on voit avec quelle vitesse les puissances impérialistes qui interviennent en Irak déploient les matériels les plus sophistiqués en un temps record pour bombarder et massacrer, on peut constater que la technologie existe bel et bien. On peut le constater aussi en cas de cyclone dans le sud des USA où tout est remis sur pied en un temps record avec un nombre de morts négligeable voire inexistant. Mais pour aider les populations en détresse des pays pauvres, même à une heure des USA, c’est le laisser-aller.
La bourgeoisie étrangère est surtout le soutien de la bourgeoisie haïtienne qui ruine le pays en temps normal. A la moindre intempérie elles le laissent d’autant plus exsangue.



Dans les banques AFB, les négociations continuent pour la convention collective

Comme prévu dans le protocole de fin de conflit après la longue grève dans les banques, l’AFB (Association Française des Banques) rencontre l’intersyndicale une fois par mois pour négocier une nouvelle convention collective. Du 28 septembre au 1er octobre, une rencontre a eu lieu en Guyane avec l’intersyndicale interrégionale Guadeloupe, Martinique et Guyane qui représente les banques BNP, BFC, BDAF et SGBA.
Il faut savoir que les discussions sont parfois très tendues car l’AFB a toujours en tête de revenir sur certains avantages des travailleurs. Ainsi cette fois-ci la délégation patronale est venue avec une nouvelle proposition d’une grille salariale soi-disant augmentée des 40 % mais qui en réalité représentait moins que le salaire minimum des salariés de France. Il aura fallu que l’intersyndicale menace d’aller au tribunal pour que l’AFB revienne sur son intention de supprimer purement et simplement la prime de 40 %. On se souvient que durant la grève, De Massy avait acheté une page entière du quotidien local où il affirmait que les 40 % étaient maintenus et qu’il ne comprenait pas le motif de la grève.
Pour l’Intersyndicale il n’est pas question de revenir sur les 40 % et elle a proposé un document avec une grille qui les maintient.
D’autres points ont été discutés concernant les congés spécifiques, en particulier le congé de maternité qu’ils acceptent de maintenir à peu près comme il était auparavant. La suppression du point bancaire est toujours en suspens et n’a pas encore été réglé.
Lors de cette rencontre, la délégation de l’AFB a clairement montré ses intentions: à savoir baisser le salaire des travailleurs, en particulier les jeunes embauchés avec bac +2. Il leur est proposé un SMIC horaire, ce qui ferait un salaire de 980 € brut par mois, alors que le SMIC est actuellement à 1154 € brut par mois pour 35h payées 39h et ceci sous prétexte des 35 heures. Un recul scandaleux refusé par l’Intersyndicale.
L’AFB pensait que c’était la dernière réunion, mais dans la mesure où elle a fait des propositions à la dernière minute, elle a accepté que l’intersyndicale ait la possibilité de se revoir pour travailler en groupe les documents et proposera en principe une autre rencontre. Il est sûr que si l’ensemble du personnel ne se mobilise pas, l’AFB tentera par tous les moyens de faire passer ses propositions qui sont un véritable recul social. Pour le moment l’Intersyndicale se bat pour garder l’essentiel mais rien n’est encore signé et il faudra rester vigilant.



Sénatoriales
Le cirque avant "la maison de retraite"

Michaux Chevry, de la droite UMP élue grâce aux voix de Marsin, et de Gillot de la gauche socialiste.. Marsin et Gillot élus avec les voix de Michaux Chevry. Cela est bien la preuve qu’il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche socialiste. Jalton avait déjà montré la voie en soutenant Chevry. Ces politiciens là se battent avant tout pour leurs postes et les avantages que procure le Sénat. Le Sénat c’est en effet une belle maison de retraite comme l’a qualifiée Noël Mamère avec toutes sortes d’avantages. Et cela vaut bien quelques petites trahisons, peau de banane, et autres magouilles.




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