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Le comité de soutien à M. Hilaire Lefort soutient aussi Fritz et Mathias Mathiasin
Le comité de soutien à M. Hilaire Lefort poursuit son action. M. Hilaire Lefort, homme âgé de 83 ans, malade cardiaque, a été interpellé le 4 janvier dernier dans des conditions d’extrême violence par les gendarmes, chez lui à St-Claude, suite à un différend de voisinage. Il a été détenu en slip dans une latrine nauséabonde durant toute une nuit, le 4 janvier dernier.
Ces derniers jours, une jonction s’est faite avec Fritz Mathiasin (ancien footballeur bien connu) et son jeune neveu Mathias, fils de Max Mathiasin. Circulant à vélo sur la route du Lamentin, Fritz et Mathias, eux aussi ont subi des violences de gendarmes après une simple observation de leur part qui consistait à dire à la maréchaussée qu’elle n’aurait pas dû arrêter un camion sur la piste cyclable mais à un autre endroit. Ils ont porté plainte et sont défendus par Maître Tacita. Depuis ils ont rejoint le comité qui entend soutenir à la fois Mr Lefort et Fritz et Mathias Mathiasin.
Samedi 18 mars, à Rifflet, section de Deshaies, hameau où vit et habite la famille Mathiasin, s’est tenue une réunion publique au restaurant «la case à mabo». Près de 90 participants ont suivi cette réunion, dont bon nombre de parents et amis de la famille Mathiasin, très populaire à Deshaies. Ils ont aussi vivement soutenu M. Lefort et tous les membres du Comité. Beaucoup ont signé la pétition et versé sur la liste de souscription.
La veille, une réunion publique s’était tenue à Bouillante au local du troisième âge avec environ 60 personnes. Nous avons noté la présence de Chérubin Céleste, prêtre nationaliste guadeloupéen, d’une «représentante» de Jean Claude Malo dirigeant de l’opposition municipale. Philippe Chaulet, ex-maire de la commune, s’était excusé étant retenu par une émission de télévision. M. Paul Baltimore, président de l’association du troisième âge, a tenu à faire une courte intervention et a reçu les remerciements du comité pour avoir bien voulu mettre la salle à sa disposition.
Le 8 avril M. Lefort doit comparaître devant le tribunal de Basse Terre suite à la plainte déposée par son voisin contre lui. Il a par ailleurs déposé plainte avec constitution de partie civile contre ce voisin et contre les gendarmes. Soulignons que M. Lefort est un ancien chef de subdivision à la DDE et ancien dirigeant de la CGT-DDE, que Fritz et Mathias Mathiasin sont des employés de la DDE. Tous trois ont le soutien non seulement de la fédération CGT de la DDE, de la confédération CGTG mais de l’ensemble de leurs camarades de travail.
Les prochaines actions du comité seront les suivantes:
Samedi 2 avril à 10 h du matin, meeting dans le centre de Basse Terre entre l’église et le cours Nolivos;
Lundi 4 avril à 10 h conférence de presse avec les avocats: Me Rodes, Me Durimel, Salle Rémy Nainsouta à Pointe à Pitre;
Mercredi 6 avril grand meeting de soutien à la salle Rémy Nainsouta à 19H. à Pointe à Pitre;
Vendredi 8, rassemblement au Tribunal de Basse terre à 8H Pour soutenir M. Hilaire Lefort. Un meeting s’en suivra.
Par ailleurs, une réunion se tient tous les lundis à 18H (sauf le lundi de pâques) chez la fille de M. Hilaire Lefort à Petit Bourg (derrière le petit marché du bourg en allant vers la mer). Y sont conviés tout un chacun, tout parti, association, ou personnalité qui veulent s’informer ou soutenir.
Haïti
La population victime lors des affrontements entre la Minustah et les anciens militaires
Dimanche 20 mars, lorsque les soldats de la MINUSTAH ont mené, avec la police haïtienne, deux opérations pour reprendre le contrôle de commissariats occupés depuis des mois par d'ex-militaires haïtiens. Un soldat Sri-lankais a été tué. Lors d’une opération similaire à Terrier Rouge, un soldat népalais a aussi trouvé la mort. Plusieurs ex-militaires ont été blessés et une cinquantaine a été capturé, des policiers ont été victimes et plusieurs civils blessés par balles lors des affrontements.
Les ex-militaires ont participé au renversement d’Aristide en février 2004, puis ils ont réclamé le rétablissement de l’armée d’Haïti dans ses fonctions, ils sont plusieurs centaines qui occupent des locaux administratifs dans diverses villes et défient le gouvernement de Latortue. Un de leurs leaders les a appelés en début de semaine à pratiquer une résistance sous forme de guérilla face à la police. Pour faire taire cette opposition, Latortue avait lancé une opération d’indemnisation des anciens militaires, car leur opposition armée rend peu crédibles les affirmations du gouvernement de réaliser des élections en novembre et décembre 2005.
Un an après la chute du régime d'Aristide, la majorité de la population d’Haïti -les travailleurs, les pauvres- subit toujours la violence des bandes armées, le marasme économique et l'extrême pauvreté, alors que la petite minorité de possédants parvient, elle, à profiter de cette misère. Ils ont à leur botte le gouvernement qui a fait appel à la communauté internationale pour apporter des aides. C’est dans ce cadre que le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a réuni à Cayenne le 18 mars une «Conférence Internationale sur la reconstruction en Haïti». Des dizaines de diplomates venus du monde entier se sont retrouvés pour discuter de près de 380 projets qui selon leur formule « visent à améliorer les infrastructures en Haïti».
Les cibles prévues: les routes, l'électricité et l'eau, les services de base avec la santé et l'éducation et… la bonne gouvernance! Les bailleurs de fonds parlent de financer à hauteur de près de 1 milliard de dollars américains les projets choisis. Cela paraît idyllique avec une photo où Latortue trône au milieu des ministres du Canada, de France, de pays d’Amerique du Sud. Mais les participants connaissent bien les limites de ces actions publicitaires, ainsi le représentant du secrétaire général des Nations unies en Haïti, M. Valdés, a déclaré: «Nous sommes tous conscients que bien des attentes ont été déçues ces dernières années, que beaucoup de promesses ont été faites au peuple haïtien qui ne se sont pas matérialisées ».
En juillet dernier, les institutions financières internationales s'étaient engagées à débloquer 1,3 milliard de dollars pour Haïti, mais seuls 220 millions ont été déboursés. Ils ont disparu dans les trafics gouvernementaux, dans les banques des bourgeois, la population n’a eu aucune retombée dans le service public ou ailleurs. De même les projets de reconstruction annoncés suite aux dégâts dus à la tempête Jeanne sur les Gonaïves n’ont jamais vu le jour.
La préoccupation première du gouvernement est la réalisation de ses élections pour mettre une clique de politiciens à la direction du pays, au service des possédants, appuyés par les gouvernements de pays amis des bourgeois d’Haïti. Les 6000 Casques bleus et 1400 policiers de l'ONU déployés sur le terrain sont là pour garantir le succès de cette opération, M. Valdès a ainsi demandé une augmentation du nombre de policiers de l'ONU.
Face aux chimères, aux policiers, à la Minustah et aux anciens militaires, la population est la seule à ne pas être armée pour défendre ses intérêts et les politiciens haïtiens comme internationaux lui servent de belles promesses pour l’endormir.
Il y a 40 ans Malcom X était assassiné
C’est le 21 février 1965 que Malcom X, un des leaders noirs radicaux les plus connus pendant les années de lutte des Noirs américains contre la ségrégation et le racisme, fut assassiné lors d’une réunion publique, dans le quartier noir de Harlem à New York.
A-t-il été éliminé par des opposants politiques liés aux «Black muslims», («Musulmans noirs»)? Cela semble acquis aujourd’hui ; mais sa mort serait le résultat d’une action conjointe d’une fraction des Musulmans noirs et de la CIA (dirigée alors par Hoover, raciste acharné et anticommuniste viscéral). Il fut donc éliminé par le pouvoir nord-américain. Malcom X apparaissait à l’époque comme le plus intransigeant représentant de la révolte noire contre la ségrégation aux Etats-Unis.
Ses critiques envers les leaders noirs modérés, «oncles Tom modernes, utilisés par les Blancs pour nous maintenir passifs, paisibles, non-violents» et envers son propre mouvement: «nous aurions intérêt à réviser notre politique de non-engagement et nous trouver… aux côtés des Noirs… qui s’engagent résolument dans la lutte» lui valurent d’être exclu de la «Nation de l’Islam» organisation des musulmans noirs.
Les dirigeants des Musulmans noirs entendaient ainsi couper les ailes d’un dirigeant qui avait pris beaucoup d’ascendant et le marginaliser.
Mais malgré son exclusion, Malcom X prenait de plus en plus d’autorité auprès de la jeunesse radicale. Il menaçait l’autorité des Musulmans noirs sur le peuple des ghettos et surtout il mettait en danger l’autorité du gouvernement américain. La révolte des Noirs américains, succédant au mouvement pour les droits civiques dirigé par Martin Luther King, ébranlait l’état américain, et Malcom X même seul, représentait un dangereux tison qu’il fallait éliminer.
Son assassinat allait profiter aux Musulmans noirs, dont les tendances affairistes dans les ghettos noirs se développèrent largement par la suite. Ceux-ci voulaient être les maîtres de toute activité économique dans les quartiers noirs et y faire des affaires. C’est cette façon d‘exploiter la situation et les difficultés des quartiers noirs face au racisme et à la pauvreté qui permit par exemple, au chef actuel des Musulmans noirs, Farrakhan, de devenir multi millionnaire. Il est vrai, que s’ils pouvaient le faire, c’est parce que les « Musulmans noirs » avaient gagné un certain ascendant dans les ghettos sur de nombreux Noirs dont beaucoup de jeunes délinquants qui, comme Malcom X jeune, avaient été recrutés dans les prisons. Les Musulmans les avaient redressés et en avaient fait des nationalistes noirs, hostiles au pouvoir blanc.
Cet assassinat de Malcom X faisait aussi l’affaire de l’Etat américain qui ne pouvait tolérer la montée d’une violence révolutionnaire dans les mouvements noirs. Il fallait faire le ménage, surtout éviter la contagion généralisée de la révolte. A travers l’assassinat de Malcom X, il fallait décapiter le mouvement de masse qu’il représentait, faire un exemple aux yeux des 22 millions de noirs américains révoltés potentiels. Malcom X ne fut d’ailleurs pas le seul dirigeant populaire assassiné. Après lui, ce fut le tour de Martin Luther King, pourtant plus modéré dans ses propos, puis de plusieurs dirigeants et militants des « black Panthers » qui prônaient l’auto défense armée et la mirent en pratique en patrouillant armés dans les ghettos pour se faire respecter de la police blanche. Cette pratique avait du reste été inaugurée par Malcom X.
La mobilisation massive des Noirs dont un grand nombre se reconnaissait peu ou prou en tous ces dirigeants faisait craindre le pire au gouvernement américain. Les émeutes noires massives dans tous les grands ghettos noirs embrasaient les USA, à Harlem, Newark, Watts, Détroit et ailleurs. Pour mettre un terme à la radicalisation du mouvement noir, l’Etat américain réprima durement. Sa police et ses militaires tiraient à vue dans les ghettos, y compris avec des armes lourdes, rasant des quartiers, assassinant des centaines de manifestants. Le pouvoir emprisonna plusieurs milliers d’entre eux, puis liquida un grand nombre de dirigeants et militants les plus radicaux. Ensuite, le pouvoir fit des concessions. La période de lutte engagée pour la reconnaissance des droits civiques et pour mettre fin à la ségrégation partout aux Etats-Unis, porta ces quelques fruits ; ce qui n’était pas négligeable, notamment pour ceux qui subissaient depuis toujours ce racisme officiel, mais aussi pour tous ceux qui en faisait un problème de dignité humaine. La pression de cette lutte ouvrit certes un peu plus d’emplois à des Noirs.
Les lendemains de ces luttes profitèrent surtout à la bourgeoisie et petite bourgeoisie noires. Mais ces luttes avaient soulevé des espoirs qui allaient au-delà du problème racial ; c’est tout le problème des inégalités, de l’exploitation, de la misère qui soulevait l’enthousiasme et la combativité de beaucoup de ceux qui manifestaient, se battaient dans les rues.
Pour tous ceux là, pour leurs enfants d’aujourd’hui, ce combat reste à poursuivre, certes dans d’autres conditions. La cause fondamentale du racisme, de l‘oppression, de la misère ne pouvait pas être éradiquée uniquement par les quelques lois sur les droits civiques consentis par le pouvoir.
Il reste encore, aujourd’hui, aux Noirs américains, à se battre, de nouveau, contre le système d’exploitation capitaliste qui est la cause de la misère et de toutes formes d’oppression dans le pays le plus riche du monde, le modèle permanent du capitalisme! Il est possible qu’au fil de sa vie militante, en particulier dans les derniers mois vécus, Malcom X se soit approché de cette vérité, sans en avoir tiré toutes les conséquences. Le pouvoir ne lui pas donné le temps d’y parvenir, si toutefois c’était dans ses intentions. Quoiqu’il en soit nous devons apprécier à sa juste valeur le courage et l’engagement de cet homme qui refusait de se laisser berner par les contes modérés et les faux-fuyant des leaders modérés et proclamait cette vérité simple que «le pouvoir est au bout du fusil», quand des masses nombreuses se mobilisent et tiennent en main de nombreux fusils face aux brutes armées du pouvoir d’état.
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