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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 2 juillet 2005      N° 927
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Guadeloupe (Ste-Anne)
Jardin de Courcelles: vers un bras de fer

Les travailleurs de cette société sont en grève illimitée depuis le 9 mai avec l’appui de l’UGTG. Ils s’opposent au licenciement sans motif valable d’une travailleuse. Ils réclament non seulement sa réintégration, mais aussi l’application de la convention de branche, l’installation d’une grille des salaires et la fin des poursuites pour fait de grève. Devant le manque de réaction du patron Bébin, le mardi 21 les grévistes ont haussé le ton. Ce patron leur a envoyé les forces de l’ordre et des vigiles. Mais il a accepté l’ouverture de négociations pour le 23 à l’inspection du travail sous la médiation du sous préfet.
Se sont présentés à cette réunion outre le sous-Préfet de Pointe à Pitre et l’inspecteur du travail, l’avocat de Bébin, les travailleurs en grève et une délégation du syndicat UGTG. Bébin par la voix de son avocat annonça la prochaine mise en liquidation de la société. Les travailleurs ont refusé d’être jetés à la rue. Depuis plus de 20 ans, ce même Bébin les exploite. Ils ont demandé à leur patron d’être embauchés dans son autre entreprise «Vitro Plants», sinon ils se saisiront des Jardins de Courcelles et de ses infrastructures pour les faire fonctionner pour eux-mêmes.
La balle est dans le camp du patron. Il doit choisir, mais il sait que, les travailleurs qu’il y a peu de temps encore il méprisait, sont déterminés et qu’ils riposteront.



L’union européenne projette la baisse des prix du sucre

La Commission européenne qui s’est réunie le mercredi 22 juin dernier a adopté une proposition de réforme de la production de sucre de l’Union Européenne. Madame Mariann Fischer Boel, Commissaire européenne à l’agriculture, propose une baisse du prix du sucre de 39 % sur deux ans à partir de 2007. Ce projet vise aussi à réduire la production européenne qui est estimée aujourd’hui à 17 400 000 tonnes.
Quoi qu’en disent les décideurs de l’Union Européenne, les producteurs d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), qui bénéficient des aides de la Communauté, sont très inquiets pour leur avenir. La Commission a prévu un plan d’aide de 40 000 000 (40 millions) d’euros pour 2006. Et il parait que le quota de 480 000 tonnes sera maintenu, prenant en compte des spécificités des DOM ainsi qu’un alignement de la baisse du prix du sucre brut sur celle du sucre blanc. Il parait aussi que les planteurs de canne percevront une compensation de la baisse des prix.
François Baroin, Ministre des DOM a voulu, lors de sa visite de l’usine Gardel le dimanche 19 juin, rassurer les capitalistes de la filière canne-sucre-rhum en avançant la vigilance dont son gouvernement fera preuve à la réunion du Conseil Européen pour défendre les intérêts (des usiniers) des DOM afin d’assurer l’avenir (des usiniers - planteurs) de la filière. Il est clair que se sont les petits planteurs qui souffriront les plus de ce projet de réformes européennes du sucre tel que l’exige l’OMC (Organisation mondiale du commerce) depuis tantôt.



Guadeloupe
La fête de l’Etincelle

Samedi 25 et dimanche 26 juin dernier a eu lieu la fête annuelle des « Nouvelles Etincelles », le journal du parti communiste Guadeloupéen. Cette année le PCG a inauguré une nouvelle formule à savoir, un forum le samedi sur le thème: «la jeunesse guadeloupéenne face à son avenir» qui s’est déroulé à la cité des métiers du Raizet aux Abymes et le dimanche matin il y a eu un débat sur «intégration, coopération et immigration caraïbe», qui fut suivi d’un grand banquet de la solidarité.
La journée du dimanche s’est déroulée sur la plage de Galbas à Sainte Anne. La matin une centaine de personnes, en majorité des travailleurs, des militants d’organisations politiques (dont Combat Ouvrier), culturelles et des personnalités ont participé au débat à partir d’une déclaration commune des partis communistes de Cuba, de Martinique et de Guadeloupe. Cette déclaration portait sur «l’Intégration, la Coopération et la Migration Caraïbe». Elle fut suivie d’un exposé de chacun des différents PC sur le thème: coopération et échange avec nos voisins caraïbes.



Banane (Extraits du bulletin “Plantation en lutte” - Guadeloupe)

Il faut savoir ce qu’on veut!
Du 13 au 19 juin dernier, on a pu entendre des informations sur l’état réel de la production bananière en Guadeloupe: à peine 45 000 tonnes de fruits expédiées en 2004 au lieu des 75 000 habituellement, et très loin du quota de 150 000 tonnes. Et les lamentations sur la disparition possible de la banane ont suivi.
On a envie de dire aux planteurs qu’il faut savoir ce qu’on veut: plus de 700 ouvriers de la banane licenciés, presque autant en chômage technique en un peu plus d’un an, des centaines d’hectares de terre en friches. Alors pensait-on que les régimes de bananes allaient sortir de terre touts seuls? Donc si la production a tant baissé ce sont les planteurs eux-mêmes qui sont responsables de cette situation. A cause de leur rapacité. A moins que ce ne soit, ne l’oublions pas, qu’une tactique de leur part pour réembaucher des travailleurs sous contrat R.M.A.
Alors qu’on arrête de nous rebattre les oreilles sur la disparition de la banane en Guadeloupe. On connaît les responsables de cette situation: ce sont les planteurs eux-mêmes.

B. HAYOT A L’AFFUT?
Dans le même temps on apprend que les producteurs de Martinique ont expédié près de 240 000 tonnes de bananes ; que B. Hayot manœuvre pour contrôler toute la production bananière de la Martinique ; que l’on parle de fusionner les deux groupements de Guadeloupe puis de regrouper toute la production des deux îles sous une seule bannière…que B. Hayot contrôlerait. On voit ce que sera le résultat: la production de la banane de la Guadeloupe et de la Martinique, donc toutes les aides et subventions qui vont avec, contrôlée par l’un des groupes le plus riches de la Caraïbe, celui de B. Hayot.



Guadeloupe
Grève à Carrefour Destreland

Les salariés de l’hypermarché Carrefour de Destreland ont déclenché une grève à compter du jeudi 23 juin à l’appel de leurs syndicats FO et UGTG. Le mouvement est bien suivi car l’hypermarché est actuellement fermé. Le personnel de nettoyage est également en grève.
Les revendications portent sur la reprise des NAO (négociations annuelles obligatoires) de 2005 et sont les suivantes:
- paiement du lundi de Pentecôte;
- augmentation de salaire de 5,51 %;
- l’obtention de 20 chèques déjeuner de 8 € avec une participation de 50 % pour l’employeur et 50 % pour les salariés;
- la participation patronale à hauteur de 12 € pour la prévoyance.
L’hypermarché est en excellente santé financière mais les salariés n’ont aucun avantage au sein de l’entreprise. De plus les salariés constatent une disparité avec Carrefour Milénis et ils réclament un alignement des rémunérations entre les deux hypermarchés.
Une première rencontre a eu lieu avec la direction le vendredi 24 juin. La délégation patronale a quitté la table des négociations et une autre rencontre était prévue le samedi matin à 11h00, mais les patrons ne sont pas venus.
Ensuite ces derniers ont déclaré sur les ondes vouloir reprendre les négociations. Une rencontre est prévue cette semaine, mais les patrons veulent négocier ailleurs qu’à Carrefour et disent être à la recherche d’un autre local. Ils essaient de gagner du temps en faisant durer le conflit et jouer sur la lassitude des grévistes. Ces derniers ne sont pas du tout décidés à reprendre le travail sans avoir obtenu satisfaction.



Extraits du bulletin “Chantiers en lutte”(Métallurgie-Bâtiment Martinique)

DANS LE BATIMENT, CEUX QUI BATISSENT LEURS FORTUNES.
Dans ce secteur, les travailleurs ne roulent pas sur l’or. Quotidiennement ils sont confrontés à des conditions de travail souvent dangereuses.
C’est ainsi que dans une entreprise qui fabrique des pré-dalles, les ouvriers ne savent pas dans quelle condition physique ils vont rentrer chez eux en fin de journée.
Déjà, il y a quelques mois de cela, un ouvrier avait été accidenté à l’œil par un jet de projectile. Ce qui veut dire que les systèmes de protection sur le chantier ne sont pas réunis pour éviter de tels accidents.
Ce qui intéresse le patron, c’est faire du profit. A nous de ne pas accepter cela.

MERCI PATRON!
Au cours d’une discussion avec le personnel, notre patron nous a dit que notre convention collective de la métallurgie de la Martinique est caduque.
Il est très gentil ce patron de nous rappeler cette réalité!
Effectivement, il nous faudrait lui présenter une nouvelle convention allant dans le sens de nos intérêts. C'est-à-dire avec de véritables augmentations des salaires, de meilleures conditions de travail. Mais aussi qu’elle soit complétée de tous les avantages allant dans notre sens.

ILS VEULENT JOUER AU PETIT MALIN
Dans d’autres entreprises de la métallurgie, il y a des patrons qui jouent au chef paternaliste.
Il y en a un particulièrement qui, quand ça lui passe par la tête, ajoute des miettes sur une grille de salaires créée de toute pièce par lui. Tout en voulant faire croire aux ouvriers qu’il leur a accordé des augmentations.
Ces exploiteurs croient nous duper, ils se trompent.



Extraits du bulletin “Echos des hôpitaux” (Martinique)

LA DIRECTION DOIT S’ASSURER COMME IL FAUT!
Nous en avons marre de retrouver nos voitures vandalisées, nos vestiaires visités, quand nous ne sommes pas carrément agressés la nuit par un voleur dans nos services comme ce fut le cas d’un agent au Bloc dernièrement.
Quand cela nous arrive et que nous interpellons la Direction, elle nous renvoie à la gendarmerie pour porter plainte et à nos assurances respectives.
Y en a marre, qu’elle prenne en charge les dégâts que nous subissons sur nos lieux de travail!

VOL DES 2 JOURS DE REPOS COMPENSATEUR!
Pour ceux qui travaillent plus de 20 dimanches et jours fériés, la législation prévoit 2 jours supplémentaires de repos compensateur et 1 jour pour ceux qui en travaillent plus de 10.
Mais voilà, leur «Gestor» apparemment ne sait pas compter et les agents concernés n’ont pas pu en bénéficier et ce depuis 2002.
Si ceux qui doivent bénéficier de cette loi sont censés ne pas l’ignorer, comme nous dit la DRH, cela vaut également pour elle qui doit l’appliquer systématiquement sans que nous ayons à en faire la demande!
Il vrai qu’au CHUFF, nos décideurs préfèrent faire des économies sur notre dos. Mais pour les salariés, il n’est pas question d’en faire cadeau. Et le personnel compte bien récupérer ces jours avec effet rétroactif.



Guadeloupe
Félicien Blombou

Félicien Blombou s’est donné la mort dans la nuit de dimanche 26 au lundi 27 juin. Il avait 58 ans. Enseignant de mathématiques au Collège de Boisripeaux (Abymes), il était un des dirigeants du Parti communiste guadeloupéen, membre du bureau politique.
Jusqu’à présent il n’existe aucune explication à son geste. Personne ne comprend ce qui a pu le pousser à cette extrémité. L’émoi est grand parmi ses camarades comme dans la population de l’île. La veille, il animait le débat à la fête de l’Etincelle. Il s’était entretenu avec plusieurs militants et notamment longuement avec notre camarade Claude Fletcher représentant de Combat Ouvrier à la fête.
C’est avec une grande tristesse que nos camarades ont appris sa disparition brutale. Nous avons eu l’occasion souvent de nous entretenir avec lui, de participer à des réunions inter organisations auxquelles il était toujours présent, de constater et d’expliciter avec lui nos accords et nos désaccords.
Blombou était un des principaux organisateurs du PCG. Il participait depuis très longtemps à la vie politique de sa commune Les Abymes. Il en était conseiller municipal. Il était régulièrement candidat investi par le PCG aux différentes élections de sa circonscription.
Il nous laissera le souvenir, à Combat Ouvrier, d’un organisateur infatigable, d’un homme peu expansif, très réservé, voire quelque peu taciturne, certes, mais très déterminé dans ses convictions.
Nous avions l’habitude de le rencontrer notamment à l’entrée de «Champion» à Boisripeaux aux Abymes lorsque nous vendions nos journaux respectifs, lui, « les Nouvelles Etincelles », avec son vieux camarade Anatole Louber, et nous, «Combat Ouvrier». C’était l’occasion de nous entretenir, d’échanger, outre nos journaux, des informations et commentaires sur l’actualité politique de la Guadeloupe et du monde.




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