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Martinique
Logement social: démission et mépris de l’état face aux plus démunis
Le budget de l’outre-mer pour 2005 qui s’élève à 1,71 milliards d’euros était, selon les dires du gouvernement, affecté en priorité à l’emploi et au logement. Quarante millions d’euros étaient destinés au logement social, mais il semble que seuls deux millions auraient été versés sur les vingt prévus pour la Martinique.
Le secteur du logement social est aux mains de sept opérateurs sociaux privés. Ce sont des entreprises du bâtiment spécialisées dans les travaux de réhabilitation et de construction.
Ils se sont réunis en groupement depuis 2001: le GIDOS (groupement interprofessionnel des opérateurs sociaux de la Martinique).
Sollicités par les services sociaux des mairies ou par des particuliers, ils montent les dossiers de financement et sont maîtres d’œuvre des travaux. Ils emploient 400 artisans qui exécutent les chantiers et près de 2500 ouvriers.
Ces opérateurs ont décidé d’arrêter tous les chantiers en cours car l’état depuis des mois ne leur rembourse pas les travaux réalisés. Ainsi la DDE (direction départementale de l’équipement) leur doit «12,2 millions d’euros dont 4,70 millions pour la filière Amélioration de l’habitat et accession sociale qui alimente au quotidien 400 artisans».
Pour les opérateurs, le secteur est en crise et ils demandent aux élus de plaider leur cause pour le déblocage immédiat de 20 millions d’euros complémentaires. En réalité toutes ces sommes ont déjà été votées et c’est l’Etat qui ne se préoccupe pas de leur affectation.
Pour les entreprises, c’est un secteur important qui représente 22% du BTP avec un chiffre d’affaire global de 70 millions d’euros en 2004 et qui va se développer.
Les opérateurs estiment que d’ici 2011, plus de 10 000 familles pourraient solliciter une aide. Toutes les familles qui auraient besoin de cette aide pour se loger correctement, n’en bénéficient pas. Ainsi entre 1992 et 2002, 1500 familles par an auraient bénéficié de l’aide à l’amélioration de l’habitat et de l’accession sociale au logement. Depuis, le nombre de bénéficiaires a diminué: 1232 pour l’année 2004, dont 1005 pour la réhabilitation. Il y aurait eu 235 bénéficiaires pour le secteur de la construction de logement social alors que les besoins s’élèvent à 1500 par an.
Avec l’arrêt des travaux, ce sont les plus démunis qui sont pénalisés ; alors qu’ils ont déjà versé leur apport personnel, ils devront attendre et solliciter leur famille pour stocker leurs meubles ou être logés. Le gouvernement refuse d’assurer ce minimum vital à ces populations. De leur côté, les entreprises privées qui ne recherchent que le profit, mettent en avant les manquements de l’Etat pour ne pas respecter leurs engagements de terminer les travaux commencés.
Dans cette société capitaliste, l’Etat se soucie de garantir les profits de quelques uns, pas de respecter le droit élémentaire pour les masses laborieuses d’avoir un toit pour se loger correctement. Les bénéficiaires lésés auront à faire entendre leur mécontentement et exiger la poursuite des travaux.
Martinique
Bâtiment: la lutte contre le travail illégal pour mieux protéger le patronat
Le mardi 13 octobre, un groupe d’hommes composé de 25 gendarmes, 10 contrôleurs de la Police de l’air et des frontières, mais aussi d’inspecteurs de la Caisse Générale de la Sécurité Sociale et de la Caisse des congés payés, et de la Direction du Travail a débarqué sur cinq chantiers différents (Robert et Lamentin) dans le cadre du comité de lutte contre le travail illégal (COLTI).Les papiers de plus de 200 ouvriers ont été contrôlés. Cette opération a été présentée par les représentants de l’état comme étant menée pour «lutter contre l’emploi d’immigrés clandestins et les travailleurs illégaux ». Le COLTI qui soi-disant devait permettre aux ouvriers d’obtenir des contrats d’embauche en règle, est utilisé en fait pour la lutte contre les travailleurs immigrés. Véritable opération commando anti-travailleurs immigrés à la sauce Sarkozy, cette opération ressemblait surtout à une chasse aux ouvriers. Et il ne s’agissait surtout pas de s’attaquer aux patrons exploiteurs, ceux-là même qui ne respectent pas la convention collective du bâtiment, qui font travailler des ouvriers à des cadences infernales ou encore qui utilisent de la main d’œuvre malléable et corvéable à merci c'est-à-dire de la sous-traitance et des intérimaires. Et pourtant c’est bien là que se trouve le «travail illégal»! D’ailleurs après cette opération certains ouvriers du bâtiment disaient « il faudrait que nous les ouvriers, nous soyons tous ensemble organisés pour faire barrage à ce genre de contrôles et obliger les policiers, gendarmes et contrôleurs à faire un véritable travail de «comité de lutte contre le travail illégal». C 'est-à-dire à faire le patronat respecter nos droits de travailleurs».
ÉCHOS DES ENTREPRISES
Martinique
Extraits de “chantiers en lutte”
L’HYPOCRISIE DU PATRONAT
Le patronat du bâtiment vient d’accorder à partir du mois d’octobre une augmentation des salaires de 2,5 %!!!
Mais avant de prendre leur décision, les représentants du patronat ont commencé comme d’habitude par pleurnicher, en prétextant que leur situation financière n’est pas florissante… Les malheureux!
Et pour eux, cette augmentation est «à titre d’à valoir sur l’année 2005». Histoire de laisser croire qu’il y aurait un autre réajustement en 2005.
En réalité, ce n’était que du cinéma, parce qu’en fin de séance, ils ont fixé la prochaine réunion de la commission paritaire au …«mois de mars 2006 ». (…)
YO LE PRAN NOU POU KOUYON
En fait il ne s’agit pas d’une augmentation de 2,5 % des salaires mais tout simplement une décision prise par le patronat pour niveler les salaires par rapport au SMIC.
En effet, le salaire horaire minimum dans le bâtiment c'est-à-dire celui de l’ouvrier manœuvre (OM) ne doit pas être inférieur au taux horaire du SMIC.
Etant donné que le salaire horaire de l’OM s’est retrouvé depuis le mois de juillet 2005 inférieur de 2,5 % à celui du SMIC, il a fallu le réajuster. (…)
POUR AVOIR DE VRAIS SALAIRES IL FAUT LES IMPOSER
Ces quelques pièces de monnaie que les patrons ont décidé d’accorder représentent pour un OQ2 par exemple et pour toute l’année 2005 une augmentation de 24 centimes de l’heure. Soit une augmentation mensuelle de 34 euros et pas plus. (….)
L’ARNAQUEUR
Le patron d’une entreprise SARL en installation électrique qui travaille en sous-traitance pour EDF ne manque pas de toupet. Depuis des années, il a toujours refusé de payer au personnel la prime de panier.
Pourtant plus d’une fois, nous lui avons déjà fait remarquer que nous ne travaillons pas pour rien et que notre prime de panier doit nous être versée.
Il faudra un jour taper du poing sur la table pour l’obliger à nous verser notre dû…
…MAIS EN PLUS
Il se moque de notre sécurité. Certains d’entre nous se déplacent avec des véhicules présentant des défaillances mécaniques et dangereux pour notre sécurité. Parce que ces véhicules peuvent d’un moment à l’autre provoquer un accident.
Alors, une seule façon de mettre cet exploiteur à la raison, c’est de ne plus utiliser ces véhicules et l’obliger à entreprendre des réparations.
Guadeloupe
Extraits de “l’écho des Télécom”
DES CONDITIONS DE TRAVAIL TOUJOURS PLUS DEGRADANTES
La montée du stress est pointée par tous comme préoccupation majeure. Elle est même antérieure à la mise en place des tours de vis et des écoutes hebdomadaires. Les agents soulignent le durcissement des méthodes de management qui s’illustre par exemple par des accrochages verbaux violents.
La perte d’autonomie dans le travail n’a d’égal que le paternalisme et la condescendance. Avec ces petits gadgets-cadeaux qu’on nous offre pour soi-disant nous récompenser. Le but? Faire du «chiffre», du chiffre, toujours du chiffre.
C’est encore pour cette raison que se manifeste la volonté toujours plus grande de classer (au sens hiérarchique) les individus entre eux, les équipes entre elles, les plateaux, les agences etc. Les représentants du personnel doivent sans arrêt se battre pour faire respecter l’interdiction de l’affichage des résultats individuels. Mais ce combat est allègrement contourné par la direction par le biais des classements des multiples challenges de vente diffusés sur Intranet.
IL FAUT IMPERATIVEMENT DES EMBAUCHES
Le recours au travail précaire (CDD) ou au temps partiel imposé (CDI-TP envisagés) se trouve accentué. L’exigence spontanée de nous tous est donc celle d’embauches conséquentes. Rappelons que la direction prévoit dans le meilleur des cas 4 créations de poste.
PAS TOUCHE A NOS HORAIRES!
C’est le leitmotiv chez les agents du 1014. On déplore la tactique inaugurée par la direction de l’AVSCB qui consiste à contourner les instances représentatives par le biais de «déjeuners» pris sur la pause repas des employés et consacrés à des négociations individualisées des horaires de travail.
LES PROFITS FINANCIERS FLEURISSENT
Les bons résultats financiers de 2004 et du premier semestre 2005 reposent essentiellement sur une recherche d’utilisation maximale de la charge de travail auprès d’un personnel toujours plus restreint.
C’est encore sur notre travail à nous qui sommes si peu respectés que les revenus des actionnaires en France et ailleurs fleurissent.
Usine Gardel
Pour la prochaine récolte: imprévoyance ou incompétence?
La réussite d’une campagne sucrière exige certaines conditions, notamment la bonne préparation de l’outil principal, l’usine. Il est clair qu’une usine mal préparée ne peut participer à réalisation d’une bonne campagne sucrière. Eh bien c’est ce que Gardel risque encore de connaître à la prochaine récolte. Chaque année, soit on construit mal, on casse et recommence, soit on reçoit les commandes en retard et on répare à toute vitesse avec toutes les conséquences que cela entraîne. Par exemple des pannes à répétition.
Aujourd’hui, les tuyaux de la fabrication commandés à la fin de la récolte dernière, manquent pour réparer. Si cette commande avait été faite plus tôt, on aurait sans doute eu moins de pression et nous les aurions mieux montés. Diriger c’est prévoir. Que IDD et ses sbires ne viennent pas dire après que c’est la faute des ouvriers si l’usine a pris du retard dans sa préparation.
Guadeloupe
Extraits du bulletin “sucrerie en lutte - Gardel”
ALERTE AUX MOUSTIQUES!
Ils sont là! Ils sont dans les toilettes, dans les tuyaux, dans la fosse des malaxeurs à sucre. Ils sont partout dans l’usine, ils se sont multipliés après les dernières pluies.
Les moustiques sont autour de nous et nous piquent toute la journée. Ce sont ceux dont on parle à la télé, à la radio et dans les journaux (l’Aedès Egypti). Ils peuvent transmettre des maladies graves comme la dengue.
La direction veut peut-être nous voir déserter notre poste pour réagir? Les moustiques sont là, il faut les «démoustiqueurs»?
ON PATAUGE DANS LA BOUE
On ne peut pas faire un pas dans la cour de l’usine sans patauger dans la boue. Cela est d’autant plus intolérable que la direction a su construire un parking bien bitumé, bien matérialisé à l’entrée de l’usine derrière la guérite. Si elle a su bitumer le parking, elle peut aussi bitumer la cour. Mais voilà, le mépris qu’elle nous porte l’empêche de le faire.
Extraits de “l’écho des hôpitaux” (CHU Pointe-à-Pitre)
ATTENTION! LE RAT TUE!
Alors que la DSDS lance des campagnes contre les rats, l’hôpital devient un repère pour ces dangereuses bestioles. Un établissement tel que le nôtre devrait être le premier à participer à la prévention. Mais c’est tout le contraire qui se produit! Les dirigeants de l’établissement ne savent-ils pas que les rats donnent la leptospirose? Ne savent-ils pas que cette maladie est très dangereuse? Attendent-ils que l’un d’entre nous soit attaqué pour réagir?
ADMISSIONS: ALERTE AUX RATS!
Désormais, les rats ne se contentent plus de laisser leurs traces de m… dans les pièces. Maintenant ils sont apprivoisés. Ils circulent la journée parmi les agents.
Cela fait plus d’une semaine que nous avons alerté notre direction. Elle nous avait compris! Mais elle n’a rien fait! Mais notre patience a des limites. (…)
LE NOUVEL HOPITAL, DISCUTONS-EN!
Annoncé à grand bruit, le dossier de la construction du Nouvel hôpital semble marquer le pas. En juin dernier les administrateurs s’étaient donné deux mois supplémentaires pour relancer ce dossier. Les deux mois sont passés et plus aucun bruit.
Nous qui sommes tous les jours confrontés à des problèmes d’exiguïté des locaux, de panne d’ascenseurs, d’insuffisance de parking , etc. avons tout intérêt à nous en inquiéter. Sinon ce dossier risque d’être enterré comme celui de l’ex-RFO, bâtiment qui était destiné à abriter l’école d’infirmiers!
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