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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 octobre 2005      N° 931
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Martinique
Bâtiment - Pour obtenir de véritables augmentations de salaires, es travailleurs devront les imposer

La commission paritaire du bâtiment qui s’est tenue dans une salle du Conseil Régional durant la troisième semaine du mois de septembre dernier s’est réduite à une discussion sur les augmentations de salaires.
Une fois de plus, cette discussion a commencé par des pleurnicheries du patronat du bâtiment. Il a adopté une attitude qui consiste à faire croire aux représentants des organisations syndicales que sa situation financière n’est pas florissante. Les ouvriers travaillant à longueur de journée sous le soleil ne sont pas dupes: ils voient que depuis des années des chantiers fleurissent en Martinique. Ils constatent également que ces patrons ont un bon train de vie. C’est avec des arguments mensongers que ces patrons parviennent à faire accepter aux organisations syndicales des augmentations de salaires représentant quelques miettes.
Ainsi au cours de cette dernière réunion, le patronat n’a pas manqué de toupet. Il n’a accordé qu’une augmentation de 2,5 %, mais …«à titre d’à valoir sur l’année 2005»! Histoire de laisser croire qu’il y aurait un autre réajustement en 2005.
Mais en fait, ces messieurs les patrons avaient déjà pris leur décision de n’accorder que des miettes aux ouvriers. Puisqu’ils ont fixé la prochaine rencontre au …«mois de mars 2006».
Alors, après cette prétendue augmentation, le salaire horaire d’un OQ2 (Ouvrier Qualifié 2ème catégorie) pour toute l’année 2005 n’a été augmenté que de 24 centimes. Soit une augmentation mensuelle de 36 euros et pas plus.
Voilà donc le mépris qu’affichent ces capitalistes à la face des travailleurs.
Le sentiment d’indignation qui commence à se manifester de plus en plus parmi les ouvriers du bâtiment concernant leurs salaires de misère et contre l’arrogance du patronat devra un jour se transformer en une lutte sur les chantiers et dans la rue pour imposer de véritables augmentations de salaires.



Martinique
Extraits du bulletin “écho des hôpitaux”

OFFICES ALIMENTAIRES: Dl’o moussach pou lèt!
La direction veut réorganiser le fonctionnement des offices à PZQ. On pourrait dire que c’est un beau projet!
Mais!! Elle cherche à brouiller la piste en nous faisant miroiter un grade d’agent hôtelier qui n’est pas reconnu dans le statut de la fonction publique hospitalière et dont elle est incapable de nous donner la grille indiciaire. Comme dirait Mona, «pa fè nou pwen kaka kabrit pou pois»!

DES «ÉVITÉS!»
La DG a voulu marquer son départ en invitant les représentants du personnel siégeant dans les différentes instances du personnel mais en omettant ceux qui siègent dans les CAPL et CAPD.
Si c’est un oubli, il est bien significatif de mépris, car dans ces instances, on n’étudie que ce qui a rapport avec la carrière des agents! Peu de chose en effet, «ti affè»!



Guadeloupe
Extraits de “l’écho de l’ANPE”

SANCTIONS RENFORCEES CONTRE LES DEMANDEURS D’EMPLOI
Une circulaire du ministère du travail vient de préciser quelles sont les sanctions pour les demandeurs d’emploi qui refuseraient deux offres d’emploi valables. Au premier refus l’allocation baisse de 20%, au 2ème de 50% et au 3ème refus l’allocation chômage est supprimée.
A 6 mois d’inscription le demandeur sera contraint d’accepter une réorientation et d’accepter des offres qui ne correspondent pas à sa recherche, sous peine de radiation.
Objectif affiché du gouvernement avec ces nouvelles sanctions: faire baisser les chiffres du chômage.

RADIER OUI, DIMINUER LE CHOMAGE, ÇA RESTE A PROUVER
Les mesures qui viennent d’être décidées par le gouvernement visent à contrôler encore plus les demandeurs d’emploi. Les ASSEDIC peuvent prendre la décision de suspendre, à titre conservatoire, pour deux mois, les allocations de retour à l’emploi en cas de fausse déclaration ou de non présentation à convocation d’un chômeur.
Les chômeurs indemnisés représentent moins de 30% en Guadeloupe. C’est vraiment loin d’être la majorité. Avec de telles possibilités ouvertes à l’ASSEDIC pour être à la fois juge et partie, de nouvelles possibilités de radiations existeront.
Quant à la diminution du nombre des demandeurs d’emploi, rien ne prouve que les radiations y contribueront efficacement.

PRESSION POUR ACCEPTER N’IMPORTE QUEL EMPLOI OU COMMENT FAIRE PLAISIR AU PATRONAT!
L’objectif du gouvernement est clair à travers ces nouvelles sanctions: accroître la pression sur les chômeurs pour qu’ils acceptent n’importe quel emploi et n’importe quel salaire.
Mais ces mesures crapuleuses seront bien incapables de faire réellement baisser le chômage car, pour que des millions de chômeurs trouvent un emploi il faudrait que l’ensemble du patronat non seulement arrête de licencier mais qu’il propose plusieurs millions d’emplois stables!

PAS D’AUGMENTATION DES FRAIS DE DEPLACEMENT!
Les frais de déplacement ont été revalorisés pendant les vacances en France. Mais pour nous, en Guadeloupe, pas de revalorisation.
A croire qu’à 7000 km nous n’avons pas besoin d’augmentation de nos revenus pour vivre mieux! Les frais de déplacement sont moins remboursés dans les «DOM», sans aucune raison valable puisque le coût des véhicules et nos frais d’entretien sont plus importants ici.
Si les collègues en France estiment avec raison que cette revalorisation ne compense pas l’augmentation du prix de l’essence, qu’en est-il pour nous?

RECEPTION MENSUELLE DES DEMANDEURS D’EMPLOI. VERS UNE NOUVELLE AGGRAVATION DE NOS CONDITIONS DE TRAVAIL
Une nouvelle lubie du gouvernement Villepin, relayée immédiatement par l’ANPE: les agences devront recevoir tous les demandeurs d’emplois une fois par mois.
Pour la France cela signifie un doublement des entretiens qui passeront de 14 à 24 millions et pour la Guadeloupe les entretiens seront multipliés par 3 passant de 90 000 à 267 000!
L’ANPE annonce l’embauche de 10 agents supplémentaires en Guadeloupe. Autant dire rien du tout, quand on sait la charge de travail nouvelle que représenteront ces entretiens mensuels.
L’ANPE annonce aussi l’augmentation du nombre de m2 pour la réception du public. Ce serait 20 m2 par agent supplémentaire.
Compte tenu que les recrutements sont en cours, qu’un agent nécessite au moins un an de formation pour être opérationnel, qu’aucune extension d’agence n’est encore programmée pour accueillir ces nouveaux collègues…
Préparons nous à refuser de travailler dans des conditions de stress accru!



Martinique
Extraits du bulletin “chantiers en lutte”

SOUTIEN DE LA CGTM AUX DELEGUES DE ENA, EX-DELATTRE
Plusieurs dizaines de travailleurs de plusieurs entreprises se sont présentés mercredi 21 septembre dans le bureau du nouveau repreneur de l’ex entreprise Delattre-Levivier pour avoir des explications concernant la situation des 8 ouvriers licenciés qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis des mois.
Après avoir été rachetée suite à sa mise en liquidation judicaire, le nouveau patron de la nouvelle entreprise ENA a décidé de ne pas reprendre 8 ouvriers dans la nouvelle structure sans leur verser leurs salaires.
Leurs camarades, soutenus par une délégation d’ouvriers du chantier du Bassin Radoub sont venus demander des explications à ce monsieur. Ils lui ont ordonné de verser à leurs camarades et dans les plus brefs délais leurs salaires et leurs indemnités.
Tout en bafouillant pour nous répondre, ce patron a été averti que les travailleurs sont prêts à revenir à la charge s’il persiste à refuser de les payer.



Guadeloupe
Grève chez Danone. Le patron joue la montre

Delavigne, le patron de Danone, prétend qu’il ne cédera jamais, après plus de trois mois de grève. Devant les travailleurs sur le piquet de grève, il joue la provocation. Il dit qu’il peut tenir comme cela 5 ans s’il le faut. Il se dit dans son bon droit. Pour lui, ce n’est pas parce que sa société gagne de l’argent qu’il doit distribuer une partie des profits aux travailleurs. Il traîne les pieds devant l’inspecteur du travail qui veut jouer le rôle de médiateur. Ce dernier a demandé aux deux parties de mettre sur papier leurs propositions. Les travailleurs et leur syndicat UGTG ont déposé les leurs, mardi 27 septembre. Delavigne, lui, non.
Malgré ses rodomontades, il n’a pas entamé la détermination des grévistes qui demandent toujours 7% d’augmentation pour les ouvriers de la production et 4% pour les chauffeurs-livreurs.



Sous-emplois jeunes

Il y avait les emplois jeunes, les contrats emplois solidarité, etc., autant d'emplois plus ou moins bidon avec des sous-salaires. Voici maintenant les "emplois de vie scolaire" lancés par le ministre de l'Éducation nationale. Encore plus bidon, encore plus précaires puisque seulement pour une durée de 6 à 24 mois.
Bref, dans l'éducation publique, c'est comme pour le reste, c'est la grande misère pour ne pas embaucher, alors que les besoins sont immenses, et les chômeurs toujours aussi nombreux.



Morne-à-L'Eau
Fin de la grève des employés municipaux

Les employés municipaux UTS-UGTG de Morne-à-l’Eau ont mis fin à leur grève.
En effet, ces employés reprochaient au maire Jean-Claude Lombion son refus de reconnaître la valeur du protocole d’accord établi au mois de février dernier avec l’ancien maire Julien Chovino dont il était l’adjoint. Ils lui reprochaient aussi son communiqué du 15 septembre 2005 dans lequel il menaçait de faire des retenues sur le traitement de certains employés pour service non fait.
Mais il se trouve que le maire est revenu sur ses positions en donnant rendez-vous aux représentants des employés pour ce mois d’octobre 2005 afin de discuter des différents problèmes en suspend.



Guadeloupe
Extraits du bulletin “sucrerie en lutte (usine Gardel)”

IL FAIT TROP CHAUD A L’ENSACHAGE
A l’ensachage il règne une chaleur insupportable dans laquelle nous sommes obligés de travailler. La direction a refait la construction de l’atelier et après 6 mois de fonctionnement nous constatons que la ventilation de l’atelier a été complètement négligée, la direction s’est préoccupée des machines d’ensachage, mais pas des conditions de travail des employés.

ON ATTEND UNE REPONSE DES RESPONSABLES
Il y en a un qui ne peut pas se plaindre de notre situation auprès de la direction vu que lui il est en haut et dans un bureau climatisé. Quant à la direction, elle n’a toujours pas répondu aux doléances qui lui ont été transmises directement.

SECTEUR CANNE-SUCRE: QUEL GACHIS!
Le plan de restructuration de l’industrie sucrière date de 1993. Il était convenu que l’unité sucrière unique de Gardel devait broyer 800 000 tonnes de canne sur 100 jours.
Pour cela l’Etat et la région ont distribué depuis des milliards à une entreprise privée, en l’occurrence Gardel, avec pour mission la réussite du plan.
Or depuis 1993 l’usine n’a jamais atteint l’objectif fixé, broyer 8 000 t de canne en moyenne par jour. (en 2000: 5 317 t, en 2005: 5300t) . Qu’on ne vienne pas nous répéter que c’est à cause de la pluie, car tout problème a sa solution.
Ceux qui ont la responsabilité de la filière, au niveau économique comme au niveau politique, se moquent éperdument de l’avenir de ce secteur. Et pendant ce temps, les capitalistes s’en mettent plein les poches.

MWEN FIN’ LIVWÉ, FÔ DÉTLÉ
La récolte cannière a eu des difficultés pour démarrer cette année. La principale raison est due au fait que les salaires doivent être négociés et fixés en commission paritaire pour l’ouverture de la campagne. Dans toute l’histoire de la canne, ces rencontres se font dès le mois de novembre afin que la récolte puisse démarrer, en principe, à la mi-janvier, voire février. Mais les patrons font traîner en longueur les NAO en faisant des propositions qu’ils savent inacceptables par les ouvriers. Ainsi, la campagne 2005 n’a démarré qu’au mois de mars pour se terminer le 7 août.
Mais, chose curieuse, le jour même où la direction de Gardel a terminé la coupe de ses propres cannes, elle a arrêté toute prise de canne venant des planteurs. Du coup Gardel n’a broyé que 675 274 t d’une production estimée à 772 000 t. Avec près de 100 000 t de canne laissées sur pieds, les planteurs ont raison d’être inquiets pour l’avenir du secteur.

ON CASSE TOUT ET ON RECOMMENCE
Pendant l’inter-récolte 2004 la direction a fait construire des bâtis pour des turbines neuves. Ces travaux ont été réalisés par une entreprise en sous-traitance. Mais voila, nous constatons que cette année on casse tout et on recommence. Si la direction cherche à faire croire aux camarades qualifiés pour ces genres de travaux qu’ils n’ont pas la compétence nécessaire pour les faire, alors c’est raté.




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