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Martinique
Transports publics: Les conséquences de la démission des pouvoirs publics
La presse a rendu compte récemment d’une enquête réalisée par les affaires maritimes sur le transport des personnes effectué par certaines entreprises spécialisées. Les responsables des Affaires Maritimes tiraient la sonnette d’alarme sur les risques que couraient et les passagers, et les patrons de ces entreprises dont les bateaux étaient toujours surchargés.
Entrer et sortir de Fort-de-France étant devenu de plus en plus pénible, de nombreuses personnes, principalement des salariés, cherchent à trouver des solutions de remplacement. Ils se tournent vers les rares entreprises effectuant des transports maritimes de personnes, qui, faute de bateaux de grande capacité et d’un service organisé, fonctionnent de manière anarchique.
En fait, la faute est d’abord imputable aux pouvoirs publics qui ont délibérément choisi de ne pas s’occuper très tôt d’un secteur essentiel dans la vie d’une communauté : les transports.
C’est ainsi que face à cette carence, de nombreux particuliers ont été amenés à faire de gros sacrifices pour acquérir un véhicule pour leurs déplacements professionnels principalement, pour le plus grand bonheur des concessionnaires automobiles.
Dans le même temps, les collectivités se font de la concurrence pour venir au secours des transporteurs privés, terrestres ou maritimes, qui ne se gênent pas pour toujours appeler au secours les politiques afin de bénéficier de fonds publics, alors même que les pouvoirs publics n’ont pas accès à la gestion de ces entreprises.
La faillite et l’anarchie des transports publics en Martinique sont le résultat de l’imprévoyance des responsables politiques qui ont eu en charge la gestion des affaires publiques. Elles sont aussi le résultat d’une orientation économique capitaliste laissant aux détenteurs d’intérêts privés la préoccupation d’organiser un secteur essentiel de la vie d’un pays.
Budget d’Outre-mer pour 2005
Des “priorités”... en paroles
Le mardi 9 Novembre 2004, l’assemblée nationale a adopté les crédits du ministère de l’Outre-mer pour 2005 qui s’élèvent à 1,71 milliards d’euros et seront affectés en priorité à l’emploi et au logement.
L’UMP a voté “pour”, ainsi que deux députés non inscrits, Eric Jalton (Guadeloupe) et Alfred Marie-Jeanne (Martinique). Le député du centre Philippe Edmond-Mariette (Martinique) s’est abstenu. Les autres groupes ont voté contre.
Ceux qui ont voté contre et se sont abstenus disent que ces crédits sont en baisse et en particulier ceux alloués à l’emploi et au logement alors que le gouvernement dit en faire des priorités.
Pour le président de la Région Martinique, député du Sud de l’île et aussi dirigeant du MIM, ce budget disperse les compétences et «affaiblit la dynamique régionale» en matière de soutien à la création d’entreprise, ainsi que sa compétence en matière de logement social: le secteur de la construction qui devait fournir 1500 logements par an n’en fournirait que 230. Cela ne l’a pas empêché de voter «pour» un tel budget!
Le député Alfred Almond de la majorité UMP, a trouvé ce budget «globalement positif» et favorable à l’emploi et au logement. Il a également voté «pour».
Ainsi pour une majorité de députés de l’Outre-mer ce budget qui donne la priorité à l’emploi et au logement ne tiendrait pas ses promesses. Cela n’est pas nouveau, et tous les budgets votés dans le passé n’ont jamais amélioré de manière significative ni l’emploi ni le logement. Au contraire ces budgets ne sont que des moyens de gestion au service des capitalistes des différentes régions et tous les députés et autres présidents de région le savent très bien.
Mais s’il y a une critique administrative, budgétaire, comptable de ce budget, il n’y a aucune critique de la politique du gouvernement qui est orientée vers la satisfaction des patrons et des plus riches, alors que le sort des salariés, employés, ouvriers ou précaires s’aggrave dans ces régions dites d’Outre-mer. Les belles paroles de Girardin sur son «ambition pour l’Outre-mer» se transforment en bien modeste part dans les faits.
Liberté pour les emprisonnés du 23 octobre
Huit personnes avaient été interpellées suite aux affrontements à Pointe-à-Pitre, entre forces de l’ordre et manifestants, au cours de la nuit du samedi 23 octobre. Ces incidents avaient eu lieu après la manifestation de soutien à Michel Madassamy qui s’était déroulée dans la matinée.
Parmi ces huit personnes, cinq ont été condamnés à de la prison ferme:
• Zavier Girard (31 ans en formation) condamné à 4 mois;
•Citadelle Sébastien (19 ans, salarié) condamné à 4 mois;
•Johson Lendor (Dominicain, depuis l’âge de 7 ans en Guadeloupe) condamné à 2 mois;
•Roger Catalan (20 ans) condamné à 1 mois;
•Fred Verger-Després (42 ans) condamné à 4 mois;
Trois ont été mis en détention provisoire:
•Fabrice Nagau (27 ans, salarié à ECOMAX);
•Denis Bellaire (25 ans, salarié);
•Jessy Andréa ( 23 ans, handicapé).
La liberté provisoire réclamée par les avocats pour ces trois personnes a été refusée par le juge. Le jugement doit avoir lieu le 6 décembre.
Toutes ces personnes dont la plupart sont des jeunes et des travailleurs, ont été accusées d’avoir lancé des pierres sur les forces de l’ordre et entravé la liberté de circulation. Elles étaient présentes sur les lieux où il y a eu des barrages. C’est après l’intervention des forces de répression que ces incidents de colère avaient eu lieu en particulier dans les quartiers populaires de Carénage, Grand Camp et Boissard. Des groupes de jeunes avaient riposté toute la nuit. Il y avait eu des blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre.
Ceux qui ont été interpellés et condamnés ne sont ni des pillards ni des gangsters. Ils n’ont jamais eu de problèmes avec la justice ni de condamnations. Mais ces jeunes ont été frappés et méprisés par des policiers. Au cours des interrogatoires on leur demandait à tous s’ils étaient à l’UGTG. Visiblement la justice cherche à rendre l’UGTG responsable de ces incidents.
Les familles de ces jeunes n’ont pas été bien accueillies au commissariat central de Pointe-à-Pitre. Elles ont dû supporter des remarques et des commentaires méprisants des policiers. Malgré des demandes, elles n’ont pas eu de réponse immédiate pour un droit de visite à la prison. Ces familles ont reçu le soutien de l’UGTG et du comité de lutte contre la répression anti-syndicale. Ce soutien est à la fois matériel (car ces familles sont de condition très modeste) et moral. Le fait que les familles se soient rencontrées dans différentes réunions avec des responsables syndicaux et ceux du comité rompt leur isolement. Ces condamnations et le maintien en détention provisoire ont été décidés par la justice pour l’exemple. Mais tant qu’il y aura autant de jeunes sans emploi, condamnés au désœuvrement, les mouvements de colère éclateront en particulier dans des situations de conflit où la justice réprime arbitrairement ceux qui se battent pour leurs droits.
Tremblement de terre: drame pour les plus pauvres
Le séisme du 21 novembre de force 6,3 sur l’échelle de Richter qui compte 9 niveaux, a fait un mort et un blessé grave, à Trois Rivières dans le quartier de la Plaine. Ces petites victimes ont été tuées et blessées par la chute d’un mur. Dans ce mur il n’y avait aucune tige de fer. Cette anomalie n’est pas un hasard. Les fers sont souvent absents dans la plupart des autres maisons gravement endommagées du quartier. Ce quartier est habité par des ouvriers de la banane à revenus modestes. Leurs maisons, ils les ont faites en coup de main et en économisant le maximum sur le ciment, les fers et sur les autres matériaux onéreux. Ces maisons n’ont pas de plans et ne respectent pas les règles anti-sismiques. Ce n’est pas étonnant que lors d’un tremblement de terre d’une intensité importante les maisons se fissurent gravement et que les murs chutent.
Effondrements à Fond Laugier
La galère pour les plus démunis
Le quartier du Fonds Laugier à Pointe-à-Pitre, derrière et sous le morne de l’hôpital, est un quartier de petits logements individuels, de cases, habités par des ouvriers, des «jobbeurs», des personnes âgées, des originaires d’Haïti ou de la Dominique, enfin des familles à petits budgets. Le 22 octobre une vingtaine de maisons ont reçu des tonnes de gravats, la falaise s’étant effondrée. Un mois après, suite aux fortes pluies, nouvel éboulement : plusieurs logements ont été complètement détruits. C’est un véritable drame pour ces habitants dont beaucoup ont tout perdu. C’est aussi la colère contre les autorités. Les sinistrés de Fonds Laugier dénoncent l’attitude des élus de Pointe-à-Pitre qui, au début de leurs malheurs, se sont précipités dans le quartier, se sont fait voir par la presse devant qui ils ont fait des promesses aux victimes. Mais très vite, la dure réalité est apparue. La cinquantaine de sinistrés à la rue a d’abord dû se battre pour être logée provisoirement dans des hôtels. Puis les propositions de relogement sont apparues : essentiellement les tours Gabarre, là où personne n’a envie d’aller, vu la vétusté et l’insécurité des lieux, et de toute façon, même pour ceux qui étaient propriétaires, la nécessité de payer un loyer. Or, tous ne pourront pas payer, en particulier les personnes âgées qui ont mis toutes leurs économies dans la construction d’un logement à Fonds Laugier. Enfin, personne ne parle plus de reconstruire les logements sinistrés et beaucoup craignent que la rénovation annoncée dans cette zone de la ville ne profite pas aux plus démunis. La catastrophe naturelle s’est transformée en une catastrophe sociale. Les habitants sinistrés à Fonds Laugier savent qu’ils devront continuer à rester solidaires et à se battre pour que les autorités prennent leur cas en considération et pour trouver de véritables solutions.
Sainte-Rose
Succès de la grève des employés municipaux
A Ste Rose, les employés municipaux ont fait une semaine de grève. Ils ont obtenu satisfaction sur la totalité de leurs revendications.
L’Union des agents de collectivités locales affiliés à la CGTG a remis au Maire M. Yacou un cahier de revendications dès le 25 août dernier, et a sollicité une audience. La seule réaction du Maire a été de retenir une journée de salaire au mois d’octobre aux 54 agents qui avaient assisté à la réunion d’information syndicale de 3 heures tenue en mairie le 29 septembre.
Cette entrave à l’exercice du droit syndical a choqué les agents, qui ont demandé l’ouverture des discussions sur le cahier revendicatif et le remboursement de la journée indûment prélevée sur la paie d’octobre. Les revendications concernaient:
- la notation,
- la NBI (Nouvelle bonification indiciaire),
- l’organisation d’un examen professionnel,
- l’harmonisation des volumes horaires,
- le déroulement de carrière,
- la formation et le perfectionnement des agents,
- l’amélioration des conditions de travail,
- le régime indemnitaire,
- l’exercice du droit syndical,
- la publication d’un bilan social bi-annuel.
Le mouvement de grève a fait reculer le Maire : il a cédé sur la totalité des revendications.
Victor Medjid nous a quittés
Victor Medjid , agent au CHU de Fort de France, nous a quittés le 10 octobre 2004. Il avait longtemps lutté contre la maladie, mais cette dernière a eu raison de lui. Victor, «Totor» comme l’appelaient affectueusement ses camarades, était un militant syndical très actif au sein de la CGTM, associatif au sein de la Croix-Rouge, mais également politique.
De très nombreuses personnes, collègues, amis et camarades l’ont accompagné le mercredi 13 octobre lors de ses funérailles au cours desquelles Ghislaine Joachim-Arnaud lui a rendu hommage.
Victor avait débuté dans la vie active à l’âge de 14 ans en tant que docker. Puis il avait intégré la fonction publique hospitalière en 1975 où il a tout naturellement rejoint les cégétistes de l'hôpital. Durant ces 45 ans de vie active, il a participé à de très nombreux combats contre les injustices, rien que par conviction. Militant consciencieux et fidèle, il ne manquait jamais de rendre compte de tous ses mandats.
Victor était également un militant politique. C’est ainsi qu’il a eu l’occasion de soutenir activement Combat Ouvrier lors d’élections en participant à la «Liste de défense des intérêts des travailleurs». Et cette année encore, à l’occasion des Régionales de mars 2004, il était là.
Il fut un exemple pour de nombreux travailleurs. Quant à nous, nous ne l’oublierons pas.
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