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Grève à Carrefour Milenis: un franc succès pour les travailleurs!
Les employés de Carrefour Milenis étaient entrés en grève le 2 octobre, après que la direction ait bloqué les NAO, le directeur déclarant qu’il n’avait plus rien à donner. Mais le lundi 4 au soir, la direction a reculé. Le spectacle des clients repartant avec leur chariot vide a sans doute été le facteur déclenchant du «choc» que le directeur dit avoir ressenti ! Toujours est-il que les principaux points de revendication ont été satisfaits:
- une augmentation de salaire de 60 euros bruts mensuels;
- la prime d’ancienneté pour les employés promus agent de maîtrise (6% pour 10 ans d’ancienneté);
- prime de froid de 50 euros mensuels à partir de 2005;
- revalorisation du ticket restaurant;
- Les caissières à temps partiel passent à temps complet avec une augmentation.
Ils ont obtenu le paiement des jours de grève. C’est donc avec satisfaction et fierté que les employés ont repris leur poste le mardi matin.
CGSS des Abymes: les agents sont en colère!
Depuis cinq semaines la caisse d’assurance maladie et la section couverture médicale universelle (CMU) de Boisripaux/Abymes sont fermées. Les agents sont en grève. Par tracts, ils ont expliqué leur ras le bol aux assurés.
En effet, malgré l’augmentation constante du nombre d’assurés et de dossiers à traiter, le nombre d’agents, lui n’augmente pas. De plus, depuis qu’existe la CMU, seulement deux centres d’accueil ont été ouverts pour recevoir les milliers de demandeurs de la Grande-Terre, l’un à Bergevin, l’autre aux Abymes.
Depuis plusieurs mois, l’accueil CMU de Bergevin est fermé, soi-disant pour travaux, et donc, tous les assurés convergent vers le centre de Boisripaux. Ce sont des locaux exigus, vétustes, qui n’ont connu aucune rénovation depuis près de soixante ans, ajouté à cela un mobilier et un matériel obsolète.
Le résultat c’est des conditions d’accueil du public catastrophiques des conditions d’hygiène et de sécurité intolérables! Les bornes de mises à jour des cartes vitales, sont presque toutes en panne, provoquant une recrudescence des assurés dans les caisses.
A plusieurs reprises, le personnel a réclamé du renfort, a demandé des locaux dignes pour accueillir les assurés, pour qu’ils ne fassent plus la queue debout sous le soleil. Il a demandé ne serait-ce qu’un téléviseur dans la salle d’attente, afin de diminuer l’énervement des clients et donc leur agressivité envers les employés, la pose d’un affichage électronique pour afficher les numéros de passage car dans le brouhaha qui règne, personne ne s’entend, des boxes pour recevoir de façon confidentielle.
La Direction a été interpellée pour décentraliser l’accueil CMU sur 11 communes, elle a donné son approbation, mais depuis, aucune de ces demandes, pas même la plus petite, n’a été honorée.
Aujourd’hui les agents expriment leur colère, bien décidés à ne pas reprendre le travail s’il n’obtiennent pas satisfaction sur certaines revendications. Ils ont ras-le-bol du mépris de la direction surtout envers les ayants droits de la CMU, les plus démunis et aussi les plus fragiles, mais aussi de son mépris vis-à-vis du personnel.
Voilà pourquoi le personnel de la CGSS des Abymes lutte aujourd’hui. Ils sont décidés à obtenir:
- le renforcement de l’effectif;
- l’amélioration des conditions d’accueil;
- l’amélioration des conditions de travail et d’hygiène;
- le renforcement du personnel et de la sécurité.
Extrait du bulletin: “écho de l’ANPE”
LA LOI BORLOO: UN PAS DE PLUS VERS LA PRIVATISATION DE L’ANPE
Le projet de loi Borloo vient d’être rendu public et adopté par le gouvernement Raffarin. Une des mesures «phare» de cette loi est la création de 300 maisons de l’emploi, où seront regroupés l’ANPE, et les ASSEDIC, notamment.
Après avoir transféré l’inscription des demandeurs d’emploi à l’ASSEDIC, instauré le PARE qui permet aux ASSEDIC d’intervenir directement dans le financement de mesures et de contrôler directement les DE, un pas de plus vers la privatisation de l’ANPE et la délégation de nos missions est franchi avec ce regroupement.
POURQUOI DEVONS NOUS ETRE VIGILANTS?
Seul un souci d’efficacité, selon les raisons annoncées officiellement, aurait guidé le gouvernement dans sa décision d’instituer les maisons pour l’emploi.
Il faudrait soi-disant rapprocher les D.E des services qui les reçoivent. A priori, rien de néfaste à cela! Bien au contraire.
Pourtant, à travers ce rapprochement, soyons sûrs que l’Etat cherche à faire des économies.
Ce qui signifie aussi bien pour les agents de l’ANPE que pour ceux de l’ASSEDIC des menaces sur nos emplois.
LA MISE EN CONCURRENCE DE L’ANPE
Autre mesure annoncée depuis plusieurs mois: la fin du monopole de placement de l’ANPE. Ces maisons pour l’emploi, qui seront au nombre de 300, soit une pour 3 ALE, qui auront un statut de (GIP) groupement d’intérêt public, de droit privé, seront en concurrence directe avec les ALE.
SUPPRESSION DES SIFES ET SAE*
Certains collègues discutent et se posent des questions sur le transfert à la collectivité régionale de la gestion des SIFES (*) collectifs tout comme les SIFES individuels.
Ça c’était la loi de décentralisation…
La loi Borloo, dite de «cohésion sociale», supprime «les dispositifs de stages qui ne s’appuient pas sur un contrat de travail», c'est-à-dire les SIFE et les SAE(*) et ne conserve que le contrat initiative emploi, pour les DOM le CAE, sous prétexte de simplification des mesures.
*SIFE = Stage d’insertion et de formation à l’emploi
*SAE = Stage d’accès à l’emploi
QUE CACHENT TOUTES SES MODIFICATIONS?
Le gouvernement et le patronat qui attaquent depuis des années les travailleurs, de manière plus franche depuis 2002, veulent mettre ouvertement le service public de l’emploi au service des objectifs du patronat.
A travers l’UNEDIC qui décide déjà du financement ou pas de telle ou telle formation, le patronat veut imposer un formatage des demandeurs d’emploi qui corresponde à ces diktats. Il veut une main d’œuvre corvéable à merci sans aucun droit et aucune résistance.
LA MOBILISATION CONTRE LA REPRESSION ANTI-SYNDICALE ET ANTI GREVISTES ET POUR LA LIBERATION DE MADASSAMY
De multiples grèves et arrêts de travail dans les entreprises pour protester contre l’arrestation de Madassamy et aussi contre les conditions de travail
Jeudi 14 octobre, les employés du centre commercial Carrefour de Destrellan ont cessé le travail en soutien à Michel Madassamy. Notons que les travailleurs de l’entreprise «Guitteaud» en piquet devant l’entrée de Carrefour sont en grève depuis plusieurs jours. Ils réclament l’application normale des 35 h.
Plusieurs magasins «Leader price» ont aussi dû fermer leurs portes. Dans l’entreprise de bâtiment GTM, plus d’une dizaine de salariés sur 30 ont cessé le travail. A Danone on a constaté environ un tiers de travailleurs en grève, à «Call Center Alliance West», prestataire de service d’Orange Caraïbe, plusieurs arrêts de travail ont été observés. Au CHU, dans certaines cliniques, surtout vendredi, un certain nombre de travailleurs ont observé la grève.
Près d’une douzaine de stations service étaient aussi fermées.
A l’ANPE, les employés et leurs deux syndicats, UGTG et CGTG ont appelé à la grève reconductible à la fois sur leurs propres revendications et pour protester contre l’arrestation de Madassamy.
Dans certains entreprises des travailleurs entendaient poursuivre le mouvement au moins lundi 18 et mardi 19.
Plusieurs milliers de manifestants contre la répression syndicale
Le vendredi 15 octobre plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l’appel pour soutenir le syndicaliste Michel Madassamy. Cette manifestation a été appelée par l’UGTG et le comité de soutien regroupant d’autres syndicats comprenant la CGTG, FAEN-SNCI, FSU, MASU, SNEETA-EIL, SNUI, SPEG, UNSA.
C’est ainsi que plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre lançant des mots d’ordre soutenant Madassamy dans sa résistance contre la justice coloniale et exigeant sa libération immédiate. «Pa mannyé sindikalis, Lagé Mada, Kapitalis lajol libéré Madassamy, ki yo vle ki yo pa vle yo ke libere Mada», voilà certains des slogans lancés par les manifestants sur le parcours.
Après avoir longé Miquel, le port, puis la place de la Victoire, les manifestants ont emprunté la route du carénage pour revenir par la cour Zamia. Puis de la place de la victoire, ils sont repartis vers les statues de Delgrès et Solitude pour terminer devant le local de l’UGTG à l’Assainissement. La manifestation s’est déroulée sans incident, le long du parcours, les manifestants ont reçu un soutien chaleureux des habitants qui les encourageaient dans le combat.
Dans le cortège on a remarqué un groupe du syndicat CGTG des ouvriers de la banane en grève qui apportaient leur solidarité, et exprimaient que la répression contre les syndicalistes fait partie des attaques que les patrons mènent contre les travailleurs dans tous les secteurs, que pour y faire face l’union de lutte des travailleurs est nécessaire.
Meeting international de l’UGTG
L’UGTG a organisé un meeting le jeudi 14 octobre devant son local syndical. Ce meeting a rassemblé plusieurs centaines de participants, autant que celui qui a eu lieu le 6 octobre après l’arrestation de Michel Madassamy. Plusieurs organisations de France et de la Caraïbe ont été cette fois-ci invitées. L’UTG (Union des Travailleurs Guyanais), la CGTM (Confédération Générale des Travailleurs Martiniquais) ainsi que la CSTM de la Martinique ont envoyé leurs représentants. Un responsable d’une organisation internationale qui défend l’entente internationale des peuples était également présent. Les organisations qui n’ont pu faire le déplacement ont adressé des messages de soutien. Toutes ces organisations ont pris la parole pour dénoncer l’arrestation de Michel Madassamy et la répression qui frappe plusieurs responsables de l’UGTG. Les syndicats martiniquais et guyanais ont rappelé la répression qui a déjà frappé dans leurs rangs en particulier à l’UTG dont plusieurs de ses dirigeants ont été arrêtés en 1997. Ces arrestations avaient créé un début d’émeute à Cayenne. La justice a cru bon transférer ces militants dans les prisons de Martinique et de Guadeloupe dans le but de les isoler. Mais c’était sans compter avec la solidarité qui s’était manifestée dans les deux îles où plusieurs manifestations eurent lieu en faveur de la libération des syndicalistes guyanais. Cette solidarité a été payante, les militants de l’UTG ont été libérés.
Différentes organisations syndicales qui font partie du Comité de lutte contre la répression anti-syndicale ont également pris la parole ainsi que le secrétaire général de la CGTG Jean-Marie Nomertin. Deux avocats de la défense ont expliqué le caractère arbitraire de l’arrestation de Madassamy. Ils ont entamé une procédure pour sa libération. L’esprit de solidarité du public s’est manifesté par les nombreuses signatures recueillies sur une pétition du Comité de Lutte adressée au président de la république pour réclamer la libération de Madassamy. Sur un poster de ce dernier, des messages de soutien ont été écrits, poster destiné à lui être envoyé dans la prison. Le public est resté jusqu’à la fin du meeting qui s’est terminé tard dans la nuit. Le succès de cette mobilisation annonçait déjà la forte participation à la manifestation qui s’est déroulée dans les rues de Pointe-à-Pitre le lendemain.
Prises de parole d’information
L’UGTG, la CGTG et le comité de lutte contre la répression anti-syndicale ont organisé 8 prises de parole pour informer la population de la situation après l’arrestation de Madassamy. Le lundi 11 ils étaient à Sainte Anne, Moule et Port louis, le mardi à Vieux Habitants et Sainte Rose et mercredi à Capesterre, Basse Terre et Petit-Bourg.
Les auditeurs au nombre de 50 à Vieux Habitants, l’affluence la plus faible et 300 à Capesterre, record de participation étaient très attentifs. Les orateurs du comité, de l’UGTG, de la CGTG, des syndicats enseignants et les parents de Madassamy, ont expliqué à la population en quoi l’arrestation s’inscrivait en un vaste plan de l’Etat français visant à restreindre les libertés syndicales. Ils ont affirmé que si aujourd’hui la répression touchait essentiellement les syndicalistes de l’UGTG et de la CGTG, si on ne s’y opposait pas aujourd’hui, si on n’arrachait pas Madassamy de la prison, demain ce sera le tour des autres militants syndicaux et politiques. Tous ont exhorté la population à participer aux manifestations des jours à venir et à exprimer leur mécontentement.
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