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Il faut mettre un terme aux violences contre les femmes!
Le lundi 11 avril dans l’après-midi, une jeune femme de 24 ans, Mélissa Mary, a été abattue de plusieurs balles dans la tête par son ancien compagnon. Ce dernier n’aurait semble-t-il pas supporté leur séparation.
Ce drame s’est produit sur le lieu de travail de la victime, au lycée Petit Manoir au Lamentin-Martinique où la femme exerçait la fonction de secrétaire au sein d’un organisme de formation professionnelle, le Gréta BTP. Cet acte criminel a évidemment mis tout le monde sous le choc tant du côté du personnel enseignant et administratif que du côté des élèves.
Cinq jours après ce drame, une autre femme était frappée à coups de couteau par son compagnon alors qu’elle se trouvait dans un bus. L’intervention du chauffeur de bus et d’un passager a sans doute empêché que l’agression soit plus sévère.
C’est régulièrement que des femmes se trouvent ainsi victimes de telles agressions et meurtres ignobles. L’Union des Femmes Martiniquaises (UFM) réagissant à ces agressions, a rappelé que «17 femmes à la Martinique sont mortes sous les coups de leur conjoint, entre 2000 et 2004». Cela dénote bien que la violence contre les femmes a pris une proportion très importante et révoltante.
Face à cette situation, plusieurs manifestations de protestations ont eu lieu. L’une était organisée par l’UFM le samedi 16 avril à Fort de France. L’autre, la plus importante, a eu lieu le jeudi 14 avril sous forme d’une marche silencieuse de deux heures aux abords du lycée. Le cortège comprenait plusieurs délégations, élèves, enseignants, membres administratifs, des élus et l’UFM. A l’issue de cette marche, il y a eu des prises de parole, comme celle d’une dame, membre du Gréta qui a exprimé sa douleur et sa colère en terminant par les termes: «…parce que notre société est de plus en plus violente…». Par la suite dans l’après-midi, des ateliers de réflexion ont été mis en place en présence de l’UFM sur les questions des violences et de harcèlements divers.
En effet, la société capitaliste dans laquelle nous vivons est basée sur une violence constante, hypocrite ou féroce mais intolérable par rapport aux possibilités actuelles de développement économique et technique. Il s’agit d’abord de l’exploitation de l’homme par l’homme et de l’exploitation des salariés par les possédants, détenteurs et accapareurs des richesses. La violence, ce sont aussi les licenciements, la répression exercée contre des manifestants défendant des revendications légitimes. Mais c’est aussi toutes les conséquences du fonctionnement chaotique d’une société organisée pour le profit d’une poignée de riches: les guerres, la faim dans le monde, l’exploitation des enfants et de la femme par l’homme. Ces violences-là sont présentées comme inévitables et légitimes. Et il se trouve des commentateurs, des hommes politiques ou des porte-parole du gouvernement pour expliquer à travers la presse et la télévision la légitimité des violences d’Etat comme les guerres ou la répression en utilisant tout un vocabulaire compliqué pour chercher à dédouaner les exploiteurs capitalistes.
C’est bien sur ce fumier, pourri mais présenté comme légitime, que poussent ces tristes individus qui viennent exercer leurs violences envers des femmes vis à vis desquelles ils se croient tout permis et qu’ils s’estiment autorisés à dominer. Ainsi, ces individus n’acceptent pas que des femmes puissent défendre leur point de vue, et gagner leur indépendance matérielle et morale. Alors, ils «pètent les plombs», comme on dit.
Ceux qui, usant de la violence envers les femmes, se croient d’autant plus «hommes» ne sont pas des hommes. Ils ne se rendent même pas compte, eux qui veulent se «valoriser» ainsi, que de plus en plus de femmes ne les considèrent plus comme des hommes. Au mieux, elles les voient comme des «pauvres types», des minables, au pire comme des monstres.
En tout cas il faudrait mettre à la raison, par la prévention d’abord, ces assassins. Dans les quartiers, dans les immeubles populaires, le voisinage est souvent au courant de ces violences. Il faudrait bannir l’indifférence, le laisser-faire, l’individualisme croissant: se regrouper entre voisins, en parler, prendre des mesures pour raisonner ces individus dans un premier temps. Et dans un deuxième temps les menacer de représailles du voisinage s’il le faut.
Peut-être alors pourrait-on éviter bien des drames, meurtres, assassinats de femmes et limiter toutes les conséquences incalculables: des morts certes, mais aussi des vies brisées de femmes, d’enfants témoins ou pas et aussi… de ces hommes agresseurs et violents.
Martinique
Débrayage du personnel au lycée polyvalent de Rivière Salée
Le gouvernement a décidé de réduire les effectifs de la fonction publique pour faire des économies budgétaires. Bien évidemment, l’Education nationale n’y échappe pas et ce sont près de 6000 postes qui seront supprimés cette année.
L’Académie de la Martinique devrait voir la suppression de plus de 100 postes (enseignants et administratifs confondus). Après le collège du Vert-Pré, ce sont les personnels du Lycée Polyvalent Joseph Zobel de Rivière Salée qui ont débrayé le vendredi 15 avril pour protester contre cinq suppressions de postes qui toucheraient l’établissement en septembre 2005. Un préavis de grève a également été déposé pour le mardi 19 avril.
Reçue par des collaborateurs du recteur, ce dernier étant absent, une délégation a pu exposer les raisons qui amènent les personnels à contester cette décision.
Il s’agit depuis longtemps pour les gouvernements, quelle que soit leur étiquette politique, de ramener les effectifs de la fonction publique à un strict minimum et transférer un certain nombre d’activités vers le privé (restauration, entretien, etc.). Loi de décentralisation et loi Fillon sont les deux parties les plus visibles de ce dispositif.
L’argument du gouvernement consistant à dire que les réductions d’effectifs chez les fonctionnaires aboutiront à faire baisser les impôts est un mensonge. Par contre, moins de travailleurs dans la fonction publique, c’est moins de service public (santé, éducation, poste, etc.), et de moindre qualité. Dans les établissements scolaires, moins de documentalistes, cela signifie: pas d’accès à la documentation durant certaines heures d’ouverture de l’école. Moins de surveillants, cela signifie des dizaines d’élèves livrés à eux même pendant des heures, etc. Cette année, au lycée Rivière Salée, professeurs et élèves ont du mal à trouver des classes ouvertes pour que des groupes d’élèves puissent travailler en dehors des heures de cours. Les élèves sont donc déjà pénalisés.
Alors ceux du lycée de Rivière Salée ont bien raison de se mobiliser non seulement contre les suppressions de postes, mais pour faire face à l’arrogance et au mépris de ces dirigeants. Tous les personnels de la fonction publique, et pas seulement ceux de l’Education nationale auront intérêt à rentrer en lutte.
Guadeloupe
D.D.E. la grève a fait reculer la direction
Le mardi 12 avril les employés de la DDE ont décidé de suspendre leur grève déclenchée le 30 mars dernier à l’appel des syndicats CGTG et FO. La colère était montée suite aux graves dégradations constatées sur les bâtiments de la DDE après les derniers tremblements de terre de novembre et janvier dernier. Les employés de ST- Phy avaient fait jouer leur droit de retrait, réclamant d’être relogés ailleurs. La direction tergiversait et il aura fallu la grève pour qu’elle accepte de reloger ceux de ST Phy. Mais pour l’instant, seuls 30 employés seront relogés sur les 59 concernés. La direction a donné l’assurance que tous seront relogés très vite. La grève générale des services a donc eu du bon. On a compté 60% de grévistes effectifs sur un tout de 700 ouvriers et employés. Mais de fait beaucoup de non- grévistes n’ont pu travailler en raison du blocage des services et des engins énormes qui bloquaient les accès montrant ainsi la colère des grévistes.
Les discussions se poursuivent avec la direction sur les dégâts constatés sur d’autres bâtiments DDE de l’île, sur les risques que fait courir la décentralisation quant aux conditions de travail et à la carrière des agents.
Par ailleurs, les agents protestent fortement contre le fait qu’ils doivent passer les concours ici à quatre heures du matin afin qu’ils aient lieu en même temps que ceux de France qui ont lieu à 9 ou 10 h du matin compte tenu du décalage horaire de 5 ou 6 heures selon les périodes. Evidemment cette « départementalisation horaire » stupide pénalise les participants aux concours qui doivent se lever à 2H ou 3H du matin. Autant dire qu’ils ne dorment pratiquement pas…. Et ce avant un concours!
Les agents de la DDE ont repris le travail, fiers de leur mouvement et contents d’avoir pu commencer à faire reculer la direction et d’avoir pu mettre à plat outre les problèmes de sécurité graves, tous les problèmes auxquels ils ont à faire face dans l’entreprise..
France
Fête de Lutte Ouvrière les 14,15, et 16 mai
Comme chaque année Combat Ouvrier aura une délégation de camarades de Martinique et de Guadeloupe à la fête de Lutte Ouvrière (membre comme nous de l’UCI (Union Communiste internationaliste). L’organisation d’Arlette Laguiller organise cette fête à Presles dans le Val d’Oise, à quelques km de Paris. Des navettes gratuites sont organisées au départ de Paris à la sortie du métro « St-Denis université ». Un stand de Combat Ouvrier vous accueillera comme de nombreux autres stands. Alors, à tous ceux qui se trouvent en France ou dans la région parisienne à ce moment là nous donnons rendez-vous à la fête de Presles.
Guadeloupe
La grève des stations service Esso et Total
Mercredi 13 avril, dans six stations-service d’Esso et de Total les travailleurs se sont mis en grève pour protester contre le non-respect des droits syndicaux. Les patrons ont prélevé sur les salaires des délégués syndicaux leurs heures de délégation. Ils ne respectent pas non plus la convention collective ni les accords qui ont été signés en septembre 2004 sur l’organisation des élections des délégués du personnel. La direction de Total a cédé sur les accords dès le mercredi et celle d’Esso le vendredi. Les travailleurs ont également obtenu le paiement des jours de grève.
Les patrons s’acharnent contre le droit syndical en espérant décourager les travailleurs. Ils n’ont aucun scrupule à ne pas appliquer les droits les plus élémentaires et cherchent à réprimer ceux que les travailleurs élisent pour les défendre. Le personnel des stations-service a eu raison de réagir contre ces attaques et si les patrons ont vite cédé c’est parce qu’ils ont eu peur que la grève se généralise et que toutes les stations soient paralysées. Les directions d’Esso et de Total ont en mémoire les grèves importantes que les travailleurs ont menées il y a quelques années pour défendre une convention collective et la représentativité syndicale dans l’entreprise.
Quand on sait que Total a réalisé en 2004 le plus gros bénéfice jamais réalisé en France, c'est-à-dire 9 milliards d’euros net, on comprend que l’attitude de ces dirigeants à l’égard des travailleurs est tout simplement ignoble!
Jarry
Succès de la grève à Carmo Toyota
La grève commencée à l’appel de l’UGTG le 21 mars suite à l’échec des N.A.O. (négociations annuelles obligatoires) s’est terminée par la signature d’un accord le 8 avril dernier.
Les grévistes ont obtenu:
- une augmentation de salaire de 50 € pour tous;
- l’application de la prime d’ancienneté jusqu’à 16 ans, ce qui peut faire jusqu’à 16 % d’augmentation car la prime est de 1 % par an;
- l’application pour les commerciaux qui ne bénéficiaient pas de la prime d’ancienneté avec une rétroactivité sur les 3 dernières années (2002, 2003 et 2004);
- Une prime de fin d’année pour l’ensemble du personnel car il y avait 6 employés récemment embauchés qui n’en bénéficiaient pas;
- L’augmentation des chèques déjeuner qui passent de 6,86 € à 7,50 €;
- L’augmentation de la prime de transport qui passe de 114 € à 125 €. La grève a été bien suivie par la majorité du personnel et a beaucoup perturbé le fonctionnement de l’entreprise sans qu’il soit nécessaire de bloquer les portes d’entrée. Les employés ont dû faire face à l’arrogance et au mépris de Hayot et il faut noter que la grève est survenue pendant le 30ème anniversaire de Toyota. Les salariés ont repris le travail satisfaits même s’ils savent que d’autres luttes devront être menées pour régler le problème des nombreux contrats en CDD (contrats à durée déterminée) qu’il faudra transformer en C.D.I. (contrat à durée indéterminée).
Basse-terre
Meeting du comité de soutien Lefort - Mathiasin devant un tribunal cerné de policiers
Le comité de soutien à M. Hilaire Lefort et à Fritz et Mathias Mathiasin a dû tenir un meeting de rue le 8 avril dernier devant le tribunal de Basse Terre. Ce jour là M. Lefort était convoqué à l’audience sur plainte de son voisin Babin. Mais le juge en moins d’une minute a constaté qu’il n’y avait aucune raison juridique valable invoquée pour traiter la plainte de Babin. Elle a été tout simplement rejetée. Libre à lui de présenter une nouvelle plainte plus motivée. Mais cela prouve la désinvolture de ce monsieur qui a dépêché les gendarmes chez M. Lefort, gendarmes qui le 4 janvier dernier lui ont fait subir des violences inouïes et injustifiées, (braquage de revolver, menottes, mis en slip, dans un endroit nauséabond toute la nuit à la gendarmerie de Basse Terre. M. Lefort est un homme de 83 ans, malade cardiaque.
Cette décision du tribunal est une première victoire de M. Lefort et de la mobilisation autour du comité.
Les grilles du tribunal de Basse Terre étaient fermées et gardées par des policiers qui ont interdit son accès aux amis et parents de M. Lefort sur ordre du procureur Quincy. Un scandale dans un soi disant Etat de droit! Mais dans la rue et à la sono les membres du comité ont fortement protesté devant la population de Basse Terre qui se rassemblait autour d’eux. Le comité a réclamé la présence du procureur pour explication. Il est venu après l’audience sur le trottoir et a déclaré qu’il devait assurer la sérénité des débats. Procès d’intention. Puisqu’il n’était nullement prévu de manifester à l’intérieur de la salle d’audience.
Le comité a donc publié une lettre ouverte au procureur, saisi le ministère de la justice et saisira les parlementaires pour dénoncer ces pratiques dignes d’une république bananière ou d’une quelconque dictature.
La plainte de M. Lefort contre les violences intolérables et inacceptables qu’il a subies de la part des gendarmes sera examinée ultérieurement après dépôt de plainte et constitution de partie civile contre les gendarmes et contre M. Babin par Maître Rodes défenseur de M. Lefort. Ce qui, soi dit en passant a coûté 2000 euros par plainte, donc 4000 euros que le comité, grâce à la générosité de très nombreux amis a pu rassembler.
Quant à la plainte déposée par Fritz et Mathias Mathiasin contre les violences subies par les gendarmes lors d’une autre affaire, par l’intermédiaire de leur défenseur maître Patrice Tacita, elle sera de même examinée ultérieurement.
LE PROCHAIN RASSEMBLEMENT DU COMITE AURA LIEU LE SAMEDI 30 AVRIL A CAPESTERRE- BELLE -EAU, DEVANT LA MAIRIE, DE 10H A 12H30. PRISES DE PAROLES, SIGNATURES, SOUSCRIPTIONS. VENEZ NOMBREUX!
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