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ÉditorialQue 2005 soit une bonne année pour mieux s’organiser et lutter!
Dans la grève du port, les média ont fait beaucoup d’efforts pour rameuter l’opinion publique contre les dockers. Sans réels succès. Bien sûr, étant donné les conséquences du blocage du débarquement des containers, différentes catégories professionnelles ont été pénalisées, des petites industries dont les intrants sont importés, des petits commerçants dont les stocks sont arrivés à épuisement. Et ils ont clamé leur mécontentement. Pourtant ce ne sont pas ces catégories qui ont vitupéré le plus violemment contre les grévistes, mais ces messieurs et dames du MEDEF, soutenus parfois par les dirigeants de la CCI de Pointe à Pitre ou par un commentateur quotidien et zélé (et néanmoins stupide!) de RCI.
Les travailleurs, dans leur grande majorité, ont fait preuve de compréhension, de solidarité parfois active envers les dockers. Tous les journalistes, malgré les pressions n’ont pas cédé à l’hystérie anti-dockers ou anti-syndicats. Certains, pourtant, se sont laissés aller à reprendre les affirmations des patrons sur les «gros salaires» des dockers! En réalité, le rapport entre les revenus mensuels des dockers et ceux des patrons et administrateurs du port va du simple au décuple ou plus (multiplié par 10, 15 ou 20!). Pour les dockers il est question de 1372 à 2134 euros qui peuvent, avec des heures supplémentaires, aller un peu plus loin! Pour les patrons et administrateurs on parle en dizaines de milliers d’euros! Pas moins!
Les Viviès, les Adélaïde, Houzard, Mayeko et Cie sont les vrais porte-drapeaux de la hargne patronale. Ils ne cessent de désigner les dockers comme les seuls responsables du blocage du port. Comme si ces travailleurs avaient un goût particulier pour un «sport» qui consiste à rester sans travailler et à perdre leurs salaires depuis soixante jours, à subir toutes sortes de pression, par simple plaisir! Mais ces gens-là ne disent pas que les négociateurs de l’UEM seraient arrivés plus vite à des accords sur les revendications des dockers si eux-mêmes MEDEF ne tiraient pas les ficelles dans l’ombre pour faire capoter tout accord. Ils ne disent pas que leur vrai but c’est de détruire toute possibilité pour les dockers, aujourd’hui et demain, de protéger leurs conditions de travail, de faire évoluer leurs salaires sur le port. Leur objectif est «l’opérateur unique» qui va regrouper tous les patrons dans une seule société qui maîtrisera toute la vie du port.
Pour y arriver, selon le MEDEF, il faut briser toute capacité des dockers de se défendre. Mais tous les patrons du port ne raisonnent pas de la même façon, sachant qu’ils ne peuvent pas se passer du travail et donc des relations de travail avec ces dockers. Ceux là tentent malgré tout de trouver un accord. Mais si cela se faisait, ce serait contre la volonté des Viviès et Adélaïde (toujours fidèle à son rôle de petit bureaucrate, toutou des capitalistes!).
Quelle que soit l’issue de cette grève des dockers, venant après la longue grève de la banane, après trente jours de luttes, grèves et manifestations pour l’affaire Madassamy, les patrons n’y auront rien gagné. Ils se sont eux-mêmes mis dans une situation qui certes va coûter cher (matériellement) au camp des travailleurs, mais qui coûtera bien plus cher aux patrons. Ce qui est dans l’ordre des choses: celui qui a le plus à perdre, c’est celui qui possède le plus!
Les patrons et les administrations vont réfléchir à deux fois à avant de provoquer les travailleurs et refuser de les écouter quand ils avancent des revendications. Et c’est valable aussi pour les juges et préfets qui ont des intentions agressives, voire répressives vis à vis des travailleurs et des syndicats. Ils ont pu se rendre compte que leurs actes ne passent pas sans provoquer de graves remous parmi les travailleurs et la population. Nous écrivons cela en sachant bien que des gens avec encore un vieil esprit colonialiste sont nombreux dans les rouages de la préfecture et de la haute administration et qu’ils voudront encore frapper pour ne pas perdre la face avec l’affaire Madassamy.
Quant aux «grands stratèges» du MEDEF, ils ont beau être des chiens enragés anti-salariés, leur hargne n’a apporté que des déboires aux patrons et n’est pas arrivée à décourager les salariés. L’heure de la mise au pas des travailleurs n’est pas encore arrivée.
Les luttes les plus importantes, les plus décisives pour changer les choses, sont celles que nous n’avons pas encore menées. Tout ce que nous faisons aujourd’hui, c’est une préparation à ces luttes que nous souhaitons voir arriver dans l’année qui vient! Que 2005 soit une belle année pour nous organiser, être plus forts et remporter de grands succès contre notre adversaire patronal.
L’avenir n’appartient pas aux assoiffés de profits et d’argent, mais à ceux qui veulent un monde meilleur de fraternité et de réelle justice pour tous, d’où seront bannies les inégalités.
Port de Jarry
Plus de 60 jours de grève. Qui en est responsable?
Un petit groupe de patrons, parmi lesquels Houzard, Adélaïde, Doquin Viviès, refuse toute avancée des négociations avec les dockers. Ces messieurs ont décidé de ne négocier que de 10 jours en 10 jours, et refusent de rester en réunion au delà de 17H. Le directeur du travail lui-même les a critiqués à ce sujet. Mais ils continuent à refuser d’appliquer la convention collective des dockers.
Ces derniers posent avant tout des problèmes de conditions de travail. Lors d’un meeting à Pointe à Pitre le mercredi 8 décembre, plusieurs dockers ont pris la parole pour exprimer leur souffrance au travail, quand ils se retrouvent à 10 mètres en fond de cale, au milieu d’énormes containers, c’est un travail rude et les équipes sont insuffisantes. Ils réclament donc une recomposition des équipes de travail. Les dockers sont à la disposition de l’entreprise 7 jours sur 7, 24h sur 24. En effet, ils sont prévenus au dernier moment d’un bateau à décharger, et parfois ils se présentent sur le port le matin à 6H pour s’entendre dire qu’il n’y a rien pour eux et qu’ils peuvent repartir. Ils réclament d’être prévenus avec une certaine avance, ce qui est tout à fait possible, puisque l’arrivée des bateaux est programmée. Mais les patrons préfèrent maintenir le caractère occasionnel de l’embauche. Cela leur permet de réaliser des économies sur le dos des dockers.
Leur objectif à court terme est de faire du port une entreprise privée dont le grand patronat de l’import-export serait propriétaire. Ceci alors que toutes les installations portuaires ont été réalisées avec l’argent public. Pour cela, le port doit être concurrentiel, il faut faire faire le maximum de travail par le moins possible de salariés. C’est dans cet objectif que ces patrons font durer la grève, ils espèrent casser la combativité des dockers et les discréditer aux yeux de la population.
Les dockers ne sont pas responsables de la durée de la grève. Leurs revendications sont justes et tout à fait accessibles. Après 60 jours de grève, un accord a été trouvé sur la mise en place d’un planning hebdomadaire, mais les patrons refusent toujours de discuter des conditions de travail, et en particulier de la composition des équipes, des horaires, de l’amplitude, des astreintes, de la mise à disposition de l’entreprise 7 jours sur 7 etc.
Les dockers poursuivent donc leur grève, ils appellent la population à les soutenir.
Martinique
Sur l’habitation SIGGY, insultes, mépris, sanctions ne passent plus! C’est la grève des ouvriers agricoles!
Depuis plusieurs mois déjà, les ouvriers agricoles de l'habitation Siggy au Vauclin subissent les menaces, insultes et sanctions de la direction.
Huit salariés ont déjà démissionné. La direction de l'entreprise veut augmenter les cadences de travail sans concertation, au mépris de la santé des salariés, de la législation du travail et de la convention collective.
Plusieurs salariés n'ont pas encore soldé leurs congés payés de 2003. Pour 2004 certains ont été privés de congés payés "pour les besoins de l'entreprise".Ceux qui sont en congés sont appelés pour faire des travaux.
Un salarié qui demandait ses congés a été insulté par le géreur, mis à pied et a reçu une lettre d'entretien préalable à un licenciement.
La pression est aussi mise sur les transporteurs de banane, l'employeur avait été jusqu’à les traiter de " pédés sans couilles" parce qu'ils prenaient leur déjeuner à la pause conventionnelle. Récemment, l'employeur leur a donné l'ordre de transporter 150 régimes au lieu des 120 habituels. C’est alors qu’un salarié, qui transporte les régimes et déplace en même temps le tracteur, lui a dit qu'il ne pourrait pas faire les deux à cette cadence. La sanction immédiate a été le licenciement ! C’était la goutte d’eau qui fait déborder le vase!
Après cette nouvelle attaque, les ouvriers ont arrêté le travail le mercredi 8 décembre. Ils exigent l'annulation des deux licenciements. Ils ont déjà commencé à informer les habitations environnantes.
Guadeloupe
Mobilisation des salariés de la Soguafi
Le jeudi 9 décembre dernier, les salariés de la Soguafi ont débrayé toute l’après-midi pour protester contre l’attitude de la direction qui ne respecte pas les salariés. Profitant du passage d’un responsable américain, une bonne partie des salariés a débrayé pour dénoncer le manque de dialogue au sein de l’entreprise et le fait que le personnel local soit souvent mis sur la touche.
Il y a un malaise au sein de l’entreprise et les salariés ne supportent pas l’attitude méprisante de la direction et ont décidé de le lui dire de vive voix.
Les problèmes sont nombreux et le personnel voulait le faire savoir à ces responsables qui, souvent de passage en Guadeloupe ne prennent pas le temps d’écouter le personnel. Bien entendu la direction ne s’attendait pas à une telle réaction et n’a pas apprécié, mais elle a dû écouter le personnel, discuter des doléances.
Par la suite on verra bien si son attitude changera vis à vis du personnel qui demande plus de respect, mais les employés étaient satisfaits d’avoir manifesté leur mécontentement même si tout n’est pas encore réglé.
Il ne s’agissait que d’un avertissement, d’un coup de colère et si l’attitude de la direction vis à vis du personnel ne change pas, très certainement la mobilisation sera encore plus forte.
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