|
Sommaire > Page précédente > Page suivante > Accueil > Archives > e-mail
Page 2
La tarification des hôpitaux à l’activité
En 2005, les budgets hospitaliers sont préparés par l’A.R.H en fonction des règles de fonctionnement des hôpitaux découlant de la loi de financement de la Sécurité sociale votée au parlement français en juillet 2003.
Cette loi avait été présentée par le gouvernement Chirac-Raffarin-Fillon, pour résorber le déficit de la Sécurité Sociale. Elle prévoyait notamment un changement du mode de financement des hôpitaux.
Depuis 2004, au lieu du financement par dotation globale établie en fonction des besoins de fonctionnement de l’hôpital, le financement est effectué en fonction de l’activité de l’hôpital. C’est la tarification à l’activité dite aussi «T2A». Il s’agit donc désormais de «mesurer cette activité». Le financement de l’hôpital est fait sur la base de tarifs nationaux tenant compte des dépenses faites pour soigner des groupes homogènes de malades (GHM) pendant une durée de séjour homogène, groupe homogène de séjour (GHS) quel que soit l’établissement hospitalier. Ainsi l’activité venant des actes médicaux et autres activités de soins, effectués sur des malades relevant de l’un des 700 groupes de pathologies répertoriées, est financée en fonction du tarif établi selon un coût plus ou moins élevé.
Ce système est complexe et même les professionnels ont du mal à s’y retrouver. D’autant qu’il leur est demandé de «coder» tous les actes et les soins qui sont faits dans l’établissement pour ne pas perdre de l’activité et ne pas pénaliser le financement de l’hôpital. Ainsi, pour obtenir un financement important, un hôpital doit désormais, justifier d’une forte activité, c’est à dire, faire des actes médicaux «à forte valeur ajoutée» et augmenter sans cesse sa productivité, c'est à dire accroître la rentabilité dans tous les domaines. Une partie du budget alloué aux missions d’intérêt général de l’hôpital, reste financée par une dotation forfaitaire.
Pour mieux faire passer sa loi, et éviter une levée de boucliers chez les professionnels de santé du public, le gouvernement Chirac-Raffarin-Fillon avait prévu que l’application serait faite progressivement. Ainsi, en 2004, 10% du budget des hôpitaux était fonction de leur activité, et en 2005, la part du budget financée à l’activité est passée à 25%, ainsi de suite. Et déjà les conséquences deviennent difficilement gérables pour les directions, qui voient leurs budgets s’effondrer, à tel point que les Conseils d’administration de certains établissements refusent de voter de tels budgets.
Cette nouvelle loi transforme l’hôpital en «entreprise» et le patient en «client». Il apparaît clairement que ce n’est pas l’ensemble de la population qui profitera de ces changements. Bien au contraire! Ce n’est pas le personnel de santé non plus, lui qui verra à coup sûr ces conditions de travail se dégrader! Les seuls qui en tireront profit, ce sont les gros capitalistes qui pourront investir dans les secteurs privés rentables, en laissant au secteur public, la pénurie et le délabrement.
Mettre un terme aux violences, à la barbarie exercées par des hommes contre les femmes!
Après 10 jours de souffrances atroces, une jeune femme de 28 ans, Sandra Cadet-Petit est morte dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 juin suite aux violences exercées par son ex-ami. Les faits remontent au lundi 13 juin à 7 h 30 en pleine rue de Fort de France, à proximité de son lieu de travail, la mairie de Fort de France, où son assassin, Roberto Mariello âgé de 29 ans, lui aussi employé à la mairie de Fort de France, l’a aspergée d’essence avant d’y mettre le feu avec son briquet. La victime coincée dans sa voiture n’a pas pu échapper aux flammes. Ce geste odieux et criminel a pour origine dit-on la jalousie. L’homme, d’après les passants, avait préparé son coup. Il ne s’agirait pas d’un acte impulsif disent certains, mais d’un geste prémédité. La victime, brûlée au 3ème degré sur plus de 58 % de la surface corporelle, a été transférée au CHU de Lille. Elle est décédée au bout de 10 jours. La jeune femme était la mère d’une petite de 4 ans. Durant toute la journée du jeudi 23 juin, sur les ondes de la radio RFO, des hommes et des femmes se sont relayés pour témoigner leur colère, leur indignation, leur révolte contre cet acte odieux et tous ceux qui ont été perpétrés ces derniers mois contre des femmes. D’autres allaient jusqu’à faire part de leurs idées rétrogrades, affirmant qu’il fallait rétablir la peine de mort, comme si plus de barbarie pourrait changer quelque chose dans cette société injuste. Mais est-ce que la justice, dans le cadre du système actuel, c'est-à-dire la justice bourgeoise, pourra mettre fin à ces différentes violences? Nous révolutionnaires socialistes nous ne le pensons pas. Bien sûr en mettant ces énergumènes en prison et en leur infligeant des peines sévères, les femmes victimes de violences conjugales seront au moins à l’abri de ces minables, mais pour combien de temps? En tout cas, on comprend la colère et la révolte des auditeurs qui souhaiteraient mettre fin à cette violence. Certains d’entre eux ont parlé de mettre en place des comités des femmes pour dissuader ceux qui battent, méprisent, humilient leur femme ou leur compagne. En effet, ils ont raison, il faut faire quelque chose. Si dans cette société, des hommes s’autorisent à battre une femme, à l’insulter, c’est aussi parce que autour d’eux, la femme est considérée comme un être inférieur. Elle est également présentée comme un être inférieur et même comme une marchandise à travers les feuilletons et la publicité de bas étage qui passent régulièrement à la télévision. Dans une société fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, il existe toute une chaîne hiérarchisée d’exploitation: l’exploitation du patron sur l’ouvrier, plus encore sur l’ouvrier immigré, plus encore sur l’ouvrière, plus encore sur l’ouvrière immigrée, l’homme sur la femme. La cruauté des rapports humains d’exploitation se retrouve partout et marque de son empreinte l’ensemble de la société. Il faudra une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme pour que les choses changent vraiment. Pour l’heure et sans attendre, il y a quand même possibilité de dissuader ces énergumènes, les faire réfléchir deux fois avant de lever la main sur une femme. Et l’un des moyens serait par exemple, dans un quartier, dans une cité, sur les lieux de travail, que des comités de défense composés d’hommes et de femmes se constituent avec l’intention de faire peur à ces violents, de les mettre à l’index et même de les menacer physiquement s’ils osent s’opposer aux recommandations du comité de défense. Car la meilleure police est l’organisation collective de la population.
Martinique
Chômage... et poudre aux yeux
En 2000 on comptait, d’après les chiffres officiels, 48340 demandeurs d’emplois, en fin avril 2005, 37131 soit une baisse de 29 % à 23,8 % sur 5 ans. Soit, mais le chômage demeure tout de même important.
Il frappe une majorité de femmes (59%), beaucoup de jeunes (12%) Il est en augmentation de 9% entre avril 2004 et avril 2005.
Les bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI) étaient 31 618 à fin 2004, soit 15 % de la population martiniquaise (le taux est de 3,2% en France).
Ce bilan est aggravé par les licenciements. Il y a une diminution de l’emploi de 1,9% de 2002 à 2003. En 2004, une baisse de 5,9 % avec plus de 600 licenciements dans les exploitations bananières.
Pour les 5 premiers mois de 2005, on compte 840 licenciements dans les entreprises de plus de 10 salariés dans la banane et le BTP.
Pour diminuer ce chômage, le nouveau ministre de l’outre-mer François Baroin a présenté son plan.
Il a signé une convention d’objectifs avec le Conseil Général pour mettre en œuvre 5000 contrats d’avenir sur 2 ans en Martinique. D’autres dispositifs sont prévus, entrant dans le plan de cohésion sociale du ministre Borloo et visant l’insertion. Ainsi le dispositif CIVIS ou contrat d’insertion dans la vie sociale. Plus de 2000 contrats sont prévus pour 2005.
Contrairement aux anciens emplois précaires créés pour les jeunes, on nous explique qu’il s’agit d’un accompagnement personnalisé des jeunes les plus en difficulté afin qu’ils établissent eux-mêmes leur propre projet professionnel…
La diminution significative du chômage n’est pas pour demain avec de telles mesures. Le gouvernement se contente d’inventer des sigles pour la même politique, saupoudrer des emplois précaires et gérer le chômage tant qu’il n’y a pas de vagues trop déstabilisatrices de sa politique et de mouvements de colère des travailleurs et des chômeurs.
Martinique
Hôpitaux sans budget!
Alors que commence le septième mois de l’année, l’ensemble des Conseils d’Administration des établissements hospitaliers ont tour à tour rejeté les budgets qui leur avaient été présentés par le ministère et l’A.R.H. (agence régionale d’hospitalisation) pour l’année 2005. Les membres des Conseils d’administration et la plupart des directions ont considéré que ces budgets ne permettaient pas d’assurer le fonctionnement de leurs hôpitaux.
Ils prépareraient un «plan B» pour demander à l’A.R.H. de revoir sa copie et surtout de leur accorder des rallonges budgétaires spécifiques aux D.O.M. Mais en attendant d’obtenir un budget permettant de fonctionner, ils reportent les dépenses non payées d’une année sur l’autre, et cumulent d’année en année les déficits.
Pour l’instant ils en sont à faire des réunions avec les organisations des professionnels de santé et les organisations syndicales du personnel dans le but de trouver une stratégie commune pour interpeller les élus locaux sur cette situation.
En diminuant les budgets des hôpitaux, le gouvernement et l’ARH, étranglent les services publics de la santé. Ils veulent faire de l’hôpital une «entreprise», qui devrait être rentable. En réalité les établissements de santé seront de plus en plus incapables de fonctionner et de répondre aux missions de service public et aux besoins de santé de la population. Bien sûr ceux qui pourront payer iront vers les établissements privés. Par ces mesures, c’est la santé à deux vitesses qui est en route. Une santé pour les riches et une santé pour les autres…. c'est-à-dire la plus grande partie de la population laborieuse. C’est donc bien une politique scélérate, de recul social, que les gouvernants mettent en place.
Les salariés des hôpitaux qui travaillent souvent déjà dans des conditions difficiles, ont tout intérêt à se préparer à la mobilisation pour ne pas être les premières victimes de ces restrictions budgétaires et aussi des choix qui seront faits par la direction de leurs hôpitaux.
Martinique
Des diplômes pour remplacer la lutte?
L’Université Paris 12 Val de Marne, l’Université Antilles Guyane, la Direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle et l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail (ARACT) ont signé une convention instituant une nouvelle licence intitulée «management de projets, de dispositifs et d’organisation- option espaces sociaux dans les organisations du travail».
Ainsi selon les signataires de la convention, cette licence constitue «une avancée majeure dans le processus de concertation et de modernisation du dialogue social en Martinique».
Ce serait les «partenaires sociaux» réunis au sein de l’ARACT Martinique qui auraient conçu cette licence concrétisant leur volonté de faire reconnaître les espaces sociaux (comité d’entreprise, comité d’hygiène et de sécurité, délégation du personnel) comme lieu d’apprentissage et de développement des compétences. Leurs préoccupations majeures seraient de valoriser l’expérience et le travail mené par les membres actifs des instances représentatives du personnel (IRP).
En d’autres termes, il s’agirait d’une validation des acquis par la délivrance d’un diplôme de licence pour les représentants du personnel. L’histoire ne dit pas si, munis de ce nouveau diplôme, ces représentants du personnel pourront mieux défendre les intérêts de leurs camarades ou si cela donnera la possibilité à certains de s’engager dans un cursus universitaire pour leur promotion personnelle.
Cette licence est en définitive une volonté d’adapter les IRP aux besoins des entreprises qui veulent des gestionnaires des revendications salariales, aptes à proposer des solutions qui évitent les conflits.
C’est aussi beaucoup d’imagination dépensée pour gommer, effacer la lutte des classes de la conscience des salariés. Depuis plusieurs années, après la grève des banques ou celles de Roger Albert et de Toyota, beaucoup d’efforts ont été déployés dans cette direction par le biais de différents organismes. Il s’agirait de sensibiliser les salariés aux difficultés des entreprises afin de limiter au maximum les conflits.
Si ces derniers se laissaient illusionner ou prendre au jeu des «négociations donnant-donnant, gagnant-gagnant», se seraient les patrons qui se frotteraient les mains et se tapoteraient le ventre en empochant les profits. Car eux ne sont pas prêts à rejeter leur pratique de la lutte des classes. Ce sont les salariés qui ne se font aucune illusion sur les petits jeux des patrons qui en feront autant. Les travailleurs ne feront jamais l’économie des luttes s’ils veulent obtenir de réels changements de leurs conditions de travail.
Guadeloupe
Après la grève de la SORI (Extraits du bulletin “Echos de l’Aéroport”)
SORI: QUAND LE NOUVEAU DIRECTEUR VA-TIL SE PRÉSENTER AU PERSONNEL?
Jusqu'à ce jour une bonne partie du personnel n'a jamais vu le nouveau directeur. Et même parmi ceux qui l'ont vu, beaucoup ne connaissent pas le son de sa voix.
Le précédent directeur Conton n'avait jamais daigné se présenter au personnel. Cela annonçait déjà des turbulences à la SORI.
Nous pensons que Le Mouel évitera une telle erreur.
SORI: QUAND LE NOUVEAU DIRECTEUR FAIT DES PLANNINGS
Le nouveau directeur a commencé ses plannings. Ceux-ci sont plutôt aberrants. Il y a des erreurs grossières.
Faisait-il des plannings avant de venir en Guadeloupe? En la matière, il a plutôt l'air de «planer».
UN NOUVEAU POSTE À LA SORI: LE RESPONSABLE DE SÛRETÉ?
Une semaine après le début de la grève, un «responsable de la sûreté» est apparu. Lors des premières négociations, il était derrière la porte. Aux dernières il était dans la salle et n'a pas ouvert la bouche.
Maintenant il a son badge. Il s'incruste. Pourtant la direction n'a pas embauché de secrétaire administrative sous prétexte de mettre tous les nouveaux postes à la «production».
SORI: LES RESSOURCES HUMAINES
Maintenant qu'il n'y a plus de secrétaire administrative, le responsable financier est obligé de faire sa part de boulot de responsable des ressources humaines.
Tout le monde pense qu'il va bientôt demander une secrétaire!
|