logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 16 juillet 2005      N° 928

Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

À la Une

Éditorial

Attentats de Londres: la population paie pour les crimes de l’impérialisme

Le 7 juillet, 4 bombes, 3 dans le métro et une dans un bus à étage, ont explosé faisant 700 blessés et 52 morts, plus peut-être une vingtaine d’autres dont les corps sont encore emprisonnés sous le tunnel du métro à l’heure où nous écrivons. Les 3 bombes du métro ont explosé ensemble, montrant qu’il s’agit là de terroristes organisés. Toutes les preuves ne sont pas réunies, mais l’action est identique à d’autres menées par des islamistes. Un groupe jusque là inconnu, nommé «organisation secrète de djihad d’Al Qaida en Europe» a revendiqué l’attentat sur Internet. Des mouvements islamistes se multiplient dans le monde en réaction à la politique américaine en Palestine, en Israël, en Afghanistan en Irak ou ailleurs. Le soutien de l’impérialisme anglais aux USA pour la guerre en Irak a mis la population d’Angleterre à la merci des actes terroristes.
Ces actions sont criminelles et inacceptables. Mais elles étaient inéluctables. Dans un monde où des milliards de gens doivent survivre avec moins de un dollar par jour, des révoltes naissent. Des groupes de combattants se lèvent pour répondre à l’insolence des maîtres du monde, les impérialistes. Et ces derniers le savent, eux, au G8, le rassemblement des responsables des 8 plus riches Etats du monde, qui s’est déroulé justement au moment même des attentats en Angleterre –les terroristes y ont certainement pensé et le choix du lieu et de la date des attentats n’y est pas étranger. Ces messieurs du G8 ont alors eu une petite pensée pour la misère de ceux des pays pauvres, une misère dont ils sont les principaux, les véritables responsables. Ils ont même annoncé au G8 qu’ils vont dépenser quelques uns de leurs précieux dollars généralement réservés aux riches, aux marchands de canons et autres grosses sociétés, pour ces pays pauvres. Mais rien de spécial, rien de plus que d’habitude. Ils savent afficher fièrement une aide dérisoire qui va même se retourner contre les plus pauvres, tant la soif de richesses des exploiteurs est grande. En effet, leurs aides s’accompagnent toujours de conditions inacceptables qui leur permettent de se mêler des affaires dans ces pays pauvres, de mieux les dominer.
Et c’est toute cette politique des impérialistes qui suscite l’adhésion de jeunes à des groupes terroristes. Certains mouvements terroristes ont même été, au départ, organisés et armés par l’impérialisme. Ils se sont ensuite retournés contre ceux dont ils voyaient de près les agissements criminels. Ainsi les Talibans, islamistes intégristes, encouragés en Afghanistan contre l’intervention soviétique à l’époque, sont le produit de la politique américaine. Ben Laden, ex-homme d’affaires saoudien, ami des Bush est un autre exemple de cette responsabilité. Les impérialistes ont joué les apprentis sorciers. Pour leur propre politique, ils ont souvent armé ceux qui aujourd’hui les combattent. Ce n’est pas un hasard si la plupart des terroristes viennent de pays actuellement soumis à la violence de l’armée américaine, où des centaines de morts civils et militaires constituent le quotidien de ces peuples. Et que dire de ces soi-disant «bavures» qui tuent des dizaines de civils? Les impérialismes américain et britannique ont décidé de faire payer aux peuples afghan et irakien, aux populations civiles innocentes l’existence parmi eux de terroristes qui exercent leur terreur aussi contre leurs propres peuples.
Alors bien sûr l’action terroriste n’est pas la solution à la misère du monde. Parmi les familles des disparus dans le métro de Londres, beaucoup de pauvres, d’immigrés, d’ouvriers, eux aussi victimes de l’impérialisme, vont certainement haïr le terrorisme. Ce type d’action détourne des combattants la majorité de ceux qui pourraient lutter contre l’impérialisme avec succès: les travailleurs, les opprimés des pays riches.
Ce qui s’est passé à Londres et hier à New York ou à Madrid, les impérialistes en sont entièrement responsables. Déjà, avec des moyens d’Etat, c’est à dire nettement supérieurs en puissance, en volume, en hommes à ceux des groupes terroristes, ils assassinent dans le monde entier et principalement là où ils ont établi la guerre. Et les morts de Madrid, ou de Londres ne sont pas plus dignes d’intérêt que ceux de Bagdad, d’Afghanistan et d’autres pays sous-développés où la politique de l’impérialisme sème guerres, famines, désolation. Mais les puissances impérialistes mettent aussi sciemment en danger leurs propres populations. Ils les savent chaque jour à la merci de terroristes lorsque dans leurs bus ou leurs métros. Ils les charroient comme dans le métro de Londres afin d’aller suer le profit pour le bonheur des marchands de canons et autres exploiteurs, politiquement corrects eux en apparence mais qui sont aussi fous criminels que les groupes terroristes. Simplement ils le sont sans barbe ou turban. Eux, ce sont des criminels d’état en complet veston et cravate.



Haïti
Les ravages du cyclone Dennis amplifiés par les ravages des gansters

Le premier ouragan de l’année, Dennis, a ravagé le sud d’Haïti les 6 et 7 juillet. Le Bureau de protection civile cite un bilan provisoire de 11 morts, 3 disparus, 20 blessés et 15 000 sinistrés. Il ajoute que 102 maisons ont été détruites, 154 autres endommagées.
Les zones les plus touchées demeurent jusqu’ici la commune de Grand-Goâve où 6 personnes ont été tuées suite à l’effondrement d’un pont, 750 autres sont sinistrées et 25 maisons ont été détruites. La région de la Grande-Anse a aussi été gravement touchée. 1500 familles y sont sinistrées. Ce bilan est loin d’être complet: la commune de Beaumont, dans la Grande-Anse, demeure isolée à cause de nombreux éboulements de terrains et des inondations. Dans le Sud, les rivières en crue ont déraciné des arbres, arraché des pylônes électriques et causé des dégâts agricoles considérables. Aux «Coteaux» et aux «Anglais», dans le Sud, des résidences ont été envahies par la mer.
Les autorités sont incapables de donner un bilan, il y a plus d’une centaine de disparus, de gens dont les familles n’ont plus de nouvelles depuis le passage du cyclone, mais selon la formule consacrée, «les instances concernées du gouvernement intérimaire et des organisations non gouvernementales se sont mobilisées pour apporter de l’aide aux victimes».
Quelle mobilisation? quelle aide, pour quel résultat? Il est connu par expérience: il suffit de voir l’état dans lequel se trouve la ville de Gonaïves où, en septembre 2004, la tempête tropicale Jeanne avait fait près de 3000 morts et disparus ainsi que des milliers de sinistrés. Les régions du nord d’Haïti, et particulièrement la ville des Gonaïves, sont restées dans un état de délabrement et d’abandon. L’aide internationale qui est arrivée a été détournée, dilapidée. La population des quartiers pauvres n’a jamais pu y accéder, car ce sont les hommes en armes qui ont toujours eu le contrôle, que ce soit les partisans d’Aristide ou ceux au service du gouvernement transitoire. Les habitants vivent dans la terreur, sous la menace de ces gangsters.
C’est la même oppression que vivent les habitants de Port-au-Prince, notamment dans le bidonville de Cité Soleil. Le dernier épisode a été la mort du chef de gang Dread Wilmé abattu la semaine dernière lors d’un affrontement avec les casques bleus de la MINUSTAH. Ses lieutenants ont organisé un enterrement symbolique le samedi 9 juillet dans une église de Cité Soleil, permettant à ses partisans de réaffirmer leurs positions pour le retour d’Aristide et leur emprise sur une partie de la capitale. Ils ont menacé ainsi de représailles la population des quartiers qu’ils contrôlent.
La population du Sud a subi le passage du cyclone Dennis qui a fait des victimes dont le nombre ne sera jamais vraiment connu, mais chaque jour en Haïti la population subit les assauts du cyclone qui se nomme «bandes armées au service des politiciens de tous bords». Avec les tueries, les enlèvements, la peur, ces gangsters, ces policiers, ces militaires ravagent chaque jour la population plus qu’un cyclone ne le fait.



Martinique
Pesticides et capitalistes criminels

Samedi 9 juillet dernier, douze organisations: des écologistes, des syndicats ouvriers et de petits planteurs, l’union des femmes (UFM) appelaient à un forum sur le thème: la Martinique face au chlordécone et autres pesticides.
Ce forum rentrait dans le cadre des préparations au forum social caribéen des altermondialistes qui se tiendra en 2006. Plusieurs exposés ont rappelé les dommages causés par les organochlorés et en particulier par le chlordécone sur la santé et l’environnement. A part l’information apportée à plus d’une centaine de personnes aucune action réelle ne semble avoir été prise face à ces produits dangereux. L’organisation patriotique des agriculteurs de la Martinique (OPAM) a effectué des démarches auprès de l’Etat et devant les tribunaux pour que les planteurs soient dédommagés.
En réalité tous les produits dangereux dans la banane continuent à être utilisés même quand ils ont été interdits d’utilisation: par exemple le curlone, un organochloré, interdit en 1973 et utilisé jusqu’en 1993. Ou alors, la partie active des produits interdits se retrouve commercialisée dans un produit qui porte un autre nom.
La situation des ouvriers de la banane contaminés ou malades à cause des produits dangereux est connue par les médecins traitants, la médecine du travail, les services de l’Etat. Mais cette information reste confidentielle, du domaine des «on dit». L’Etat ne veut pas reconnaître les problèmes que crée l’utilisation des produits toxiques dans l’agriculture pour ne pas y apporter de solutions, car cela implique des enquêtes et études sur les populations concernées, mais aussi peut-être sur l’ensemble des populations, donc des financements et des dédommagements pour les victimes. Il ne faut pas oublier que ces produits sont commercialisés pour répondre à la demande des planteurs de bananes qui cherchent à augmenter la quantité et la qualité de ce fruit qui est numéro un de la demande mondiale. C’est une affaire de gros sous et de profit capitaliste.
Il faut une véritable mobilisation des travailleurs et de la population pour mettre fin à la nuisance de ces produits.
Mais face à ce système capitaliste inique et criminel, les soi-disant améliorations et autres replâtrages telles que celles prônées par les altermondialistes ne pèsent pas lourd. Même présentées lors de regroupements importants, elles ne les dérangent pas non plus. Les grandes messes qui ont ponctué le déroulement du dernier congrès des grands pays capitalistes du G8 en Ecosse la semaine dernière le montrent bien!




Sommaire   >   Page suivante   >   Accueil   >   Archives   >   e-mail  

Copyright © 2001-2005 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!