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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 9 avril 2005      N° 922
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Guadeloupe
Grève à Carmo Toyota

Les travailleurs du garage Toyota qui fait partie du groupe Hayot sont en grève depuis le 21 mars dernier à l’appel de l’UGTG. La majorité du personnel est en grève à l’exception de quelques CDD et des cadres.
La grève a commencé suite à l’échec des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ont commencé depuis le 4 février 2005. Une dizaine de rencontres ont eu lieu sans aboutir et les salariés ont décidé de se mettre en grève car la direction ne voulait rien céder.
Que demandent les grévistes? Une augmentation de salaire de 110 € pour tous et l’application de la prime de fin d’année à tout le personnel. Certains salariés ne bénéficiaient pas de cette prime.
Avant la grève la direction proposait une augmentation de salaire de 1,3 % ce qui représente environ 18 € pour un salaire moyen de 1400 €. On était loin du compte. Après plusieurs jours de grève la direction a proposé 40 € pour les salaires de moins de 1400 € et 25 € pour les salaires supérieurs à 1400 €. Les grévistes suite aux discussions ont accepté de revoir leur demande et sont passés de 110 € à 80, puis 65 €.
Mais la direction ne voulait toujours rien céder. Une rencontre a eu lieu le jeudi 31 mars dernier et la direction a fait une dernière proposition d’augmentation des salaires de 50 €, mais elle ne veut toujours pas accepter le paiement de la prime de fin d’année pour tous les salariés.
Les grévistes étaient prêts à accepter les 50 € si le problème de la prime avait été réglé car ils estimaient que ces deux revendications faisaient un tout. La direction qui pourtant peut payer ne veut rien entendre et reste figée sur sa dernière proposition. La grève continue car les salariés estiment que le compte n’y est pas.



Lundi de Pentecôte. Et si personne n’allait travailler comme d’habitude ce jour là?

Dans certains départements français, les vacances de Pâques ne correspondent pas à la période des fêtes proprement dites. Certaines académies avaient donc voulu imposer aux écoles de fonctionner le lundi de Pâques, dans le cadre de la prétendue «journée de solidarité», décidée par le gouvernement. En Guadeloupe, c’est le lundi de Pentecôte qui a été imposé dans la fonction publique.
Mais le lundi de Pâques, les écoles n’ont pas ouvert ou ont fonctionné vraiment au ralenti. La plupart des parents n’ont pas envoyé leurs enfants en classe ce jour là.
C’est un bon exemple à suivre, aussi bien dans la fonction publique que dans le privé.
Du reste la contestation commence à enfler contre la suppression du lundi de Pentecôte. Plusieurs syndicats enseignants et ouvriers en France proposent de faire grève. En Martinique plusieurs fédérations de parents d’élèves demandent aux parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école ce jour là. La CGTG en Guadeloupe a déjà fait paraître son intention d’appeler à la grève ce jour là.
C’est donc une très bonne chose de s’apprêter à ne pas respecter la suppression de la journée du lundi de pentecôte. Raffarin sera donc obligé de ravaler ses mesures. Il faut de l’argent pour améliorer le sort des personnes âgées, oui, mais il n’a qu’à le prendre sur les milliards de profits-record réalisés par les grosses entreprises en 2004.



Le chômage continue d’augmenter en France

Le chômage a augmenté de 0,5% au mois de février. Cela fait près de 12 800 demandeurs d’emplois de plus. Le nombre de chômeurs s’élève à 2 481 100 ce qui représente 10,1% de la population active.
Raffarin avait pourtant annoncé que le chômage baisserait en 2005. Tel n’est pas le cas malgré les mesures d’aide à l’emploi qui ont été annoncées. S’il y avait une véritable volonté du gouvernement de réduire le chômage, il aurait commencé par des créations d’emplois dans les services publics. Au contraire il y a des suppressions de postes dans ce secteur. Le personnel qui part à la retraite n’est pas remplacé.
Dans le privé les patrons continuent de licencier et délocalisent. Le gouvernement continue de verser des subventions au patronat, d’alléger ses charges sociales, sous prétexte de préserver les emplois mais cela ne fait pas reculer le chômage de façon significative.
La situation s’aggrave d’année en année ce qui entraîne une baisse du niveau de vie. En plus des chômeurs de longue durée il faut compter les emplois précaires. Le problème de l’emploi pris dans sa globalité est beaucoup plus important que ce que laissent paraître les statistiques.



Super profits et suppressions d’emplois

Les plus grandes entreprises françaises ont affiché pour l’année 2004 des profits colossaux, les records ont été battus dans ce domaine. Les 40 plus grandes sociétés françaises, celles qui composent le «CAC 40», l’indice de la Bourse française, ont cumulé 57 milliards d’euros de profits l’an passé. C’est un chiffre tellement énorme qu’il n’évoque pas grand chose pour un travailleur. A titre de comparaison: c’est 5 fois le prétendu déficit de la Sécurité sociale, ou encore, cela permettrait de payer au SMIC pendant un an tous les chômeurs recensés en France.
Mais ces entreprises ne créent pas d’emplois: au contraire, elles licencient toujours plus de salariés, par centaines, par milliers. C’est le cas par exemple de Total, qui a réalisé un profit de 9 milliards d’euros, (le plus gros profit jamais réalisé en France) et qui s’apprête à supprimer près de 600 emplois de sa filiale chimique. De même Renault, le fabricant de voitures, a réduit son personnel de 6%, alors que ses ventes ont augmenté de 11%.
Ces énormes bénéfices ont été réalisés en économisant sur les salaires du fait des licenciements, et en exploitant toujours plus les travailleurs qui ont conservé leur emploi. Ceux qui profitent essentiellement de ces profits, ce sont les actionnaires de ces grandes sociétés, les riches parasites qui vivent dans le luxe grâce au travail d’autrui.



Guadeloupe
Les agents de la DDE en grève illimitée dans tous les services

Depuis le 30 mars dernier les employés et ouvriers de la DDE sont en grève illimitée dans l’ensemble des services à l’appel des syndicats CGTG et FO.
Cette grève éclate suite aux atermoiements de la direction concernant les risques encourus par les employés de Saint Phy à Basse Terre. En effet, suite aux séismes des 21 novembre et 14 février derniers, d’importantes dégradations ont été constatées sur le bâtiment de Saint phy et les employés ont décidé le 7 mars d’exercer leur droit de retrait. Ils se rassemblent devant le bâtiment tous les jours, refusent d’y entrer et réclament d’être relogés dans de nouveaux locaux de travail. Ces risques ont été constatés par le bureau Véritas, la société ITEC, le comité d’hygiène et de sécurité et l’inspection du travail. Tous estiment nécessaire la reconstruction du bâtiment. De plus, les différents rapports ont révélé la présence d’amiante dans la structure. Mais la direction tergiverse. Et pire elle n’a que propos dédaigneux envers les employés parlant «d’angoisses stériles», de «femmes victimes d’un grand stress». Le directeur n’a rien trouvé de mieux le 21 mars que d’appeler les forces de l’ordre pour déloger manu militari les employés qui occupaient le siège de la direction.
La colère des travailleurs de la DDE se nourrit aussi de déceptions et rancoeurs accumulées depuis de longs mois suite aux projets de décentralisation qui risquent de pénaliser fortement les agents. La loi de décentralisation prévoit par exemple que 20.000 kms de routes nationales devraient être transférés à la compétence des départements. Mais dans les «DOM» c’est l’ensemble des routes nationales qui risquent d’être transférées à la Région. De même les aérodromes départementaux, les ports devraient passer sous l’autorité du conseil général. Ce ne sont là que quelques exemples, il y en a d’autres. Mais ils montrent qu’il y a des risques de perte de certains avantages voire de suppressions d’emplois pour les agents de la DDE quand on sait que les collectivités locales n’auront pas les moyens financiers d’assurer la gestion de l’équipement.
C’est donc dans un tel contexte que se déroule la grève. Mais les agents de la DDE par leur forte mobilisation ont les moyens de faire reculer la direction tant sur les problèmes urgents liés à l’insécurité que sur les projets de démantèlement de leur statut par pans successifs.



Martinique
Les ouvriers du garage Pérasie plus que jamais décidés

Placée en redressement judiciaire fin novembre 2004 avec une période d’observation de 4 mois, l’entreprise Pérasie a été mise en liquidation par le tribunal de commerce de Fort de France fin janvier 2005. Ce qui a amené le liquidateur à demander et obtenir le licenciement de tous les salariés.
Ces derniers ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont décidé d’occuper l’entreprise jusqu’à ce jour. Dans le même temps, ils ont entrepris d’autres actions.
Au niveau judiciaire, ils ont demandé au tribunal de procéder à une vérification des comptes de l’entreprise, car ils souhaitent comprendre comment une entreprise qui fonctionnait normalement a pu se retrouver dans une situation difficile, d’autant que son gérant a pu se lancer dans des affaires immobilières notamment.
Les travailleurs du Garage Pérasie ont également entrepris, avec le soutien de la CGTM, de s’adresser aux autres travailleurs et à la population en général, pour porter à leur connaissance des informations et démentir les propos de ceux qui se répandaient, parlant de salaires trop élevés ou de difficultés économiques.
Ils ont ainsi organisé une marche depuis le pont de la Galéria tout en distribuant des tracts. Ils sont également allés chez Pérasie à Saint-Joseph pour informer les habitants de la commune et du quartier. Enfin, un rassemblement était organisé le samedi 2 avril à l’appel de la CGTM au siège de l’entreprise à Rivière-Roche.
Les divers intermédiaires qui gèrent la liquidation du garage pensaient que les procédures passeraient comme une lettre à la poste. Manifestement ils sont tombés sur un os, car les travailleurs ne sont nullement décidés à se laisser jeter après avoir sué du profit pour Pérasie.



La répression anti-syndicale se poursuit... sous d’autres formes

Dans un communiqué, le syndicat CGTG fait état de condamnations dont font l’objet certains de ses militants. Cette fois il ne s’agit pas de garde à vue ni d’arrestation. La méthode est plus sournoise mais vise le même but: mettre en difficultés les organisations syndicales et les syndicalistes qui luttent pour mettre un frein à l’arrogance et à la rapacité d’un certain nombre de patrons de la Guadeloupe, en les frappant là où cela fait mal: à la caisse.
C’est ainsi par exemple que le 16 juillet dernier, les ouvriers agricoles de la plantation SCEA Bellevue, appartenant à Francis Lignières, entrent en grève avec comme revendications, notamment:
- Le paiement de tous les jours fériés légaux, des jours de congés pour événements familiaux légaux et l’indemnité légale de départ à la retraite;
- L’organisation des élections des délégués du personnel comme le prévoit la loi.
F.Lignières, non content de violer les lois en vigueur va faire appel à la justice. Et suite à une ordonnance de référé du tribunal de Grande Instance de Basse-Terre rendue le 31 juillet 2004, qui ordonnait aux grévistes de libérer la plantation, les forces de répression étaient intervenues contre les grévistes le 1er août pour les expulser du hangar. La plantation Bellevue a donc fonctionné normalement. Pourtant F. Lignières a demandé et obtenu du juge de référé que 16 grévistes qui gagnent moins de 10 000 euros par an, lui versent une amende de 137 500 euros. Les concernés ont fait appel de l’ordonnance rendue.
Par la suite, lors de la grève des ouvriers agricoles du 24 août au 25 octobre dernier en vue d’obtenir l’application du nouveau montant du SMIC (7,61 Euros de l’heure) décidée par le gouvernement, le juge des référés a ordonné à quatre ouvriers agricoles grévistes de payer à Thérèse Le Métayer, François Le Métayer, Jean-Louis Butel, Louis Dormoy, Francis Lignières, Delacaze et Watchter, représentants légaux de douze plantations de bananes la somme de 1710,14 Euros. Ces quatre ouvriers qui travaillent à Baillif, ont été condamnés à payer cette somme à ces exploiteurs, alors qu’ils n’ont jamais pénétré sur les autres plantations. Ils ont reçu commandement de payer, sous peine de saisie.
Quand on sait par exemple que les planteurs de banane ont une dette sociale et fiscale qui avoisine les 8 000 000 d’euros et qu’ils ne sont nullement poursuivis, que Francis Lignières bafoue les lois en vigueur en refusant de payer les jours fériés légaux à ses salariés, et que la plupart des grands planteurs se livrent à toutes sortes de trafics des comptes de leurs plantations, on est bien en droit de se demander si la justice avec un grand J dont on nous rebat les oreilles n’est pas à deux vitesses.



Les actions du comité de soutien Lefort-Mathiasin

Le Comité de soutien à M. Hilaire Lefort, Fritz et Mathias Mathiasin poursuit sa dénonciation des violences graves et absolument injustifiées subies par ces personnes de la part des gendarmes.
Samedi 2 avril le comité a manifesté sa présence à Basse-Terre où près de 150 pétitions et souscriptions ont été signées. Sur la place de l’église, ses membres ont pris la parole et se sont adressés à la population. Mercredi 6 avril, un meeting devait se tenir à la salle Rémy Nainsouta à Pointe à Pitre à 19H et vendredi 8 avril à 8h, un rassemblement est prévu pour soutenir M. Lefort lors de l’audience au tribunal de Basse-terre. Ce jour là, en effet, devrait être jugé M. Lefort suite à la plainte déposée contre lui par M. Babin, son voisin, à l’origine de l’appel aux gendarmes suite à un différend de voisinage. Quant aux audiences consécutives aux plaintes déposées par M. Lefort et messieurs Fritz et Mathias Mathiasin contre les gendarmes, elles auront lieu ultérieurement.
Au moment où nous écrivons nous ne savons pas comment se sont déroulées les deux dernières manifestations, à Pointe à Pitre et à Basse Terre. Mais le comité a largement invité la population à se solidariser par sa présence.




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