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Guadeloupe
Succès de la fête de Combat Ouvrier
Sympathisants, amis, travailleurs, sont venus nombreux participer à notre fête qui a eu lieu le dimanche 17 avril au domaine du «Pako» à Baie-Mahault. C’est dans une ambiance fraternelle que près de 450 personnes se sont retrouvées. D’abord autour d’un repas animé par des artistes. Ces derniers étaient: Lyn et Thierry du groupe «Voix et ka», Nourhya (lauréate de Star Dom). Cette année, les jeunes artistes étaient à l’honneur. En plus de la jeune Nourhya qui a improvisé un duo avec une autre jeune, le groupe «Ti Wony» Boubou et Markus Say accompagnés du «Washington Crew», des rappeurs, ont enthousiasmé les jeunes.
Après le repas, de nombreux invités ont pu danser au bal titane jusqu’à 20 heures.
La fête est une occasion pour tout un chacun de se retrouver, de discuter, de se détendre dans un cadre agréable, mais aussi un moment privilégié pour rappeler nos idées politiques et permettre aux représentants des travailleurs de s’exprimer. Raymond Gauthiérot, secrétaire général de l’UGTG, a pris la parole pour réaffirmer la volonté de lutte du syndicat contre la répression antisyndicale et les attaques patronales. Notre camarade Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG, a dénoncé la crise qui affecte le secteur de la banane et les licenciements massifs qui frappent les ouvriers agricoles. Il a dénoncé également la répression qui frappe les responsables syndicaux suite à la grève qui s’est déroulée en 2004 sur les plantations. Ces responsables doivent payer de lourdes amendes. Notre camarade Danielle Diakok a expliqué les positions de Combat Ouvrier sur le problème de la xénophobie et les élections sur la constitution européenne. Une délégation du comité Lefort-Mathiasin était présente. M. Lefort a pris la parole pour relater les agressions policières dont il a été victime. Les invités l’ont chaleureusement appaudi.
Au cours de l’après midi, il y a eu différents forums et débats. M. Narcisse Zahibo, maître de conférence à l’Université Antilles-Guyane, a fait une projection commentée sur les tsunamis dans la Caraïbe. Deux militantes des Verts ont fait chacune une intervention sur la problématique de l’eau en Guadeloupe. Notre camarade Philippe Anaïs a développé nos positions sur la campagne de xénophobie qui touche plus particulièrement l’émigration haïtienne. Tous ces débats ont suscité beaucoup d’intérêt et ont été très animés.
De nombreux invités ont exprimé leur satisfaction et ont félicité nos militants et sympathisants pour le bon déroulement de la fête. Chacun a pu y trouver son bonheur autour des stands de jeux, informatique, tir à la carabine, ou restauration, à la librairie, sans oublier les enfants de tout âge qui accompagnaient leurs parents.
En plus du «chodo», des gâteaux et des accras, du sorbet, des camarades ont cette année fait connaître au public le «griot banane» haïtien très apprécié.
Nous remercions les organisations qui ont répondu à notre invitation: Les Verts Guadeloupe qui ont installé un beau stand, très apprécié, de même la CGTG, l’UGTG et ATTAC. Félix Fleming du Parti Communiste guadeloupéen, était présent, ainsi qu’un dirigeant du syndicat CSTM de la Martinique qui a tenu à prendre la parole et nous apporter son salut.
Nous remercions chaleureusement tous les amis, sympathisants, jeunes et moins jeunes qui nous ont aidés à faire de cette fête un succès. Ce succès tient beaucoup au dévouement et à la générosité de bien des amis qui se reconnaîtront.
A tous nous donnons rendez vous d’ores et déjà à la fête de 2006!
Extraits du discours de notre camarade Danielle Diakok à la fête de Combat Ouvrier le 17 avril
SUR LA CAMPAGNE DE XÉNOPHOBIE ANTI-HAÏTIENS
Toute une campagne anti-immigrés se déroule en ce moment ; elle est basée sur de fausses informations concernant le nombre des immigrés présents en Guadeloupe ou sur une prétendue invasion clandestine des immigrés.
Toutes ces rumeurs, sont lancées pour diviser les travailleurs entre eux. Car les gens qui les lancent sont aussi des gens hostiles au mouvement ouvrier, aux syndicats et aux grèves!
Mais malheureusement, il y a trop de travailleurs qui cèdent à cette campagne et reprennent à leur compte les bêtises et les méchancetés de ces quelques politiciens démagogues qui les lancent ou les tolèrent par lâcheté devant certains électeurs!
Il faut comprendre que les mêmes patrons qui nous exploitent ici,
- les békés locaux,
- les représentants des grandes firmes capitalistes qui contrôlent les super marchés, la distribution d’essence,
- les marchands de voitures, de camions, de matériel agricole, de farine, d’engrais, etc.
- tous grands capitalistes d’Europe ou d’Amérique, SONT LES MÊMES qui créent la misère et le chômage partout dans le monde. C’est eux qui poussent des pauvres à quitter leur pays pour chercher de quoi vivre là où cela parait meilleur!
S’il y a tant de misère dans le monde, et notamment en Haïti, dont une partie vient atterrir en Guadeloupe, territoire français par héritage historique, c’est en grande partie parce que l’impérialisme français a grandement contribué à créer cette misère et notamment en Haïti qui a été pillée pendant trois siècles par les capitalistes et l’Etat français.
Et ce n’est pas à nous travailleurs de reprendre à notre compte les rumeurs, les propos haineux ou injurieux contre d’autres pauvres qui essaient tant bien que mal de fuir la misère.
Nous travailleurs nous ne possédons rien, nous n’avons même pas de pays! La Guadeloupe appartient aux capitalistes et à l’Etat français qui y font la loi! Nous, en tant qu’exploités, nous n’avons que notre force de travail et nos chaînes à perdre!
Seule notre révolte nous appartient et peut changer notre vie!
Alors quand d’autres exploités, d’autres miséreux, cherchent à vivre ou survivre, ce n’est pas à nous travailleurs de leur donner la chasse!
Car, demain, dans une lutte inévitable contre le patronat, nous serons bien contents d’être les plus nombreux possibles contre ces patrons!
Dans les luttes d’aujourd’hui, nous avons déjà vérifié que des Haïtiens, des Dominiquais, étaient toujours à nos côtés, contre les patrons de la banane par exemple!
Alors choisissons bien qui est dans notre camp et qui ne l’est pas! Les margoulins politiques, qui cherchent à profiter malhonnêtement d’une inquiétude, réelle ou imaginaire dans la population, ne sont pas dans notre camp et il ne faut en rien les aider dans leur entreprise malhonnête.
Les propos et les pétitions anti-immigrés qui circulent actuellement sont lancées par ces individus sans scrupule, tristes petits politiciens et politiciennes, arrivistes, affairistes et ambitieux, assoiffés d’avoir des postes d’élus.
Ils se démènent pour tenter de rassembler à leur profit l’électorat raciste, réactionnaire, rétrograde qui avait soutenu Ibo Simon et Raymond Viviès, deux politiciens lepénistes, racistes et xénophobes.
Alors, nous travailleurs ne devons pas servir d‘hommes et de femmes de main, ni de tremplin, pour favoriser les ambitions de ces politiciens malhonnêtes.
SUR LE REFERENDUM ET SUR LA PREPARATION D’UN MOUVEMENT D’ENSEMBLE DES TRAVAILLEURS
En ce moment, les médias parlent aussi beaucoup du prochain référendum, de la montée du NON dans les sondages réalisés en France qui montrent que une grande partie de l’opinion s’apprête à répondre NON au référendum de Jacques Chirac.
Ici ce n’est pas notre préoccupation principale et nous savons bien que lors de toutes les élections qui concernaient l’Europe il y avait au moins 80% d’abstention, si ce n’est plus.
De toute façon, OUI, NON ou abstention, cela n’aura pas une grande influence sur notre situation!
ABSTENTION POUR LE REFERENDUM!
Alors ce n’est pas nous, à Combat Ouvrier d’aller mobiliser des électeurs pour les convaincre de participer au prochain référendum, pour ratifier ou cautionner une constitution conforme aux intérêts des grands possédants, des patrons comme ceux du MEDEF. Ces gens là veulent supprimer les quelques droits des travailleurs et les quelques lois favorables aux femmes, non seulement au niveau de la France mais au niveau de toute l’Europe!
Nous n’avons évidemment aucune sympathie pour cette constitution réactionnaire, mais nous comprenons parfaitement l’attitude des populations des Antilles qui ne se sentent pas obligés de participer aux élections qui concernent l’Europe.
Nous ici, nous sommes des descendants d’un peuple qu’on n’a jamais consulté pour quoi que ce soit depuis des siècles, nos ancêtres ont été conduits ici par la force, enchaînés, malmenés, brutalisés, fouettés pendant trois siècles,
- puis on nous a attribué la citoyenneté française, on nous a ensuite «départementalisé», «régionalisé», européanisé»,
- alors…. on peut comprendre que la majorité des Guadeloupéens et des Martiniquais ne se sentent aucune obligation envers certaines élections européennes ou pas!
Cependant, nous tenons à dire que nous sommes solidaires des camarades vivant en France, des organisations ouvrières et révolutionnaires qui appellent à voter NON pour ce référendum en France. Ce sera l’occasion, pour les travailleurs de France, antillais, français ou autres, d’infliger une nouvelle gifle au pouvoir en place et d’apporter une condamnation massive contre toutes les attaques menées contre les travailleurs depuis plusieurs années: retraites, décentralisation des fonctionnaires, diminution des services publics, etc.
Mais une abstention massive localement, tournant autour des 70 à 80 %, sera aussi un vrai désaveu et une condamnation du gouvernement en place.
PLACE AUX LUTTES DE LA CLASSE LABORIEUSE
Bien sûr, nous l’avons toujours dit, les élections, quel que soit ce que nous votons, ne changent pas notre sort, mais s’abstenir ne le changera pas plus. Ce sont nos luttes qui peuvent faire cela!
Ce qui va peser pour l’avenir, pour notre avenir, pour améliorer notre situation, pour protéger nos intérêts, ce sont les luttes que nous serons capables de mener, ce sont les manifestations, les grèves, les démonstrations de force que nous serons capables d’organiser.
Vous le savez bien, nous avons de multiples raisons d’être mécontents et de vouloir montrer notre colère envers ce gouvernement Raffarin-Chirac. Nous en avons assez des Douste-Blazy qui «s’occupent» de la santé en diminuant les remboursements de la Sécurité Sociale, en compliquant les règles de remboursement, en développant des plans pour diminuer l’engagement de l’Etat dans la santé publique.
Nous en avons assez aussi de Fillon qui est en train de construire une école à la mesure des patrons, ce qui provoque la colère persistante des lycéens….
Oui, comme ces jeunes en colères nous travailleurs devrons, nous aussi, nous mettre en colère ; oui! Nous avons des raisons réelles, urgentes, de descendre et redescendre dans la rue pour faire reculer ce pouvoir au service des patrons. Ici notre chômage est deux fois et demi plus fort qu’en France en pourcentage, les RMIstes sont six fois plus nombreux, etc. les services public cumulent des retards importants et subissent les nouvelles attaques du gouvernement actuel.
En ce moment les patrons de la banane mènent une véritable offensive contre les travailleurs, les licenciements se multiplient et l’avenir est sombre. Mais à un moment ou à un autre les travailleurs devront faire savoir à ces gens là que même s’ils ferment leurs entreprises, la terre devra rester à la disposition des travailleurs pour leur permettre de vivre de leur travail.
Il y a aussi ces patrons du MEDEF, ces Viviès, Vial-Collet, Adélaide, Vion et cie qui persistent à vouloir casser du syndicat, qui répriment des grévistes, avec la complicité de la justice coloniale.
C’est cette justice qui veut faire payer des dizaines de milliers d’euros d’amendes à des grévistes de la banane qui avaient dû se battre contre un patron raciste, méprisant, nommé Lignières, qui refusait de payer des jours fériés légaux …
Ce sont les travailleurs qui sont punis par la justice ; pas le patron!
Face à cette situation générale qui se dégrade ce n’est ni la chasse aux immigrés, ni le référendum qui nous donneront des solutions!
POUR UN MOUVEMENT DE LUTTE TOUS ENSEMBLE!
Pour nous travailleurs, il est urgent et nécessaire, il est indispensable de rassembler nos forces dans un puissant mouvement d’ensemble de tous les travailleurs de Guadeloupe, pour imposer nos revendications:
- interdisons les licenciements;
- contrôlons les comptes des entreprises comme nous avons commencé à le faire chez ce gros planteur de Capesterre-Belle-Eau, Le Métayer, qui voulait licencier à partir d’un bilan truqué;
- pour de réelles augmentations de salaires;
- pour mettre les terres des plantations laissées en friche à la disposition des ouvriers agricoles licenciés.
Seul un tel mouvement d’ensemble sera capable d’apporter au patronat et à la justice coloniale la réponse nécessaire pour les faire reculer.
Ce mouvement nous devons le préparer consciemment et méthodiquement!!!
Nous vous disons déjà: donnons-nous rendez-vous au défilé du 1er mai, rassemblons-nous massivement, avec parents et amis, entraînons avec nous tous nos camarades de travail.
Ce 1er mai sera appelé dans l’unité par toutes les organisations syndicales conséquentes. Soyons nombreux dans les rues ce jour là!
Mais deux semaines plus tard, nous devrons descendre de nouveau dans les rues pour dire NON au pouvoir qui veut nous voler une journée de travail gratuit, le lundi de Pentecôte!
Ce jour là aucune entreprise privée ou publique ne devra travailler! C’est par la grève et la manifestation que nous devrons répondre au cynisme d’un gouvernement qui, en 2003, a causé la mort de dizaines de milliers de personnes âgées en France et qui veut faire porter sur nous le poids des dépenses que l’Etat ne fait pas en faveur des gens âgés et de la Santé en général! Refusons ce chantage éhonté répondons donc par la lutte le 16 mai!
Alors, devant les tâches qui nous attendent, ne nous laissons pas diviser par des margoulins de la politique qui essaient par tous les moyens de détourner notre attention vers un soi-disant problème d’immigration.
Camarades, hommes et femmes de la classe laborieuse!
Concentrons-nous sur la préparation, la conduite de nos luttes! Nos seuls adversaires et ennemis sont les patrons qui nous exploitent, quelle que soit la couleur de leur peau, ce sont les grands planteurs et négociants békés et les firmes capitalistes européennes ou autres, qui possèdent l’essentiel de l’économie antillaise.
Ces patrons békés qui nous exploitent sont les descendants directs des esclavagistes qui ont fouetté et exploité nos pères, qui ont déporté des travailleurs noirs ou indiens pour enrichir leur économie de plantations.
Nos exploiteurs, ce sont aussi ces quelques nouveaux riches guadeloupéens ou martiniquais, noirs comme leurs pères esclaves, mais qui veulent se faire une place parmi les esclavagistes.
Cela a toujours existé même du temps de l’esclavage. Oui, il y a des Noirs qui ont vendu des Noirs, qui ont trafiqué avec les Blancs, en se faisant complices des oppresseurs, ceux là sont nos ennemis au même titre que nos oppresseurs blancs et doivent être combattus énergiquement.
Les deux dates du 1er et du 16 mai, seront des étapes dans la mobilisation qui doit monter contre le gouvernement en place et contre le patronat pour imposer des mesures réelles, concrètes, contre le chômage, contre les blocages de salaires, contre les attaques contre la fonction publique.
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