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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 4 décembre 2004      N° 914
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Pour le respect des normes para-sismiques

Le tremblement de terre qui a eu lieu le 21 novembre en Guadeloupe, a surtout provoqué des dégâts dans les habitations, en particulier aux Saintes où les secousses ont été plus fortes. Les maisons qui n’étaient pas construites aux normes ont été détruites ou ont eu des fissures importantes.
Les architectes ont confirmé cet état de fait et ont insisté sur le respect des normes para-sismiques dans les constructions. De nombreuses personnes n’ont pas les moyens de payer un architecte ou un ingénieur en béton pour bâtir une maison. Elles construisent comme elles peuvent. Les aides à l’habitat qui sont accordées aux plus démunis ne prennent pas en compte la protection des constructions. Pour qu’il y ait une véritable application des normes, il faudrait que les pouvoirs publics en prennent la responsabilité en accordant ou en facilitant les moyens financiers aux plus démunis. La protection des populations doit être une préoccupation de l’Etat. Même lorsqu’il s’agit de logements collectifs, les normes ne sont pas toujours respectées. Des lotissements sont parfois construits sur des terrains fragiles menacés par des inondations. Les logements sociaux sont réalisés bien souvent avec des matériaux de mauvaise qualité à des coûts moins élevés pour l’Etat.
Si le contrôle de l’ensemble des constructions est réellement pris en compte par les pouvoirs publics on évitera bien des dégâts lors des tremblements de terre.



Grève des personnels de la maison familiale et rurale de Cadet Ste-Rose

Les Maisons familiales et rurales sont des établissements scolaires qui accueillent des jeunes en difficulté, provenant de collèges. Ils les préparent à des diplômes tels que le CAP et le BEP qui leur permettent d’entrer dans la vie professionnelle. Les enseignants se sont mis en grève car ils ont des problèmes graves avec leur administration. L’école est dirigée par un président et un directeur qui se croient autorisés à régner en maîtres, licenciant comme bon leur semble. Les formateurs font des heures supplémentaires non-payées, le travail est difficile car les classes sont trop chargées : 30 à 35 élèves en difficulté, dont certains sont envoyés dans l’école par la Police judiciaire. Ils se sont donc mis en grève avec leur syndicat CGTG et ont tenu un piquet devant l’établissement durant toute la semaine.
Le directeur et le président ont convoqué les parents à une soi-disant réunion d’information, hors de la présence des enseignants. Mais les parents n’ont pas été dupes. Ils ont demandé que les enseignants participent à la réunion. Ces derniers ont expliqué les raisons de la grève, et les parents d’élèves ont demandé la réintégration du professeur licencié. La direction, dont le comportement était condamné à la fois par les parents et les enseignants, a démissionné en bloc, et le travail a repris.



Gardel
Extrait du bulletin “Sucrerie en lutte”

LES NEGOCIATIONS ANNUELLES OBLIGATOIRES
Il y a très longtemps que nous avons demandé à la direction de fixer la date d’ouverture des NAO. Elle a jusqu’ici fait la sourde oreille. Il a fallu que le camarade Rimbon de la CGTG intervienne lundi 15 novembre dernier dans le quotidien local pour que Dieuleveult daigne se décider. Du coup il a fixé cette ouverture pour le 30 novembre 2004. C’est bon comme ça!



Extrait du bulletin “écho des hôpitaux”

TREMBLEMENT DE TERRE: CHU MOTUS ET BOUCHE COUSUE!
De nombreuses interventions dans les médias font état des dispositions qui ont été prises par les établissements après le tremblement de terre. C’est ainsi que les écoles ont été fermées pendant 2 jours. Des ingénieurs et des architectes se sont dévoués pour vérifier l’état des établissements. Le CHU? On n’en parle pas! Doit-on en déduire que les bâtiments ne présentent pas de risques?



Extrait du bulletin “écho de l’Aéroport”

TRANSITAIRES A PÔLE CARAIBES : LES PATRONS FONT PRESSION…
Nous avons toujours du travail, mais les sociétés qui nous emploient travaillent aussi avec le port. Les patrons n’ont rien trouvé de mieux que de nous menacer de toutes sortes de malheurs, au nom de la grève sur le port. Ils nous demandent d’envisager de prendre nos congés de 2004, et peut-être même ceux de 2005.
En soutien à leurs amis du port, ces patrons essaient de nous monter contre les dockers en grève. Mais nous savons où sont nos intérêts.
… ET MENACENT DE NE PAS PAYER LE TREIZIÈME MOIS
Certains transitaires nous ont carrément déclaré que le treizième mois allait sauter cette année.
Nous ne voyons pas pourquoi une prime annuelle serait complètement annulée alors que la grève du port ne touche qu’une partie de l’année.
Ces patrons se croient malins. Mais, ce qui se discute entre nous est que nous n’avons pas intérêt à toucher ces sommes sous forme de prime, sous peine de les perdre. Nous aurions intérêt à intégrer le 13ème mois dans le salaire.
Les patrons nous donnent des idées de revendications. Nous y penserons en temps voulu.



CHU Pointe-à-Pitre/Abymes
La cuisine en grève

Depuis le lundi 22 novembre les agents de la cuisine sont en grève à l’appel de la CGTG et de l’UTS ( UGTG). Ils acceptent de nourrir les malades, mais ils marquent leur colère en refusant de confectionner les repas pour le personnel. Tous les jours ils se réunissent en assemblée générale pour déterminer les suites à donner à leur mouvement.
Le mouvement a débuté le 15 novembre par un débrayage. Ce jour là les agents protestaient contre la lenteur des travaux qui s’éternisaient. Prévus pour être effectués entre mars 2004 et juin 2004, ces travaux n’étaient toujours pas terminés en novembre, alors que le personnel fabriquait plus de 2000 repas trois fois par jour dans moins de 40 m2. Ce qui les choquait le plus c’est qu’il n’y avait aucune activité sur ce chantier, alors que l’administration était muette. De plus la seule sauteuse en fonction était en panne depuis 3 semaines. La situation était intenable pour les agents. Le jour même une entrevue avec la directrice des services économiques, permettait d’arriver à un accord qui prévoyait la livraison d’une tranche des travaux pour le vendredi 19.
Le lundi 22, la tranche des travaux était effectivement livrée. Mais les agents se sont retrouvés avec 4 marmites supplémentaires dans un local non nettoyé et sale. Ils ont dû nettoyer eux-mêmes le chantier, sans qu’un ingénieur ou un responsable daigne leur donner une explication Ils se sont donc mis en grève, pour réclamer:
- L’achèvement des travaux;
- La mise sur pied d’une commission de suivi des travaux;
- Le remplacement du matériel obsolète;
- La titularisation de 5 contractuels sur les 12 postes vacants de la cuisine.
Ils sont déterminés dans leur lutte pour obtenir des conditions de travail décentes. Ils veulent que la zone de production des repas soit complètement achevée.



Quand les patrons se lamentent et vitupèrent sur le blocage du port!

Dans le conflit du port de Jarry, les patrons des entreprises de manutention ont reçu l’appui des patrons d’autres secteurs. Christian Viviès (président de le l’UDE-MEDEF) l’a montré en demandant l’intervention du MEDEF dans les négociations, pour peser sur les dockers et tenter de les faire reculer.
Les patrons ont aussi mobilisé les journaux et la télévision pour dire que cette grève «paralyse l’économie guadeloupéenne». Et les journalistes ont interviewé des directeurs de centres commerciaux qui se lamentaient et annonçaient l’absence de produits dans les rayons et une baisse importante de leur chiffre d’affaire actuel. Ce qui les préoccupait le plus c’est que les marchandises devant être vendues pour la période des fêtes ne sont pas encore là, ils chiffrent déjà leur manque à gagner et ils se lamentent de nouveau.
Quand ils pleurent sur «l’économie de la Guadeloupe» qui est «prise en otage», ils ne se préoccupent pas des travailleurs qui ne touchent pas le SMIC, de ceux qui travaillent des heures supplémentaires sans être payés ou ceux qui sont licenciés parce que l’entreprise ne fait pas assez de bénéfices. Non, ce qui leur fait mal c’est la perte des bénéfices qu’ils avaient anticipés. Du coup, ils exagèrent les effets du blocage du port de Jarry.
Ces patrons sont aux commandes des entreprises d’import-export, de la banane, de la canne, des commerces, des secteurs de la manufacture, ils ont un large matelas de bénéfices. L’attaque qu’ils mènent en ce moment contre les dockers est dirigée contre les travailleurs de toutes les entreprises.



HAÏTI
Les gangs armés opèrent à l’ombre des possédants

Durant le week-end du 28 novembre, 0les habitants de Cité Soleil ont vécu un autre épisode des affrontements entre les gangs armés qui contrôlent la Cité. La presse a dénombré des dizaines de victimes parmi la population : des enfants, des gens qui ne participaient en rien aux affrontements.
D’un côté la bande de Dread Wilner basé dans le quartier de Bois-neuf et qui a regroupé autour de lui les bandes de Drouillard et celles qui se disent d’obédience lavalasse. De l’autre côté le groupe de Labannière, ancien chimère lavalasse, basé à Boston et qui a choisi de se mettre au service de l’opposition avant la chute d’Aristide. Ces deux groupes sont soutenus financièrement et matériellement par leurs commanditaires.
La plupart des habitants de Cité soleil vident les lieux, ils abandonnent leurs maisons laissant tout sur place pour éviter de se faire tuer. Ils cherchent refuge chez un ami, un parent qui vit dans un quartier moins sensible comme Delmas, Bourdon ou Cité militaire, ou alors ils partent en province. Ceux qui restent sont soumis à un racket journalier, ils sont rançonnés par les hommes en armes à chaque barrage, ils laissent la somme qu’ils ont sur eux, des bijoux, sinon c’est la bastonnade allant jusqu'à la mort.
Quand les ouvriers échappent à cette situation, c’est pour faire face à l’arrogance des patrons des entreprises de la zone industrielle toute proche qui ne perdent rien de leurs profits quelle que soit la situation. Ainsi, ces patrons ont fait pression sur le gouvernement pour se faire dédommager du manque à gagner après le départ d’Aristide et ils ont reçu du gouvernement le droit à une franchise douanière pour trois ans sur les importations.
Dans les entreprises, prétextant l’insécurité, les patrons ont avancé l’heure de sortie, mais ils n’ont pas diminué sur le quota journalier, forçant les ouvriers à accélérer les cadences pour réaliser le quota demandé.
Ces possédants se retrouvent sur les hauteurs de Pétionville, dans les quartiers que les gangs armés n’ont pas attaqués jusque là, puisque c’est là qu’habitent leurs commanditaires. Ils y côtoient les diplomates des divers pays, les envoyés des organisations internationales, les militaires de la mission de stabilisation d’Haïti envoyés par l’ONU, ils forment un groupe vivant à part étalant leur pouvoir. Ils sont clients des hôtels, restaurants, cabarets, des supermarchés qui écoulent leur stock rapidement. Ils ont relancé les locations d’appartements, de maisons ou de véhicules et le commerce touristique à Pétionville. Avec eux sont arrivés les dollars, l’arrogance, le mépris qui accompagnent l’armée d’occupation, autour d’eux se font les trafics habituels à coups de dollars. Cette économie «de guerre» génère un pactole auquel s’ajoutent les aides internationales, objet des querelles entre les divers partis politiques qui se battent pour être aux commandes du pays et avoir la mainmise sur ce pactole.
C’est ce résultat que le président Boniface Alexandre a défendu à la tribune de la francophonie, où il a montré qu’il fait le travail pour lequel il a été mis en place, maintenir la population laborieuse sous le joug et favoriser la bourgeoisie.



Extrait du bulletin “plantation en lutte”

SCEA-NOVA : MENACE DE FERMETURE
Les 14 camarades de la plantation SCEA-NOVA, ancienne plantation Paran, située à St Denis, seront bientôt fixés sur leur sort. Une audience est prévue pour bientôt devant le Tribunal de commerce de Basse-Terre. Redressement ou mise en liquidation ? Pour quelles raisons ? La plantation est-elle vraiment déficitaire ? Ou est-ce tout simplement une manœuvre de la part de M. Giorgy dont le contrat de location des terres arrive à terme ? Encore un patron qui veut nous jeter à la rue comme on le fait d’un « kleenex » après l’avoir utilisé.



Graves conséquences du séisme à la Dominique

L’île voisine de la Dominique a elle aussi été frappée par le récent tremblement de terre. Les dégâts sont importants surtout dans le Nord de l’île : logements et écoles détruits, et surtout l’hôpital de Portsmouth rendu inutilisable. Une partie des malades a été renvoyée, une autre est installée dans une maison, dans des conditions d’hygiène très contestables. Les aides se font attendre et risquent fort d’être insuffisantes. Le gouvernement déclare même que pas un dollar n’a été affecté aux reconstructions. Egalement les fortes pluies ont occasionné de gros dégâts : routes coupées, problèmes d’eau potable. Cela ne rapporte pas beaucoup aux politiciens du monde riche de se montrer dans un petit pays sous développé comme la Dominique ! En outre, après une catastrophe naturelle, même s’il y a des aides, tous ne sont pas secourus, en particulier les plus pauvres, ceux qui ne sont pas assurés, ceux dont l’entourage même est démuni, ceux que le gouvernement oublie systématiquement, se retrouvent plongés dans le plus grand dénuement.




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