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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 24 septembre 2005      N° 930
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Morne-à-l'Eau
Bras de fer entre le maire J-C Lombion, et certains des agents

Des travailleurs syndiqués à l’UTC-UGTG ont débrayé la semaine dernière afin d’exiger du maire, Jean-Claude Lombion, une rencontre, maintes fois sollicitée, pour évaluer le protocole d’accord signé le 15 février dernier entre la municipalité et l’UTC-UGTG. D’après l’UTC, le maire, Jean-Claude Lombion, membre du PCG, récemment élu à la place de Chovino, mais qui faisait partie de l’ancien conseil municipal à la date de la signature du dit protocole, refuse de signer ce dernier, ne reconnaissant pas sa valeur.
Aussi, le maire s’est fixé comme objectif d’opérer des retenues pour fait de grève et n’a pas hésité à envoyer aux grévistes un huissier de justice et des gendarmes armés jusqu’aux dents. Ce qui horripile le plus ceux de l’UTC, c’est le fait que le 16 juin dernier, lors d’une rencontre avec des représentants de la commune, il a été convenu, par relevé de décisions signé par les deux parties, que «le protocole d’accord de fin de conflit du 15 juin 2005 sera respecté, la collectivité se donnera les moyens pour appliquer concrètement ce dernier». Il est aussi dit que «l’autorité s’engage par ailleurs à surseoir à tout prélèvement sur traitement». Et que, «les deux parties s’engagent à établir un bilan relatif à la mise en œuvre dudit protocole, ce, dès le mois d’octobre 2005».
D’après les travailleurs de l’UTC, c’est le lundi 19 septembre que la grève débutera. Il semble que le bras de fer entre le maire et certain de ses agents risque de s’aggraver car le communiqué du 15 septembre de J-C Lombion, dans lequel il précise aux agents que « le service non fait n’est pas rémunéré conformément au code de la Fonction Publique Territoriale et de la volonté exprimée par le Conseil Municipal » n’est pas fait pour apaiser les esprits.



Soutien de la CGTM aux délégués de Lelattre-Levivier

La commission exécutive de la CGTM lors de sa réunion plénière de rentrée a pris la décision d’agir en soutien aux délégués de l’ex-entreprise Delattre Levivier. Ces ouvriers, représentants du syndicat dans l’entreprise, sont privés de salaire depuis trois mois par la seule volonté des patrons du Bassin de Radoub, qui s’entêtent à vouloir les licencier, alors que l’inspecteur du travail du secteur leur refuse cette autorisation.
Depuis que l’entreprise a été rachetée suite à sa mise en liquidation judiciaire, les patrons se sont mis dans la tête qu’ils n’étaient pas question de reprendre les délégués syndicaux dans la nouvelle structure. Et pour mettre leur plan à exécution ils ont tout simplement décidé de ne pas fournir de travail à ces ouvriers bien que ceux-ci se présentent chaque matin à l’atelier.
Cette attitude patronale est proprement provocatrice. En fait ils veulent se débarrasser d’ouvriers combatifs, parmi eux, l’ex-secrétaire de la chambre syndical CGTM de la Métallurgie, notre camarade J.J. Magit. Ces messieurs se moquent du refus de l’inspection du travail. Il s’agit d’une atteinte intolérable aux droits des délégués syndicaux.
Pour la CGTM, l’entreprise doit fournir à ces salariés de l’activité et des salaires et elle a décidé d’agir afin de mettre un terme à ces basses manœuvres. Pour témoigner aux délégués leur solidarité mais aussi pour dénoncer la politique des patrons du Bassin de Radoub, une manifestation sur le site même de l’entreprise a été prévue le mercredi 21. Cette démonstration en appellera d’autres, si toutefois les patrons du Bassin persévéraient dans l’étalage de leur cynisme.



Martinique
Les nationalistes bien contents de servir la bourgeoisie locale

Dans le journal des nationalistes « Asé Pléré » du mois de juillet 2005, deux grandes pages intitulées: « Conseil Régional les patriotes au travail » sont consacrées à des interview des 1er et 2ème vice-présidents de la Région Martinique. Il s’agit de Daniel Marie-Sainte du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et de Marie-Hélène Léotin de Asé Pléré.
Les interviewés ont donc, avec force détails, tenu à montrer leur compétence et les services qu’ils apportent, d’après eux, au peuple Martiniquais, mais en réalité aux patrons de Martinique.
A vrai dire, en les lisant, on pourrait croire qu’il s’agit de n’importe quel homme politique classique, de droite ou de gauche. De plus, on constate que ces anciens militants ont édulcoré leur langage envers l’Etat colonial et vis à vis du patronat et qu’ils se sont plutôt bien adaptés à leur poste de gestionnaires de région.
Dans l’une des colonnes, ils répondent à une question sur l’impulsion donnée par la Région pour le développement économique afin de soutenir les différents secteurs. La région disent-ils: «possède tout un dispositif d’aides aux entreprises et d’outils financiers», et plus loin ils renchérissent: «La pépinière jeune cadre permet de mettre à la disposition des entreprises, pendant deux ans, de jeunes cadres dont le salaire est pris en charge à 75 % par la région». Autrement dit, les patrons de ces différentes entreprises se font de juteux profits en ne payant pratiquement pas de salaires, comme d’ailleurs l’ont fait depuis des années les différents gouvernements français au service du patronat, au nom de l’emploi. Et ces notables de se féliciter qu’«une centaine d’entreprises ont été concernées et ce dispositif a beaucoup de succès».
On comprend parfaitement que le patronat soit très satisfait de la majorité actuelle de la Région et se frotte les mains d’avoir sur un plateau d’argent une main-d’œuvre à bon marché.
Le moment le plus révélateur de l’interview fut une question sur l’émancipation. Ces intellectuels de la petite bourgeoisie comme dans tous les pays du Tiers-Monde savent tourner leur langue dans leur bouche pour ne pas égratigner les exploiteurs locaux en utilisant un langage nationaliste: «Protéger l’économie martiniquaise soutenir la production –affirment-ils- ceci constitue des prises de position politiques. Aider les citoyens à se former pour développer sur place un savoir faire martiniquais n’est pas simplement gérer l’argent de la collectivité. Investir dans l’homme martiniquais, lui redonner confiance est un premier pas vers l’émancipation….La façon de gérer l’argent des Martiniquais est aussi une manière de dire que nous sommes pour l’émancipation».
Et pour faire un petit clin d’œil à la bourgeoisie béké et noire, mais aussi au gouvernement français, ces gentils serviteurs affûtent leur discours en précisant:
«Dans la lutte pour l’émancipation, nous avons choisi une forme qui est la mobilisation de masse: prendre confiance en nous mêmes, gérer de façon plus rationnelle. La lutte pour une collectivité unique n’est pas abandonnée mais les conditions ne sont pas réunies pour relancer ce projet dans l’immédiat. Le consensus qui existait entre nous, Martiniquais, s’est quelque peu effrité. Mais l’ennemi principal reste l’Etat colonial et nous pensons qu’il faut reconstruire cette unité pour une évolution institutionnelle. Le camp patriotique doit être un pôle suffisamment fort et crédible pour initier cette reconstruction ».
Puis en s’adressant aux électeurs de la Martinique ces messieurs lancent le message suivant: «Il faut garder confiance! Nous pouvons être responsables dans notre pays».
Aujourd’hui, ces indépendantistes ne cachent plus leur jeu. Ils affirment clairement qu’ils ne luttent pas pour remettre en cause la société capitaliste. Bien au contraire, ils veulent convaincre les exploiteurs martiniquais qu’ils peuvent compter sur eux, et dans un proche avenir, pour leur servir de pompiers au cas où la classe ouvrière engagerait des luttes pour améliorer son sort et un jour, pour se débarrasser de l’exploitation capitaliste.



Sommet des Nations Unies:
les pays du Caricom réclament des aides

A l’ouverture du sommet des Nations Unies sur le développement, plusieurs chefs d’Etat des pays du Caricom (Marché commun de la Caraïbe) sont intervenus pour réclamer des aides financières. Le premier ministre de St Kitts Nevis a mis l’accent sur le fait que ces pays, qui ne sont pas parmi les plus pauvres, sont cependant vulnérables et méritent une aide au développement.
L’intervention du premier ministre de la Jamaïque fait ressortir qu’un grand effort a été fait pour accroître les ressources intérieures, mais qu’une grande partie a été consacrée au remboursement de la dette, et non à des investissements favorisant le développement.
C’est bien là le fond du problème: les prétendues aides accordées par les pays riches aux pays pauvres ne le sont pas à titre gracieux, ni dans un but humanitaire: les dettes et leurs intérêts doivent être remboursés. C’est en maintenant la population dans la pauvreté, en haussant les prix, alors que les salaires sont dérisoires ou inexistants, que les gouvernements y parviennent. Sans oublier de se servir généreusement au passage et d’arroser les notables et toute la classe dominante de ces pays!



Guadeloupe
Grève à la société HTN

L’entreprise HTN est chargée de l’entretien de Carrefour à Baie-Mahault et les salariés syndiqués à l’UGTG sont en grève depuis le 22 juin dernier. Ils réclament le paiement d’arriérés de salaires depuis 2003. Leur patron a reconnu que ces sommes sont dues mais n’a toujours pas voulu signer un accord. En réalité du fait de la grève à l’hypermarché Carrefour, il ne s’est pas précipité pour engager les négociations. Il aurait dû payer les salariés alors qu’ils n’auraient pas pu travailler du fait de la fermeture de l’hypermarché. Donc le mouvement s’enlise et les salariés sont laissés à l’abandon.
Actuellement la tactique des patrons est de faire traîner en longueur les grèves afin de décourager les salariés. Mais ces derniers ne se laissent pas faire et restent combatifs.
Il faut espérer qu’avec la signature d’un accord à Carrefour, cela permettra de débloquer la situation à HTN et de permettre aux salariés d’imposer une issue favorable à ce conflit.

D.H.: un accord a été signé le 20/09/2005. Les grévistes ont obtenu des rappels de salaires allant jusqu’à 3 000 euros.



Guadeloupe
Jardin de Courcelles: un patron jusqu’auboutiste

Bebin, patron des jardins de Courcelles et de Vitro plants, au lieu de reprendre une ouvrière qu’il a injustement licenciée, a préféré déposer le bilan de ces entreprises.
Maintenant les travailleurs sont en train de discuter avec leur syndicat UGTG pour savoir quelle suite donner à leur mouvement qui dure déjà depuis 4 mois.



Martinique
Extraits de “Chantiers en lutte”

A IDEX ENERGIE, UNE DIRECTION QUI NE MANQUE PAS DE TOUPET
Nous avons appris que 7 de nos camarades sont menacés de licenciement. Parmi eux certains ont plus de 15 ans d’ancienneté.
Pourtant ce n’est pas le travail qui manque pour entreprendre la maintenance au sein de l’hôpital de la Meynard. Mais la direction a sans doute une petite idée derrière la tête, elle veut utiliser au maximum des intérimaires et des sous-traitants pour faire plus de profit…

…ELLE VEUT CREER LA ZIZANIE PARMI NOUS
Lors des dernières élections de DP et de CE au début de cette année, des candidats libres se sont présentés au deuxième tour et certains d’entre eux ont été élus. Et, ignorants, ces nouveaux élus se laissent berner par la direction. Cette pratique est bien connue: diviser pour mieux régner. Ainsi la direction se sent plus à l’aise pour mener sa politique anti ouvrière en cherchant à se débarrasser de travailleurs notamment les plus combatifs au sein de l’entreprise…

… MAIS ELLE N’A PAS ENCORE GAGNE
Certains camarades disent que «la direction a mis ses pieds dans une fourmilière».
En effet, la direction n’a jamais digéré les différentes grèves que nous avons déjà menées où elle a été obligée de nous accorder nos «: primes de panier, primes d’ancienneté, 13 ème mois et requalification du personnel…».
La lutte, s’organiser, revendiquer nos droits on sait faire cela. Si c’est ça qu’elle cherche c’est tant mieux pour nous.



Après Katrina: opération de charme

Quasiment toute la presse américaine relève l’injustice sociale que l’ouragan Katrina a mise au grand jour. L’opinion publique est de jour en jour plus défavorable au président Bush qui a atteint son plus bas niveau de popularité dans les sondages.
Devant le désastre médiatique de son manque de réaction face aux événements: c’est seulement au bout de cinq jours qu’il s’était décidé à venir en Louisiane et feint de pleurer auprès de quelques victimes. Mais le scandale enflait dans le pays et dans le monde ; alors Bush a cherché à se rattraper: il en est aujourd’hui à son quatrième voyage! Pour redorer son blason sérieusement terni par le fiasco des secours dans la région dévastée par l’ouragan, Bush a promis une montagne de dollars. Son administration plutôt que de mobiliser du personnel médical et des vivres, avait envoyé des chars et des hommes armés avec mission «de tirer pour tuer » sur des hommes et des femmes, la plupart noirs, trop pauvres pour fuir l’ouragan. Les laissant des jours entiers sans nourriture, sans eau, sans soins jusqu’à la mort pour certains.
Aujourd’hui, Bush tente désespérément de faire oublier son comportement au lendemain du désastre, il multiplie les programmes d’urgence, de reconstruction. Afin de faire taire les accusations de racisme, Bush a envoyé la secrétaire d’Etat, Condeleeza Rice, une femme noire, visiter sa terre natale, l’Alabama. Il a pris contact avec la NAACP (Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur) que jusqu'à présent il refusait de reconnaître. Il va jusqu’a reconnaître l’inégalité raciale affirmant que «cette pauvreté prend ses racines dans l’histoire de la discrimination raciale, qui a coupé des générations de l’opportunité offerte par l’Amérique».
Mais pour l’instant, l’opportunité c’est pour les entreprises qui se disputent avidement les marchés de reconstruction. Deux semaines après le cyclone, les affaires recommencent: deux filiales de Halliburton, firme dirigée jusqu’en 2000 par le vice président Dick Cheney, se sont déjà assuré les contrats les plus juteux.
Cette soudaine attention affichée pour une population délaissée depuis le démantèlement des programmes d’aides sociales est plus que suspecte, si Bush cherche à rattraper ses erreurs, il y a quand même des limites: au Texas par exemple, le gouverneur Perry s’est empressé d’affréter des vols pour expédier dans douze autres états les réfugiés venus de Louisiane. Ceux-ci ne savent rien du sort qu’on leur réserve, ni de ce qu’ils feront pour vivre, ni s’ils pourront revenir en Louisiane, s’ils le désirent. De nombreux problèmes de dispersion familiale se posent et tout cela échappe totalement au contrôle des «réfugiés» de l’intérieur que sont ces milliers de sinistrés.




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