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France
A propos du prochain référendum sur la constitution européenne
Nous publions ci-dessous des extraits du dernier discours de notre camarade Arlette Laguiller au meeting su 3 avril dernier à Strasbourg. Lutte Ouvrière, l’organisation d’Arlette Laguiller appelle à voter non. Aux Antilles le désintérêt actuel sur cette question semble total et, contrairement à la France, il n’y a pas de débat tout au moins public même au sein de la classe politique. A Combat Ouvrier nous appellerons à l’abstention. Et nous aurons l’occasion le moment venu d’expliquer notre position. Cela dit, nous partageons entièrement le raisonnement et l’argumentation de nos camarades de Lutte Ouvrière sur l’Europe et la constitution.
….Eh bien, elle est belle, cette Europe sociale, patronnée par Giscard, Chirac, Hollande et les autres! Elle est belle, avec ses près de 3 millions de chômeurs en France, plus de 5 millions en Allemagne! Elle est belle, avec les salaires qui stagnent, les prélèvements qui augmentent et le pouvoir d’achat qui baisse! Elle est belle avec la précarité qui se généralise, la pauvreté qui s’étend! Elle est belle avec ses hôpitaux surchargés où le personnel des services d’urgences est contraint de recourir à la grève illimitée, annoncée à partir de lundi, pour tenter d’obtenir les moyens et le personnel qui manquent!
…..Cette Constitution n’apporte rien de bon aux travailleurs ni aux peuples d’Europe. Elle ne leur apporte ni des libertés supplémentaires ni des possibilités plus grandes pour se défendre. Elle ne cherche pas à uniformiser par le haut la législation du travail ni à améliorer les protections sociales. Et il n’est évidemment pas question d’un salaire minimum à l’échelle de l’Union européenne.
L’unification européenne, nous sommes pour. Nous pensons même que l’Europe devrait être unifiée depuis, au bas mot, un siècle, d’un bout à l’autre du continent. Le morcellement de l’Europe en une multitude de petits pays est un anachronisme à notre époque qui est celle d’entités à l’échelle des continents. Les grands pays qui jouent un rôle dans l’avenir de la planète sont à l’échelle d’un continent. C’est le cas des Etats-Unis, bien sûr, mais aussi la Russie ou encore la Chine et l’Inde, ces deux derniers comptant plus d’habitants que tous les pays d’Europe réunis.
Oui, nous sommes pour l’unification complète du continent, bien entendu Turquie comprise, et même bien au-delà. Les discussions sur les limites de l’Europe sont aussi stupides qu’hypocrites, chaque politicien cherchant à faire passer les frontières de l’Europe là où cela arrange sa démagogie. L’avenir, c’est l’association des peuples qui le souhaitent et c’est la disparition de toutes les frontières que l’on a dressées entre eux.
Dans cette construction européenne, jamais il n’a été question des hommes, des femmes, même s’il y a eu quelques retombées positives, comme la possibilité - mais pour les seuls Européens - de se déplacer plus facilement d’un pays à l’autre et de s’y installer.
…….Bien sûr, la Constitution européenne consacre la propriété privée, l’économie de marché, la concurrence sans entrave et par conséquent, la domination du grand capital. Mais ce n’est pas sa raison d’être car toutes les Constitutions nationales font la même chose. Mais, surtout, la bourgeoisie et le grand capital n’ont pas besoin de Constitution pour dominer l’économie et la société.
La seule raison d’être de cette Constitution, c’est de régler des procédures d’arbitrage en cas de différends entre les gouvernements qui dirigent l’Europe et de permettre aux pays les plus industrialisés de l’ouest européen d’avoir la primauté sur les autres pays qui constituent l’Union européenne.
Cette Constitution est faite pour verrouiller politiquement et juridiquement la domination économique des pays de l’Ouest européen et de leurs groupes industriels et financiers sur l’ensemble de l’Europe.
Depuis la chute de l’Union soviétique et l’ouverture économique des pays de l’Est européen, les grands groupes occidentaux ont mis la main sur l’économie des pays de l’Est. De Varsovie à Sofia, les enseignes de grands magasins portent des noms bien connus ici. Quand ce n’est pas Auchan ou Carrefour, ce sont leurs équivalents allemands, britanniques ou autrichiens. Si vous cherchez un hôtel, vous retombez sur toutes les déclinaisons du trust Accor: depuis Mercure ou Sofitel à Novotel ou Ibis. Quant aux grandes entreprises industrielles des pays de l’Est, qui naguère étatisées ont été privatisées, elles sont tombées sous la dépendance de trusts occidentaux.
Alors, bien sûr, cela intéresse ces trusts que les pièces et les marchandises, qu’ils font fabriquer à moindres coûts dans leurs succursales de la partie pauvre de l’Europe, puissent circuler sans obstacle. L’élargissement de l’Union européenne vers sa partie pauvre était donc de leur intérêt. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils souhaitent que ces pays aient trop de possibilités d’influer sur les choix des institutions européennes, sur la gestion de leur budget. Et, à plus forte raison, ces trusts ne souhaitent absolument pas que l’intégration des pays de l’Est dans l’Union européenne signifie pour leurs travailleurs les mêmes salaires et les mêmes protections sociales.
Et puis cette Constitution n’est même pas capable d’assurer les mêmes droits d’un bout à l’autre de l’Europe. Par exemple, elle ne reconnaît pas le divorce. Elle ne reconnaît pas non plus le droit à l’interruption volontaire de grossesse à l’échelle de l’ensemble de l’Union. Dans plusieurs pays, ce droit est réservé aux femmes les plus riches qui peuvent se payer le voyage pour aller dans le pays où le régime est plus tolérant. A plus forte raison, elle n’impose pas à tous les médecins l’obligation de pratiquer les IVG là où elles sont légales.
Face à l’union fondée sur la concurrence et la rivalité des bourgeoisies d’Europe, il faut opposer la véritable union des travailleurs. Il faudra se fixer comme objectif commun à l’échelle de l’Europe, l’augmentation générale des salaires et leur alignement par le haut, afin qu’ils permettent partout de vivre correctement. C’est la seule façon d’empêcher les patrons de jouer les travailleurs les uns contre les autres, de délocaliser dans la partie la plus pauvre de l’Europe ou, encore, de faire appel ici même, en France, à des travailleurs mal payés venant des pays de l’Est.
La classe ouvrière d’Europe est numériquement la classe ouvrière la plus importante du monde. Une fois qu’elle aura pris conscience d’elle-même, de son unité et de ses intérêts politiques, elle représentera une force considérable, capable d’ébranler leur construction européenne jusqu’à ses fondations capitalistes!
Et puis, comment oublier que, si la France ne connaît pas la guerre sur son territoire, elle n’a cessé d’en mener ailleurs dans le monde. De sales guerres coloniales à Madagascar, en Indochine ou en Algérie. Et depuis la fin des guerres coloniales, combien d’interventions militaires de l’armée française pour soutenir des dictatures pourries un peu partout en Afrique, de Djibouti au Gabon, en passant par le Tchad? Comment oublier que des troupes françaises sont stationnées dans plusieurs pays africains et qu’elles ont assassiné en Côte-d’Ivoire et qu’elles interviendront peut-être, demain, au Togo? Comment oublier que les Chirac et compagnie qui ont fait des simagrées à propos de la guerre contre l’Irak, sont en même temps les complices des Etats-Unis en Afghanistan? Comment oublier que Poutine est accueilli en ami par Chirac malgré les massacres en Tchétchénie?
Alors oui, le capitalisme, c’est tout cela. Cet ordre social injuste qui gâche les immenses possibilités de l’humanité de maîtriser sa vie sociale. Cet ordre social capitaliste représente le passé, et pas l’avenir. Il disparaîtra tôt ou tard, comme ont disparu dans le passé bien d’autres formes de sociétés basées sur l’exploitation et l’oppression. La question qui se pose n’est pas si un nouvel ordre social basé sur la propriété collective et soucieux de satisfaire les besoins de tous remplacera la société actuelle. La question, c’est quand cela se produira.
Plus vite la classe ouvrière sera capable de faire surgir de ses rangs des partis qui affirment clairement dans leur programme que leur objectif est l’émancipation des travailleurs et le renversement de l’ordre capitaliste, plus l’humanité s’épargnera des crises, des guerres, des souffrances. Eh bien, il faut tout faire pour que cela se produise au plus vite.
Haïti
La guerre des gangs attisée par les politiciens
Le chef chimère «Labanyè», a été tué mercredi 30 mars. De son vrai nom Thomas Robenson, il contrôlait le quartier de Boston à Cité Soleil et maintenait sous sa coupe les habitants qui n’avaient pas pu fuir le quartier. Il était de notoriété publique que cet ancien partisan d’Aristide avait vendu ses services au camp adverse du groupe des 184. Le Premier ministre Latortue a rappelé que Labanyè avait introduit les politiciens du groupe 184 quand ils étaient venus à Cité Soleil pour présenter un projet de «contrat social». Il leur avait permis d’entrer dans la partie de la Cité qu’il contrôlait en les protégeant de l’autre chef de la Cité, Dread Wilmè, qui est resté un partisan d’Aristide.
Un des industriels de Port-au- Prince, Charles Henri Baker, le numéro 2 du groupe des 184, a regretté la mort de «Labanyè» qui selon lui, avait signé un pacte de non-agression avec la police nationale et la MINUSTAH, et donnait la garantie que ses partisans ne tireraient jamais sur ces deux forces armées.
Labanyè a finalement été victime de sa propre guerre, et son meurtre a été revendiqué par un chef de gang nommé «Grenn Sonnen» qui contrôle Delmas, c’est un ancien militaire du corps des Léopards qui était connu pour les atrocités qu’il avait commises à Port de Paix, à l’époque où il se faisait appeler «Café Amer». Il s’est refait une image en servant comme mercenaire le camp aristidien et noue des alliances avec les anciens militaires qui demandent la réinstallation de l’armée d’Haïti.
Chaque groupe politique possède donc ses gangs et les utilise pour faire pression sur le gouvernement en place. C’est ainsi que lundi 28 mars un véhicule de la police portuaire a été attaqué et les occupants tués dont deux policiers. Le mardi 29 mars ce sont les "pro-aristide" qui ont manifesté pour commémorer l'adoption de la Constitution qui avait été adoptée en 1987 et demander le retour d’Aristide.
Le 29 mars, un groupe armé a tiré sur le local du Conseil Electoral Provisoire CEP), et le lendemain Latortue est venu rendre visite aux Conseillers Electoraux pour les rassurer qu’il les soutient et que les élections sont toujours programmées pour la fin de l’année. Depuis, des soldats de la MINUSTAH surveillent le local.
La bataille où les gangs armés des quartiers s’affrontent entre eux de même que la lutte contre les militaires internationaux ou la police officielle a déjà fait des centaines de victimes dans la population laborieuse qui est rançonnée par les deux camps.
Les médecins urgentistes dénoncent les conditions de travail dans les services
Au CHU de Pointe à Pitre, les médecins des urgences soutiennent la grève nationale des urgentistes. Ils dénoncent «une augmentation de la dégradation de la qualité des soins offert à chaque patient ». Les services d’urgence ne peuvent plus soigner les malades dans de bonnes conditions, par manque de personnel, de locaux décents et adaptés.
Le nombre de lits d’hospitalisation est insuffisant ce qui entraîne une surcharge des services d’urgence. Cela amène les malades à patienter des heures, voire des jours sur les brancards en attendant de trouver un lit qui se libère dans un des services. Quant aux médecins ils sont en nombre bien insuffisant. Certains effectuent jusqu’à 60 heures de travail par semaine. En Martinique les médecins soutiennent le mouvement des urgentistes des hôpitaux des grandes villes françaises. La grève des urgentistes déclenchée lundi 4 avril a été marquée par une forte mobilisation, selon l’association des médecins urgentistes de France (AMUHF) plus de 80% des médecins dans certaines régions: Bretagne, Nord, pays de Loire, et certains hôpitaux parisiens: Bichat, Saint Louis, Saint Antoine étaient porteurs du brassard « en grève » montrant qu’ils étaient réquisitionnés par la direction de l’hôpital. En Guadeloupe, plusieurs médecins ont affiché aux dos de leur blouse: “médecin en colère”.
Faute de personnel suffisant et à cause du manque de lits dans l'ensemble des services hospitaliers, les urgences sont engorgées. La situation des hôpitaux et des patients est dramatique et ne cesse d'empirer du fait des restrictions de budget imposées à la Santé Publique.
Le ministre de la santé Douste-Blazy parle d’un «plan urgences», qui est annoncé depuis septembre 2003 par son prédécesseur, depuis lors il n’a jamais été lancé. Les ministres et les plans se suivent, l’hôpital se dégrade, les malades en font les frais.
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