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ÉditorialLe 4 octobre, un début réussi pour aller plus loin et plus fort!
Mardi 4 octobre des centaines de milliers de travailleurs ont manifesté en France, des milliers aux Antilles. La réponse de la classe ouvrière aux attaques qu’elle subit a été claire et massive.
Les travailleurs ont exprimé leur refus des contrats nouvelles embauches et autres contrats précaires, leur refus des contrôles répressifs contre les demandeurs d’emploi, leur mécontentement contre les licenciements, contre les restrictions budgétaires et les suppressions de postes dans la fonction publique, contre les baisses d’impôts pour les riches, contre la répression syndicale.
Les raisons de faire grève et de manifester sont nombreuses. D’autant que ceux qui nous imposent des conditions de vie et de travail toujours plus difficiles, les patrons, ne font qu’engranger toujours plus de profits. Les juteux profits boursiers du CAC.40 sont en progression constante. Les 40 plus grosses entreprises françaises cotées en bourse ont accumulé environ 75 milliards d’euros de profits. Ce serait un record historique. Par exemple «Total» réalise plus de 6 milliards au premier semestre (+44%), France Télécom, 3,3 milliards (+223%). Et pour BNP, Axa, Renault, Arcelor, Vivendi, l’Oréal, Carrefour, Bouygues ce sont aussi des millions ou des milliards qui vont gonfler leurs coffre forts. C’est absolument scandaleux quand on sait que de plus en plus de travailleurs perçoivent des salaires qui ne leur permettent pas de vivre décemment. Et c’est encore eux qu’on accuse de creuser le «trou de la sécu» en abusant soi-disant des soins et des médicaments alors que l’Etat et les patrons doivent des milliards à la Sécurité Sociale.
Comment ne pas se mettre en colère quand les patrons du bâtiment en Martinique se permettent de proposer 24 centimes d’augmentation pour un OQ2, que les grands patrons békés, les Aubéry et Hayot utilisent les pires méthodes lors des grèves comme celle de Carrefour, que l’un d’entre eux, le sieur Lignières a fait condamner les travailleurs de la banane après une grève sur sa plantation à payer plus de 12 500 euros d’astreinte.
Oui, il y a bien des raisons de mécontentement et c’est pour toutes ces raisons que le 4 octobre ne devrait pas rester sans lendemain. Déjà en Guadeloupe les syndicats préparent de nouvelles journées de mobilisation pour le mois de novembre. C’est une bonne perspective. Mais si la pression, si le rapport de force est trop faible, ces journées n’auront pas d’efficacité. Pour faire plier gouvernement et patrons, il n’y a pas d’autre moyen que de leur infliger une grande peur, la peur de l’explosion sociale. Et cela signifie qu’il faudrait être encore dix fois plus nombreux dans les rues, que les travailleurs parviennent à unifier les grèves et les généraliser. Sur plusieurs mois, on s’aperçoit par exemple qu’il y a une quantité de grèves ici et là. Mais si toutes ces grèves se faisaient en même temps, elles auraient une bien plus grande force de pression sur le patronat que les grèves dispersées. Et elles auraient un plus grand impact sur les autres travailleurs hésitant à entrer en lutte.
Donc dès maintenant c’est en préparant les journées de novembre prévues par les syndicats que les travailleurs les plus combatifs peuvent entraîner les autres. Si nous, travailleurs, nous préparons ces journées non pas simplement pour obéir à une consigne syndicale mais parce que nous ressentons réellement la nécessité de la lutte et que nous voulons aller plus loin, plus fort, alors, tous les espoirs sont permis. Nous pourrons faire de cette journée du 4 et des autres non pas des journées sans lendemain, mais des points de départ, des revues d’effectifs, des grandes manoeuvres pour en venir à des luttes farouches, unifiées, généralisées pour faire plier le patronat exploiteur.
Succès de la journée du 4 octobre aux Antilles et en France
Plus de 2000 personnes ont respectivement manifesté dans les rues de Fort de France et de Pointe-à-Pitre. Les principales centrales syndicales avaient appelé à la manifestation et à la grève. Notons que l’UGTG, contrairement à son habitude de ne pas s’associer aux « grèves françaises », cette fois, s’est associé au mouvement aux côtés de la CGTG et des autres syndicats de Guadeloupe. A Fort de France les syndicats nationalistes, CSTM et UGTM par contre n’ont pas manifesté aux côtés des autres centrales. C’est surtout dans le secteur public que la mobilisation a été plus forte. Selon les statistiques officielles 61% du personnel ont répondu à la grève dans les collèges, 60% dans les lycées et 49% dans le primaire. A l’hôpital, aux impôts les travailleurs ont également répondu à l’appel. Dans le privé, la participation a été plus faible, mais l’on pouvait remarquer dans la manifestation les travailleurs actuellement en lutte comme ceux de Danone, les travailleurs de l’hôtellerie et des travailleurs du commerce.
En France, selon les syndicats, la barre de 1 million de manifestants a été atteinte. A Paris, 150 000 personnes ont défilé à Paris de la République à Nation. Selon les chiffres officiels, il y a eu 26,5% de grévistes parmi les fonctionnaires, 18,4% à la poste, 28% à l’EDF et près de 40% dans l’éducation nationale. Dans les transports les arrêts de travail ont perturbé le trafic. A Paris 35% du service était assuré à la SNCF, 60% pour les TGV. Sur certaines lignes de métros et RER ont pouvait compter un train sur trois. Le service des bus a été également retardé avec sur certaines lignes un bus sur trois. Dans les aéroports l’activité a été également perturbée. Des vols ont été retardés d’autres annulés surtout au niveau du transport intérieur. Certains secteurs du privé se sont largement manifestés dans les villes où des entreprises licencient ou menacent de licencier des travailleurs. A Marseille le transport a été totalement affecté. Les travailleurs de la SNCM actuellement en grève contre la privatisation du transport maritime ainsi que les travailleurs de Nestlé menacés de licenciement, étaient nombreux dans la manifestation. Dans d’autres villes comme à Lyon, Bordeaux Grenoble les manifestations ont rassemblé des milliers de personnes. A Grenoble les salariés de Hewlett-Packard menacés de licenciement étaient particulièrement mobilisés.
Dans différentes villes des travailleurs du privé de différentes entreprises qui licencient se sont également mobilisés, ceux de Géant Casino, de Renault Truks, d’Airbus d’Alcatel de Ford, de la Samaritaine. En Corse la mobilisation a été importante à Ajaccio avec les travailleurs de la SNCM fortement mobilisés contre la privatisation de l’entreprise.
Martinique
Les grévistes de Peugeot et Evéa font reculer leurs patrons!
Le mois de septembre a été marqué par certaines grèves qui ont montré que les travailleurs n’entendaient pas renoncer à leurs droits et entendent toujours se battre pour les conserver, en dépit des prétendues difficultés économiques des entreprises.
D’abord chez Peugeot, les travailleurs étaient en grève depuis le 5 septembre. Devant la détermination des travailleurs en grève, et pour limiter ses pertes, le béké Aubery a dû se rendre à la raison. Il a fini par signer un accord. Certes, les travailleurs n’ont pas obtenu l’intégralité de leurs demandes, mais ils ont montré que les chantages de la direction et les mensonges sur la situation financière de l’entreprise ne les empêchaient pas d’engager la lutte sur des semaines et de faire reculer le patron.
Evéa, entreprise spécialisée dans la collecte et le traitement de déchets industriels, fait partie des entreprises contrôlées par Yann Monplaisir, telle la SEEN (grosse société d’entretien et de ramassage d’ordures) ou certaines structures hôtelières. La grève a duré trois semaines. Il s’agissait d’une lutte engagée par les salariés pour faire cesser les discriminations salariales qui existaient entre travailleurs provenant de différentes sociétés. La direction ne contestait pas le fait. Mais au lieu de négocier pour trouver une issue au conflit, elle a ergoté des semaines durant, refusant notamment de recevoir la délégation syndicale qui comprenait un délégué qu’elle ne voulait pas voir. Finalement, les travailleurs ont obligé la direction de Evéa à revoir sa position. Après un accord sur ces questions avec le syndicat CSTM, les barrages de camions ont été levés et les NAO vont s’engager.
La volonté des travailleurs d’engager la lutte est toujours présente. Et le jour où ces luttes seront mieux coordonnées et moins isolées, gageons que les patrons ne prendront pas autant de temps pour répondre à leurs demandes.
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