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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 janvier 2005      N° 916

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À la Une

Éditorial

La misère et le sous-développement ont causé plus de morts que le Tsunami

Suite à un tremblement de terre d’une forte magnitude, un raz- de- marée gigantesque (tsunami) a frappé le Sud-Est asiatique le 26 décembre 2004. Un ensemble d’archipels et le sud de l’Inde ont été complètement submergés par des vagues atteignant 10 mètres de hauteur. Les dégâts sont considérables. Quant au nombre de victimes, on compte parmi elles, à l’heure où nous écrivons, plus de 140 000 morts.
On a vu récemment dans la ville de Gonaïves en Haïti, comment des inondations ont tout emporté. Le nombre de victimes a été démesuré par rapport à la catastrophe, par le simple fait que les habitants très pauvres de cette ville vivent pratiquement dans le lit des rivières avec des habitations précaires. Si le tsunami qui a frappé le Sud-Est asiatique est un phénomène d’une plus grande ampleur, cela n’explique pas un désastre humain aussi important. C’est la misère là aussi qui a causé tant de morts. Ce sont les populations les plus pauvres qui comptent le plus de victimes. Ces populations vivent au quotidien dans le dénuement le plus total dans des habitations fragiles qui ont été emportées comme des fétus de paille par les vagues.
Le sous-développement dans ces pays rend les populations plus vulnérables. Il manque des infrastructures qui permettent une évacuation rapide. Les moyens de transport sont limités. On a pu voir sur les chaînes de télévision comment les populations ont eu du mal a évacuer les lieux comme elles ont du mal après la catastrophe à transporter les cadavres. L’état des véhicules est rudimentaire.
Les moyens font cruellement défaut y compris au niveau des prévisions. Il existe un système d’alerte pour prévenir ce phénomène de raz-de-marée. Ce système a été mis en place depuis 1948 dans l’océan Pacifique. Sur l’île d’Hawaï des informations sur les activités sismiques sont collectées à partie d’une cinquantaine de stations. Au Japon, des mesures de prévention ont déjà été appliquées grâce à ces informations. Après un tremblement de terre on peut prévoir à l’avance les raz-de-marée. On peut également définir le délai entre le déclenchement des secousses et l’arrivée des vagues sur les côtes ce qui donne la possibilité de prendre des mesures de protection. Ce système n’existe pas dans l’océan Indien. Il aurait permis de sauver beaucoup plus de vies humaines. Quand on sait par exemple qu’en cinq minutes un touriste, ayant compris le danger a pu faire évacuer toute une plage en sauvant ainsi plusieurs dizaines de personnes, oui, en cinq minutes ou que des coups de téléphone provenant de régions atteintes avant, vers les suivantes ont permis en quelques minutes à certains d’être sauvés, on mesure toute l’importance de la prévention.
Quand un cyclone est annoncé sur la côte est des Etats Unis, on voit comment des grands moyens sont mis en œuvre pour évacuer les habitants en peu de temps.
S’il existe des moyens scientifiques pour prévenir de telles catastrophes et protéger les populations, ce n’est malheureusement pas une réelle préoccupation des états des pays riches qui ont la maîtrise de ces moyens. Ces états capitalistes protégent avant tout les profits des grands trusts et des multinationales qui s’enrichissent en appauvrissant une bonne partie de la planète. Le sous-développement s’accroît alors que les moyens scientifiques et techniques ont atteint un niveau de performance sans précédent. La presse et les télévisions ont poussé de hauts cris pour dénoncer comment les grands hôtels de ces régions dévastées ont continué à recevoir des touristes qui peuvent tranquillement passer leurs vacances à deux pas des plages où les populations marchent sur des débris et des cadavres. Pourtant il n’y a rien d’étonnant à cela dans un système où c’est la loi du profit qui compte au mépris du respect des vies humaines.



Martinique
Vers la grève générale dans la Santé

Face à la situation de harcèlement au service d’orthopédie, le personnel veut de véritables mesures.
La crise venant des comportements et agissements de deux cadres «du niveau 2» liés au service d’orthopédie du CHU de Fort de France et à la situation de harcèlement moral vécue par le personnel du service n’est pas résolue.
Après la semaine d’expertise et d’évaluation du fonctionnement des services par les experts de l’ANAES (agence nationale pour l’accréditation des établissements de santé), le personnel du service d’orthopédie s’est trouvé face à une nouvelle décision arbitraire de la direction du CHU.
En effet, celle-ci a trouvé une manière de résoudre le problème, insolite, malhonnête, irresponsable et inadmissible.
D’un côté, elle décide d’accepter la demande de mutation du cadre du service incriminée de harcèlement à l’encontre de ces collègues. Mais dans le même temps, la direction des soins infirmiers prend la décision de muter les onze agents du service, et de les répartir dans tout l’hôpital. Et elle le signifie à ces agents par un courrier du 27 décembre, sans même les avoir avertis.
De plus, jusqu’à ce jour, la direction n’a pris aucune mesure concernant la présence du cadre supérieur du niveau 2, qui aurait contribué à envenimer la situation en refusant de rappeler à l’ordre le cadre du service d’orthopédie incriminé.
Alors là, trop, c’est trop! En tout cas la nouvelle mesure arbitraire a provoqué la colère des agents et des membres du syndicat CGTM-Santé. Ils l’ont fait savoir à la direction, lors de la réunion du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) convoqué le 31 décembre en présence de l’inspecteur du travail, après avoir été suspendu le 7 décembre. Au cours de cette réunion il a été voté de mettre en place une commission permanente ayant pour mission de prévenir de nouvelles situations de harcèlement.
Lors de cette réunion, les agents du service d’orthopédie étaient soutenus par la section CGTM-Santé de Fort de France, mais aussi par des responsables du syndicat du CH du Lamentin, du CH de Trinité, CHS de Colson, de l’ADAPEI, de la Maison de retraite du Lamentin, de celle du Robert, du CH du Saint Esprit, de l’hôpital du François. Les travailleurs demandent le maintien des agents du 2 C dans leur service et aussi le déplacement du cadre supérieur du niveau 2.
Face à l’obstruction mise par la direction, la CGTM-Santé a déposé un préavis de grève prenant effet à compter du 5 janvier 2005.



Guadeloupe
Après la suspension de la grève, les dockers posent leurs conditions autrement et avec raison

Lundi 20 décembre, les dockers ont décidé en assemblée générale de suspendre leur grève qui durait depuis le 22 octobre. Ils ont fait ainsi la démonstration aux yeux de l’opinion publique de la véritable source du blocage du port. Les patrons affirmaient qu’ils accepteraient de négocier si les dockers reprenaient le travail. Après près de deux mois de grève et de refus des patrons de discuter sérieusement sur leurs revendications, les dockers ont suspendu leur mouvement, mais pour l’instant, il n’y a eu aucune avancée: les contacts entre l’intersyndicale et le patrons de l’UEM (Union des entreprises de manutention) se font par courrier.
L’intersyndicale est intervenue auprès de la direction du travail pour que le contact soit rétabli avec l’UEM.
Les dockers restent déterminés à obtenir satisfaction. Lorsque la décision a été prise de suspendre la grève, seuls 22 dockers sur 300 avaient repris le travail depuis près de 15 jours. Actuellement, ils ont décidé de travailler à un rythme adapté aux circonstances, et les containers éparpillés dans les ports de la Caraïbe reviennent progressivement. Cependant, les patrons, relayés par la presse, continuent à crier au scandale: grève du zèle, grève perlée… Mais s’ils persistent dans leur attitude de blocage et s’imaginent que les dockers, en reprenant le travail, ont renoncé à leurs revendications, ils courent à une nouvelle déception: la trêve permet aux dockers de reprendre des forces. Deux mois de grève, avec une mobilisation permanente, c’est éprouvant pour les grévistes et pour leur famille: cela signifie deux mois sans solde, une usure physique et nerveuse bien plus grande que celle du travail. Tout travailleur qui a déjà fait grève le sait, et c’est une des raisons pour lesquelles, malgré les calomnies des patrons et de la presse, malgré certaines difficultés, de nombreux travailleurs ont compris la situation.
Mais les dockers sont animés par leur conscience des enjeux de leur mouvement: ce qui se joue actuellement, c’est l’avenir de la profession, que les patrons veulent rendre de plus en plus précaire pour que le Port de Jarry soit concurrentiel au niveau de la Caraïbe. Si les revendications ne sont pas satisfaites, il pourrait bien y avoir un retour de flamme douloureux pour le monde patronal.




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