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La répression anti-immigrés, une politique contre l’ensemble des travailleurs
Presque chaque semaine, des immigrés, principalement haïtiens, se retrouvent à l’eau en pleine mer, tombés d’embarcations de fortune qui chavirent entre la Dominique et la Guadeloupe. Les corps décomposés de ces immigrés, souvent de jeunes femmes, sont repêchés sur les rivages de Gosier, Ste Anne ou Trois Rivières.
D’autre part on assiste à une recrudescence très nette de la répression contre ces immigrés. Les gendarmes et la police se livrent à une véritable chasse un peu partout en Guadeloupe sur ordre du gouvernement français. Des quartiers entiers sont bouclés et des dizaines d’immigrés sont contrôlés et reconduits sans ménagement en zone de rétention puis dans leur pays. Des centaines d’hommes et de femmes vivent ainsi dans la peur quotidienne d’être interpellés. En France, en Guyane, c’est du pareil au même. Certains élus locaux se font aussi de bons petits auxiliaires de cette politique comme Chalus, maire de Baie Mahault qui a fait raser dernièrement plusieurs maisons de travailleurs immigrés haïtiens dans le quartier de Trioncelle à Baie Mahault, sans les reloger.
Ces femmes et ces hommes quittent Haïti, savent qu’ils risquent leur vie dans des embarcations fragiles. Dans ces réseaux, des passeurs criminels leur réclament des sommes énormes ; ils savent que ces mêmes passeurs pour gagner le maximum d’argent chargent dangereusement leurs embarcations qui de ce fait chavirent. S’ils prennent tous ces risques c’est que ces gens n’ont absolument rien à perdre, connaissant une misère atroce en Haïti. Et en plus de la misère, ce qu’ils fuient aussi ce sont les bandes de tueurs, de kidnappeurs qui sévissent un peu partout. Bref, c’est à un véritable enfer qu’ils cherchent à échapper.
Face à cette situation les seules réponses des autorités ou des responsables politiques ne sont que répressives: plus de contrôles, plus de «protection des frontières», etc. On ne peut évidemment compter sur ces gens-là, très respectueux de l’ordre établi, pour réfléchir aux voies et moyens d’éradiquer la misère et l’insécurité en Haïti même. Quant à reconnaître que bien des immigrés créent de la richesse par leur travail même dans les pays où ils parviennent, ce serait bien trop leur demander. Quoiqu’ils en disent de temps en temps pour se faire passer pour de bons humanitaires, au fond, les dirigeants politiques de tous bords se soucient très peu de la pauvreté des populations de ces pays pauvres.
Le capitalisme français puis américain ont exploité Haïti jusqu’au sang. L’esclavage durant plus de deux siècles en Haïti a fait en partie la richesse de la France. Puis, après la révolution anti-esclavagiste, en 1804, l’impérialisme français a encore saigné Haïti en lui imposant le paiement de lourdes indemnités destinées aux anciens propriétaires d’esclaves. Dettes qui ont été réglées par les possédants haïtiens en exploitant durement les paysans et les travailleurs pendant des dizaines d’années. Ce pillage a puissamment contribué à maintenir ce pays dans la misère et le sous-développement.
Jusqu’à aujourd’hui, sans relâche, les ressources d’Haïti, son travail, ont été exploités pour le plus le plus grand bonheur des grosses sociétés capitalistes. Celles-ci exploitent encore les travailleurs de ces pays pour en retirer des profits qui ne servent même pas au développement d’Haïti mais sont accumulés dans les pays riches (Etats-Unis, France, etc).
Et aujourd’hui, les gouvernements de ces pays refoulent sans ménagement, dans des conditions ignobles ceux qui cherchent «une vie meilleure». «Vie meilleure»? Comme exploités dans les bananeraies de Guadeloupe ou dans de multiples petits boulots ou les plus «heureux» comme «smicards»?
Les gouvernants actuels qui donnent dans la surenchère répressive contre les immigrés aussi bien en France qu’aux Antilles ne le font pas pour le bien être de la population, pour faciliter sa vie quotidienne comme ils le prétendent. Non, ils ne se soucient pas plus en réalité du sort des travailleurs bien français ou antillais, du sort de la population bien «française» ou antillaise que de celui des immigrés. S’ils ont décidé de lancer la flicaille tous azimuts contre les immigrés c’est uniquement pour tenter de rafler l’électorat de l’extrême droite raciste à l’approche des élections présidentielles. C’est la politique Sarkozy. Et Chirac, Villepin et les autres chefs de la droite ne peuvent en faire moins, par souci électoral. Les travailleurs et la population auraient donc bien tort de rentrer dans ce jeu là et de hurler avec les loups contre les soi-disant dangers que fait courir l’immigration. En le faisant ils ne font qu’aider les gouvernants à peaufiner une politique toujours plus anti ouvrière.
Le sort qui est réservé aux immigrés provenant des pays pauvres, c’est au fond le sort que l’on voudrait réserver aux travailleurs «nationaux» à l’intérieur des frontières. C’est pour cela qu’en luttant pour changer leur sort, les travailleurs luttent aussi pour changer le monde. C’est là que réside l’espoir d’un vrai changement. C’est en effet du renversement du monde capitaliste que viendra la solution pour tous les pauvres de la planète, alors cette phrase de l’Internationale, le chant de lutte des travailleurs, prendra tout son sens: « la terre n’appartient qu’aux hommes »!
ÉCHOS DES ENTREPRISES
Guadeloupe
Générale des eaux: suspension de la grève
Les agents de la générale des eaux affiliés à la CGTG ont débrayé les mercredi, jeudi et vendredi 14 octobre. Ils protestaient contre le refus de leur direction de considérer la proposition de leur syndicat de «carrière en continue». Cette disposition est déjà en application en France dans le groupe Vivendi dont fait partie la Générale des Eaux. Elle est plus avantageuse pour les agents que l’actuelle méthode de gestion des carrières. La direction refuse de discuter de son application. Elle refuse même de réunir la commission (syndicats, Région, Conseil Général, préfecture, et direction de l’entreprise) signataire de la précédente convention comme l’exige la loi. La direction se place hors la loi car elle sait qu’elle sera en minorité. Elle renvoie les travailleurs en 2006 pour en discuter, sous prétexte qu’à cette date se renouvelle son contrat avec le SIAGEAG (organisme intervenant dans la distribution de l’eau) pour la distribution de l’eau en Guadeloupe.
Les agents ne veulent pas attendre jusqu’en 2006. Ils ont adressé un avertissement à leur direction, avec ces jours de grève. Ils ont suspendu leur mouvement et ont déposé un référé contre la direction auprès du tribunal de Pointe-à-Pitre ce lundi 17. Ils attendent le résultat de cette action pour savoir quelle suite donner à leur mouvement.
Guadeloupe
Extraits de “l’écho des Assurances”
GAN: LA DIRECTION FAIT-ELLE DES ECONOMIES SUR NOTRE DOS?
Cela fait quelques mois qu’il n’y a personne à l’accueil et que nous n’avons plus de coursier. Ce sont les employés qui gèrent les sinistres qui doivent dépouiller le courrier, faire l’accueil et traiter les dossiers. Cela fait beaucoup pour une seule personne et la qualité du service rendu aux clients se dégrade.
La direction ne s’en soucie pas puisqu’elle ne se presse pas pour embaucher une employée pour faire l’accueil.
MAIF: A FORCE DE TIRER SUR LA CORDE ELLE FINIRA PAR CASSER
Tous les quatre matins nous recevons toutes sortes de directives de la direction pour des campagnes en action commerciale, des changements dans l’organisation. Nous ne savons pas où donner de la tête et avons l’impression d’être toujours sous pression.
De plus la direction est de plus en plus réticente à embaucher et les collègues se plaignent des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader.
Mais trop c’est trop et la direction doit comprendre que nous ne pouvons pas tout faire en même temps.
Il est vrai que dans toutes les entreprises c’est le même problème qui revient: il n’y a pas assez d’effectif pour faire tout le travail. Il faut donc embaucher.
Guadeloupe
AFPA: mouvement pour le paiement des salaires
Les travailleurs de l’AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) se sont mobilisés le mardi 11 octobre pour exiger le paiement de leurs salaires du mois de septembre. Les salaires ont été payés le 14. Une mobilisation avait déjà eu lieu au mois de juin. L’AFPA est endettée à hauteur de 4 millions d’euros. Les employés ne savent pas pendant combien de temps ils pourront continuer à travailler, et pendant combien de temps les stagiaires pourront bénéficier de formations.
Guadeloupe
Extraits de “plantation en lutte”
NOUS AVONS LES MOYENS DE NOUS FAIRE ENTENDRE
Depuis un peu plus d’un an, les patrons de la banane sèment la détresse dans nos rangs. Plus d’un millier d’entre nous ont été licenciés par F. Le Métayer, F. Lignières, Giorgy, P.E Bureau, etc. et par bien des petits planteurs sous le prétexte que ces messieurs n’ont plus d’argent.
Mais depuis des années, l’Etat, les Conseils Général et Régional, l’Union Européenne versent sans arrêt de l’argent dans les caisses surtout des gros planteurs. Tous ces gens ont investi ailleurs l’argent qu’ils ont reçu pour la banane. Et ils viennent raconter qu’ils ne peuvent plus continuer. De plus, en principe, depuis le mois de juin dernier, un plan de relance avec subventions de la Région et de l’Europe est en cours.
Alors, de qui se moque-t-on? En réalité tout ce beau monde a une seule idée en tête: relancer les plantations, mais avec des salariés sous contrat RMA, c'est-à-dire des salariés payés par l’Etat ne coûtant qu’aux environs de 180 euros par mois aux patrons. Et ils ne veulent surtout pas avoir affaire à des travailleurs qui savent s’organiser pour se défendre contre la rapacité des patrons.
Ce n’est donc pas le moment de se démobiliser et de se laisser démoraliser par ceux qui viennent nous proposer du travail sous contrat RMA. Nous pouvons nous faire entendre et respecter.
ILS MONTRENT DEJA LEURS INTENTIONS
F. Le Métayer a décidé d’investir son argent dans le commerce. Il possède déjà plusieurs supermarchés et est en train d’en construire un autre à Goyave. Alors il cherche à louer ou vendre plusieurs de ses propriétés. Un des acquéreurs en vue n’a-t-il pas déclaré qu’il faut que Le Métayer licencie tous les travailleurs de la plantation en question pour que lui il puisse embaucher uniquement des « contrats RMA»? (…)
Martinique
Dockers: quand le patronat cherche à créer la confusion dans la population, il trouve des réponses
Depuis plus d’une semaine les manutentionnaires et les ouvriers dockers sont en négociation salariale avec leur direction. Il s’agit pour eux de revaloriser leurs salaires.
D’après un membre du syndicat CGTM des dockers «les dockers avaient fixé à 10 % leur base de discussion. Puis nous avons fait une concession et réévalué nos prétentions à 6 % ». C’est sur cette base là que les ouvriers dockers veulent obtenir satisfaction de leurs revendications, mais les patrons des entreprises de manutention font la tête dure. Ces messieurs veulent négocier sur la base de 3,2 à 3,4 %, ce que les ouvriers dockers refusent avec raison.
Cependant, ces derniers temps, des gens pour la plupart très proches du patronat et sans doute des politiciens réactionnaires font circuler sur les ondes que les dockers sont des privilégiés et touchent trop d’argent.
Alors pour pouvoir mieux s’expliquer face à l’opinion publique et pour répondre à toutes ces calomnies, un des responsables syndical CGTM des dockers a été interviewé à la télévision par des journalistes, une fois par RFO et une autre par ATV. Au cours de ces interviews, lorsque les journalistes lui ont dit: «il y a des gens qui disent que vous touchez beaucoup d’argent, que vous êtes des privilégiés, qu’est que vous leur répondez? ». La réponse du docker a été immédiate: «Ce n’est pas nous les dockers qui touchons trop d’argent, mais vous les journalistes et les autres travailleurs qui ne touchez pas assez d’argent. Il faut que vous vous battiez pour avoir de meilleurs salaires. Ce que nous touchons actuellement nous l’avons obtenu grâce à nos luttes, à vous de faire de même ».
Le lendemain, sur plusieurs lieux de travail, des travailleurs ont débattu de cela. Ils ont, le plus souvent, apprécié la répartie du docker et approuvé sa réponse.
Guadeloupe
Délestages et pannes à EDF! Est-ce une préparation à la privatisation?
Les nombreux délestages qui ont touché les usagers ces derniers temps, ne sont pas uniquement dus à des problèmes techniques. Les pannes de moteurs sont normalement prises en compte à l’avance pour qu’il n’y ait pas de coupure, ne serait-ce que par la mise en place d’un moteur de secours.
L’entretien et le contrôle des moteurs sont-ils réellement effectués pour éviter les pannes? Tout cela demande un coût en personnel en en matériel. Les moyens techniques auraient dû s’améliorer en fonction des besoins de la population qui deviennent de plus en plus importants.
En fait, EDF fonctionne de moins en moins comme un service public, mais comme une entreprise capitaliste qui vise les marchés les plus rentables. Depuis la loi de février 2000, EDF n’a plus l’obligation légale d’améliorer les moyens de production. Au contraire on baisse les coûts de production avec la baisse des effectifs et la diminution de la masse salariale.
Une Commission de Régularisation de l’Energie (CRE) a été mise en place pour faire des appels d’offres et s’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché de l’électricité. Tout ce fonctionnement d’entreprise capitaliste entraîne l’augmentation du prix du kilowatt. En Guadeloupe le prix de l’électricité est plus élevé qu’en France. Pour l’instant cela ne se ressent pas sur ce que paie le consommateur à cause d’une taxe compensatrice versée au producteur. Mais dans l’avenir, si une telle compensation ne se faisait plus, avec les fluctuations du marché les consommateurs de Guadeloupe seront confrontés à un prix qui partira à la hausse! Et à un «service» qui ira, lui, en se dégradant!
La Fédération de l’Energie qui regroupe des travailleurs de l’EDF a déjà alerté les pouvoirs publics et les consommateurs sur ces problèmes. Mais pour faire bouger l’Etat et ceux qui le représentent, cela nécessitera des luttes importantes des travailleurs de l’Energie, mais aussi de la population.
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