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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 7 mai 2005      N° 924
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Guadeloupe
Après les subventions, il faut exiger la réintrégation de tous les ouvriers licenciés

Au cours de la première quinzaine du mois d’avril, on a pu entendre sur les médias plusieurs représentants des planteurs de Guadeloupe et de Martinique qui réclamaient à cor et à cri que le gouvernement demande lors de la réunion prévue le 19 avril avec les instances européennes pour le fixer, que le montant de l’aide compensatoire soit porté à 31 millions d’Euros. Et au cas où il serait inférieur à cette somme, que le gouvernement obtienne l’autorisation de verser un complément à concurrence des 31 millions d’Euros.
Leurs doléances ont été prises en compte et les patrons de Martinique et de Guadeloupe obtiennent 24 millions de l’Europe et l’autorisation pour le gouvernement d’y ajouter 8 millions. C’est la première fois qu’ils obtiennent autant d’argent d’un seul coup. Et si on ajoute l’OCM banane 2004 plus le contrat de progrès de 25 millions d’Euros sur cinq ans, ce sont 110 millions d’Euros qui tombent sur leurs comptes en banques.
En fait ce n’est pas la première fois que les gros propriétaires de la banane mettent en place tout un scénario pour obtenir de l’argent du gouvernement ou de l’Europe. La première fois c’était en 1992 avec l’occupation du port et de la piste de l’aéroport du Raizet. Ils avaient obtenu 120 millions de francs. Les patrons de Guadeloupe, avaient réussi à utiliser des dizaines d’ouvriers agricoles pour réussir cette opération. Rappelons que loin d’avoir été matraqués par les forces de police et de gendarmerie, ils avaient reçu la visite du préfet en exercice. Par la suite ce fut l’occupation de la SARA en Guadeloupe en 1995. Ce qui leur a rapporté 95 millions de francs. Puis celle du fort Saint-Louis à Fort de France. Et là encore, les condamnations prononcées contre les occupants du fort sont restées plutôt symboliques.
Cette fois il est fort à parier que tous les licenciements, plus de 1000 ouvriers de la banane en Martinique et plus de 700 en Guadeloupe, qui ont eu lieu depuis un peu plus d’un an, ont été préparés de longue date et camouflés par des liquidations judiciaires. Elles n’avaient entre autre but que de dramatiser la situation, en prenant les salariés en otage, ou plutôt comme victimes à sacrifier, pour faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir de l’argent. Il est vrai que cela a aussi du même coup permis aux patrons bananiers des deux îles de se débarrasser des travailleurs les plus combatifs du secteur et de porter un rude coup aux syndicats CGTG et CGTM des ouvriers de la banane.
Mais les travailleurs de la banane licenciés ou en chômage technique n’ont pas l’intention de rester sans réaction. Pour la majorité d’entre eux, les subventions obtenues le 19 avril doit servir à les réembaucher, car on les avait licenciés sous le prétexte qu’il n’y avait pas d’argent. Quitte à se battre farouchement pour cela.



Guadeloupe
Un premier mai unitaire et dynamique

Le premier mai s’est déroulé à Pointe-à-Pitre à l’appel de onze organisations syndicales : la CGTG, la CFDT, la FAEN, FO, la FSU, SNETAA, SNUI, SUD PTT, SPEG, UNSA, UGTG sur le thème:
Vive la lutte internationale des travailleurs! Préparons une riposte de l’ensemble des travailleurs contre l’exploitation et l’oppression!
Ce thème de la manifestation rappelle bien que le premier mai est avant tout une journée internationale de lutte des travailleurs et pas seulement la « fête du travail » comme on le répète souvent. Il s’agit ce jour là pour les travailleurs du monde entier d’exprimer tous ensemble leurs revendications.
Le rassemblement était prévu à 9h à la gare routière de Bergevin et plus de 3000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre sous la pluie. Le cortège est passé dans les quartiers populaires de Bergevin, Miquel, Boulevard Légitimus, Grand-Camp.
Les manifestants scandaient des slogans pour l’augmentation des salaires, contre le chômage, contre le travail du lundi de Pentecôte, contre les attaques aux 35 heures, contre la répression anti-syndicale. Les ouvriers agricoles de la banane syndiqués à la CGTG et dont beaucoup sont licenciés réclamaient leur réembauche suite au pactole donné aux patrons par l’Europe et le gouvernement.
Ce fut donc un cortège dynamique avec les banderoles et pancartes des différents secteurs présents. Tous les manifestants répétaient que c’était une première mobilisation avant celle du 16 mai pour ensuite préparer d’autres mobilisations car les attaques continuent de plus en plus.



Extraits de “l’écho de l’ANPE”

A QUOI SERT LE CRHSCT?
C’est ce que nous sommes en droit de nous demander lorsqu’on sait que la direction a tenté d’étouffer l’agression d’une femme de ménage à l’agence de Saint-François!
En effet, depuis novembre 2004, la femme de service qui travaille à Saint-François, pour le compte d’une entreprise privée, s’est fait agressée par deux individus qui sont entrés dans l’agence, à la recherche semble-t-il d’argent.
La femme de ménage s’en est sortie avec une grosse frayeur, mais ce qui est inadmissible c’est que la direction n’a pas jugé utile d’assurer un suivi immédiat de cette agression. Pire, même les agents de Saint-François ignoraient qu’une agression avait eu lieu dans les locaux contre l’agente de service!

NOTRE DEVOIR: DEMANDÉ DES COMPTES A LA DIRECTION
Il a fallu que la nouvelle de cette agression s’ébruite à l’ALE de Saint-François pour que les chefs se bougent.
Branle bas de combat: mise en place d’un suivi psychologique pour la femme de ménage…
A plusieurs mois de l’agression, il n’était pas trop tôt. Informer immédiatement les représentants du personnel, avertir les collègues, ne pas négliger des événements qui paraissent banals au quotidien, et surtout demander des comptes à la direction, telle doit être notre attitude, systématiquement!



Extraits de “l’écho de l’Aéroport”

SORI: LES TRAVAILLEURS EN GRÈVE POUR LA RÉINTEGRATION D’UNE COLLÈGUE
Mardi 19 avril, la direction annonce à la secrétaire administrative qu’elle met fin à son contrat.
Cette collègue, embauchée d’abord en CDD pour 6 mois, avait poursuivi son travail 6 mois de plus avec la promesse d’une embauche définitive.
Elle avait même renoncé à un contrat indéterminé dans une autre entreprise suite à cette promesse. C’est pourquoi le personnel n’a pas accepté cette décision inique de la direction. Comme un seul homme, tous sont entrés en grève à l’appel d’une intersyndicale UGTG, CGTG et CFDT.

SORI: UNE LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ
A travers le cas de cette collègue, c’est d’une lutte contre l’emploi précaire qu’il s’agit. La direction y a recours au maximum, y compris de manière illégale (cas de plusieurs employés dont l’affaire passe aux Prud’hommes en juin). Cette collègue a travaillé un an à temps plein, et c’est elle qui a mis l’entreprise aux normes européennes.
Maintenant la direction, qui reconnaît l’importance de son travail, prétend que les ordres viennent de Paris, de la SERVAIR, et veut répartir les tâches sur 4 autres agents. Il n’en est pas question.

SORI: UN PATRON RETORS QUI N’A PAS DE PAROLE
Le patron continue de démontrer qu’il n’a pas de parole. Le vendredi il déclare devant le personnel qu’il va signer un contrat à mi-temps pour la collègue. Le lendemain, il prétend n’avoir pas de délégation pour négocier.
Par contre, il est fort dans les basses manœuvres pour tenter de casser le mouvement: il introduit 2 camions sur la piste (sans avoir le permis) et fait appel à 2 agents, 1 de Paris et 1 de Martinique, ainsi qu’à des travailleurs d’Antilles Handling pour distribuer les repas venant de Paris.
Il donne aussi aux gendarmes une liste de gens (les délégués) à ne pas laisser passer en zone réservée, bien que leur badge leur en donne le droit.

SORI: TOUS SUR LA PLATE-FORME, NOUS DEVONS SOUTENIR CEUX DE LA SORI, PAS LE PATRON
Qu’ils viennent de l’extérieur ou de la plate-forme, comme ceux d’Antilles Handling, ceux qui aident le directeur pour quelques misérables euros doivent se rendre compte qu’ils font un sale travail. En fait, ils agissent contre leur propres intérêts, car demain, ils peuvent facilement se trouver licenciés, comme il est fréquent dans le domaine aérien.
Que diraient-ils alors, si au lieu de les soutenir, on brisait leur mouvement? Nous tous devons nous manifester en soutenant ceux de la SORI.

CCI: LA DIRECTION NE RESPECTE PAS LA PARITÉ EN C.P.L.
Lors de la CPL (commission paritaire locale) du 15 avril, le président H. Nagapin annonce qu’il refuse de discuter les points concernant les salaires, pourtant prévus à l’ordre du jour. La CGTG et la CFDT ont donc refusé de siéger dans de telles conditions. Malheureusement d’autres sont restés.
Quant à Mme Koury, au lieu d’affronter les représentants syndicaux, elle a laissé la présidence à un sous-fifre , Nagapin, qui pense pouvoir faire n’importe quoi. Les délégués ont eu raison de refuser ces procédés.

BASES AÉRIENNES (DDE): FIN DE LA GRÈVE
Comme l’ensemble de leurs camarades de la DDE, les travailleurs des Bases Aériennes ont repris le travail. Ils sont satisfaits d’avoir fait reculer la direction sur la plupart des points. Le relogement des collègues de St-Phy est acquis pour 30 d’entre eux dans l’immédiat, et plus tard pour les autres.
Toutefois à Pôle Caraïbe, l’incertitude demeure pour nous. De fait, avec la réorganisation, les Bases Aériennes n’existent plus dans l’organigramme de l’Aviation Civile. Les travaux sur le site pourront être menés par n’importe quelle société privée. La DDE a perdu l’exclusivité. Les discussions continuent et nous restons mobilisés.



Guadeloupe
Les travailleurs de l’hôtellerie menacés

Le groupe Accord avait fait parler de lui en menant une grossière campagne contre les travailleurs guadeloupéens. Ce chantage avait immédiatement obtenu l’effet escompté: une manne de l’état sous formes de défiscalisation et autres aides pour le secteur de l’hôtellerie.
Ce groupe a maintenant décidé de ne conserver qu’un seul hôtel en Guadeloupe: la Vieille Tour ; Novotel, situé à Bas du Fort, sera donc vendu. Il y a un repreneur: la société Gad Israël. Des rencontres ont déjà eu lieu entre les représentants des travailleurs et la nouvelle direction. Celle-ci entend convertir l’hôtel Marissol en appartements et ne gardera en Hôtel que le Novotel, qui lui est adjacent. Cela entraîne une considérable réduction du personnel: beaucoup de salariés de plus de 50 ans seront mis en préretraite. Les négociations ont permis de faire passer le nombre de départs de 80 à 60. Mais ces emplois ne seront pas remplacés. Les deux hôtels employaient jusqu’ici environ 150 personnes.
A Bouillante, l’hôtel de Petite Anse, appartenant au groupe Marie-Gabriel a fermé. Il n’y a pas pour l’instant de repreneur. Un autre hôtel est en voie de fermeture: le Kayela à St François. Cela fait beaucoup d’emplois qui disparaissent, et ceux qui sont ainsi licenciés auront bien du mal à retrouver un emploi.
Les patrons de l’hôtellerie qui ont touché les aides de l’état, ont une stratégie qui consiste à reconvertir les hôtels en appartements: cela réduit le personnel et donc la masse salariale, et leur permet de réaliser des profits encore plus importants.
Il est grand temps que les travailleurs se donnent les moyens d’imposer le contrôle de l’argent public qui est distribué pour le seul profit des grosses sociétés capitalistes et d’interdire les licenciements dans des entreprises qui marchent bien.



Martinique
Les travailleurs ont manifesté le premier mai

A l’appel des organisations syndicales, la CGTM, la CGT-FSM, la CDMT, la CSTM, FO et les syndicats des enseignants, des travailleurs du privé et du public se sont retrouvés ensemble à plus d’un millier dans les rues de Fort de France.
Le cortège a démarré avec une bonne délégation des ouvriers du bâtiment de la CGTM suivi du commerce qui a su mobiliser plus de travailleurs que l’an dernier. Les dockers comme d’habitude ont formé une bonne délégation. Les travailleurs de la santé, des ouvriers agricoles, des PTT, des municipaux ont pris part au cortège et lançaient les slogans en chœur. Les enseignants étaient aussi présents et reprenaient les slogans lancés par les délégations du privé.
Ainsi, durant tout le parcours de la manifestation, on pouvait entendre à plusieurs reprises des slogans hostiles à la politique du gouvernement et du patronat, comme:
- Pa minyin jounin pancôte nou an, (ne touchez pas à notre journée de Pentecôte);
- 150 € d’augmentation pour tous;
- Non aux licenciements;
- Non au démantèlement des services publics;
- A bas la politique scélérate du gouvernement et du patronat - A bas le capitalisme!.
A la fin de la manifestation, on pouvait noter la présence du PPM qui lançait des slogans en faveur de l’autonomie, mais aussi quelques slogans contre la politique du gouvernement.
La manifestation s’est terminée par l’Internationale et un appel des organisations syndicales aux travailleurs pour rester solidaires et se préparer à de prochaines luttes.



Extrait de “l’écho des assurances”

PAS QUESTION DE TRAVAILLER LE LUNDI DE PENTECOTE
La direction de la MAIF entend nous faire travailler le lundi de Pentecôte sous prétexte que l’éducation nationale a choisi ce jour là. Mais la plupart des syndicats enseignants appellent à boycotter cette soi-disant journée de solidarité. A la MAIF même les syndicats CGT et CFDT du siège ont appelé à une grève ce jour là en mettant en avant plusieurs revendications.
En Guadeloupe les syndicats appellent les travailleurs à la désobéissance et au boycott de cette journée. Nous ne devons pas être les éternels boucs émissaires pour pallier les carences du gouvernement face au problème de la canicule.



Grève des agents communaux à Capesterre de Marie-Galante

Depuis le lundi 25 avril 2005 le personnel communal de Capesterre Marie-Galante a entamé un mouvement de grève à l’appel de la CGTG. Ils avaient déposé un préavis de grève à compter du 18 avril comme le prévoit la loi. En principe le maire aurait dû entamer les négociations. Mais comme cela se passe souvent le maire fait la sourde oreille et les agents sont obligés de se mettre en grève pour obtenir satisfaction.
Il y a 18 points de revendications mais les plus importantes portent sur le respect de dispositions légales concernant les agents: problème de titularisation d’un conducteur, intégration au grade d’agent administratif ou agent technique pour d’autres employés, respect de la notation, des réunions statutaires (Comité Technique Paritaire), mise en application légale de l’ARTT, amélioration des conditions de travail…
Le mardi 26 avril le maire avait entamé des négociations et les grévistes étaient arrivés à un accord sur les trois premiers points, au 4ème point elle a levé la séance et a interrompu les discussions.
On constate que tous les maires ont la même attitude méprisante vis-à-vis du personnel communal. Au lieu de discuter des problèmes et d’appliquer la loi, les maires préfèrent s’en prendre aux agents sous prétexte qu’ils n’ont pas le budget pour leur donner satisfaction. Mais on ne les entend jamais protester auprès de l’Etat ou de son représentant de l’insuffisance de leur budget. Il leur est plus facile de s’attaquer aux droits des agents.
Le lundi 2 mai les gendarmes sont intervenus accompagnés du maire pour dégager l’entrée de la cantine bloquée. Après discussion les grévistes ont fait voir aux gendarmes qu’il n’y avait aucune entrave et ils sont repartis.
Les négociations ont repris le mardi 3 mai. Au moment où nous écrivons les grévistes étaient en suspension de séance dans l’attente d’un fax de la préfecture pour le contrôle de légalité.




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