|
Sommaire > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
À la Une
ÉditorialSuccès de la mobilisation du 10 mars! Et maintenant?
Jeudi 10 mars, l’ensemble des travailleurs, du public comme du privé étaient appelés à manifester et à faire grève pour revendiquer des augmentations de salaires et pour protester contre l’aggravation du chômage.
Les manifestations ont réuni en France 1 040 000 personnes selon les syndicats et 570 000 selon la police. En Guadeloupe près de 1500 personnes ont manifesté, plus de 3000 à Fort de France (Martinique). C’était la quatrième grande mobilisation des salariés dans les rues et elle témoignait une volonté croissante d’affirmer les revendications portant sur les salaires, les 35 heures, et de retrouver tous ensemble travailleurs du privé ou du secteur public.
Face aux revendications des salariés, le gouvernement Raffarin et le représentant du patronat, Seillère du Medef, font preuve d’une arrogance sans borne. Seillère a immédiatement rappelé au gouvernement qu’il n’a pas à répondre aux revendications de salaires dans le privé ; ce sont les patrons qui accordent ou non des augmentations! Et en l’occurrence, Seillère estime qu’il n’y a rien à donner ; car il trouve que le Smic est déjà trop élevé!
Quant à Raffarin, il joue la montre en faisant semblant d’avoir quelque chose à proposer ; et les syndicats vont participer à ces «semblants» de discussion sur des "semblants" d’augmentation. Mais, devant la pression montante du mécontentement, il est probable que les dirigeants syndicaux ne vont pas se risquer à signer des accords sur rien du tout! De nombreux salariés du secteur public se rendent déjà bien compte qu’il s’agit là d’une manœuvre du gouvernement pour diviser le front public-privé afin qu’il ne se renforce pas.
Mais il faut rester vigilants et aller plus loin dans la mobilisation!
Face à un tel patronat arrogant, face à un gouvernement aux ordres des patrons, il faudra mettre très haut la barre de la mobilisation! C’est uniquement si les grands patrons se sentent réellement pris à la gorge par la mobilisation des travailleurs, qu’ils céderont quelque chose de substantiel.
Alors il faut s’en donner les moyens! Oui, la lutte doit s’engager!
Il est inacceptable que les salaires stagnent alors que tout augmente: les loyers, les prix et les prélèvements de l’Etat et de la sécurité sociale. Il est inacceptable que les emplois précaires mal payés progressent au détriment des emplois stables.
Ces dernières semaines, les grandes entreprises ont annoncé des chiffres de progression phénoménaux de leurs profits.
C’est pour que les entreprises encaissent un maximum de bénéfices et que leurs propriétaires et actionnaires accaparent toujours plus les richesses, que les salaires sont bloqués, que le rythme de travail augmente dans les entreprises, que l’on généralise la flexibilité. C’est pour cela que les entreprises réduisent la masse salariale par tous les moyens possibles et qu’elles poussent à sortir plus de production avec moins de travailleurs.
C’est pour cela que le chômage s’aggrave, variant, depuis des années, autour des deux millions de chômeurs en France et des cinquante mille en Guadeloupe ou en Martinique.
Il est inacceptable que des millions de travailleurs ne trouvent pas d’emplois et s’enfoncent dans la spirale du chômage et de l’appauvrissement, pendant qu’on fait crever au travail ceux qui ont un emploi. Il est inacceptable que les patrons soutenus par un gouvernement entièrement à leurs ordres se croient tout permis. Il y en a assez de l’arrogance patronale! L’argent accumulé avec la sueur et la fatigue des travailleurs doit servir à assurer un emploi et un salaire correct à tous.
Seule la mise en action énergique de la force collective des travailleurs pourra les faire reculer!
Basse-Terre
D.D.E. Vers la grève de l’ensemble des services?
Depuis le 25 février plus de 50 agents de la DDE (Direction départementale de l’équipement) de St-Phy à Basse-Terre ont fait valoir leur droit de retrait. Ils ne veulent pas travailler dans un bâtiment gravement endommagé suite au tremblement de terre d’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richter du 21 novembre dernier et à toutes les répliques qui ont suivi. Sur d’autres bâtiments de la DDE des fissures et dégradations ont été constatées comme à Jarry ou à Capesterre Belle-Eau. Mais dans une lettre adressée au directeur de l’équipement, l’Union Fédérale CGT de la DDE souligne le cas particulier de St Phy. Le danger y est plus grave compte tenu du risque que représentent les cloisons en dur (parpaings de 0,15) qui séparent les différents bureaux du rez-de-chaussée, des 1er, 2ème, 3ème et 4ème étages. Ces parpaings ont été rajoutés ultérieurement et sans scellement en lieu et place des cloisons légères. Le bureau Veritas confirme dans son rapport du 22 novembre 2004 que le bâtiment a subi des dégradations importantes et préconise le renforcement conformément aux règles anti-sismiques. Le CHS (hygiène et sécurité) convoqué en urgence le mercredi 9 mars en présence d’un inspecteur du travail a révélé de multiples dysfonctionnements de procédure en ce qui concerne l’information que les agents étaient en droit d’attendre de la part de la direction. Il a été confirmé que la seule solution était bien la reconstruction du bâtiment et que les travaux de renforcement préconisés ne pouvaient être entrepris compte tenu de l’état du bâtiment. L’inspecteur du travail a déclaré «le droit de retrait est un droit ressenti, fondé, légitime en ce qui concerne les personnels de St Phy.»
Le personnel de St Phy exige donc d’être relogé dans d’autres bâtiments.
L’Union fédérale CGT de la DDE a déposé un préavis de grève illimitée. Elle déclare : «si entre temps, aucune négociation positive n’a été trouvée au plus tard le mercredi 30 mars 2005, l’ensemble du personnel sera en grève illimitée ce même jour à compter de 6 heures. »
Dernière heure.
Les employés de la DDE en colère ont bloqué le siège à ST-Phy (Basse-Terre) le lundi 21 mars. Les forces de gendarmerie sont intervenues, sans incident notable.
Les employés ont accepté de débloquer le siège lorsque assurance leur a été donnée qu’une rencontre aurait lieu entre les syndicats CGT et FO et la direction le mardi 22 mars.
Le préavis de grève de l’ensemble des services déposé par la CGT-DDE est cependant maintenu pour le 30 mars si rien n’est fait d’ici là.
Martinique
Les travailleurs du garage Pérasie ne baissent pas les bras
Sur un panneau en 4x3 situé à Morne Calebasse sur la Rocade de Fort de France, une publicité de Pérasie proclame fièrement : «le meilleur de votre voiture».
C’est vrai pour l’argent que cela a rapporté au patron. Mais pas pour les salariés, puisque les 22 que compte l’entreprise seront licenciés en définitive. Mais Pérasie ne devrait pas, lui, aller pointer à l’ANPE malgré la faillite de son garage.
Mais à ce jour, les travailleurs n’ont pas dit leur dernier mot. En effet, ils occupent l’entreprise jour et nuit et exigent que le gérant explique où est passé l’argent qui a permis à Daniel Pérasie de sortir de son petit garage de Morne Calebasse pour construire ce qu’il a appelé «l’hyper garage» de Rivière Roche.
Voulant certainement les mettre en difficulté, Pérasie a fait couper le courant. Mais bien évidemment, les travailleurs ont pu, avec leur syndicat CGTM et le soutien actif d’autres travailleurs, s’organiser. En attendant la décision du tribunal qui doit intervenir début avril, les travailleurs ont multiplié les rencontres pour se voir expliquer les raisons de la faillite d’une entreprise qui tournait 6 jours sur 7.
Il y a six ans, Pérasie avait tout fait pour interdire la présence de délégués du personnel soutenus par la CGTM. Il avait bien évidemment dû céder devant la détermination du personnel mobilisé.
Aujourd’hui, avec la faillite suspecte de l’entreprise, il se retrouve dans la même situation : un personnel mobilisé et déterminé. Et pas décidé du tout à être les dindons de la farce dans cette affaire.
Manifestations des lycéens contre le projet de loi Fillon
Le mardi 15 mars, les lycéens sont descendus dans la rue pour protester à nouveau contre le projet de loi du ministre de l’éducation Fillon. C’était en effet ce jour là que débutait l’examen du texte par le parlement. En France, ils étaient des dizaines de milliers dans de nombreuses villes. En Guadeloupe et en Martinique, des lycéens se sont aussi mobilisés contre ce projet.
Face à la force des précédentes manifestations, le ministre avait effectué un petit recul sur la réforme du baccalauréat. Mais l’essentiel du projet demeure et menace l’avenir des jeunes. Il s’agit de réduire le nombre de matières enseignées, d’orienter très jeunes les enfants vers des filières professionnelles. Comme le criaient les lycéens dans la rue, l’éducation de base se limiterait à « lire, compter, cliquer ». Pour les jeunes des DOM, cette réforme serait une catastrophe, car nous sommes déjà dans une situation de retard scolaire. La politique d’économie du gouvernement consiste à supprimer, dès la rentrée 2005, des milliers de postes dans l’éducation nationale, que la réforme passe ou non. Il s’agit donc de réduire encore plus les moyens qui sont donnés pour l’éducation, et d’en limiter le contenu. Ni les lycéens ni leurs parents ne peuvent accepter cela.
|