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Guadeloupe
L’émeute de Pointe-à-Pitre
C’est suite à la manifestation du 23 octobre et aux provocations policières que des jeunes travailleurs et des jeunes des quartiers pauvres de Pointe à Pitre ont laissé exploser leur colère. Des voitures furent incendiées un peu partout au milieu de la chaussée, des poubelles renversées. En début d’après midi, des groupes de jeunes entre les statues d’Ignace et de Solitude ont affronté les forces de répression à coups de pierre. Ces dernières ripostaient brutalement par des jets tous azimuts de grenades lacrymogènes, y compris sur les balcons, y compris d’un hélicoptère de surveillance de la gendarmerie. Le siège de l’UGTG fut un moment cerné des deux côtés par les forces d’intervention car dans les rues avoisinantes, les jeunes brûlaient des carcasses de voitures et érigeaient des barrages de pneus enflammés. Dans le quartier de Boissard, ces mêmes jeunes excédés ont fait reculer les forces de répression sous leur jets de pierre. Certains, interpellés furent copieusement tabassés. C’est alors que les forces de répression durent essuyer plusieurs coups de feu à balles réelles. Une balle perdue devait atteindre un jeune enseignant à la jambe et à l’artère fémorale. Il fut alors déposé comme un paquet devant le service des urgences du CHU par les gendarmes. Les affrontements ont duré toute la soirée puis toute la nuit. Dans le quartier du carénage d’autres coups de feu à balles réelles furent tirés par des groupes de jeunes encagoulés et armés. Quatre gendarmes furent blessés dont l’un grièvement à l’œil. Un jeune militant de l’UGTG fut blessé par une balle en plastique tiré par un gendarme d’un flash-ball à bout portant.
Ce n’est qu’à l’aube que revint le calme dans une ville de Pointe à Pitre présentant un spectacle de désolation.
Guadeloupe
Les meetings de soutien!
La mobilisation de soutien à Michel Madassamy et pour réclamer sa libération se poursuit. Après la manifestation unitaire du samedi 23 à Pointe à Pitre, plusieurs meetings furent organisés par le comité contre la répression anti syndicale regroupant plusieurs organisations politiques et syndicales ainsi qu’une large intersyndicale, soit près de 22 organisations ont organisé une série de meetings. Le mardi 26 deux meetings ont eu lieu à Morne à l’Eau et à Capesterre, le mercredi à Petit-Bourg et à Basse-Terre, le jeudi à Saint- François et à Bouillante. Le vendredi 29 un seul meeting central eut lieu devant le siège de l’UGTG à Pointe à Pitre. Ces meetings ont rassemblé pas moins de 200 personnes à chaque fois.
A BASSE-TERRE
Le meeting a rassemblé plus de 200 personnes devant la mairie. Les représentants de l’UGTG ont pris la parole pour donner des nouvelles de la santé de Madassamy et dénoncer les manoeuvres des autorités pour incarcérer ce militant.
Représentant le Comité de soutien contre la répression, des militants de la CGTG, du SPEG et de Combat Ouvrier ont apporté leur solidarité à Madassamy. Ils ont, de plus, demandé la libération de tous les jeunes qui ont été incarcérés après les manifestations du samedi 23 octobre.
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Les dockers du port de Jarry en grève
La mobilisation a commencé sur le port le 15 octobre. Les dockers organisés en intersyndicale avec leurs syndicats CGTG, MASU et UGTG, protestent contre l’atteinte aux libertés syndicales, contre la répression anti-syndicale et réclament la libération de Michel Madassamy. Le 22 octobre, ils ont commencé une grève reconductible concernant ces mêmes revendications et en soutien aux ouvriers de la banane en grève depuis le 24 août. Ils posent des revendications qui leur sont propres, portant essentiellement sur le non-respect de la convention collective, déjà signalées à la direction qui s’est toujours refusée à engager des discussions constructives avec les représentants des travailleurs. En outre ils dénoncent la mise en place sur le port de Jarry d’une structure nouvelle, la société «OPERA», sans concertation avec les principaux intéressés, les dockers et l’ensemble des travailleurs du port. Lundi 1er novembre, un accord de cadrage pour un planning de discussions est intervenu entre les dockers et les patrons des entreprises de manutention, les armateurs et le directeur du port. Les négociations débuteront mercredi 3 novembre. Les dockers entendent poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction.
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Grève de la banane: signature d’un protocole de fin de conflit
Le conflit opposant les ouvriers de la banane aux planteurs suite à la décision de ces derniers de ne pas appliquer le nouveau SMIC en vigueur depuis le 1er juillet dernier s’est terminé le lundi 25 octobre (après deux mois et un jour de grève) par la signature d’un protocole de fin de conflit. Signé par le syndicat CGTG-Banane, des représentants des groupements KARUBANA et BANAGUA et du syndicat CGTG des dockers de Basse-Terre, ce protocole prévoit entre autres:
- l’arrêt de toutes les sanctions et poursuites disciplinaires et judiciaires;
- la garantie de 5 jours de travail par semaine sur la base de 7,61 Euros x 7 x 21 au lieu des 7,61 x 8 x 21 réclamés par les grévistes;
- l’avance d’un mois de salaire remboursable sur 10 mois pour les grévistes ayant déjà pris leur congé annuel;
- le paiement des congés annuels pour ceux qui ne les avaient pas encore touchés, avec possibilité de travailler, la grève étant considérée comme période de congé;
- le paiement intégral de la prime de fin d’année pour les travailleurs qui ont fait grève jusqu’au lundi 25 octobre.
Ce protocole a été signé en présence de délégués des dockers du port de Basse-Terre parce que ces derniers, pour accepter d’embarquer les bananes, ont exigé des planteurs qu’ils signent un protocole avec les ouvriers de la banane. Chose qui a été faite.
Le travail a donc repris totalement le mercredi 27 octobre. Les travailleurs en grève n’ont pas obtenu ce qu’ils réclamaient, c’est à dire le paiement sur la base des 7,61 euros x 8 (heures) x 21(jours). Les planteurs constatant que ceux qui reprenaient le travail après les trois premières semaines de grève étaient de plus en plus nombreux n’ont pas cédé sur toute la ligne. Mais pour beaucoup de travailleurs de la banane, rien n’est définitivement réglé. La vigilance reste de mise pour faire respecter le contenu du protocole, notamment la garantie des 5 jours de travail par semaine pour tous et surtout s’opposer à toute augmentation des tâches.
Guadeloupe
La manifestation du 23 octobre
A l’appel de l’UGTG et du Comité de lutte contre la répression anti-syndicale, une manifestation a eu lieu le samedi 23 octobre dans les rues de Pointe-à-Pitre. Cette manifestation a rassemblé moins de monde que celle du 7 octobre mais de nombreux travailleurs qui demeurent toujours en grève dans leur entreprise y ont participé. Les manifestants ont parcouru plusieurs fois les rues de la ville demandant aux commerçants de baisser leur rideau. Ces actions ont duré durant toute la fin de la matinée et ont perturbé le commerce. La population nombreuse dans les rues a soutenu les manifestants au cours des prises de paroles.
De nombreux jeunes, en particulier des chômeurs, ont marqué de leur présence la manifestation et ont participé activement à la fermeture des magasins. Certains d’entre eux ont été violemment pris à parti par un commerçant qui a refusé de fermer son magasin. Ce dernier a sorti un revolver et un policier s’interposant a alors tiré des balles en plastique sur des jeunes. Les jeunes n’ont pas hésité à riposter en saccageant des articles qui se trouvaient sur le trottoir. Il a suffi de cet incident pour que les forces de l’ordre interviennent. La manifestation a été dispersée avec des bombes lacrymogènes. Des militants et des jeunes ont été poursuivis dans les quartiers. C’est cette provocation qui a entraîné une émeute qui a duré toute l’après-midi et la soirée du 23 au 24 octobre.
Guadeloupe
Jeudi 4 novembre, 8H/30, Michel Madassamy poursuivait sa grève de la faim en milieu hospitalier
Michel Madassamy a commencé une grève de la faim dés son arrestation le 4 octobre. Il refuse les aliments et n’accepte que de l’eau sucrée. Après trois semaines d’emprisonnement au centre pénitentiaire de Baie Mahault, son état est devenu inquiétant. C’est dans une chaise roulante qu’il se déplaçait. Il a été transféré au centre hospitalier de Pointe-à-Pitre le 23 octobre. Il est soigné en chambre carcérale et est surveillé par de nombreux policiers. Il refuse tous les soins qui remettent en cause sa grève de la faim et contrôle les substances qu’on lui transfuse. A l’heure où nous écrivons, cela fait plus d’une semaine qu’il est hospitalisé. Son état continue de se dégrader. Il a décidé à poursuivre sa grève de la faim tant qu’il n’est pas libéré. Son médecin a signalé que son état de santé est incompatible avec le milieu carcéral. Ses avocats font valoir cette situation pour une mise en liberté immédiate.
Guadeloupe
Les avocats dénoncent plusieurs irrégularités de procédure
Les avocats de la défense de Madassamy ont fait un recours auprès du juge d’application des peines pour sa libération en faisant valoir des irrégularités au niveau de son arrestation. . Après étude du dossier, les avocats ont dénoncé le caractère arbitraire de l’arrestation. D’une part, cette arrestation s’appuie sur une condamnation qui a été amnistiée par le président de la République, d’autre part certaines pièces du dossier manquent de transparence. Les avocats ont déclaré qu’il y a eu usage de faux et fausse signature. Ils ont porté plainte contre le garde des sceaux et contre X pour faux et usage de faux. L’affaire doit être plaidée le 5 décembre.
Pour que Madassamy soit libéré au plus vite, il faut que la mobilisation se poursuive. La justice se préoccupe peu du sort d’un militant syndicaliste qui met en péril sa vie pour protester contre son arrestation.
Guadeloupe
BATA: Grève contre un exploiteur mesquin
Depuis le 14 les employés de Bata sont en grève en Guadeloupe pour une augmentation de seulement 30 euros par mois. Depuis 2003 les NAO (négociations annuelles obligatoires) n’ont pu se tenir et même le SMIC n’avait pas été réajusté. Le patron, qui a ouvert de nombreux magasins tant en Guadeloupe qu’en Martinique et en Guyane, fait en sorte de payer le minimum. Même le SMIC, lorsqu’il avait atteint celui de France dans les DOM, il avait fait en sorte de ne pas le payer. Quant aux NAO, depuis 2003, elles ont été reportées à plusieurs reprises pour cause de changement de DRH (directeur des ressources humaines). Aux yeux du patron, ceux-ci ne font jamais l’affaire. Ce 14 octobre, rendez vous avait été pris avec le nouveau DRH pour continuer les NAO, mais il a été « rappelé d’urgence » en Martinique. La seule proposition du patron est de payer le SMIC. Les employés, syndiqués à l’UGTG tiennent les piquets de grève devant les magasins ouverts chaque matin par les gérants. Ceux-ci, syndiqués à la CTU, ne font pas grève. Le patron leur offre des primes de plus de 800 euros et refuse 30 euros par mois aux employés. Il met ainsi la division entre salariés. Pour ces piquets de grève, les grévistes ont été condamnés en référé, seule réponse du patron aux revendications. Ils devraient payer 60 000 euros par jour.
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