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TOGO
Mort d’un dictateur “ami de la France”
Le dictateur togolais, Gnassingbé Eyadéma, est mort. Il était «un ami de la France et un ami personnel» a déclaré Jacques Chirac. En effet, venu au pouvoir par un coup d’état il y a 38 ans, il soutenait la présence militaire française et les intérêts des grands groupes capitalistes français dans cette région d’Afrique.
Que ces 38 ans de règne soient jonchés de crimes, de corruption, de fraudes électorales, d’assassinats d’opposants et de répression militaire, cela n’a pas empêché le régime de bénéficier du soutien des gouvernements du monde entier, de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) aux Etats-unis en passant par la France. En tournée en Afrique en 1999, Chirac prit position en faveur de Eyadéma contre les accusations d’Amnesty International qui dénonçait l’état de terreur qui règne au Togo.
Aujourd’hui, l’armée togolaise a remis le pouvoir au fils du dictateur. Ce dernier, en digne fils de son père, qui s’était rendu maître dans l’art de «tripatouiller» la constitution, s’est fait nommer à la tête du parlement après modification de la constitution, afin de donner un vernis légal au poste de président qu’il occupe désormais en lieu et place du chef du parlement.
Certains Etats et l’ONU crient au scandale, font semblant de découvrir que le Togo n’est pas démocratique et réclament des élections.
Eyadema fils ou un quelconque officier n’aura qu’à se faire élire pour que tout rentre dans l’ordre: celui des grandes puissances et de leurs «amis» dictateurs!
L’armée française complice du génocide au Rwanda?
Le 6 avril 1994 l’avion qui transportait le Président Juvénal Habyarimana, chef de la majorité hutue, s’écrasait dans des conditions encore mal élucidées. Le soir même commençait le génocide rwandais. Ce massacre dura d’avril à juillet 1994. Les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) ont assassiné quelques 800 000 Tutsis, mais aussi des Hutus, qui étaient des opposants.
En tant qu’ancienne puissance coloniale, la France fut le seul pays étranger présent militairement au Rwanda avec son «opération turquoise». Une opération soi disant humanitaire sous mandat de l’ONU. L’armée française est aujourd’hui accusée d’avoir prêté main forte aux génocidaires.
Pas moins de dix plaintes contre X pour «complicité de génocide» seront déposées dans quelques jours au juge d’instruction du tribunal aux armées de Paris par les victimes du génocide, ceux-là mêmes qui mettent en cause le rôle de la France et de ses militaires dans les exactions commises en 1994 au Rwanda. En France les femmes rwandaises ont aussi déposé plaintes contre X pour viol.
Les dernières élections à Tobago
Les élections qui se sont déroulées le 17 janvier dernier à Tobago ont donné une victoire sans surprise au PNM (People’s National Movement) qui était donné vainqueur par les sondages. Le PNM, parti au pouvoir à «Trinidad et Tobago» a remporté 11 sièges sur 12 à pourvoir au THA (Tobago House of Assembly) : l’assemblée législative. Le douzième siège revient au Congrès d’action démocratique (le DAC) avec une avance de quinze voix seulement dans la circonscription. Autant dire que le PNM a fait une véritable razzia.
Tobago a été rattachée en 1889 à l’île de Trinidad. Les deux îles sont gouvernées par le même premier ministre, en l’occurrence Patrick Manning, mais disposent chacune de leur parlement. Certains avaient parlé « d’enjeu sécessionniste dans ces élections ». Les résultats prouvent que les habitants en tout cas n’ont nullement exprimé leur volonté d’une quelconque autonomie par rapport à Trinidad. Les électeurs ont même renforcé de trois sièges le parti au pouvoir.
Colonies de l’Angleterre jusqu’en 1962, Trinidad et Tobago constituent aujourd’hui un état indépendant membre du Commonwealth (association de 52 états indépendants de l’ex empire britannique, qui restent liés à l’ancienne puissance coloniale). Trinidad et Tobago est également membre du Caricom (Marché commun de la Caraïbe). La production du pétrole constitue 22% du Produit national brut. Elle est le premier fournisseur de gaz des USA. Malgré une relative prospérité économique, le chômage reste important.
Moyen Orient:
Une paix américaine serait-elle une paix?
Deux jours après avoir rencontré la secrétaire d’Etat américaine Condelazza Rice, le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le chef de l’autorité palestinienne Mamoud Abbas se sont rencontrés dans une ville balnéaire d’Egypte pour finaliser un accord. Ils soulèvent beaucoup d’espoir de paix au sein des populations israélienne et palestinienne fatiguées par quatre ans d’attentats et d’incursions militaires.
Aujourd’hui le gouvernement américain leur propose une paix à sa sauce. Les diplomates de cette puissance se proposent de stabiliser cette région. Avec le succès qu’ils disent avoir obtenu en Irak suite aux élections du 30 janvier, le calme au Moyen Orient serait un argument pour imposer son influence sur toute la région et poursuivre l’exploitation de toutes ses ressources par les entreprises US. Aucune considération sociale n’est prise en faveur des populations arabes. Les politiciens du genre de Rice demandent aux peuples arabes d’accepter leur misère, d’accepter les humiliations sans contre partie.
D’ailleurs, ce qui ressort de l’entrevue Sharon-Abbas en dit long. L’autorité palestinienne s’engage à s’opposer partout aux attentats contre les Israéliens. Alors que Sharon promet de mettre fin aux incursions de son armée. Il s’engage en outre à remettre aux autorités palestiniennes le contrôle de 5 petites villes, mais pas la plus grande, Naplouse. Il libérera 900 prisonniers palestiniens sur les 8 500 qu’il détient. Il promet d’évacuer Gaza et de démanteler des implantations, mais pas la totalité, en CisJordanie. Mais il poursuit la construction du mur qui lui permet de faire main basse sur 12% du territoire palestinien dans la région de Naplouse.
Sous la domination des USA, la paix dans le Moyen Orient avec en arrière plan, les sociétés capitalistes qui exploitent toutes les ressources, est impossible. Ou bien alors ce sera une paix «armée» ponctuée de violences comme dans bien d’autres régions du monde.
IRAK
Les élections sont passées. La guerre se poursuit.
Avec Allaoui, le Premier ministre irakien qu’il a mis en place, Bush a annoncé un taux de participation de plus de 60% aux élections du 30 janvier. Annonce peu fiable destinée à l’opinion publique américaine pour justifier l’occupation militaire américaine du pays. La réalité semble être tout autre. Dans les grandes villes de la zone sunnite, la participation n’a pas atteint les 10 %. Dans d’autres villes où la sécurité posait problème, les urnes ne sont pas arrivées. En outre là où les électeurs n’avaient aucun problème pour aller voter : à l’étranger, les Irakiens de l’immigration ne l’ont fait qu’à 20%. Les 67 % de participation dont se glorifient les gouvernements occidentaux sont une macabre supercherie. Américains et anglais l’ont bien préparée. Ils ont dans les trois mois qui ont précédé le vote réduit au silence la ville de Fallouja, bombardé les abords de Bagdad, réoccupé Mossoul, projeté sur l’ensemble du pays l’ombre de leurs tanks. C’est avec ces méthodes qu’ils ont préparé ce «grand pas démocratique». De plus la télé a montré à Bagdad de longues queues devant les bureaux de vote. Il faut dire que les responsables des quartiers avaient décrété que les cartes de rationnement seront utilisées comme carte électorale et que les cartes non émargées ne recevront pas la ration mensuelle. C’est contrainte et forcée qu’une partie de la population est allée voter.
Les résultats de cette parodie d’élection seront publiés dans une semaine. Un tiers des bulletins est dépouillé. Il donne un très net avantage à une liste Chiite de l’Ayatollah Ali al-Sistani 76% des voix contre que 20% à Allaoui le candidat des Américains. Déjà les religieux se proclament vainqueurs des élections et réclament le poste de Premier ministre. Concernant la constitution, ils veulent pratiquement un Etat islamique. Les Américains se retrouvent donc, avec un nouveau problème : l’installation, à la suite de leur simulacre d’élections d’un régime religieux et rétrograde en Irak, accolé à l’Iran, hostile à cette «démocratie» à la sauce américaine.
Pour la population rien ne change. Les attentats se poursuivent. Ils ont fait 39 morts irakiens le jour de ces élections. Les coupures d’eau, d’électricité, la pénurie de kérosène sont le lot quotidien des Irakiens. Les villages de toile peuplés par les réfugiés dont les maisons ont été détruites par les bombardements de représailles se multiplient... La «démocratie américaine» dont les élections du 30 janvier n’est pas, pour cette population, synonyme de mieux vivre mais plutôt d’aggravation de sa misère.
Élections prochaines à Anguilla
Le nouveau gouvernement de l’île d’Anguilla sera élu le 21 février prochain. Cette toute petite île (96 km2), située au nord de l’arc antillais, toute proche de St- Martin compte 13 000 résidents. Elle est le siège de nombre de sociétés financières. L’assemblée législative comprend 11 membres, dont 7 sont élus et 4 sont désignés par le gouverneur nommé par le gouvernement anglais. La campagne électorale est sans originalité: le Premier ministre (chef de l’état), qui compte sur la victoire de son parti, a promis «l’amélioration de l’économie et du bien être de la population».
Guadeloupe
Le soutien à Mr Hilaire Lefort se renforce
Le lundi 3 janvier 2005, monsieur Hilaire Lefort, âgé de 83 ans, cardiaque porteur d’un pace maker était plaqué au sol, menotté, traîné, les pieds en sang, au premier étage de sa maison puis ensuite emmené dans le fourgon à la gendarmerie de Basse-Terre. Il fut placé dans un cachot puant, n’ayant comme seul vêtement que son slip. Ayant pris froid, et vu son état de santé il a du être ensuite hospitalisé pendant plusieurs jours. La raison de cet acharnement des gendarmes sur sa personne? Un différend de voisinage avec le sieur Babin, depuis plusieurs années. M Lefort reproche à son voisin les agissements de son chien qui lui a déjà tué plusieurs coqs de combat. Après plusieurs démarches judiciaires, M Lefort déplaça son poulailler comme il le lui avait été demandé. Mais comme M Lefort l’explique, Babin lui, n’a pas pris les mesures qu’il aurait dû prendre pour que son chien cesse ses agressions.
Le 3 janvier, le chien agressa une nouvelle fois les coqs de M. Lefort et le menaça même. Excédé, Hilaire Lefort tira dans sa direction avec une carabine à plomb. L’animal, après un séjour chez le vétérinaire fut ramené chez son maître. Et c’est à l’appel de M. Babin que les gendarmes vinrent interpeller M Lefort dans les conditions citées plus haut. Signalons que 5000 euros que M Lefort gardait dans son armoire ont disparu??!! Babin a porté plainte contre M. Lefort pour menace contre sa personne et agression sur son chien. Mais M. Lefort a porté plainte contre les gendarmes pour les violences subies par lui.
Un comité de soutien s’est constitué pour soutenir M Lefort et surtout faire savoir et dénoncer les conditions inadmissibles dans lesquelles il a été interpellé. Il pointe du doigt aussi le fond raciste sur lequel se déroule cette affaire. Babin est un blanc béké. Lefort est un Noir. Le témoin de l’affaire a déclaré alors qu’il disait à Babin «mais enfin nous ne sommes plus en 1635» que ce dernier a répondu «pour moi, nous sommes toujours en 1635». Il faut noter aussi la présence au sein du comité des représentants de la fédération CGTG de la DDE et des travaux publics. M. Lefort en effet, ancien chef de subdivision à la DDE fut un ancien secrétaire général de la fédération CGTG de la DDE et des travaux publics et ses anciens camarades ont toujours gardé contact avec lui et aujourd’hui lui apportent tout leur soutien. D’autres amis, parents, représentants d’organisations ou associations, dont Combat Ouvrier font aussi partie du comité. «Les verts» ont manifesté leur soutien.
Ce dernier a organisé une conférence de presse. Toute la presse écrite et parlée de l’île à l’exception de RCI a relaté l’événement. Un meeting fut tenu le vendredi 28 janvier à Petit- Bourg sur la place centrale avec notamment maître Rodes qui relata l’affaire en détail. Un autre meeting eut lieu à la salle Rémy Nainsouta le jeudi 3 février. Le vendredi 4 février une audience eut lieu à Basse-Terre. Mais l’affaire fut renvoyée au 8 avril par le juge acceptant la demande de renvoi faite par Babin. Maître Rodes, défenseur de M. Lefort, prêt à plaider ,s’y est fermement opposé, mais en vain. Un meeting spontané s’est tenu alors sur les marches du tribunal de Basse-Terre après que les manifestants soutenant M. Lefort aient scandé « à bas la justice coloniale»! Puis plusieurs membres du comité se rendirent dans la maison Lefort à St-Claude avec le journaliste de RFO M. Massicot pour la suite du reportage télévisé.
De très nombreux témoignages de soutien sont parvenus à M. Lefort et au comité. La mobilisation se poursuit pour soutenir Hilaire Lefort et dénoncer les violences qu’il a subies. Elle devrait monter en puissance avant et pendant la journée du 8 avril.
Dernière heure
Nous venons d’apprendre que la maison de M. Lefort avait été mise sens dessus dessous pendant son absence de lundi soir 7 février au mardi 8 . Il avait dormi chez sa fille à Petit Bourg suite à la réunion du comité de soutien. Les «visiteurs» ont emporté une vieille télévision et un,poste de radio pratiquement hors d’état. Il s’agissait sans doute de maquiller la fouille minutieuse de la maison en vol.
Une seule question: A qui profite le crime?
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