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Martinique
Croissance économique oui! Pour une minorité, mais pas au profit de tous
Il y a quelques jours, la Chambre de commerce et d’industrie de la Martinique a publié un rapport commandé en septembre 2004 à un cabinet d’Etudes, intitulé «50 ans de progrès économique et social en Martinique». La présentation de ce rapport a été faite par son auteur, un économiste du cabinet DME, lors de l’émission « le Club » sur la télévision locale ATV.
Dans son rapport, l’auteur se veut délibérément « positif », voire même enthousiaste sur le bilan économique et social de la situation en Martinique. Il déclare notamment: « Non, l’économie martiniquaise n’est pas bloquée », la Martinique n’est pas « en crise permanente, mais a connu une formidable croissance économique et un fort progrès social qui l’amènent aujourd’hui à se comparer, en terme de développement humain, à l’Autriche ou au Danemark. »
«Non l’économie martiniquaise n’est pas une simple économie de transferts. (….) . Elle n’est pas non plus « mal – développée », en étant principalement tournée vers les services et en connaissant un faible développement du secteur industriel et un écroulement du secteur agricole. »
D’après l’économiste, cette évolution est plutôt favorable et en grande partie comparable avec les données existant dans les «autres» départements français. Dans son étude l’économiste prend le contre-pied des clichés utilisés selon les circonstances, et des propos geignards et souvent tenus par certains observateurs, ou groupes d’influences sur les difficultés économiques ou sur l’économie de transferts qui seraient la cause du mal développement et des disparités sociales.
Et face aux journalistes qui lui disaient que le tableau qu’il peignait semblait coloré en rose, il a réaffirmé que selon lui, il fallait tordre le cou à un certain défaitisme ambiant sur les économies domiennes qui n’avait pas lieu d’être.
Par certains côtés, cet économiste n’a pas tort, il y a bien dans l’économie des Antilles des côtés florissants, ce sont les profits engrangés par la classe possédante. Celle qui contrôle les meilleures terres de Martinique et Guadeloupe. Celle qui contrôle l’import-export, celle qui dispose de groupes financiers, possède de grands hôtels ici et ailleurs dans la Caraïbe. Celle qui est le principal intermédiaire des grands groupes de grande distribution (Carrefour, Cora et cie ).
Oui pour tous ces gens-là, gros importateurs, exportateurs de banane, de rhum, ananas, etc., pour cette classe de possédants cela va bien merci! Mais c’est pour les travailleurs que cela se gâte! Pour ceux qui ont un emploi et sont mal payés par ces mêmes riches propriétaires, pour ceux qui sont en chômage, rmistes ou autres, pour ceux qui n’ont qu’un emploi précaire …Pour tous ceux- là la «croissance économique» n’a pas le même sens que pour les possédants, alors même qu’ils en sont les principaux acteurs, en tant que producteurs.
Oui, quelque chose cloche dans les résultats, économiques ; et ce ne sont pas les données avancées par cet économiste, mais la répartition injuste des richesses produites par les salariés. Et cela ce n’est pas une étude économique, quelle qu’elle soit, qui le changera, c’est la lutte des travailleurs lassés d’être grugés, réduits à la portion congrue, au profit d’une minorité d’exploiteurs capitalistes.
Guadeloupe
Les conditions scandaleuses d’interpellation et de garde à vue d’un homme âgé et malade
Nous publions ci-dessous des extraits du récit qu’un homme âgé nous a fait parvenir. M Hilaire Lefort est aussi un ancien dirigeant de la fédération CGTG de l’équipement. Une réunion pour le soutenir et dénoncer les conditions dans lesquelles il fut interpellé devait se tenir le lundi 24 janvier chez lui à Petit Bourg. Plusieurs personnalités, associations et organisations politiques ainsi que la CGTG ont été alertées afin d’envisager un soutien et une riposte communes.
Récit de M Lefort (extraits)
…..Depuis novembre 2002, les relations de «bon voisinage» se sont altérées entre M. Babin et moi, à cause de nos animaux domestiques réciproques, à savoir:
Les chiens de M. Babin attirés par mes volatiles, ayant démoli, par grattage, le grillage de clôture pour s’introduire chez moi pour déverser leurs excréments ou attaquer mes coqs ou encore se retourner contre moi, les crocs menaçants en grognant.
Mes coqs, en raison de leurs chants trop matinaux, et persistants, paraît-il. Ce qui m’a valu une convocation devant le conciliateur de justice près du Tribunal de Grande Instance de Basse-Terre le 16 décembre 2002, sur réquisition de M. Babin Jean.
Sur injonction du conciliateur, M. Ramade, il a été convenu que je déplace à l’autre extrémité de ma propriété, ma volière avec les volatiles et que M. Babin procède à la consolidation de sa clôture aux endroits où passent ses chiens, le tout dans les meilleurs délais afin d’éviter tout nouveau conflit.
Moins de 24 heures après cette décision de justice, j’avais obtempéré pour respecter l’ordre intimé par le conciliateur, tandis que M. Babin, plus de deux ans après, n’a jamais rien consolidé ; la clôture reste flottante, non solidaire au béton et ses chiens ont procédé à d’autres ouvertures pour continuer à rentrer chez moi, à m’attaquer quand je les chasse ou à tuer mes poules.
(…) C’est donc excédé par ce laxisme discriminatoire indéniable que le lundi 3 janvier, à la vue de ce chien noir sans collier, s’attaquant encore une fois de plus à mes coqs attachés, j’ai perdu patience alors qu’il avançait sur moi en grognant, les crocs menaçants, j’ai été dans ma chambre prendre ma carabine. Ce chien étant toujours à même d’attaquer mes coqs, j’ai tiré dans sa direction. Le chien a crié en tournoyant puis a pris la fuite en passant dans un trou de la clôture du côté du voisin, au nord des Babin. J’avais une cartouche au canon. J’ai remisé la carabine, après l’avoir chargée de deux cartouches, au cas ou d’autres chiens viendraient et je suis revenu au près de mes deux coqs toujours attachés, pour les calmer et les rentrer.
Quelques minutes plus tard (15 mn environ), M. Babin Jean m’a interpellé en créole de l’autre côté de sa clôture dans sa cour en disant: « Vous avez tué mon chien, cet après midi vous êtes mort, je vous tuerai! ». Je certifie, sur la foi du serment, avoir vu un pistolet dans sa main droite, pointé vers moi. Comme je n’étais pas armé, je me suis vite déplacé et camouflé en me souvenant que chez le conciliateur il m’avait déjà menacé de me tuer si je touche à son enfant, d’une part, et d’autre part, selon les dires de sa voisine de 75 ans, Mme Raspail Marie-Julie, domiciliée au 02, route de Bologne, il l’aurait menacée de la tuer, elle aussi et de la brûler ainsi que son chien et qu’il se considérait, en Guadeloupe, comme en 1635, que les forces de l’ordre sont ses amis, notamment les gendarmes…
Ces propos, on ne peut plus significatifs, du comportement agressif et esclavagiste du sieur Babin, s’ils s’avèrent véritables suscitent à la défensive. Alors je me suis saisi de ma petite carabine pour me défendre en cas de besoin, et je me suis campé assis sur un banc dans mon garage. Surveillant les faits et gestes du sieur Babin qui cherchait à me découvrir en se déplaçant comme un fauve, tantôt à gauche, tantôt à droite, pistolet en main pointé vers chez moi.
Une dizaine de minutes ensuite, j’ai vu arriver deux gendarmes devant ma barrière d’entrée cadenassée. Je me suis, tout de suite, dessaisi de la carabine en la mettant hors de portée, sous ma voiture qui était tout à côté de moi. Les gendarmes ont escaladé ma barrière, me tenant en respect avec leurs pistolets et me criant: « Les mains derrière le dos! ". Je me suis croisé les bras sur la poitrine, sans bouger le corps. Arrivés à ma hauteur, les canons pointés sur mes tempes, ils m’ont demandé: Où est le chien de M. Babin que vous avez tué? Dites-nous où est le chien. Vous échappez de peu à la mort! J’ai répondu sereinement que j”e n’étais pas le gardien du chien de M. Babin.
Ils m’ont alors soulevé de mon banc et m’ont violemment plaqué en avant, me tordant les deux bras, les épaules et les poignets. J’ai eu la douloureuse sensation qu’on me marchait sur les lombaires et la colonne vertébrale: puis ils m’ont passé les menottes aux poignets endoloris. J’avais extrêmement mal des sévices endurés. J’ai crié: « Vous me faites mal!
Je suis un handicapé cardiaque, malade. J’ai 83 ans. C’est lâche de votre part. » Comme un leitmotiv! Ils ont continué à me demander où était le chien, puis ils ont récupéré la carabine sous la voiture en me demandant où était le fusil qui a tué le chien et ont ajouté: « Vous avez échappé de peu à la mort! ».
J’ai alors répondu que je ne parlerai qu’en présence de mon avocat.
C’est alors que sont arrivés d’autres gendarmes qui ont fait sauter le cadenas qui bloquait ma barrière d’entrée, puis ils ont fait entrer deux véhicules dans ma cour. Ils m’ont traîné jusqu’à l’une de ces voitures, puis à l’étage de ma maison, dans la cuisine où ils m’ont jeté littéralement par terre, fouillant partout, bousculant tout. Ils m’ont ensuite redescendu, sans que je puisse changer de tenue.
J’étais littéralement en loques, ayant mal partout, ne sachant que faire, que dire, le souffle coupé, ne pouvant me défendre. Après leur fouille du jardin, de la poubelle, ils m’ont conduit dans leurs bureaux de Basse-Terre. J’étais exténué et mon cœur malade me faisait souffrir, mais la fraîcheur nocturne m’avait revivifié. J’étais redevenu lucide et prêt à résister aux affrontements. J’étais redevenu muet et sourd à toutes leurs questions.
Un quidam s’est présenté en me disant qu’il était médecin et qu’il était venu me visiter. D’entrée il a mis les pieds dans le plat en me disant que c’était dommage pour moi d’avoir menacé avec un fusil. Ma réplique fut: « Vous êtes médecin ou justicier? ».
Il me dit alors qu’il me donne cinq secondes pour répondre si oui ou non j’accepte d’être visité.
Il est reparti quand je lui ai dit que sa déontologie exigeait de lui un autre comportement moins arrogant. Et mes geôliers de me dire: « Vous devinez où vous allez? »
Un peu plus tard ils m’ont conduit vers un réduit nauséabond, puant la fosse sceptique à distance. Je ne m’imaginais pas que des êtres vivants pouvaient s’accommoder d’une telle ambiance et que des Français pouvaient supporter un tel environnement.
(…) Ils m’obligèrent à me déshabiller, laissant chaussures et vêtements, conservant seulement mon slip, me laissant torse nu dans ces latrines humides et nauséabondes, où j’ai depuis ce moment, attrapé une toux pulmonaire incessante qui aggrave mon problème cardiaque.
L’intérieur: une fosse sceptique à ciel ouvert et surmonté d’un grabat en béton recouvert d’un morceau de mousse.
J’ai vécu une nuit effroyable, mes poumons gonflés à éclater, rejetant en suffoquant, la merde inspirée, mon pauvre cœur malade, battant à s’arracher dans sa cage, mon cerveau en bouillie extirpé du crâne, ( …).Un bruit de clefs et la porte s’ouvre. Mes geôliers me demandent de m’habiller…Ankylosé et abruti et malade, je me préparais cependant à de nouvelles passes d’arme quand ils m’annoncèrent que j’étais convoqué au Tribunal correctionnel du 04 février 2005 où je m’attends au pire. A 83 ans, je peux crever. Je venais « d’échapper à la mort » comme me l’a dit un des gendarmes.
H.S. LEFORT
Guadeloupe
Extraits de “l’écho des télécom”
FRANCE TELECOM: LE PROFIT AVANT TOUT
France Télécom demande que l’Etat accepte une augmentation de ses tarifs d’abonnement de 20% en trois ans. En échange, il promet une légère réduction du prix des communications locales.
Cela pénaliserait surtout ceux qui téléphoneront peu, les personnes âgées par exemple, mais qui payent forcément l’abonnement. Si l’Etat refuse cette hausse, France Télécom menace de ne plus assurer ce qu’on appelle le « service universel » (cabines, tarifs dits sociaux…)
On demande aux travailleurs de sacrifier le lundi de Pentecôte pour les vieux, France Télécom indique que les personnes âgées, il s’en contrefiche.
FRANCE TELECOM: LE SERVICE PUBLIC CONTINUE A SE DEGRADER
Cela fait des années que l’on voit le service public rendu par France Télécom se dégrader. (…)
Le personnel affecté au secteur dit « préventif » a énormément baissé. En réduisant le personnel affecté à ce travail, la direction de France Télécom montre qu’elle n’a aussi que faire des usagers.
LES AGENTS ET LES SOUS TRAITANTS PAIENT LES POTS CASSES!
Un autre moyen de faire des économies a été de diminuer les crédits alloués à la sous-traitance.
Les conditions de travail des agents de sous-traitance, qui souvent, ne sont pas formés à ce travail, ne cessent d’empirer. Tous les employés de ces entreprises sont payés au SMIC.
Les conditions de sécurité n’étant pas la préoccupation des entreprises sous-traitantes qui les emploient, les salariés de ces entreprises sont aussi souvent victimes d’accidents du travail sur ces chantiers dangereux!
Bouillante
L’arroseur arrosé!
Philippe Chaulet sort ridiculisé de la pièce dont il est l’auteur. Elu maire de Bouillante en 2001, il a démissionné du poste en décembre 2004. Il se proposait d’installer à sa place un de ses poulains, Cajazzo. Lui il se réservait le poste de premier adjoint au maire avec la haute main sur les affaires de la commune. Ainsi il pensait appliquer le dicton de Michaux «le pouvoir: on ne me le prend pas, je le passe».
Mais voilà de son propre camp est sorti un grain de sable qui bloqua le scénario qu’il a mis en place. Robert Racon a réuni sur son nom, le 9 janvier lors de l’élection du maire par le conseil municipal, une majorité hétéroclite, mais majorité quand même. Sur les 28 membres que compte ce conseil, Robert Racon eut 16 voix : 6 voix de l’opposition et 10 provenant de conseillers de la majorité. Cajazzo le protégé de Chaulet ne réunit que 12 suffrages sur les 22 possibles de la majorité municipale.
Ce résultat surprenant eut le don de plonger Chaulet dans une rage folle. Après avoir dénoncé l’ambition du maire fraîchement élu avec des mots imagés, il annonça la démission de ses partisans pour provoquer de nouvelles élections. Dès le lendemain, devant le peu d’enthousiasme de ces derniers, il prétendit ne pas avoir dit cela. Bref il admettait sa défaite et le ridicule de sa situation.
La morale de l’histoire: Bouillante et sa mairie ne sont pas des «choses» qui appartiennent à
Philippe Chaulet.
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