logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 4 juin 2005      N° 925
Sommaire > Page précédente > Accueil > Archives > e-mail 

Page 4

Martinique - Guadeloupe
Référendum. Abstention massive

En Guadeloupe, sur 289.402 inscrits seuls 64.290 se sont prononcés, soit 77.78% d’abstentions. Pour le oui on compte 58,60%. Pour le non on en compte 41, 40%. Au total, plus de 250.000 électeurs ont refusé de cautionner et la constitution et le gouvernement et les politiciens de tous bords qui la défendaient.
En Martinique aussi, l’abstention fut massive (71,6%). Seuls 77.252 électeurs sur les 272.339 inscrits se sont rendus dans les bureaux de vote. La participation n’a donc été que de 28.37% soit de 4 points supérieure à celle de 1992, année du référendum pour le traité européen de Maastricht. Le «oui» a emporté 69.03 % des suffrages soit 48.179 voix. Mais au total, ce sont 217.000 qui ont eux aussi, rejeté la constitution européenne et exprimé leur condamnation et leur méfiance envers le gouvernement de Chirac-Raffarin, mais aussi envers les représentants de tous les partis de gauche qui appelaient à voter Oui.



Différend CFDT/CDMT: un départ qui ne fait rien perdre aux travilleurs, au contraire!

On avait appris il y a quelques mois que certains militants de la Centrale Démocratique Martiniquaise du Travail (CDMT) avaient décidé de quitter la centrale au motif que ce syndicat était en fait dirigé par des militants du GRS. Ces dissidents reprochaient à leurs camarades de «mélanger politique et syndicalisme».
Profitant du 9ème congrès de la CDMT qui s’est tenu fin mai 2005 à Rivière Pilote, la presse est revenue sur cette scission, donnant largement la parole à ceux qui ont décidé de partir.
Cette décision des dissidents qui brandissent le drapeau de l’indépendance syndicale par rapport aux partis politiques est purement et simplement hypocrite.
On l’a vu en France en 1995 avec le soutien de Notat à Juppé, puis en mai/juin 2005 lors de la réforme du système des retraites avec l’implication de Chérèque en faveur de Raffarin, la CFDT a été le plus fidèle soutien du gouvernement de Chirac dans ses attaques contre les travailleurs. Et donc, on a très clairement vu des dirigeants syndicaux avaliser des décisions politiques sans que cela ne choque certains militants locaux de la CDMT. Ces derniers assument, comme les dirigeants nationaux de la CFDT, le rôle de relais des patrons et du gouvernement pour faire passer les mauvais coups de ces derniers: retraite, décentralisation, jour férié supprimé, baisse des moyens aux services publics, etc. Ils plaident pour que les travailleurs fassent des sacrifices pour sortir de la crise économique, au nom du soi-disant réalisme.
Leur départ de la CDMT n’est donc pas une surprise. Ces gens là se sentaient mal à l’aise. Ils refusaient en fait de lutter contre les exploiteurs et le gouvernement. Par leur décision de créer l’Union Interprofessionnelle de la Région Martinique (UIRM/ CFDT), ils se démarquent, s’exposent et s’identifient plus clairement aux yeux des travailleurs.
Les travailleurs comme des collaborateurs de classe de la bourgeoisie, compte tenu de la filiation que ces scissionnistes revendiquent, n’ont rien à attendre de ces soi disant syndicalistes indépendants qui sont bien marqués politiquement et très appréciés par les patrons.



Guadeloupe
Le Comité de soutien Lefort-Mathiasin demeure mobilisé

Le comité de soutien Lefort-Mathiasin poursuit ses actions pour sensibiliser la population sur les brutalités policières dont ont été victimes M. Hilaire Lefort, Fritz Mathiasin et Mathias Mathiasin. Après des interventions publiques à Pointe-à-Pitre puis à Basse-Terre, il se mobilise dans les communes. Le samedi 7 mai les membres du comité ont installé une tente devant l’église de Capesterre Belle Eau pour accueillir le public. Des intervenants ont expliqué les faits. Plusieurs personnes ont signé la pétition de soutien et participé à la souscription. La même mobilisation est prévue à Sainte-Rose le samedi 4 juin. D’autres communes ont été programmées. A chacune de ces manifestations, ce sont des milliers de tracts qui sont diffusés dans la population et l’opinion n’est pas insensible à de telles violences policières qui ont déjà touché d’autres victimes. Le cas de M. Hilaire Lefort est plus particulièrement révoltant du fait qu’il est âgé de 83 ans et souffre d’insuffisance cardiaque. Mais il a prouvé qu’il était capable de réagir et de protester contre le comportement méprisant et violent des gendarmes de Basse-Terre auxquels il a eu affaire. Fritz Mathiasin et Mathias Mathiasin ont été traités avec la même brutalité et le même mépris par des gendarmes du Lamentin. Ils n’ont pas hésité à faire appel au comité de soutien.
C’est grâce à la mobilisation du comité que la justice a reculé et que la plainte de M. Babin contre M. Lefort n’a pas été retenue. M. Babin, c’est cet homme qui a eu un conflit de voisinage avec M. Lefort et qui a fait intervenir les gendarmes. Ces derniers ont agi de façon illégale. Lors de l’audience du 8 avril, le président du tribunal après avoir constaté «que la convocation délivrée par Officier de Police Judiciaire ne comporte pas le visa des textes de prévention et de répression, l’a déclarée nulle. Il reste à la justice de se prononcer sur les plaintes déposées par M. Lefort et les Mathiasin contre les violences policières dont ils ont été victimes. Le Ministre de la Justice et le Secrétaire d’Etat des départements d’Outre Mer ont été informés sur cette affaire. Ils ne sont pas restés indifférents et ont répondu au Comité. L’ensemble de la presse locale et nationale ainsi que les associations humanitaires a été également informé. Le comité demeure vigilant et compte aller jusqu’au bout pour exiger la condamnation des auteurs de ces violences policières.



Les autorités dominicaines expulsent massivement des travailleurs Haïtiens

Plus de 3000 Haïtiens ont été refoulés de la République Dominicaine durant la deuxième quinzaine du mois de mai dans des conditions infectes. Cette vaste opération de reconduction à la frontière a été décrétée par les autorités dominicaines à la suite du meurtre, le 9 mai dernier, d'une commerçante dominicaine dans la région de Monte Cristi, zone frontalière du nord de l’île. La rumeur a impliqué un Haïtien et les opérations de chasse aux sorcières ont commencé le mardi 10 mai. Les résidences de beaucoup d'Haïtiens ont été incendiées dans la région. Certains habitants de la zone ont affirmé qu’ainsi ils résolvaient les problèmes de l’émigration haïtienne.
Ils ont été relayés par les autorités policières et militaires qui durant plusieurs jours ramassèrent tous ceux qui ne ressemblaient pas à un Dominicain en bonne et due forme et les ramenaient de l’autre côté de la frontière. La mairesse de la ville de Dajabon, poste frontière entre Haïti et Saint Domingue, a souligné «la volonté du gouvernement dominicain de contrôler la présence des Haïtiens sur son territoire et de garantir la sécurité et la souveraineté de la République Dominicaine tout le long de sa frontière avec Haïti.»
Cela a ouvert la porte à toutes les brutalités. Les enfants et les femmes ont été maltraités, et des Dominicains d'origine haïtienne ont été déportés en dépit du fait que ces derniers ont présenté des pièces d'identité légales.
Les sentiments xénophobes ont été entretenus depuis des décennies par les dirigeants dominicains, depuis l’époque où le dictateur dominicain Trujillo versait au dictateur haïtien Duvalier une somme pour que les travailleurs haïtiens aillent trimer dans les «bateys» de Saint Domingue pour couper la canne et enrichir les bourgeois dominicains vendeurs de sucre.
Depuis lors, l’exploitation des travailleurs haïtiens est toujours la même comme l’explique une propriétaire terrienne «comme exploitante agricole, je suis obligée chaque année de louer cette main d’œuvre, car le paysan dominicain est devenu exigeant et difficile, à juste titre. Comment peut-on faire vivre une famille avec cent pesos par jour. En ville avec une mototaxi en deux voyages vous avez réalisé cette somme et au-delà. Pourquoi les Haïtiens acceptent-ils ces cents pesos? Parce qu’ils dorment dans les fermes, à l’air libre si nécessaire. Beaucoup n’ont pas de famille à entretenir, ils consomment la nourriture la moins chère qu’ils trouvent (pour un dominicain si le riz n’est pas bon il ne le mange pas), ils ne dépensent pas en vêtements, meubles ou électricité, eau, télévison. Je crois qu’il est facile de voir comment pour eux ce salaire de cent pesos n’est pas si mal».
Le raisonnement de cette bourgeoise dominicaine, le mépris qu’elle affiche pour les travailleurs sont ceux de tous les bourgeois, qu’ils soient de Saint Domingue, de Guadeloupe ou d’ailleurs. Ils ne doivent au travailleurs qu’une triste photocopie de la vie, une vie au rabais à trimer au service de la bourgeoisie, au service du capital.
Ces opérations de ratissage ont été menées au moment même où les gouvernements de Saint Domingue et d’Haïti réalisent ce qu’ils nomment une «conférence de solidarité dans le but de consolider les liens entre ces deux peuples». Ce qui signifie resserrer les liens entre les deux bourgeoisies sur le dos des travailleurs.



République dominicaine: la presse sous contrôle

Les journalistes de la république Dominicaine ainsi que l’organisation «Reporters sans frontières» se sont élevés contre une décision du président Leonel Fernandez qui menaçait la liberté de la presse. Il s’agissait d’interdire toute couverture d’éventuels désastres naturels tels que tremblements de terre, inondations… sans approbation préalable du gouvernement, sous prétexte d’éviter les paniques.
Certains ont vu dans ce décret un retour à la dictature de Trujillo, qui a gouverné le pays d’une main de fer entre 1930 et 1961.
Face à l’opposition, le gouvernement a reculé, mais entend toujours réglementer la TV et la radio. Les libertés démocratiques, et nous en passons, sont régulièrement mises à mal dans ce pays par les dirigeants au service d’une bourgeoisie qui bâillonne la population, les syndicats ouvriers, et met à l’index les opposants.



TOGO
Le dictateur s’installe avec la bénédiction de la France

Faure Gnassingbé, fils de l’ex-dictateur du pays, le général Eyadema, s’est fait élire le 24 avril. Ce simulacre d’élection s’est déroulé suite à la révolte de la population. Elle n’acceptait pas que le fils du dictateur s’installe au pouvoir à la mort de son père. La répression menée par l’armée a été sanglante. Elle se poursuit encore. On estime qu’elle a déjà fait plus de 800 morts et plus de 4500 blessés. 30 000 togolais se sont réfugiés au Burkina, au Ghana et au Bénin pour fuir la violence de l’armée. Pour plaire à l’opinion internationale et à quelques opposants, Faure Gnassingbé a organisé son élection. Le CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) que dominent les dictateurs du Nigeria et du Burkina a dépêché 150 observateurs. Une fraude massive fut mise en place et cautionnée. Un expert a dénombré 900 000 électeurs fictifs, dont plus de la moitié dans les régions favorables à Faure. Dans ces régions le taux de participation était de 99%, alors que dans les grandes villes il tombait à 35%. En outre des bulletins pré-imprimés favorables à Faure circulaient, des urnes ont été enlevées par l’armée.
Cette parodie de démocratie n’a pas empêché l’OUA (Organisation de l’unité africaine) de reconnaître ce jeune dictateur. La France et UE (Union européenne) l’ont également fait. La France principal bailleur de fond de ce pays, apporte son soutien au dictateur. Entre la démocratie et les intérêts des capitalistes français qui exploitent le Togo, les autorités françaises ont choisi ces derniers. Ils soutiennent Faure et lui donnent les moyens de protéger en retour l’intégrité et les intérêts des bourgeois français au Togo. C’est ainsi que s’expliquent les réactions anti françaises qu’il y a déjà eu au Togo.
Décidément l’impérialisme français ne recule devant rien lorsque ses intérêts sont en jeu. Il a toujours soutenu les pires dictatures africaines, de Bokassa, à Mobutu en passant par «notre ami le roi» (Hassan II) et autres massacreurs. Chirac ne renie rien puisqu’il ne cesse de rappeler que le défuin Eyadema était son “Ami personnel”.



Guadeloupe
Les travailleurs n’ont pas travaillé le lundi de Pentecôte, tant mieux!

L’ensemble des salariés du privé et du secteur public a réagi contre la loi que le gouvernement a votée pour la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié.
Sous prétexte de venir en aide aux personnes âgées et aux handicapées le gouvernement a imposé que les salariés travaillent ce jour là sans salaire. A l’appel de l’ensemble des syndicats les salariés ont refusé de travailler. Des syndicats avaient appelé à la grève d’autres à la désobéissance civique. La majorité des salariés ont suivi les mots d’ordres. Dans la fonction publique la grève a été totale. Les cantines, les écoles n’ont pas fonctionné. La grève n’a pas été très suivie également à la poste, aux télécoms, à l’EDF. Dans le secteur privé les travailleurs ont également cessé le travail. Les commerçants n’ont pas ouvert leurs magasins. La zone industrielle de Jarry était pratiquement déserte. Les grandes surfaces qui étaient ouvertes ont fonctionné avec un personnel réduit. Cette attaque du gouvernement a été plus fortement ressentie ici car le lundi de Pentecôte est une occasion de se détendre et de se rassembler en famille sur les plages. Les salariés ont fait savoir grâce à cette forte mobilisation qu’il n’était pas question pour eux de renoncer à cette tradition.




Sommaire > Page précédente > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2005 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!