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À la Une
ÉditorialPour Madassamy! Pour la lutte d'ensemble!
Au moment où nous écrivons, jeudi 4 novembre 8H/30, Michel Madassamy poursuit sa grève de la faim dans une chambre carcérale du CHU de Pointe à Pitre-Abymes. C’est dans la matinée de ce même jeudi 4 novembre que le Juge d’application des peines doit statuer sur la mise en liberté de Madassamy. Les avocats vont plaider le fait que son état de santé n’est plus compatible avec son maintien en détention. Et il est vrai que l’état de santé de Madassamy est alarmant. Son médecin traitant l’a confirmé mercredi matin sur RCI. C’est déjà une première victoire d’avoir pu faire avancer cette audience qui était prévue le 18 novembre. La forte tension qui règne en Guadeloupe, les manifestations, les grèves inquiètent les juges et le pouvoir politique.
« Mada », membre du Conseil syndical de l’UGTG et de l’UTPP (Union des Travailleurs des produits pétroliers) a entrepris cette grève de la faim suite à son arrestation brutale et son emprisonnement, le 4 octobre dernier. Il a fait le choix de cette forme de lutte pour protester contre l’arbitraire et l’injustice dont il est victime depuis plusieurs années, lui et plusieurs militants de l’UGTG.
Madassamy est condamné à 13 mois de prison ferme sur des faits absolument pas prouvés par la justice: son soi-disant saccage d’un commerce lors d’une manifestation le 27 mai 2001 pour faire respecter ce jour férié commémorant la lutte des esclaves de 1802, la dégradation d’un camion citerne de la société Texaco en novembre 2003 alors que les dépositions des témoins précisent qu’ils n’ont vu personne casser de camion. En tout ce sont 13 militants et dirigeants de l’UGTG qui sont condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis et à un total de 12.159.50 euros d’amendes et de dommages et intérêts.
Pendant longtemps, l’UGTG a accepté de recourir aux juridictions d’appel et de cassation. Mais devant l’acharnement judiciaire systématique et les multiples violations des droits de la défense, le syndicat a décidé en concertation avec les militants condamnés à de la prison ferme de ne plus donner suite juridique et de réagir par la lutte et la mobilisation! Car visiblement il s’agit pour le lobby patronal, l’administration préfectorale, le pouvoir central, de tenter de briser un syndicat combatif, l’UGTG et au-delà de briser tous les militants ouvriers combatifs dans d’autres syndicats ou partis. C’est ainsi que les ouvriers CGTG de la banane et leurs dirigeants sont régulièrement convoqués à la gendarmerie de Capesterre. C’est dans ce cadre là que se situe la grève de la faim de Madassamy et la mobilisation qui s’étend.
Les grèves, les manifestations de rues, les blocages sont la réponse de centaines de travailleurs et de jeunes aux attaques dont sont victimes les militants combatifs et leur syndicat. L’émeute populaire du samedi 23 à Pointe à pitre est une réponse aux provocations policières venant s’ajouter aux multiples vexations et tentatives d’intimidations. Au-delà, tout ce mouvement autour de l’exigence de la libération de Michel Madassamy rejoint un mécontentement latent dans les entreprises. C’est aussi pour cette raison que les grèves sont si nombreuses.
Travailleurs municipaux, dockers de Jarry, de chez Bata, de La Colas, des ciments antillais, de l’ANPE, des Carrefour, ouvriers de la banane, de « la palette », employés de banque sont ou ont été en lutte ces derniers jours. Dans l’hôtellerie les NA0 sont particulièrement houleuses, voire violentes du fait de l’arrogance des patrons hôteliers des grands groupes capitalistes, à France Télécom, les travailleurs sont excédés dans cette « machine à broyer » les hommes au nom de la rentabilité. Dans bien d’autres entreprises, le mécontentement se fait sentir. Eh bien c’est une bonne chose que bon nombre de travailleurs tout en exigeant la libération de « Mada » posent aussi leurs propres revendications. Et pourquoi ne pas les poser tous ensemble en une grève générale où ils pourraient faire une démonstration supérieure de leur force en bloquant toute l’économie capitaliste et l’administration coloniale, gagner ainsi la libération de Michel Madassamy et aussi des améliorations substantielles des conditions de travail? Et même si Mada est libéré ça vaut vraiment la peine de poursuivre la lutte pour exiger la libération de tous les autres travailleurs emprisonnés suite aux manifestations du 23 octobre. Même si Mada est libéré, oui, ça vaut le coup que les travailleurs restent ou se mettent en lutte et si possible, tous ensemble dans les entreprises sur leurs propres revendications. Les travailleurs n’ont pas grand-chose à perdre, par contre beaucoup à gagner!
Guadeloupe
Vive la lutte des travailleurs et des jeunes!
Ne nous laissons pas intimider par la volonté répressive de l’autorité préfectorale coloniale et par ses forces de répression!
Poursuivons la lutte contre les injustices et la répression anti-syndicale et anti-gréviste jusqu’à satisfaction totale!
Exigeons, plus que jamais, la libération immédiate de Madassamy et l’annulation de toutes les mesures de répression judiciaire contre les syndicalistes et les travailleurs grévistes.
Les jeunes qui manifestaient dans les rues de Pointe-à-Pitre samedi 23 octobre 2004 et qui ripostaient aux provocations des forces de répression, les travailleurs qui sont en grève dans différentes entreprises font ce qu’il faut pour arracher la libération de Madassamy et obtenir satisfaction sur leurs revendications.
Ils prennent la seule voie qui soit juste et efficace pour faire reculer la répression judiciaire et policière contre les syndicats et contre les grèves de travailleurs.
Cette répression anti-syndicale et anti-gréviste est le résultat d’une collusion étroite entre l’administration préfectorale, la justice coloniale et le grand patronat de Guadeloupe (MEDEF) pour briser la combativité des travailleurs et des syndicats combatifs de Guadeloupe.
COMBAT OUVRIER
- Soutient l’action des travailleurs en grève pour leurs revendications et des jeunes en colère;
- Soutient les grèves et manifestations contre l’injustice et contre la répression anti-syndicale et anti-grévistes;
- Appelle tous ceux qui luttent contre l’injustice et l’asservissement social à étendre, à renforcer et approfondir leurs luttes, jusqu’à satisfaction complète!
Exigeons et arrachons par nos grèves et nos manifestations de rue:
- La libération immédiate et sans conditions de MADASSAMY;
- Satisfaction sur les revendications des travailleurs (salariés de la banane, dockers, banques, employés de commerce, municipaux, etc.);
- L’annulation pure et simple de toutes les condamnations qui touchent les militants syndicaux et les travailleurs grévistes ou manifestants;
- La libération immédiate de tous les manifestants arrêtés au cours de la journée du samedi 23 octobre 2004.
COMBAT OUVRIER
-Appelle les jeunes qui répondent à l’intimidation et aux provocations des forces de répression à poursuivre leur action;
- Les appelle à prendre eux-mêmes des dispositions dans leurs rangs pour ne pas être confondus avec quelques individus qui cherchent à profiter des événements pour se livrer à des pillages;
- Comprend les sentiments des jeunes, leur colère, exacerbés par les injustices criantes, par la «justice à deux poids, deux mesures» et par l’absence totale de perspectives de travail dans ce pays;
- Les encourage à se battre pour changer une telle situation: s’engager dans la lutte pour la libération de Madassamy et contre la répression anti-syndicale et anti-gréviste est tout à l’honneur de ces jeunes!
- Les encourage dans cette voie juste qui les conduit à prendre leur sort en main et à refuser de subir passivement une situation sociale dégradée qui les pénalise comme l’ensemble des travailleurs.
Martinique
Les employés municipaux en lutte
La CGTM-SOEM (Syndicat des Ouvriers et Employés Municipaux de la Martinique) qui regroupe les agents municipaux titulaires et non titulaires de la Martinique, a annoncé au cours de deux rassemblements, dont un de plus de deux cents agents le vendredi 29 à la Maison des Syndicats, un mouvement de grève le jeudi 4 novembre 2004. Il s’agit pour eux d’imposer aux maires qui composent la Communauté des communes de l’Espace Sud (regroupant la totalité des communes du Sud de la Martinique) de procéder à la titularisation de leurs agents non titulaires. En effet, des agents communaux doivent être transférés vers cette structure intercommunale. Mais cette dernière a fait comprendre qu’elle ne lancerait pas de campagne de titularisation des personnels qui ne le seraient pas à leur arrivée dans la nouvelle structure. Pourtant ce sont ces mêmes agents qui sont à la disposition des maires depuis des années et qui ont jusque là patienté dans l’attente de leur titularisation. Cette année 2004 est la date ultime pour la titularisation des non titulaires dans le cadre de la loi SAPIN. Les maires, eux, s’abritent derrière des questions budgétaires pour ne pas stabiliser les agents. Ces derniers promettent de ne faire aucune concession à ceux qui se sont servis d’eux pour mener leur politique et leur carrière personnelles et qui aujourd’hui sont prêts à les piéger par un tour de passe-passe.
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