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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 18 décembre 2004      N° 915
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CHU Pointe-à-Pitre/Abymes
La cuisine en grève!

Depuis le lundi 22 novembre les agents de la cuisine sont en grève à l’appel de la CGTG et de l’UTS. Obliger de nourrir les malades, ils marquent leur colère en refusant de confectionner les repas pour le personnel. Tous les jours ils se réunissent en assemblée générale pour déterminer les suites à donner à leur mouvement.
Ce mouvement de grogne a débuté le 15, par un débrayage. Ce jour là les agents protestaient contre des travaux dans la cuisine qui s’éternisaient. Prévus pour être effectués entre mars 2004 et juin 2004, ces travaux n’étaient toujours pas terminés en novembre, alors que le personnel fabriquait plus de 2000 repas trois fois par jour, dans moins de 40 m2. Ce qui les choquait le plus c’est qu’il n’y avait aucune activité sur ce chantier, alors que l’administration était muette. De plus la seule sauteuse en fonction était en panne depuis 3 semaines. La situation était intenable pour les agents. Le jour même une entrevue avec la directrice des services économiques permettait d’arriver à un accord qui prévoyait la livraison d’une tranche des travaux pour le vendredi 19.
Le lundi 22, la tranche des travaux était effectivement livrée. Mais les agents se sont retrouvés avec 4 marmites supplémentaires dans un local non nettoyé et sale. Pour eux, les responsables leurs montraient leur mépris. Ils ont dû nettoyer eux-mêmes le chantier, sans qu’un ingénieur ou un responsable daigne leur donner une explication. Ils se donc mis en grève, pour réclamer:
- L’achèvement des travaux;
- La mise sur pied d’une commission de suivi des travaux;
- Le remplacement du matériel obsolète;
- La titularisation de 5 contractuels sur les 12 postes vacants de la cuisine.
Ils sont déterminés dans leur lutte pour obtenir des conditions de travail décentes. Ils veulent que la zone de production de repas soit complètement achevée.

D.H.
SUCCES DE LA GREVE A LA CUISINE
Notre grève a porté ses fruits: nous avons repris le travail le vendredi 26 novembre, après 4 jours de grève. Tous nos points de revendication ont été satisfaits. Les travaux qui devaient être terminés en juin avaient été interrompus. Après que nous ayons déposé le préavis de grève, durant le week end des 27 et 28 novembre, les travaux ont repris et la partie cuisson a été achevée et livrée. Ce qui fait que nous pouvons maintenant travailler dans des conditions au moins un peu plus acceptables. Un planning doit nous être proposé pour la 2ème tranche. Nous avons mis en place un comité de suivi qui est chargé de vérifier le bon déroulement des travaux. La direction s’est engagée à respecter les délais.
Rien de tel qu’une grève!



Communiqué du comité de soutien des travailleurs en lutte

Ce comité nous a envoyé le « BILAN FINANCIER DE L’APRES MIDI MUSICALE DE SOUTIEN AU SYNDICAT CGTG-BANANE ET A L’UGTG DU SAMEDI 13 NOVEMBRE 2004 AU «VERNOU PALACE».
Nous publions les extraits ci-dessous.
Bénéfice: 1809.31 €
Remis au syndicat CGT-banane: 904.65 €
Remis à l’UGTG : 904.65 €
Le comité de soutien des travailleurs en lutte remercie vivement tous les artistes ayant accepté de se produire pour assurer le succès de la manifestation. Grâce à eux, les travailleurs en lutte pourront mieux assurer les frais occasionnés par les grèves et les pénalités imposés par la justice de classe.
Remerciements donc à : Patrick D’Alexis (Ti Fabrice) artiste, animateur et organisateur de la manifestation, Luc Hubert Séjor, André Rédo, Marcel Magnat, Swanah Dévarieux, Ariane Broussillon, Madame Gerty Monza, chanteuse, Ti Wony, Nourhya, Lyn Udino.

Le Comité de soutien des travailleurs en lutte.



Réduction sur la RTT

Le gouvernement Raffarin, aux ordres du MEDEF, veut encore «assouplir» les 35 heures. L’une des mesures programmées consiste à ouvrir la possibilité de stocker les jours de RTT (Réduction du temps de travail) et les récupérations, et de les échanger contre un mois de salaire. Si certains travailleurs tombent dans ce piège, c’est que les salaires sont trop bas pour qu’ils aient un niveau de vie acceptable.
Le gouvernement s’apprête aussi à augmenter le nombre d’heures supplémentaires légales : le maximum passerait ainsi de 180 à 200 heures par an. Cela représente 4 heures par semaine, et de cette façon, on revient à la semaine de 40 ou 41 heures. Avec la flexibilité en plus, cela permet aux patrons d’imposer des semaines de travail avec des horaires dignes d’il y a un siècle!



Extraits de l’écho des hôpitaux

PARKING DES VISITEURS: PAS RASSURANT!
Le parking des visiteurs n’est pas éclairé. En cette période de l’année où la nuit tombe à 17h30, ce lieu n’est vraiment pas très sûr pour les usagers. Il faudrait entreprendre des travaux avant que quelque chose de grave n’arrive.
PARKING DES VISITEURS: LES TROUS SONT DE RETOUR
Après les pluies, des trous commencent à se reformer. On se souvient du temps qu’il avait fallu pour que les autorités compétentes se décident à boucher les énormes trous qui s’étaient creusé au fil des années. On se rend compte maintenant que le revêtement qui avait été mis en place n’était pas de qualité suffisante pour tenir le coup. Combien de temps faudra-t-il encore pour que le problème soit résolu de façon durable?



Martinique
Bâtiment: morts pour le profit

Les lundi 6 et mardi 8 décembre 2004, quatre personnes comparaissaient au tribunal correctionnel de Fort de France pour homicide et blessures involontaires suite à la mort de cinq ouvriers du bâtiment écrasés sous le poids d’une dalle de béton et quatre autres blessés gravement.
L’ accident s’était produit le 27 mars 1998 à 11 heures 30 sur le chantier d’EDF au quartier Vapeur au François. La dernière prévenue était la responsable de l’entreprise intérimaire qui avait fourni huit des neufs ouvriers concernés, ouvriers sans contrats en règle.
Le ministère public a réclamé tout d’abord pour le patron de l’entreprise du bâtiment, le maître- d’œuvre, une peine de trois ans de prison dont un an ferme et 1500€ d’amende. Pour le coordinateur un an de prison avec sursis et 1500€ d’amende. Quant à l’ingénieur béton qui a donné l’ordre de couler la dalle, 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 1500 € d’amende. A l’EDF le donneur d’ordre le ministère public réclame 200 000 € d’amende « pour négligence coupable». A la société intérimaire, il est demandé une amende de 1500€. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu public le lundi 13 décembre 2004.
Voilà le résultat du procès de ces individus et voilà ce que vaut la vie des cinq ouvriers morts exploités jusqu’au sang. Mais en plus, ce qui est révoltant, c’est qu’au cours du procès, aucun des prévenus n’a eu l’air d’être responsable de ce drame, pas de vrai coupable!!!
Pour y voir plus clair, rappelons les faits.
Sur le chantier du François où s’est produit l’accident, des ouvriers qui étaient présents lors du drame racontent:
«Ce patron est connu pour son arrogance vis à vis de nous. Ce qui l’intéressait c’est de gagner de l’argent. Quotidiennement il a toujours exercé des pressions sur nous tout en nous tenant un langage agressif. Ce matin-là sur le chantier, un de nos camarades qui malheureusement a trouvé la mort avait dit au patron que le coffrage et les étais étaient mal disposés et cela ne lui semblait pas conforme. Inquiet ce camarade n’arrêtait pas de répéter à ces autres copains, «mwen pa janmen wouê an koffrage kon sa ». On avait même remarqué que certains étais commençaient à se plier sous le poids du béton. Certains d’entre nous lui avaient aussi fait la remarque sur l’installation du coffrage. Et nous nous rappelons ce jour là, ce qui l’ intéressait c’est que les travaux soient exécutés.…
Alors, on n’a pas été étonné de cet accident. Le matériel avec lequel nous travaillons ne répondait pas au normes de sécurité. Et quand nous essayons de faire des réclamations auprès du patron, notamment pour l’amélioration de nos conditions de travail, ce dernier ne nous donnait jamais de suite.
Nous avons de la chance qu’il n’y ait pas eu plus de morts que ça, parce que ce jour-là chacun d’entre nous était sur ses gardes, sentant le danger. D’un seul coup la dalle sur laquelle on avait déjà commencé à couler du béton s’est écroulée. Nous nous sommes sauvés à grandes jambées, mais ceux qui étaient au dessus de la dalle et certains en dessous n’ont pas eu le temps de se sauver. Voilà ce qui s’est passé »
Pour construire son empire et sa société, le capitaliste a toujours marché sur des cadavres, en exploitant des hommes, femmes et enfants avec pour un seul objectif se faire de plus en plus de profits. La vie des travailleurs est secondaire pour ces capitalistes là.
Mais encore, pour mener à bien son système pourri, le capitalisme a mis en place tout une organisation, l’état, son état. C’est à dire son armée, sa police, ses juges, ses gouvernements, ses ministres et ses institutions. Ainsi les exploiteurs sont en fait intouchables, car la justice actuelle est à leur service. Elle tranche le plus souvent, sauf exceptions rares, en leur faveur. Alors ce procès qui a eu lieu dernièrement à Fort de France ne présente rien d’étonnant. Toute cette affaire n’est que duperie, mépris, tricherie et lâcheté. Et le plus révoltant dans cette affaire de justice c’est que cette amende infligée à ceux présents à la barre des «accusés» ne vaut pas grand chose . Il y a eu mort de cinq hommes. Pour la plupart des prévenus, il a été demandé une amende de 1500€. Cela voudrait-il dire qu’en divisant 1500 € par 5 que la vie d’un ouvrier dans la société capitaliste ne vaut que 300 €?
Le vrai coupable dans cette affaire c’est le capitalisme et la meilleure justice, la plus juste, sera qu’un jour la classe ouvrière renverse ce système ingrat et criminel qu’est la société capitaliste. Pour la remplacer par une société communiste une société plus humaine sans exploitation et sans capitalistes.



Martinique
CHU de Fort-de-France: Grève de solidarité avec le personnel de l’orthopédie

Le vendredi 10 décembre, les salariés CGTM du CHU de Fort de France étaient en grève en solidarité avec leurs collègues du service d’orthopédie. Après s’être regroupés, ils ont organisé une conférence de presse pour dénoncer la situation faite à leurs camarades et exiger avec eux de pouvoir travailler en sécurité et dans la dignité.
En effet depuis près d’un mois, les agents de l’orthopédie sont mobilisés et exigent le départ du cadre du service 2C et du cadre supérieur du niveau 2. Après avoir interpellé durant plusieurs mois en vain la direction pour trouver une solution, ils ont décidé de ne plus endurer les agissements du cadre du 2C, qui, selon ces agents, exerce un véritable harcèlement à leur encontre, ni ceux de sa chef qui, dans les faits, couvre ces agissements.
La direction ne prend aucune décision. Et lors de la réunion du CHSCT du 7 décembre dernier, elle a refusé de faire voter les propositions faites par les représentants syndicaux, et dans l’attente qu’une autre réunion se fasse en présence d’un inspecteur du travail. Elle a dit lors d’une interview qu’elle agirait selon la loi qui prévoit que ce sont les « victimes de harcèlement » qui doivent établir la preuve de leur harcèlement.
Mais elle n’ignore rien puisqu’elle avait longuement entendu la description détaillée de ce qui se passe au 2C. En réalité, elle voit bien que la situation pourrait très bien exploser d’une façon ou d’une autre et devenir incontrôlable. En particulier, parce que le comportement de la cadre qui harcèle ou malmène les employés du service va au-delà d’un simple problème de caractère ou de mauvaise méthode de travail. Si l’on en croit les informations publiées par les salariés du 2C du CHU, il a été question d’insécurité, d’arme de policier qui pourrait entrer dans le CHU, d’enquête privée menée par un policier ami de la cadre, etc. En fait, il y a un véritable problème de sécurité, de harcèlement qui a provoqué la colère des salariés du 2C!
Les deux cadres dénoncées par le personnel d’orthopédie ont eu le soutien d’un collectif de cadres et de la section locale du Syndicat National des Cadres Hospitaliers. Ce dernier, qui regroupe cadres, mais aussi hauts cadres et directeurs hospitaliers, a déposé une plainte au tribunal administratif contre la direction du CHU pour la pousser à mieux exercer « ses fonctions de police » empêchant les actions des grévistes dans le service. Le tribunal s’est prononcé pour que les accès au bureau des cadres soient libérés. A la suite de cette décision, le syndicat des cadres a appelé ses adhérents à une grève non limitée à compter du 9 décembre. Les mots d’ordre brandis par les grévistes étaient entre autres «liberté du travail», « pour la défense de nos droits », « respect de notre fonction».
Dans cette affaire, un grand nombre de cadres (pas tous heureusement!) qui sont très remontés contre les salariés du 2C ont choisi de se tromper d’adversaires, en faisant l’amalgame entre l’affaire de l’orthopédie et les difficultés qu’ils rencontrent dans leur fonction. Ce serait faire injure à leur intelligence, eux qui sont si imbus de leur fonction de cadres, d’organisateurs, etc…que de croire qu’ils n’ont pas compris ce qui se passait au 2C. Mais voilà, ils ont dans cette affaire l’attitude qu’ils ont l’habitude d’avoir face aux salariés sans grades ou moins gradés. L’habitude du mépris ne se perd pas facilement, au point d’obscurcir le jugement.
Comme le disait un de leurs représentants, leur fonction est de faire appliquer la politique actuelle qui se veut une politique d’amélioration de la qualité des soins. Certes! Mais il est évident que c’est aussi l’application de la politique de restriction ou d’insuffisance des budgets publics du pouvoir. Aujourd’hui, la direction les utilise pour faire appliquer sa politique et ils se trouvent souvent sans les moyens nécessaires pour accomplir leurs « missions » au quotidien. Mais ils n’ont pas le courage de s’en prendre directement à cette politique. C’est plus facile de s’en prendre aux salariés moins gradés ou sans grades. Ils oublient que ce sont ceux-là qui se trouvent à l’exécution des tâches dans les services. Une telle attitude n’est pas une preuve d’intelligence et encore moins de courage. De plus demain, elle peut se retourner contre eux.
Les travailleurs du CHU sont déjà placés dans des conditions de travail pénibles, du fait des restrictions et pénuries de tous ordres. Il n’y a aucune raison pour qu’ils acceptent en plus les tracasseries et désagréments causés par le comportement injuste ou déraisonnable de certains cadres de leur service. Et les cadres qui grimpent aux cocotiers d’indignation sont mal placés pour se poser en victimes! Dans leurs rangs, à leur niveau ou plus haut, il y a bien des magouilles, faits de corruption, favoritisme, passe-droit, etc…qui se déroulent. Ils devraient, eux qui sont si pointilleux sur la «bonne gestion» s’indigner de cela avant tout!
La semaine du 13 décembre des experts doivent faire une visite des services pour l’Accréditation du CHU de Fort de France en fonction des normes de qualité actuelles dans les établissements de santé français. La CGTM-Santé et le personnel de l’orthopédie n’annoncent aucun mouvement pendant le déroulement de ces expertises pour lesquelles l’ensemble du personnel a eu à travailler durement.
Mais ceux du service d’orthopédie ne sont pas décidés à travailler avec les cadres dont ils ont eu à subir les méfaits. Ils utiliseraient leur droit de retrait si jamais les cadres regagnaient leurs bureaux.
Les cadres eux semblent vouloir continuer leur mouvement en dépit de la présence des experts du 13 au 21 décembre.




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