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Martinique
Les patrons de la banane veulent remettre en cause les acquis des salariés
Après plusieurs années de discussions, le syndicat des planteurs reconnaissait trois jours de «fêtes martiniquaises» sur cinq à savoir: le 2 novembre, le mercredi des cendres, et le vendredi saint comme jours chômés et payés en signant un accord de branche en 2001.
Depuis 2004, plusieurs planteurs refusaient de reconnaître ces jours chômés et payés en demandant aux salariés de travailler ces mêmes jours ou de les récupérer le samedi suivant. Cette année et à l’occasion du carnaval, le nouveau groupement BANAMAR (Banane Martiniquaise) auxquels sont affiliés tous les planteurs, a donné la consigne de ne pas payer le mercredi des cendres si les salariés ne travaillent pas. Certains employeurs feignent d’ignorer l’existence de cet avenant à la convention collective, d’autres poussent le mépris en demandant aux ouvriers de leur montrer l’accord.
Devant les protestations des ouvriers la plupart des patrons cèdent. Sur les exploitations, d’autres acquis sont remis en cause. Ainsi des salariés sont sanctionnés ou subissent des pressions quand ils partent après avoir effectué leur tâche. La nouvelle exigence des patrons est de continuer à travailler pour effectuer 7 ou 8 heures effectives.
D’autres patrons appliquent le principe: «A chaque augmentation de salaire, doit correspondre une augmentation des heures de travail et une augmentation des responsabilités».
Ainsi de 35 H, les contrats passent à 40H et plus par le jeu des heures supplémentaires obligatoires, et on demande au salarié de s’engager à être attentif à tout ce qui se passe autour de lui et qui pourrait freiner la cadence de travail.
Ces attaques sont systématiques sur certaines exploitations, moins sur d’autres. Tous les salariés ne sont pas visés en même temps. Quand ces derniers résistent les patrons modèrent leurs attaques pour les reprendre plus tard plus férocement.
Ces attaques se retrouvent sur toutes les exploitations et visent la suppression des «fêtes martiniquaises», l’augmentation des heures de travail, le travail obligatoire le samedi, la suppression de la tâche, l’augmentation de la quantité de travail et l’extension de la responsabilité des salariés au delà des tâches ou des postes qu’ils occupent.
Face à ces attaques concertées des patrons, les résistances individuelles sont insuffisantes et inefficaces. Une riposte collective est de plus en plus nécessaire.
Guadeloupe
Grève des lycéens du LPO Baimbridge
Les lycéens du LPO (Lycée polyvalent) de Baimbridge, excédés par les mauvaises conditions de travail et l’état déplorable de l’établissement, ont fait grève le vendredi 28 janvier. Ils étaient soutenus par les parents d’élèves. La vice-présidente de la Région s’est déplacée pour rencontrer les délégués des élèves et la direction de l’établissement. Mais les lycéens ont déclaré n’avoir pas confiance dans les promesses qui leur ont été faites. Ils ont reconduit leur mouvement le mardi 2 février. Ils ont bloqué la route devant le lycée et les forces de l’ordre sont intervenues. Il y aurait eu un blessé parmi les lycéens.
Ils dénoncent le mauvais état des locaux et la saleté de l’établissement. Les ordures s’entassent car les poubelles ne sont pas ramassées. Les agents chargés du nettoyage sont en nombre insuffisant compte tenu de la configuration des locaux : les bâtiments sont nombreux et très espacés et seulement 8 agents sont affectés au nettoyage pour 10 bâtiments. Il est souvent impossible de faire des photocopies car le matériel est trop vieux et souvent en panne.
La région s’est engagée à faire intervenir une équipe de nettoyage et des travaux devraient être entrepris. Les lycéens restent vigilants quant au respect du calendrier des travaux.
L’immigration, fond de commerce des politiciens
Depuis quelque temps, il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende sur les ondes que des clandestins ont été arrêtés à leur débarquement, ou alors que leur canot a échoué sur les plages de Trois-Rivières ou de Capesterre Belle Eau. La plupart du temps lorsqu’on parle d’immigration clandestine cela concerne des Haïtiens qui seraient de plus en plus nombreux à venir en Guadeloupe.
Et ce thème là est utilisé de manière démagogique pour propager toujours les mêmes mensonges: l’immigration serait responsable du chômage, de la délinquance, les immigrés viendraient «manger notre pain», occuper les lits dans les hôpitaux, leurs enfants occuperaient tellement de places dans les écoles qu’il n’y en aurait plus pour les petits guadeloupéens. Il y en a même qui, pas gênés du tout par leurs mensonges, prétendent que des immigrés occupent des postes dans les services publics.
Alors les politiciens cherchent à surfer sur ce thème. En Guadeloupe ceux du Conseil régional et Général utilisent la détresse de ces fuyards pour jouer sur la corde sécuritaire et exacerber les sentiments xénophobes. Ils cherchent à entretenir sur ce thème un certain vivier électoral pour les années à venir.
Les parlementaires, le procureur de la république, les militaires, se sont réunis pour «tirer dans le même sens»: prendre des mesures plus répressives contre les immigrants.
Les présidents du Conseil Général et Régional ont fait des déclarations sur les ondes concernant cette immigration en affirmant leur volonté d’y mettre un frein. V. Lurel a écrit à Mme Girardin pour déplorer l’insuffisance de l’action gouvernementale pour régler ce problème. Cette dernière lui a rappelé que ce problème était de la compétence de l’Etat. Et Lurel de renchérir que la Région serait prête à contribuer financièrement à cette action par l’achat de matériels (vedettes, équipements etc.) pour aider les douaniers et la police à faire leur travail car ces derniers seraient sous équipés.
Ceux qui dirigent ou qui occupent le devant de la scène laissent dire ou parfois reprennent même en privé tous les faux arguments xénophobes pour faire croire que les immigrés sont responsables de tous les maux dont souffre notre société. Mais ces mêmes responsables et aussi le patronat sont, ne l’oublions pas, prêts à accepter des immigrés quand cela les arrange. Depuis les années cinquante, puis par la suite les années soixante et soixante dix, les usiniers ont fait venir des travailleurs de la Dominique pour tenter de saboter les grèves des ouvriers de ce secteur. Aujourd’hui encore, dans la banane notamment, la présence des travailleurs clandestins arrange bien des planteurs, grands et petits: ces travailleurs sont plus facilement taillables et corvéables.
Les préjugés xénophobes sont inadmissibles et surtout dangereux. Colporter les préjugés et les cancans xénophobes, on sait comment cela commence, mais on ne sait jamais jusqu’où cela peut aller: un jour un pauvre imbécile pourrait avoir l’idée de s’en prendre à des immigrés et déclencher la chasse aux immigrés comme cela a déjà été le cas au plus fort de l’hystérie anti-haïtienne d’ Ibo Simon. Les préjugés xénophobes, s’ils sont entretenus et cultivés risquent un jour de déclencher un passage à l’acte anti-immigrés. Ces préjugés sont un moyen commode pour détourner les travailleurs et la population laborieuse en général des vraies causes du chômage et de la misère. Et ce n’est pas un hasard si les xénophobes sont aussi en général contre les grèves et les luttes des travailleurs. Derrière la xénophobie se cache souvent une autre haine, celle des travailleurs et plus encore des travailleurs en lutte.
Mais tout ce monde n’a jamais essayé de comprendre pourquoi des immigrés risquent chaque jour leur vie pour venir chercher un soi-disant eldorado en Guadeloupe.
La situation économique d’Haïti ne cesse d’empirer et les pauvres mourant de faim n’ont pas d’autre solution que de quitter le pays pour essayer de travailler ailleurs. C’est une réaction tout à fait humaine. Mais qui est responsable de la situation catastrophique en Haïti sinon la France, les Etats-Unis qui ont pillé ce pays? La France d’abord qui après avoir opprimé pendant des siècles des milliers d’esclaves pour enrichir la classe bourgeoise a fait chèrement payer l’indépendance du pays en exigeant le remboursement des propriétaires d’esclaves jusqu’au dernier centime et les Etats-Unis qui ont occupé le pays ensuite en continuant l’exploitation de la population. Haiti est l’un des pays les plus pauvres du monde et la population n’a pas le choix: crever de faim chez elle ou tenter de mieux vivre ailleurs en quittant le pays.
Qu’ils soient Haïtiens ou Guadeloupéens, «les travailleurs n’ont pas de patrie» «Ils n’ont que leurs chaînes à briser». Karl Marx l’a dit il y a plus de cent cinquante ans. Ils ont le même combat à mener. Leurs seuls ennemis sont les exploiteurs, les capitalistes et les politiciens qui les représentent.
Jarry
Un mois de grève à la Sodimat: le patron cède!
Les employés de cette société de vente de machines outils, soutenus par l’UGTG, ont dû faire un mois de grève du 3 janvier au 3 février pour obliger le patron, Philippe Viviès, à respecter la législation. Ils réclamaient:
• La régularisation des indemnités des congés payés;
• L’application de la convention collective de branche;
• Classification des fiches de paye;
• La conclusion des NA0 2004.
Cette grève a été massivement suivie. 4 employés seulement n’ont pas fait grève, ainsi que les 5 cadres, tous parents du propriétaire. Il faut dire que Philippe Viviés a fait l’unanimité contre lui parmi les travailleurs. En 32 ans, il a procédé à 2 NAO. En 2000, lors de création de la section syndicale et en 2004 à la suite du dépôt d’un préavis de grève. Tous les employés, même les plus anciens, sont à l’indice zéro. En outre ce patron rapace s’amusait à ne payer qu’une partie des congés payés. Malgré ses torts évidents, Viviès fit durer la grève un mois. Mieux, il déféra les 4 délégués devant les tribunaux pour les intimider. Mais devant la détermination des travailleurs il fut obligé de céder le 3 février. Il promit de revaloriser les salaires de 4%, de payer la partie manquante des congés payés avec effet rétroactif sur 5 ans, de payer des tickets restaurant et d’appliquer la convention collective. Les travailleurs lui imposèrent le retrait de sa plainte devant les tribunaux, dernière condition pour mettre un terme à leur mouvement.
Pour faire appliquer la loi, les travailleurs ont dûmener une grève dure et longue contre un patron hargneux et tricheur.
Pôle Caraïbe
Une lamentable erreur
Ces jours passés, un de nos collègues de PRONET a été victime d’une grave injustice. Il a été accusé à tort du vol d’un portable. Les agents de la PAF n’ont fait ni une ni deux, ils l’ont menotté et fait traverser ainsi tout l’aéroport. Et comme si cela ne suffisait pas, ils l’ont traîné ainsi à l’entreprise où travaille sa femme, puis, toujours menotté, chez lui.
Ses collègues, ceux de sa femme, ses voisins ont pu le prendre pour un dangereux criminel. Mais c’était une erreur. A y regarder de plus près celui qui était parti avec le portable était quelqu’un d’autre!
Pour marquer leur indignation, les travailleurs de l’entretien ont débrayé pendant une matinée.
Un contrôle renforcé des demandeurs d’emploi, au service du patronat! (extrait du bulletin “écho de l’ANPE”)
De nombreux collègues pensent, comme la propagande de l'Etat et du patronat nous y oblige, que les demandeurs d'emploi ne cherchent pas de travail. Et que pour cela, il faut les «punir» et les radier du fichier.
C'est le monde à l'envers. On veut nous faire avaler que ce sont les chômeurs qui sont responsables de leur situation et qu'après tout, ils n'ont qu’à accepter n'importe quel emploi, CES, temporaire, temps partiel, intérim, ou bientôt CI-RMA, contrat «d'avenir» ou autre...
Des salariés à disposition des patrons, taillables et corvéables à merci, c'est ce que recherche le MEDEF à travers ces contrôles renforcés des demandeurs d'emploi, mis en place par le plan Borloo.
Nous, agents de l'ANPE ne pouvons pas devenir les auxiliaires zélés de cette politique sans comprendre que nous-mêmes, en tant que salariés, risquons d'être demain, victimes de cette politique.
HAÏTI
7 février 2005: la population pauvre sous le joug
En Haïti le 07 février 2005 a été marqué par le carnaval qui a éclipsé les cérémonies habituelles commémorant la chute de Duvalier en 1986. La population qui pensait plutôt à se défouler a accordé peu d’attention au remaniement ministériel réalisé par le Premier ministre Latortue. La préoccupation est toujours la menace des bandes armées en uniformes ou non qui font la loi dans le centre-ville de Port-au-Prince. 11 mois après la chute d’Aristide, les partisans armés de Lavalasse qui ont lancé l’opération Bagdad rançonnent les quartiers pauvres sous l’œil des 6000 militaires internationaux qui les observent.
Les militaires démobilisés sont toujours en arme et demandent la reconstitution de l'armée. Par leurs pressions ils ont obtenu des dédommagements depuis décembre 2004.
Les préoccupations du gouvernement sont surtout de satisfaire les politiciens et les possédants. Il déclare que ses priorités sont d'abord l'organisation des élections, promettant de « faire l'impossible pour créer les conditions d'élections libres, honnêtes et démocratiques ».
En attendant il a payé les arriérés de la dette d’Haïti pour 52 millions de dollars. Alors que depuis des mois les survivants des inondations attendent le milliard de dollars promis par la communauté internationale. A cela s’ajoute une flambée des prix de produits de première nécessité au début de l'année, par exemple, le prix du riz a plus que doublé, passant d'environ 75,00 gourdes (1,5€) à environ 175,00 gourdes (4€).
Pour fuir cette situation intenable, certains sont prêts à tout. Ils se procurent par des expédients le prix du voyage et prennent la filière de Saint Domingue, vers des promesses de paradis aux Etats-Unis, Canada, ou Antilles françaises. La plupart deviennent la proie des passeurs et profiteurs de tout poil.
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