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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 avril 2005      N° 922
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Guadeloupe
L’écho de l’aéroport (bulletin d’entreprise)

AIR FRANCE (ORLY) DEBRAYAGES POUR SOUTENIR UN AGENT DE PISTE
Le 30 mars, des débrayages ont été suivis par le personnel Air France des aéroports de Paris, en soutien à un agent de piste passant en conseil de discipline.
Rappelons que cet agent est mis en cause suite au décès d’ une hôtesse, tombée d’une passerelle le 1er février à Orly. Dans un premier temps, l’Inspection du Travail avait conclu dans son rapport à «des mesures de sécurité insuffisantes» (sur les passerelles), ce qui mettait en cause la compagnie.
Quelques jours plus tard, la Direction du Travail revenait sur ce rapport pour rejeter la responsabilité sur l’agent.
Il est facile d’imaginer quelles pressions ont été exercées pour dédouaner Air France et faire de cet agent le seul coupable.

AIR FRANCE: SURCHARGE DE TRAVAIL = AUGMENTATION DES RISQUES
Les collègues de cet agent de piste ne le laissent pas tomber. Il semble que la direction semble pourtant déterminée à licencier ce travailleur, lequel, outre la perte de son emploi, est exposé à des poursuites pénales. Tout cela, alors qu’Air France diminue le personnel: 2 agents au lieu de 3 sur les passerelles à Orly.
En Guadeloupe aussi, le personnel diminue car on ne remplace pas les départs à la retraite. On cherche à nous transformer en «polyvalents», en augmentant la charge de travail et en modifiant les horaires.
L’exemple d’Orly montre que cette surcharge de travail n’entraîne aucune reconnaissance, pas même de pitié de la part de la direction en cas de problème.

AIR FRANCE: LES PROFITS ÇA VA, MERCI!
Le PDG d’Air France s’est vu remettre le prix de « meilleure compagnie 2005 ». Depuis la fusion avec KLM, les profits montent en flèche: 296 millions d’euros en six mois (56% d’augmentation sur un an).
Mais on ne dit pas à quel prix pour le personnel: chez KLM, un emploi sur six, soit 4500 travailleurs ont été licenciés.
La direction veut encore gagner 200 millions sur le personnel, en gelant les salaires et les embauches, en précarisant l’emploi et externalisant les services.
Il est temps que nous, personnel d’Air France, réclamions aussi notre part de ce gâteau accumulé sur notre dos et dévoré par des parasites: les actionnaires.

SÛRETÉ: À QUAND LA FOUILLE À CORPS?
Cette semaine, à l’entrée sud, un degré supplémentaire a été franchi: les agents pénétrant en voiture doivent ouvrir leur coffre et laisser le gardien leur passer un détecteur sur le corps.
Pour la prochaine étape, pourquoi pas un jumelage avec la médecine du travail: toucher rectal pour les hommes de plus de 40 ans, mammographie pour les femmes?
La sûreté est sans doute un problème sérieux, mais on a souvent l’impression que les tracasseries s’exercent surtout à l’encontre du personnel, alors que d’autres bénéficient d’un certain laxisme.
Quant à la rigueur, parlons-en: un digicode a récemment été installé sur un accès, mais le code est affiché en deux couleurs, avec une flèche au cas où on ne l’aurait pas remarqué!

AIR LIB: DÉJÀ DEUX ANS!
Il y a deux ans Air Lib mettait la clé sous la porte, licenciant environ 3500 travailleurs, dont 55 en Guadeloupe.
Aujourd’hui globalement seuls 41% de ceux d’Air Lib ont trouvé un emploi. On se souvient qu’Air France s’était engagé à embaucher 1000 d’entre eux. Mais très vite il n’a plus été question que de CDD.

… GUADELOUPE: PEU D’EMBAUCHES POUR LES LICENCIÉS
En Guadeloupe, si certains ont retrouvé un travail à Air Caraïbes, Air France ou chez des sous-traitants, beaucoup vont de CDD en CDD. Le « petit » contrat est en effet une bonne technique pour contraindre le collègue à donner un maximum dans l’espoir d’être embauché.
Dans le même temps, l’ Etat offrait aux patrons des facilités pour l’embauche de jeunes non nécessairement qualifiés. Ainsi, Air Caraïbes Atlantique a utilisé cette possibilité. Cela n’a pas favorisé ceux d’Air Lib pourtant qualifiés et riches d’expérience.



Martinique
L’écho des hôpitaux (bulletin d’entreprise)

Relais gratuit pour publicité gratuite.
Guêpe-maçon: variété de guêpes très active pour faire son nid.
Celle que nous avons à l’hôpital est, elle aussi, très active pour l’anticipation des conflits et leur gestion. Selon ses dires!
La voilà donc qui réfléchit profondément quant à savoir comment s’y prendre!
Alors elle lit L’écho des Hôpitaux. Très bien! Mieux, elle le fait connaître à tous les cadres qui ne l’auraient pas lu. Très bonne initiative! Et ainsi, le matériel de l’hôpital sert très largement à faire connaître la mauvaise conduite d’une dame zélée.
Nous lui conseillons de toujours continuer de lire l’écho des hôpitaux pour approfondir ses réflexions et de le diffuser.
Merci à la guêpe.

Journée d’accueil:
La direction, sous l’impulsion de Cosette, a reçu de nouvelles personnes, toutes catégories confondues pour le CHU. On suppose que l’accueil fut chaleureux, que tout a été mis en œuvre pour les attirer. Un repas au restaurant digne d’une réception présidentielle a même été servi.
Mais maintenant, il s’agit de garder ces personnes. Et vu le turn-over existant, garder le personnel semble très difficile au CHU.
Inutile de se demander pourquoi!

CEV: Abus de petit pouvoir
Une cadre vient d’être récemment affectée au niveau 5.
Sa première mission semble être de faire travailler les agents sur leur temps de repos, sans les avoir consultés, chamboulant ainsi les plannings. Et pour couronner tout cela, elle met la pression.
Espérons que cette colle qu’on nie a encore les deux pieds sur terre pour savoir que tout abus de petit pouvoir à l’hôpital ouvre droit uniquement à l’incrédibilité.

«Tour de piste»
C’est ainsi qu’est désigné le passage d’une délégation de cadres pour vérifier la propreté du service, à la recherche de la moindre poussière!
Si cela part d’une bonne intention, la réalité pour certains est tout autre. Ils circulent, hautainement, passant le doigt en hauteur, se baissant, scrutant, regardant si leur doigt a pu prélever quelque poussière!
Y aura-t-il une parole encourageante ou compréhensive pour l’ASH seul à travailler, et cela depuis plusieurs jours, au lieu des 2 prévus, mais non remplacés? NON! La caravane passe, et rien ne peut la détourner de son objectif: «traquer la poussière!»
Pour améliorer la qualité des soins? Pour éviter les infections nosocomiales? La question mérite d’être posée, car nous n’avons pas l’impression que cette « caravane » ira réclamer des moyens en personnel pour cela!

Local technique: une honte!
Des travaux ont été entamés au synoptique à PZQ. Maintenant, ce local est complètement « dénudé ». On voit des centaines de fils.
Que des agents puissent travailler dans ce local semble impossible.
Les travaux sont arrêtés actuellement. Quand reprendront-ils? Espérons que ce ne sera pas à la saint glin-glin! Serait-ce parce que ce sont des agents d’une entreprise privée qui y travaillent?
Connaissant la direction, cela ne nous étonnerait pas!



Guadeloupe
Extraits de “plantation en lutte” (bulletin d’entreprise)

FAILLITE DES SOCIÉTÉS DE H. CHAULET: EMPLOIS FICTIFS, COMPTABILITÉ CROISÉE ET AUTRES TRAFICS?
Il y a quelques mois de cela, les deux plantations SA Fenneteau et SA Féfé appartenant à H. Chaulet ont été mises en liquidation judiciaire. Cela avait entraîné la perte de leurs emplois pour 52 ouvriers agricoles. Mais si on regarde de près, et quand cela est possible, les comptes des sociétés contrôlées ou gérées par H. Chaulet, on se rend compte que nombre de membres de sa famille sont salariés de plusieurs sociétés à la fois. Ainsi T. Chaulet est salarié à la SA Féfé et à Domaine de Valombreuse-Parc Floral. M. Chaulet l’est à SA Féfé, à SA Fenneteau et à Domaine de Valombreuse-Parc Floral. Mme L. Lognos, née Chaulet est salariée à SA Fenneteau, à Domaine de Valombreuse-Parc Floral, à exploitation Floral.
Sauf si ces gens là ont la possibilité d’être plusieurs endroits à la fois, on ne voit pas comment ils auraient pu travailler, dans deux et même trois entreprises à la fois. Si ce ne sont pas des emplois fictifs on aimerait savoir ce que c’est. Et il y a certainement d’autres choses à découvrir dans les comptes des sociétés gérées par H. Chaulet: des comptes croisés par exemple comme ceux mis en évidence par un expert nommé par le syndicat CGTG-Banane chez F. Le Métayer?

RMM: LES PATRONS GAGNENT ENCORE!
Au mois de juillet dernier, sous le faux prétexte de la mise en application des 35H, les patrons avaient refusé d’appliquer la nouvelle augmentation du SMIC. Aujourd’hui, avec la mise en chômage technique de centaines de camarades de différentes plantations, les patrons ne nous payent que 20 jours de RMM au lieu de 28. Ils gardent ainsi dans leurs coffres- forts l’argent de 8 jours de travail pour chaque camarade mis en chômage technique. Et cette fois encore grâce à la prétendue mise en application des 35H.



France
Les lycéens maintiennent la pression contre la loi Fillon

Malgré la forte mobilisation des lycéens dans les rues durant un mois, le parlement a voté la loi Fillon le 24 mars. Cette mobilisation a obligé le gouvernement à annuler la réforme du baccalauréat. Mais les lycéens veulent l’annulation de la réforme. Si le mouvement a perdu de sa force de nombreux lycéens ne décolèrent pas. Ils ont occupé des établissements scolaires durant une semaine. Certains rectorats comme à Marseille, Toulouse et en Aix-en-Provence ont également été occupés. Une manifestation avec les syndicats enseignants et les organisations de parents d’élèves s’est déroulée à Paris le 2 avril.
Le gouvernement fait la sourde oreille en espérant que tout rentrera dans l’ordre à l’approche du bac. Mais le mouvement des lycéens risque de repartir à la rentrée. De nombreuses suppressions de postes sont prévues. Il y aura moins de surveillants et de personnel d’encadrement. Les conditions d’enseignement deviendront plus difficiles en particulier dans les lycées où les élèves sont issus de zones défavorisées. La loi Fillon va renforcer les discriminations. Les lycéens l’ont bien compris et c’est pour cette raison qu’ils veulent faire entendre leur voix haut et fort. Ils sont d’autant plus révoltés que le gouvernement ne tient pas compte de leurs revendications, de leurs inquiétudes ni de celles des enseignants et des parents. C’est le même mépris que ce gouvernement affiche envers les travailleurs qui n’ont cessé de manifester dans les rues pour le maintien des 35 heures et la protection des retraites. Toutes ces attaques font partie du plan de restriction budgétaire qu’applique le gouvernement. Il n’hésite pas à aménager des réformes de toutes sortes uniquement pour faire des économies.



Région Guadeloupe: les faux prétextes de V. Lurel pour ponctionner la population

Depuis l’élection de V. Lurel à la présidence de la Région, c’est tous les jours qu’il nous bassine avec le déficit laissé par L. Michaux-Chevry qui elle, prétend n’avoir pas laissé de déficit. Lurel réplique en parlant du rapport de la Chambre Régionale. Et Chevry répond qu’on peut faire dire n’importe quoi à des comptes.
Résultat de tout ce cinéma entre politiciens tous au service des patrons: Lurel nous fait les poches en augmentant nos impôts. Il pousse la plaisanterie jusqu’à parler d’impôt Chevry et ajoute cyniquement que cela ne représente que 6 euros par mois pour chacun.
En fait, derrière tout ce tapage de V. Lurel visant à rendre Michaux-Chevry responsable de l’augmentation des impôts et taxes qui vont ponctionner la population travailleuse essentiellement, il y a l’application d’une politique mise en place depuis quelque temps déjà par les gouvernements qui se succèdent au pouvoir depuis plus de vingt ans: réduire de plus en plus les dépenses de l’Etat central pour tout ce qui concerne les services publics, l’éducation, la Santé, La Poste, etc. Et l’argent des impôts va dans le même temps remplir les coffre-forts des capitalistes, surtout les gros, sous formes de subventions et d’aides de toutes sortes.
Il n’y a pas si longtemps, les présidents des Régions de France, tous socialistes à l’exception de la Région Alsace, se plaignaient des conséquences de la deuxième décentralisation. Celle-ci octroie des pouvoirs nouveaux aux régions, mais pas les moyens financiers qui vont avec. C’est également le cas pour les départements. Mais au lieu de mobiliser la population et donc faire pression pour obtenir que l’Etat central leur donne les moyens financiers nécessaires, ces hommes politiques, tous au service des classes possédantes, ponctionnent la population: c’est cette politique que V. Lurel met en oeuvre avec cette augmentation des impôts et taxes régionales.



Martinique
Extraits de “chantiers en lutte” (bulletin d’entreprise du bâtiment)

COMMENT DES PATRONS AUGMENTENT LEURS PROFITS?
En Martinique, bon nombre d’entreprises du bâtiment font la pluie et le beau temps sur le dos des ouvriers, comme à Ecomar par exemple.
Ainsi, des salariés qui exécutent des travaux d’ouvriers qualifiés sont payés soit au taux horaire de manœuvre soit à un taux horaire nettement inférieur à la qualification exercée.
Le chômage a bon dos pour ces patrons qui profitent d’une main d’œuvre en abondance sur le marché pour exploiter à outrance.
Jusqu’au jour où les travailleurs leur feront ravaler leur mépris.

DEPOT DE BILAN OU DEPOT DE FRIC? ...
L’entreprise Delattre Levivier vient d’être rachetée par l’Entreprise Navale Antillaise (ENA). Cette dernière n’est rien d’autre que l’ancienne entreprise sous-traitante ASTEC qui a changé de statut commercial et apparue sous un autre nom. A ce remue ménage, le Directeur de Delattre en Martinique n’est pas étranger, et il ne sortira pas démuni dans cette opération.
Il a d’ailleurs monté en douce son entreprise la SIGBR (Société Industrielle de Gestion du Bassin Radoub). Et dire que c’est ce même monsieur qui a fait croire aux ouvriers que l’entreprise Delattre avait «des problèmes économiques».
Voila le fameux «dépôt de bilan» orchestré par la direction de Delattre depuis des années. C’est plutôt un dépôt de fric qu’elle est entrain de se constituer.

SUR LE DOS DE QUI?
Ce sont 21 salariés sur 38 que compte l’entreprise Delattre qui vont être licenciés.
Après avoir amassé du profit durant des dizaines d’années en exploitant les ouvriers, la direction s’en débarrasse.
La classe ouvrière a tout intérêt à se préparer un jour pour arracher le pouvoir à ces inutiles de capitalistes qui ne pensent qu’à se gaver et se divertir au prix de ses peines.




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