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À la Une
ÉditorialPréparons nous à participer massivement à la grève du 4 octobre
Un appel a été lancé pour une journée de grève et de manifestations par la majorité des organisations syndicales de Martinique, de Guadeloupe et de France. Les cinq confédérations CGT, CFDT, FO, CFTC, et CGC ont appelé les salariés du public et du privé à «participer à une grande journée de grève et de manifestations». Il faut croire que les syndicats se rendent compte que le mécontentement grandit dans la population laborieuse face aux attaques du gouvernement et du patronat.
Le gouvernement s’attaque aux travailleurs avec les dernières mesures de Villepin, contrat nouvelle embauche, les créations dites «d’emplois aidés » à la place de véritables embauches de salariés dans les services publics, les hausses des carburants et des services publics, les attaques contre le droit à la santé avec les mesures Douste–Blazy…
Alors que tous les résultats des grands groupes pétroliers, financiers, pharmaceutiques, automobiles, et autres, grimpent en flèche, que les riches actionnaires et propriétaires de ceux-ci font des profits énormes qui grandissent sans cesse, la situation du monde du travail se dégrade chaque jour un peu plus! Tout devient plus difficile pour les travailleurs et les pauvres!
A tout cela s’ajoute le mépris incroyable des patrons, leur agressivité qui se traduisent par des licenciements, des refus d’augmentations de salaires. Aujourd’hui on le voit bien avec les grèves de Continent en Guadeloupe et Peugeot en Martinique. Les travailleurs se trouvent devant des patrons qui dressent une véritable muraille de Chine face à leurs revendications, même les plus modérées! Il faut faire des semaines et des semaines de grève pour arracher la plus petite concession de la part des capitalistes!
Mais ces messieurs trouvent en face d’eux des salariés qui, avec courage et par souci de leur dignité d’hommes et de femmes, refusent de se plier, quoi qu’il leur en coûte. Ceux qui se battent, ceux que les patrons contraignent à ces grèves très longues ont raison de se battre, quelle que soit l’issue du combat. Tous les gains ne sont pas matériels. Le pire ce serait de baisser la tête devant ces patrons arrogants et bien souvent racistes car alors ils imposeraient sans ménagement des conditions de travail digne de l’esclavage passé.
Mais nous devons bien réfléchir au fait que les grèves isolées sont moins efficaces, moins puissantes que de mouvements d’ensemble. Les travailleurs de nos pays ont largement fait la preuve de leur courage et de leur détermination face à chaque patron isolé. Il faut en arriver à un véritable plan de lutte tous ensemble. Chaque patron ne doit plus se retrouver uniquement face à ses salariés mais face à tous les salariés.
La grève du 4 octobre peut être l’occasion de redémarrer dans la voie des luttes d’ensemble mettant en avant toutes les forces unies des salariés.
Bien sûr, les directions des grandes centrales syndicales appellent à des «négociations avec le gouvernement » à la suite de cette journée! Mais que se passera-t-il si, comme d’habitude, le gouvernement reçoit les syndicats et les arrose de vagues discours et promesses sans suites? Que se passera-t-il après? Les directions syndicales évitent de parler d’action en terme de plan, en terme de lendemains: que faire après le 4 octobre? Beaucoup de travailleurs commencent à en avoir marre de ces journées à répétition, sans suite et sans effet! Mais pourtant, il faut y aller et le plus nombreux possible! Car si nous avons une chance qu’une de ces journées se transforme un jour en un nouveau Mai 68, c’est en y allant massivement et en dépassant les consignes limitées et timorées de directions syndicales pas du tout prêtes à affronter le patronat et le gouvernement autrement que dans des discussions de salon. Notre avenir de salariés dépend de nous seuls, de notre détermination farouche, aussi farouche tous ensemble que nous le sommes dans des conflits isolés.
Alors soyons très nombreux dans les rues le 4 octobre et préparons tout de suite les jours suivants! Posons nous la question: Et après? Comment faire céder le gouvernement et les patrons?
Martinique
Grève chez Peugeot: un bras de fer patron-salariés
Depuis le lundi 5 septembre 2005, les salariés de Crocquet SA (Peugeot) ont cessé le travail pour appuyer diverses revendications, dont une augmentation des salaires. Cette entreprise a été rachetée il y a quelques années par Hubert Aubéry propriétaire d’un autre groupe concessionnaire d’automobiles, Centre Auto (Fiat, Ford).
Des rencontres entre représentants du personnel CSTM et direction ont eu lieu, au siège de l’entreprise et à la direction du travail. Mais rien n’y fait: la direction refuse de donner satisfaction aux employés. Au contraire, elle fait pression sur eux par l’intermédiaire notamment de la Directrice des ressources humaines qui leur demande de «prendre leurs responsabilités».
Selon un délégué syndical de la CSTM, le coût des demandes des travailleurs serait de … 6000 euros sur l’année. Mais ce capitaliste béké, comme tous ses congénères, préfère perdre des centaines de milliers d’euros plutôt que de donner satisfaction aux grévistes et donner l’impression de céder aux revendications ouvrières. Manifestement, il joue le pourrissement de la situation. Ce mouvement de grève n’est que la suite d’un mouvement entamé avant les vacances.
A ce jour, on n’a pas entendu les dirigeants de la Région, pourtant proche du syndicat qui gère ce mouvement de grève, intervenir pour exiger des dirigeants de Peugeot qu’ils obtempèrent face aux modestes demandes salariales.
Par contre, on les a vus lors d’un reportage télévisé se vantant d’avoir distribué 50 millions d’euros aux patrons locaux. Il serait étonnant qu’Aubéry ne soit pas au nombre des bénéficiaires au titre de ses multiples activités (sociétés agricoles ou immobilières, et autres.) Tout un symbole!
Guadeloupe
Carrefour Destrellan: la détermination des grévistes a fait reculer un patron va-t-en-guerre
Après 84 jours de grève, le personnel de l’hypermarché de Carrefour Destrellan a obtenu satisfaction sur plusieurs points de revendications. L’intersyndicale (FO-UGTG) a signé un accord avec la direction le jeudi 15 septembre. Les grévistes ont obtenu 5,51% d’augmentation de salaire sur deux ans, 11 euros supplémentaires sur la prime de transport et la mise en place d’une caisse de prévoyance avec 50% de participation de l’employeur. Les patrons ont refusé de prendre en compte la revendication concernant les tickets repas ainsi que le paiement des jours de grève. C’est grâce à leur détermination que les grévistes ont gagné face à des patrons qui ne voulaient rien céder au départ.
Cette détermination leur a permis aussi d’obtenir du groupe Hayot l’arrêt des poursuites judiciaires et le remboursement de quatre grévistes qui ont eu des saisies de salaire. Les patrons avaient en effet porté plainte contre 50 grévistes en exigeant une astreinte de 20 000 euros par jour et par gréviste pour l’évacuation de la galerie commerciale. Le tribunal a requis 2000 euros par gréviste et par jour.
Si les patrons se sont engagés à ne pas poursuivre leurs attaques judiciaires, c’est parce qu’ils se sont trouvés face à la détermination du personnel et qu’ils commençaient quant à eux à se sentir mal au niveau de leur porte-monnaie.
Ces patrons békés, les Hayot et cie, descendants des grands planteurs esclavagistes, ont multiplié des déclarations méprisantes et arrogantes qui révèlent de façon frappante le même état d’esprit que leurs ancêtres qui ont fait leurs richesses sur le dos des esclaves. Ceux qui aujourd’hui se remplissent les poches dans la grande distribution veulent «mâter les nègres» comme au temps de leurs ancêtres esclavagistes.
Mais leur arrogance n’a pas empêché les salariés de Continent de leur tenir tête pendant près de trois mois, malgré l’intervention quotidienne des forces de répression et l’arrivée de la justice à leur secours.
Leçon à tirer pour les patrons, ils ne pourront pas dans les conflits de ce genre compter sur la fatigue et l’usure pour mettre les travailleurs à plat ventre.
Martinique
La CGTM appelle ses syndicats à préparer la grève du 4 octobre
Manifester contre la politique du gouvernement, c’est ce que propose la CGTM qui appelle toutes les professions à se mobiliser afin de créer les conditions d’une action collective des travailleurs le 4 octobre.
Les dernières attaques du gouvernement contre le droit du travail ont été portées au cours du mois d’août par les fameuses ordonnances VILLEPIN dénoncées comme il se doit par toute la classe ouvrière (le Contrat nouvelle embauche, la militarisation des jeunes salariés, etc.). Mais aussi à travers les bonus offerts aux entreprises à qui profitent la vente des entreprises publiques (compagnies d’autoroutes, France Télécom, EDF, etc.).
Pour la classe des possédants, les profits s’envolent (les dividendes empochés par les actionnaires français ont progressé de 14% depuis le début de l’année 2005), quant aux exonérations de charges sociales rien qu’en Martinique, elles s’élèvent à 233.298.440 euros (soit près du quart des cotisations appelées) et augmentent de 1,13% selon le rapport d’activité de la Sécu. Par contre, le pouvoir d’achat des salariés régresse, les loyers augmentent, l’essence aussi, les conditions de vie au sein des familles modestes deviennent insupportables.
Lors de la dernière Commission Exécutive de la CGTM, les responsables syndicaux ont noté que dans certaines professions le salaire minimum professionnel est dépassé par le SMIC. Dans plusieurs entreprises, dockers, Peugeot, Agriculture, AFPA, etc… les NAO traînent ou n’aboutissent pas. Les salariés doivent se contenter des miettes que veulent bien leur accorder les patrons. Dans certains secteurs tel que le transport sanitaire (ambulances) les salariés sont soumis à des retenues de salaires inadmissibles et sont contraints de mener des grèves longues et difficiles pour faire respecter leur droit.
Aujourd’hui, nul ne peut croire que sans des actions fortes les travailleurs s’en sortiront. C’est pourquoi la Commission Exécutive de la CGTM a proposé une mobilisation des travailleurs pour le 4 octobre, jour de mobilisation nationale syndicale, sur les salaires, l’emploi et pour la défense du service public.
En participant massivement à cette journée de mobilisation, les salariés du privé et du public pourront reprendre confiance en leur force et ainsi se préparer pour d’autres luttes visant à faire ravaler au gouvernement son mépris pour les travailleurs et ses mesures anti-ouvrières.
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