logo COMBAT OUVRIER
PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 8 octobre 2005      N° 931
Sommaire > Page précédente > Accueil > Archives > e-mail 

Page 4

U.S.A.
Après Katrina, Rita et une évacuation toujours aussi désastreuse

A l’approche du cyclone Rita, le gouverneur du Texas a demandé aux 5 millions d’habitants d’évacuer. Cependant, bien que Bush, très critiqué pour les 1075 morts d’après Katrina, soit allé lui-même vérifier les préparatifs de l’évacuation, aucun plan n’était prévu. Les départs se faisaient en voiture individuelle, créant un embouteillage monstre. Des centaines de milliers d’automobilistes en provenance du sud du Texas sont restés bloqués des dizaines d’heures dans leurs véhicules. Syncopes, pannes d’essence, chaleur étouffante, voilà ce qu’ont connu entre autres des milliers de gens. Parmi eux, certains roulaient sans savoir où aller. Rien de prévu non plus pour les personnes sans voiture, aucun moyen de transport mis à leur disposition ; les plus pauvres ont été, une fois encore, laissés pour compte. Des malades hospitalisés qui auraient dû être transportés par ambulance, se sont retrouvés dans des bus. L’un d’entre eux a pris feu, tuant 20 personnes.
Sur le million de personnes qui ont quitté Houston (Texas), seulement 15000 ont été évacuées par les autorités américaines. La désorganisation de ces évacuations a provoqué la mort de 20 personnes.
Le pays le plus riche du monde n’est même pas capable d’organiser ce qu’un petit pays comme Cuba réalise sans accros plusieurs fois par année ; tout simplement parce que le sort des populations pauvres est le cadet des soucis des dirigeants de l’Etat américain. Aujourd’hui, ils déclarent «les dégâts ne sont pas aussi graves que nous le redoutions», omettant de signaler que leur désorganisation a fait plus de morts que Rita!



Martinique
Les raisons de la violence des jeunes

Deux affaires, l’une opposant des jeunes en bandes entre eux et l’autre des jeunes avec les autorités se sont déroulées la semaine dernière. Elles ont provoqué un certain émoi dans la population.
Durant le week-end du 25 septembre sur le campus de Schoelcher, suite à l’agression d’un étudiant par cinq jeunes venus de l’extérieur, une bagarre s’est déroulée avec échange de coups de coutelas. Elle s’est poursuivie au sein du service des urgences où avait été transportés les blessés et là, les jeunes accompagnant les blessés, s’en sont pris aux pompiers ou soignants qui tentaient de s’interposer, voltigeant pierres et bouteilles sur les intervenants.
Le lundi, brancardiers et pompiers des Urgences organisaient un débrayage sur leur lieu de travail pour manifester leur ras le bol face à de telles agressions, réclamant une protection sur leur lieu de travail, alertant une fois de plus les pouvoirs publics et aussi les jeunes et leurs parents.
Le lundi 26 en fin de journée, le chauffeur d’un bus allant de la cité scolaire du Marin à Rivière Pilote était agressé violemment par une dizaine de jeunes à l’intérieur de son véhicule et en présence des collégiens, alors même qu’il leur en avait refusé l’accès. Le saccage du bus s’est poursuivi à coups de bâtons et de pierres jusqu’à l’arrivée des gendarmes. Ces jeunes, semble-t-il, voulaient utiliser le bus pour aller rejoindre d’autres jeunes de Rivière-Pilote auxquels ils s’étaient confrontés durant le week-end.
Là encore, la réaction des chauffeurs a été rapide. Ils ont interpellé le cabinet du préfet, réclamant la présence de forces de police ou de gendarmerie pour multiplier les contrôles et les interpellations et assurer la protection aux abords des collèges et lycées.
Tant au CHU de la Meynard, que dans l’affaire du bus de la cité scolaire du Marin, les pouvoirs publics ont voulu se montrer réactifs et rassurants devant les craintes suscitées par ces actes. Procureur de la République ou rectrice, affirmant qu’ils prenaient le problème de la violence à bras le corps, ont invité les collectivités locales à en faire autant et les parents aussi. En fin de semaine, la mise en examen des jeunes protagonistes de ces affaires faisait les gros titres du journal France-Antilles comme pour montrer que la situation était bien sous contrôle.
Dans les faits il n’en est rien. Et il y a fort à parier que de telles manifestations de violence auront à nouveau lieu.
Les pouvoirs publics sont bien incapables d’assurer la protection réclamée à juste titre par les éventuelles victimes : ils ne font rien pour régler le problème de fond, celui d’une jeunesse qui se trouve privée de perspectives et d’une société orientée par les décideurs et les politiciens à leur service vers la compétition permanente, l’individualisme et la loi du plus fort. Ce sont ces lois que subissent ces jeunes à qui on demande de «se vendre pour trouver un emploi» et qui n’en trouvent pas. Ce sont ces lois que subissent leurs parents qui se trouvent expulsés du marché du travail pour un oui pour un non. Sans même parler des modèles qui leur sont présentés dans les films mais aussi dans les documentaires d’actualité. C’est au nom de ces lois, les lois du système capitaliste, celles du profit pour une minorité de capitalistes, qu’en Martinique comme ailleurs, les municipalités sont étranglées, que les programmes sociaux sont toujours jugés non rentables, trop chers, puis abandonnés, laissant les jeunes désœuvrés dans les cités et les quartiers populaires, et que l’argent public est distribué en subventions aux gros possédants.
Alors, la réponse policière et sécuritaire portée par ceux qui nous dirigent, n’est que «cautère sur jambe de bois» et hypocrisie, tant ces gens là favorisent, par leur politique, la dégradation du niveau de vie pour le plus grand nombre.



Algérie
Une parodie de démocratie

Jeudi 29 le président de la république algérienne Boutéflika a appelé les 18 millions d’électeurs à un référendum pour se prononcer pour ou contre «la paix et la réconciliation». Il a proposé de ne pas poursuivre les terroristes qui déposent les armes à l’exception de ceux qui étaient coupables de crimes de sang et de viols. Il s’est engagé à indemniser les victimes des attentats. Il comptait aussi sur la lassitude de la population qui, fatiguée par plus de dix ans d’une guerre civile qui a déjà fait plus de 150 000 victimes, aspire à vivre en paix.
Aussi, au lendemain du scrutin les services gouvernementaux ont annoncé 97% de oui et une participation proche de 80%. Le président présente ces résultats comme un plébiscite de son action. C’est d’ailleurs le seul but qu’il cherchait à atteindre. Car la paix, la population ne l’aura pas vraiment même si le nombre d’attentats et de massacres a diminué depuis plusieurs années. Ces attentats et braquages se poursuivent. Ce n’est pas étonnant. La corruption, les inégalités sociales, la misère de la population demeurent. Ce sont ces causes, entre autres qui alimentent en combattants les groupes islamistes, responsables, avec l’armée, des massacres.



Haïti
Après la visite de Condoleeza Rice

La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a effectué une courte visite en Haïti, le 27 septembre pour témoigner du soutien des États-Unis au président Boniface Alexandre et au premier ministre Latortue pour la réalisation des élections du 20 novembre prochain. Elle a aussi visité un bureau d'inscription des électeurs et a appelé les Haïtiens à voter lors de la présidentielle. Il n'y a «pas d'arme plus puissante que celle du vote», a-t-elle souligné. Près de 2,5 millions de personnes sont inscrites sur les 4,5 millions d'électeurs possibles selon le CEP (Conseil électoral provisoire).
Le gouvernement américain souhaiterait bien que les élections se déroulent sans heurt en Haïti pour redorer le blason de Bush.
La campagne électorale doit débuter le 8 octobre. Jusqu'ici, 32 candidats ont été retenus pour les présidentielles. Ils sont tous connus pour avoir participé d’une manière ou d’une autre aux gouvernements précédents, tous contre les intérêts des pauvres et des travailleurs.



Porto-Rico
Un militant nationaliste assassiné par le FBI

Filiberto Ojeda Rios, dirigeant des Macheteros (coupeurs de canne), mouvement nationaliste Porto-Ricain, était en fuite depuis 15 ans. Les agents du FBI ont encerclé la ferme où il se cachait. Deux hélicoptères survolaient les lieux, et la police Porto-Ricaine bloquait les accès à la ferme. L’homme qui a occasionné ce déploiement de forces était accusé d’avoir volé en 1983 sept millions de dollars d’une banque du Connecticut aux Etats Unis. L’argent devait servir à soutenir la cause nationaliste à Porto-Rico.
Sa mort a provoqué des manifestations dans la capitale. 500 personnes ont bloqué la principale avenue de San Juan. Plusieurs dirigeants de partis favorables à l’indépendance ont protesté, déclarant que cette mort est une tragédie, que c’est un acte honteux, témoignant d’une volonté d’humilier les Porto-Ricains et de leur dénier le droit à l’indépendance.
Le mouvement indépendantiste de Porto Rico est très minoritaire. Dans le passé, il s’est manifesté à plusieurs reprises par des actions armées et a été touché par la répression. En 1932, après le meurtre d’un chef de la police, 19 personnes ont été tuées lors d’une manifestation. En 1950, des nationalistes Porto-Ricains tentèrent d’assassiner le Président des Etats Unis Truman. En mars 1954, les membres du Nationalist Party attaquèrent le Congrès à Washington et blessèrent 5 de ses membres. Les militants de ces organisations ont connu de très longues années de prison.



France
SNCM. La détermination des grévistes un exemple pour tous

La SNCM est une société possédant plusieurs ferries faisant la navette entre le continent et la Corse ou l’Afrique du nord. Jusque là l’Etat était majoritaire dans le capital de la société. Mais la privatisation totale annoncée assortie d’un plan de 400 suppressions d’emplois a été la cause de la grève très forte du personnel qui a fait la une de l’actualité tous ces jours-ci. Les marins extrêmement déterminés se sont mis en grève bloquant tout le trafic en Corse et sur le continent. Un ferry fut même pris en main par les marins grévistes et détourné de sa route. Il aura fallu l’intervention musclée des gendarmes du GIGN héliportés au dessus du navire pour reprendre le contrôle du bateau.
D’importantes manifestations de colère des grévistes et de leurs familles ont eu lieu à Marseille et à Bastia. Les interventions des forces de l’ordre, les grenades lacrymogènes loin d’intimider les manifestants semblaient renforcer leur détermination. Aux dernières nouvelles l’Etat accepterait une participation de 33% du capital qui serait détenu par lui et le personnel, l’Etat gardant 25%. Ce serait une «minorité de blocage». Mais les marins continuent de réclamer que l’Etat reste majoritaire. La grève continue donc. Le port de Marseille reste presque totalement paralysé.
La détermination des marins de la SNCM est applaudie par tous les travailleurs combatifs. Imaginons qu’elle devienne réellement contagieuse et se répande dans l’ensemble du monde du travail!



Le comité de soutien à M. Hilaire Lefort ou “Comité contre le racisme et l’humiliation” poursuit son action

Ce comité s’est constitué pour soutenir M Lefort est cet homme de 85 ans, malade cardiaque qui a été injustement interpellé, plaqué au sol, gardé à vue dans des conditions scandaleuses au début de l’année. Le comité soutient aussi Fritz et Mathias Mathiasin qui ont été injustement agressés par les gendarmes qui n’ont pas accepté qu’on leur fasse une simple remarque ; M Baudoin, dit Alfala et sa famille ont vu leur maison cernée par les gendarmes armés, leur fils frappé, la famille braquée sans justification sérieuse. Dernièrement c’est au tour de la famille Caroupanin-Siousaran à Dubédou (St François) d’avoir vu leur maison cernée par la police, leurs vitres brisées à coups de crosse, le maître de maison plaqué au sol et menotté par la police à la recherche d’un trafiquant de drogue. Mais la police s’était tout simplement trompée d’adresse.
Dans les trois cas des plaintes ont été déposées contre la police ou les gendarmes. L’affaire Baudoin passera à l’audience le 29 novembre, l’affaire Mathiasin le 1er décembre. Pour l’affaire Lefort, la date n’a pas encore été fixée.
Le Comité continue de se réunir tous les lundis à 18h30 chez Madly Lefort, à Petit Bourg, dans la rue qui passe derrière le petit marché côté mer. Il peut être contacté au 0590.95.71.65 et/ou 0690.42.45.62
Le comité organisera un déjeuner de soutien en musique le dimanche 11 novembre à 12H, dans la salle de M. Baudoin dit Alfala à Grande Savane, commune de Petit Bourg. Réservation et paiement à faire à l’avance aux numéros ci-dessus ou chez M Maurice Vieillot, 38 rue Alsace Lorraine à Pointe à Pitre : Tel : 0590.83.98.90




Sommaire > Page précédente > Accueil > Archives > e-mail 

Copyright © 2001-2005 Combat Ouvrier - Tous droits révervés aux militants.

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!