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Mise en garde à vue du Secrétaire Général de la CGTG, J-M Nomertin
Le jeudi 4 novembre, J.M.Nomertin était convoqué à la gendarmerie de Capesterre. D’autres travailleurs étaient convoqués le samedi. Ils avaient pris en Assemblée générale la décision de se rendre à la convocation pour apprendre de quoi il s’agissait. Nomertin était le premier convoqué, le jeudi à 8 heures. Le motif était plutôt fantaisiste : des inscriptions portées à la main sur un tract. Il s’agissait vraisemblablement d’une tentative d’intimidation, jointe au fait que les gendarmes avaient essayé d’arrêter Nomertin sur un barrage et n’y étaient pas parvenus car les ouvriers de la banane étaient intervenus pour l’arracher de leurs mains. Au bout de 4 heures, ce dernier, qui a refusé systématiquement de répondre aux questions des gendarmes, a été placé en garde à vue.
Un groupe d’une centaine d’ouvriers de la banane et de militants de la CGTG ont manifesté devant la gendarmerie durant tout le temps où le Secrétaire Général de la CGTG a été retenu. Quand ils ont appris sa mise en garde à vue, les dockers du Port de Jarry ont interrompu les négociations qui étaient en cours et ont déclaré qu’ils ne les reprendraient pas tant que Nomertin ne serait pas libéré. Les dockers de Basse Terre, de leur côté, ont cessé le travail. Ces manifestations de solidarité ont eu un effet quasi immédiat : en milieu d’après midi, Jean Marie Nomertin a été relâché, bien avant l’expiration du délai légal de garde à vue, qui est de deux fois 24 heures.
La mairie de Schoelcher aide à la casse du service public de La Poste
Le mercredi 10 novembre le conseil municipal de la ville de Schoelcher s’est prononcé pour la création d’une «agence postale» dans le quartier de Terreville. Ces dernières années, de nombreuses petites résidences ont été construites dans ce quartier où les habitants sont de plus en plus nombreux. La population a donc naturellement besoin des services publics et particulièrement des services postaux. Mais au lieu de chercher à obtenir que la Poste ouvre un véritable bureau dans ce quartier avec les fonctions et le personnel de la Poste, le Conseil Municipal a opté pour une formule de service allégé qui ressemble à la Poste, mais qui n’est pas la Poste.
Ainsi on apprend que dans cette « agence postale » les habitants pourront effectuer certaines opérations de courrier et aussi des retraits d’argent à hauteur de 150€… Par contre les agents assurant la fonction de postiers, ne seront pas des postiers. Ce seront des contractuels, payés par la mairie bien que La Poste versera à la mairie l’équivalent du montant des salaires sous forme de taxes. Et le journal France Antilles qui relate la séance du conseil municipal du 10 novembre précise qu’il s’agira d’«agents non fonctionnaires», - entendons précaires…, corvéables à merci au gré des besoins du maire.
Ainsi, tout en faisant mine de donner satisfaction aux administrés de ce quartier, Alfred Almont, le maire «Osons Oser» de Schoelcher se fait complice de la politique du gouvernement en participant à la casse du service public dans sa ville. La Poste elle, sous-traite ses services à la commune. Cela lui permet ainsi de diminuer ses effectifs.
Les premières victimes de ce montage emberlificoté, c’est-à- dire volontairement confus, entre la ville et la Poste, ce seront les agents bien sûr. Ils ne bénéficieront pas des avantages acquis par les postiers lors d’importantes bagarres sociales, mais seront utilisés comme « précaires », selon le bon vouloir de la municipalité.
Mais à moyen terme, la population et particulièrement les couches laborieuses sera elle aussi victime du délabrement programmé des services publics et de leur remplacement par des services qui ne fonctionneront que s’ils sont rentables pour le capitaliste qui obtiendra le marché.
Martinique
A Sainte-Luce-Corps de Garde: les gros possédants veulent imposer leur loi
Depuis 2003, une vingtaine de riverains du Sud, plage de Corps de Garde de Ste Luce, sont menacés d’expulsion par les frères François et Bertrand Hayot, l’une des famille békés les plus riches de l’île. Ces riverains, dont la plupart sont installés depuis plus de 30 ans dans la zone, sont des petits commerçants et des marins pêcheurs. Ils sont là pour gagner leur pain quotidien.
Il s’agit d’un terrain se situant sur les 50 pas géométriques dont la superficie représente plus de 1 hectare. Les frères Hayot revendiquent leur droit de propriété car ils possèdent un acte de propriété depuis 1961. Ils ont assigné les occupants devant la justice. Mais, selon les riverains, «ce terrain ne peut être la propriété de quiconque puisqu’il relève du domaine maritime protégé donc du domaine public».
Ce qui paraît surprenant dans cette affaire, c’est que ces békés revendiquent leur «droit de propriété» 43 ans après l’acquisition. De plus, on peut se demander comment ils ont acquis cette «propriété» logiquement protégée.
Trouvant l’attitude des frères Hayot inadmissible, des habitants de Ste Luce ont déjà manifesté le long de la plage du Corps de Garde pour apporter leur soutien aux riverains mais aussi pour s’opposer à une telle menace d’expulsion qualifiée d’acte odieux et colonialiste. Des manifestants venant d’autres communes se sont joints à eux.
Le maire de la commune Louis Crusol a de son côté donné le ton devant le Tribunal d’Instance, même s’il est modéré. Il affirme qu’il n’est: «pas question de laisser affecter une partie du littoral à une opération privée».
Cela n’a pas l’air d’impressionner ces bourgeois, qui ont déjà assigné cinq fois les riverains devant la justice.
A entendre des commentaires venant de la population, elle trouve cette affaire particulièrement louche. Car comment se fait-il qu’un acte de vente ait été délivré à ces gens-là dans la zone des 50 pas géométriques? Comment ces spéculateurs là ont-ils fait pour mettre un pied, dans une zone relevant du domaine public?
Il ne faudrait pas chercher trop loin! A croire que devant la puissance des gros possédants bien des tracasseries administratives trouvent des solutions.
Mais une illustration en dit long sur les «arrangements» possibles entre décideurs! Dans les colonnes du France Antilles du 6 au 7 novembre 2004 on apprend qu’ «un élément nouveau a fait son apparition le vendredi 5 novembre au moment du troisième renvoi de l’affaire devant le tribunal d’instance de Fort de France: une transaction en coulisse entre les parties» (c’est à dire entre les frères Hayot et la mairie de Ste Luce).
Ce n’est sans doute pas pour rien que ces capitalistes là font autant de démarches. Derrière toutes leurs manigances «judiciaires», ils espèrent sans doute que cette affaire leur rapportera de gros sous (sous le sable).
En tout cas, la population a raison de rester vigilante et de continuer à apporter son soutien aux riverains qui défendent à juste titre leur gagne pain et leur droit.
Encore une attaque contre la prime de vie chère
L’Association des Communes de l’Outre Mer (l’ACD’OM) représentées par leurs maires, était en congrès à Nouméa (Nouvelle Calédonie). Ah! Le beau voyage!
Une fois les salamalecs d’ouverture finis, les maires, dont les représentants de Guadeloupe et Martinique, ont commencé des attaques contre les employés communaux auxquels ils reprochent d’être « sur-rémunérés»! Cette «sur-rémunération» est selon eux cause du mauvais état des finances des communes.
Il n’a pas été question de la situation des DOM, de l’octroi de mer, ce cadeau fait aux conseils régionaux aux dépends du porte-monnaie des travailleurs, il n’a pas été fait mention du surprofit que s’octroient les békés du commerce, il n’a pas été question de la cherté de la vie dans les Dom, et du coût de la vie qui ne cesse d’augmenter.
Mais une fois encore un prétexte a été trouvé pour attaquer la prime de vie chère octroyée aux fonctionnaires des DOM, prime qui d’ailleurs est de moins en moins attribuée puisque les rares embauches dans les services publics sont des CDD sans statut, sans aucun droit.
Pourtant, L’ACD’OM n’envisage comme solution à la gabegie financière ou à l’insuffisance réelle des budgets, que la «baisse du taux de la sur-rémunération» des employés et attend la caution de l’Etat et des syndicats!!!
L’ACD’OM envisage même un colloque sur la question au premier trimestre 2005. Où se déroulera ce nouveau beau voyage pour de nouvelles parlottes? Tahiti, La Réunion, Paris? Pourquoi pas!
D’ici là, les travailleurs des mairies sauront bien faire valoir leur droit à vivre décemment de leur salaire.
Petit-Bourg
Fin de la grève des employés communaux
Les employés municipaux de Petit Bourg, syndiqués pour la plupart à l’UGTG, ont observé un mouvement de grève de 26 jours. La grève qui a débuté le 18 octobre s’est terminée le 12 novembre dernier. En effet, les travailleurs réclamaient:
- La structuration du service des ressources humaines;
- Que leurs carrières ne soient pas gérées à la tête du client;
- La consultation des instances paritaires ou leur mise en place;
- Que le comité technique paritaire ne soit pas consulté qu’occasionnellement;
- La mise en place de la commission Hygiène et Sécurité réclamée depuis 2001;
- L’organisation des services.
Les employés dénonçaient aussi le manque de produits pour le nettoyage des établissements scolaires et des bâtiments communaux (pas de papier toilette par exemple). Pour eux l’inexistence du CHS est d’autant plus dommageable qu’il se pose des problèmes d’hygiène et de sécurité importants pour les employés, mais aussi pour les enfants.
Quand on regarde ces revendications, on constate qu’elles touchent, toutes, les conditions de travail des employés municipaux de cette commune de Petit Bourg. Finalement, même dans une commune que certains considèrent comme plus proche des intérêts des travailleurs et de la population, il aura fallu une longue grève pour que la situation soit enfin débloquée ! Preuve que les salariés n’ont vraiment que ce moyen, la grève, pour se faire entendre et respecter!
Après-midi musicale de soutien aux syndicalistes de la CGTG banane et de l’UGTG victimes de la répression
Une centaine de personnes ont participé à l’après-midi musicale qui s’est déroulée le samedi 13 novembre à Vernou Palace à Petit-Bourg. De nombreux artistes ont fait une prestation gratuite en soutien aux syndicalistes de la CGTG banane et de l’UGTG victimes de la répression syndicale. La justice les a condamnés à des amendes importantes. C’est le comité de soutien aux travailleurs en lutte qui a organisé cette manifestation avec le soutien des artistes.
Les artistes présents: Likibè Séjor, Ti-Wony, Nourhya (lauréate de STARDOM), André Redo, Marcel Magnat, Voix et Ka, Swanha Desvarieux ont fait des prestations diverses à la grande joie du public. Des artistes qui n’étaient pas au programme tels madame Monza, Ariane Broussillon et d’autres participants ont spontanément chanté ou récité des poèmes. L’animateur ti-Fabrice a su créer une ambiance en faisant participer le public et en organisant plusieurs show avec les artistes. Cette ambiance a été soutenue tout au long du spectacle pour se terminer par quelques pas de danse au rythme de morceaux connus d’André Rédo.
Des ouvriers de la CGTG banane et des militants de l’UGTG ont fait le déplacement pour participer à cette manifestation. Le secrétaire général de la CGTG Jean Marie Nomertin ainsi que le secrétaire général de l’UGTG Gauthiérot étaient également présents. Ti-Fabrice, au nom du Comité, leur a remis un document officiel sur la répartition des bénéfices au profit des deux syndicats.
Dans les banques les travailleurs ont marqué des points
Les travailleurs des banques AFB de Guadeloupe (BNP, BFC, BDAF, SGBA) attendaient la décision de la Cour d’Appel de Basse-Terre sur le problème de la dénonciation de la Convention Collective. On se souvient qu’en première instance, le Tribunal avait déjà donné raison aux travailleurs, estimant que l’AFB avait mal dénoncé la Convention car elle ne s’était pas adressée à la Fédération CGTG des Organismes Financiers. L’AFB avait fait appel et de mois en mois la cour d’appel de Basse Terre reportait sa décision. Le délibéré était prévu le lundi 15 novembre et finalement le tribunal a donné raison aux salariés et a confirmé la décision du tribunal de Grande Instance.
L’AFB a tenté par tous les moyens d’imposer une convention qui représente un recul social important pour les salariés. Ces derniers perdaient leur prime de 40 % qui ne serait plus que de 25 %, sans compter la perte des points de diplôme, d’ancienneté, la révision du salaire tous les 5 ans, la suppression du point bancaire. Bref une attaque en règle sans motif économique car les banques, depuis plusieurs années, ont réalisé d’excellents résultats et tout cela pour soi-disant moderniser la convention.
Lors de la dernière négociation qui s’est déroulée en Guyane fin septembre, la délégation patronale a attendu le dernier moment pour proposer sa grille salariale. Les représentants de l’intersyndicale ont réalisé que le salaire de base qui était proposé était inférieur à celui de métropole. Pire, un jeune embauché à bac plus deux débutait avec un salaire de base de 903 euros, c’est-à-dire moins que le SMIC.
On a pu entendre sur les ondes, M. MUSSEAU, l’un des responsable de la délégation de l’AFB, déclarer que les discussions étaient terminées et qu’il était temps de signer. Pour ce faire ils ont organisé trois réunions qui pour eux étaient une mise en forme du tronc commun de la convention entre les trois départements et avec une mise en application des conventions départementales à partir du 15 novembre. Aucune convention n’a été signée dans aucun département et on a senti l’exaspération de l’AFB qui estimait que les discussions avaient assez duré et qu’il était temps d’en finir.
Avec la décision du tribunal, l’AFB devra revoir sa copie et dénoncera certainement la convention en septembre 2005. Cela donne un répit aux travailleurs pour se préparer aux luttes futures.
Il est sûr que tout n’est pas gagné. Mais cela fait du bien au moral d’avoir obtenu cette décision au tribunal. Il reste maintenant la décision du Conseil de Prud’hommes prévue le 9 décembre sur le remboursement des jours de grève qui devrait être favorable puisque c’est l’AFB qui est seule responsable de cette grève.
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