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Guadeloupe
Mobilisation des salariés et étudiants du CFTS
Cela fait déjà plusieurs mois que des problèmes existent au sein du CFTS (Centre de Formation des Travailleurs Sociaux). Une première fois les étudiants en formation à Pointe-à-Pitre s’étaient mobilisés car il y avait des problèmes concernant les stages et également le contenu de la formation. Ils se sont mobilisés de mars à avril. Ils ont interpellé les responsables de la Région car avec la décentralisation, l’Etat s’est désengagé sans donner les moyens financiers suffisants à la Région. Les étudiants de Basse-Terre se sont également mobilisés au mois d’avril.
Maintenant c’est au tour des salariés (formateurs, enseignants) de se mettre en grève depuis le début du mois de mai car ils ne sont pas payés depuis 2 mois. Les intervenants extérieurs également sont mobilisés car ils ne sont pas payés depuis près de 5 mois.
C’est tout un secteur d’activité qui est en difficulté. Les grévistes ont en face d’eux une association (CFTS) qui est en cessation de paiement. De gros problèmes existent sur le plan pédagogique et aussi au niveau de la gestion financière de l’association. Il se pose le problème de la pérennité de toute une profession: le secteur de la formation en Guadeloupe. A plusieurs reprises les grévistes ont interpellé la Région qui est leur seul interlocuteur, la directrice du CFTS ayant dernièrement fait appel aux forces de l’ordre sous prétexte qu’elle était séquestrée.
Au moment où nous écrivons une réunion est prévue le mardi 31 mai avec les représentants de la Région, de la DSDS, du Rectorat, du NASEA (service qui regroupe tous les responsables de structures dans le département), le syndicat des directeurs, l’AGFTS (Association Guadeloupéenne de Formation des Travailleurs Sociaux qui gère le CFTS) et le collectif qui regroupe les étudiants et les salariés en grève. Il s’agit de mettre à plat tous les problèmes du secteur. Les travailleurs attendent beaucoup de cette réunion et espèrent trouver des interlocuteurs qui règlent réellement leurs problèmes. La Région a fait un audit général pour connaître réellement les besoins du secteur. Mais en attendant il y a des salariés qui n’ont pas été payés et qui se battent pour défendre leur emploi. Pour le moment ils occupent le Centre 24 heures sur 24 et ont besoin du soutien de l’ensemble des travailleurs.
Martinique
Clinique Sainte Marie: manifestation pour garantir les emplois
La clinique Sainte-Marie compte trois hectares de terrain, une crèche, un centre médical. Son chiffre d’affaires annuel est de 14 millions d’euros. Environ 11000 personnes sont soignées dans cet établissement qui emploie près de 250 salariés.
Depuis 2004 cette clinique est en redressement judiciaire. Sa dette s’élève à 1,7 millions d’euros de dettes fiscales et 6,740 millions d’euros de dettes sociales dont 932 908 euros de cotisations ouvrières.
Ainsi depuis plusieurs mois, le personnel de cette entreprise est sous le stress de la menace de fermeture. En 2004, il y a eu des licenciements sous forme de départs volontaires et des mises à la retraite pour diminuer la masse salariale.
Le 19 mai 2005, le ministre des solidarités, de la santé et de la famille, Philippe Douste-Blazy avait évoqué l’éventualité d’un effacement de la dette.
Devant l’inaction de l’administration et la poursuite de la procédure de redressement, les salariés préoccupés par le maintien de leur emploi ont décidé avec l’intersyndicale de l’établissement composée de la CDMT, le CFE/CGC, la CGTM et la CSTM un mouvement de grève le jeudi 26 mai dernier, reconductible le lendemain.
Le vendredi 27 mai, les salariés, en majorité des femmes, ont dressé des barrages au rond-point de la clinique Sainte-Marie dès 5H30. Aux environs de 8 heures, l’administration, inapte à trouver des solutions à ce problème depuis 2004, a été prompte à la répression, les forces de l’ordre balayant le barrage et refoulant les salariés vers l’entrée de la clinique.
Mais cette mobilisation a obligé l’administration à donner une réponse aux salariés. En effet, le directeur de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation mandaté par le ministère de la santé a confirmé par écrit l’apurement des trois quarts de la dette sociale. Un quart doit être négocié avec la Caisse de sécurité sociale. Pour les dettes fiscales, le directeur général de l’établissement doit se rapprocher du trésorier payeur général et du directeur des services fiscaux pour trouver une solution.
D’autre part les praticiens de la clinique ont accepté l’augmentation de leur redevance qui était jusqu’alors sous évaluée car elle ne correspondait pas aux prestations qu’ils consommaient au sein de la clinique.
Il a donc fallu un coup de colère des salariés avec barrage de routes pour que l’administration inerte apporte des solutions qui permettent le maintien des emplois. En effet, d’après les gestionnaires de la clinique et le directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation, après l’apurement des dettes, l’entreprise tendra vers un équilibre financier en 2005, et en 2006 l’établissement fera à nouveau des bénéfices. L’entreprise devrait donc poursuivre ses activités.
Une fois de plus l’administration a montré dans quel camp elle se trouve car elle ne cherche jamais à établir la responsabilité des gestionnaires qui accumulent des dettes fiscales et sociales mais elle s’empresse de vouloir les effacer sous la menace de suppression d’emplois.
Favoriser le licenciement des salariés, renflouer les patrons pour assurer les profits futurs voilà toute la politique de l’administration et du pouvoir.
Martinique
L’ADARPA en redressement judiciaire
L’ADARPA est une association privée qui apporte une assistance aux personnes âgées et dépendantes. Elle compte environ 250 salariés. Comme elle remplit une mission « reconnue d’utilité publique », son financement est assuré en partie par des organismes sociaux et par le Conseil Général.
Compte tenu des difficultés de trésorerie rencontrées depuis plusieurs mois par cette association, le tribunal de commerce de Fort de France a prononcé sa mise en redressement judiciaire avec une période d’observation pour vérifier que la poursuite de l’activité est économiquement viable. Bien évidemment, les salariés sont inquiets. Mais pas seulement eux. Les bénéficiaires des prestations également.
Le Conseil général aussi a manifesté son inquiétude, car c’est cette collectivité qui est en charge des questions sociales. Et une disparition de cette association dotée d’un personnel formé et qualifié le placerait dans une situation délicate car il devrait trouver des solutions dans l’immédiat.
L’Etat et les collectivités comme le Conseil Général sont bien contents de pouvoir compter sur ce type d’association pour s’exonérer d’une mission de service public: l’aide et l’assistance aux personnes âgées. C’est pour eux un moyen pratique de ne pas embaucher et de laisser à l’initiative privée le soin d’organiser la vie sociale de ces personnes. Le risque de voir disparaître une association dont le rôle est indispensable et reconnu met en lumière les manquements de l’organisation sociale actuelle: le refus des pouvoirs publics de prendre en charge des besoins sociaux de la population et leur engagement sans limite aux côtés des patrons à qui ils déversent à flots continus des subventions et autres aides financières. Une des exigences des travailleurs et des classes laborieuses doit être la prise en charge de ces besoins dans les budgets de l’Etat et des collectivités.
En attendant, il faut exiger des pouvoirs publics la mise en place de mesures pour préserver et pérenniser les emplois de l’ADARPA.
Licenciements des aides à domicile
En réduisant le montant de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, le Conseil Général de la Guadeloupe prive de nombreuses personnes de leur emploi. Cette allocation permettait d’assurer un salaire à des aides à domicile. Ces emplois sont pourtant utiles quand on considère que de nombreuses personnes âgées et handicapées ne sont pas soignées dans le milieu médical. Elles sont obligées de vivre à domicile dans des conditions difficiles bien souvent à la charge de leurs familles. Certaines vivent seules et sont privées de soins. Dans ce secteur les besoins sont donc réels et urgents. Pourquoi réduire le personnel? Quand on entend des responsables politiques ou des représentants du gouvernement parler de mesures à prendre pour diminuer le chômage on se rend compte à quel point ils sont hypocrites.
Ste-Anne (Guadeloupe)
Grève des travailleurs des Jardins de Courcelles
Depuis le 9 mai dernier, les salariés des Jardins de Courcelles sont en grève à l’appel de l’UGTG, pour réclamer la réintégration d’un collègue licencié abusivement. Selon les grévistes la direction veut licencier un employé sous le motif de « manque de vigilance ». Que s’est-il réellement passé?
La direction reproche à cet employé qui est à la fois à la caisse et à la vente de ne pas avoir vu que deux clients tentaient de voler des plantes alors qu’ils passaient à la caisse. En réalité les voleurs ont été repérés et ont dû payer les plantes qu’ils voulaient voler. Il n’y a donc eu aucun préjudice pour l’employeur mais il s’en prend à l’employé qui est accusé de ne pas avoir été assez vigilant. Ses collègues outrés par les manœuvres de la direction ont débrayé. Ceux qui le soutiennent ont également reçu des lettres d’entretien préalable au licenciement.
Le directeur des Jardins de Courcelles traite les salariés avec mépris et est accusé par ces derniers d’être raciste. Il refuse d’organiser des élections de délégués du personnel alors que l’effectif le permet sous prétexte qu’il ne veut pas reconnaître l’UGTG qui ne serait pas représentative. Il y a en effet 11 salariés dont 7 en grève et 4 non grévistes.
Pour le moment une première rencontre a eu lieu sans résultat. Lors d’un autre rendez-vous, le directeur avait promis de visionner une cassette mettant soi-disant en cause l’employé licencié. Puis finalement il n’est pas venu au rendez-vous. Il prétend que les non grévistes ne veulent pas voir l’employé. Il a embauché des vigiles, des chiens et des briseurs de grève, ce qui est illégal.
Mais les grévistes restent déterminés et décidés à faire reculer leur patron.
Capesterre de Marie-Galante
Succès de la grève des communaux
Le 19 mai dernier un protocole d’accord était signé entre les grévistes et le maire sous la médiation de R. Sorèze, Directeur du Centre de Gestion de la Fonction Territoriale de Guadeloupe. Deux séances ont été nécessaires pour aboutir à un accord. Une première le 12 mai et l’autre le 19 mai. La grève avait débuté le 25 avril à l’appel du syndicat CGTG des Communaux.
Les grévistes ont obtenu satisfaction sur la plupart des points de revendications qui étaient le respect de dispositions légales pour certains agents: il s’agissait de la titularisation d’un conducteur, l’intégration au grade d’agent administratif ou agent technique pour d’autres, la notation, la NBI (nouvelle bonification indiciaire), les réunions statutaires, l’amélioration des conditions de travail, la mise en application légale de l’ARTT. Les grévistes obtiendront la titularisation d’un agent dans le cadre d’emploi des conducteurs territoriaux à compter du 1er juin 2005. Par contre le maire va maintenir son refus de l’intégration de deux agents dans le cadre d’emploi des Agents techniques estimant que la demande n’est pas fondée en droit.
Le médiateur propose la réorganisation de la Caisse des Ecoles pour régler le problème des horaires réellement effectués par les agents. Pour la NBI, des rappels de salaire seront effectués à compter du 1er janvier 2001. Un accord est intervenu pour que l’ARTT soit appliquée correctement. Le problème de la notation a été revu également.
La plupart des points auraient pu être acceptés beaucoup plus tôt sans que les agents fassent une grève aussi longue puisqu’il ne s’agissait que de dispositions légales, mais Madame le Maire comme tous les élus ou patrons veut contraindre les travailleurs à la lutte, pour leur faire payer leur volonté d’améliorer leurs conditions de travail. Et la plupart du temps c’est sur le dos des agents que les élus tentent de régler leurs problèmes de trésorerie au niveau de la commune.
La tendance actuelle est de ne pas payer les jours de grève même si les grévistes ont raison, mais ces derniers ont malgré tout obtenu un bon étalement des retenues. Si ce n’était pas la cerise sur le gâteau, c’est un moindre mal.
La grève a donc été suspendue le 19 mai et un comité de suivi a été mis en place afin de suivre l’application des différents points actés dans le protocole.
Le scandale de la réduction de l’allocation personnalisée d’autonomie
Le Conseil Général de Guadeloupe a réduit l’aide qui était accordée aux personnes âgées et handicapées. Avec la décentralisation l’Etat qui a fait voter «l’APA» avait basculé sur les départements les dépenses occasionnées par cette allocation.
Le président du Conseil général Jacques Gillot a déclaré que la collectivité avait été trop généreuse en attribuant cette aide à ceux qui n’en avaient pas besoin!!?? Selon lui il y aurait eu des abus. Le président du Conseil Général plutôt que de réclamer davantage d’aides à l’Etat pour que le maximum de personnes âgées et handicapées soit mieux prises en charge, cherche des justifications pour faire des économies sur le dos de ces personnes. Ceux qui ont eu droit à ces aides ne sont pas des riches. S’il est vrai que les revenus ne sont pas les mêmes pour tous, cela ne signifie pas que le soutien matériel pour obtenir un personnel de soins à domicile est un luxe. Quand on sait le coût que représentent de tels soins il faut vraiment être riche pour assurer ces frais. Le président du Conseil Général ne parle pas d’abus et trouve normal que des aides soient généreusement accordées à des gros propriétaires fonciers de la banane ou à des industriels comme Damoiseau. Quand il s’agit des riches l’Etat ou le département ne lésinent pas sur les aides financières. Mais les aides publiques aux personnes nécessiteuses sont de plus en plus réduites. Les personnes âgées et handicapées ne verront pas leur sort s’améliorer. On a vu en France comment des personnes âgées ont perdu la vie en 2003 à cause du manque de soins au cours de la canicule. Et l’Etat veut faire payer aux salariés une partie des aides aux handicapés et aux personnes âgées en récupérant la journée de la Pentecôte tout en déclarant que ce ne sera pas suffisant. Cela signifie qu’il demandera encore des sacrifices aux travailleurs et à la population ou bien de faire payer les vrais riches.
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