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ÉCHOS DES ENTREPRISES
Guadeloupe
Danone. La grève se poursuit
Le patron de Danone, Delavigne, a quitté la table de négociation le mardi 25 octobre. Il rejetait ainsi les conclusions de l’inspecteur du travail qui notait l’illégalité de la société SGPY-Danone qui paye ses chauffeurs uniquement à la commission. L’inspecteur préconise l’instauration d’un nouveau statut pour les chauffeurs afin de leur assurer un fixe de 1600 euros comme le prévoit la convention collective nationale de l’industrie laitière. Le patron refuse d’appliquer cette convention. Pour lui, comme il le répète, «ce n’est pas parce que sa société gagne de l’argent qu’il est obligé de payer correctement ses travailleurs». Pour l’instant en tout cas il ne gagne rien. Depuis le 20 juin la production est arrêtée. Les travailleurs de la production et les chauffeurs avec leur syndicat UGTG réclament 7% d’augmentation pour les ouvriers et 4% pour les chauffeurs, ainsi que le paiement des heures supplémentaires et des primes dont une prime de froid.
Guadeloupe
Licenciements chez Gaddarkan
25 travailleurs ont reçu leur lettre de licenciement dans l’entreprise de travaux publics du Groupe Gaddarkan. Ces licenciements concernent les travailleurs qui s’occupent des terrassements routiers, des travaux de canalisation et des carrières. Sur près de 80 salariés qui travaillent dans cette entreprise 25 licenciements représentent une forte diminution du personnel (un peu plus d’un tiers de l’effectif). Ces travailleurs que le groupe Gaddarkan veut mettre à la rue ont pour la plupart plus de 10 ans d’ancienneté. Selon la direction de l’entreprise la Région ne leur offre plus de chantiers et elle a moins de travail à offrir au personnel.
Les Gaddarkan (père et fils) n’en sont pas à leur premier coup. En 2004 ils ont licencié 13 salariés. Les travailleurs ont fait un mois de grève, mais les patrons n’ont pas cédé. Au cours de la même année ils avaient déjà annoncé qu’ils allaient licencier 25 travailleurs. Cette année ils ont mis leurs menaces à exécution. D’autres menaces de licenciements sont prévues après la fin des chantiers en fin d’année.
Ce n’est pourtant pas le travail qui manque. Les routes sont abîmées par les pluies, des ponts méritent d’être refaits ainsi que des canalisations. La Région peut s’engager financièrement pour de nouveaux travaux, ce qui permettrait de sauvegarder des emplois.
Le syndicat UGTG avait entamé une procédure judiciaire et avait obligé la direction à suspendre les licenciements en attendant un plan de sauvegarde pour l’emploi. Mais la direction a finalement décidé de licencier.
Les Gaddarkan ont beau jeu de licencier et de déclarer que c’est la Région qui est responsable. En réalité la société préfère traiter avec des sous-traitants pour payer moins de personnel. Le Groupe s’est scindé en plusieurs entreprises que contrôlent différents frères Gaddarkan. Le béton contrôlé, la démolition et l’enrobage sont contrôlés par des groupes différents. Ces patrons savent se reconvertir et utiliser tous les moyens pour s’enrichir. La restructuration leur permet de diminuer le personnel mais aussi de porter un coup à toute organisation de défense du personnel.
Guadeloupe
Répression judiciaire contre cinq dirigeants de l’UNASS-UGTG
Le lundi 7 octobre, cinq responsables de l’UNASS-UGTG (syndicat des employés de la Sécurité Sociale affilié à l’UGTG) ont été gardés à vue pendant 9 heures dans les locaux du SRPJ: Guylène Césaire, Claude Egerton, Patrick Pentier, Franck Laublas et Raymond Gauthierot (le secrétaire général de l’UGTG), tous membres du Conseil Syndical. Ces dirigeants ont été convoqués par la justice suite à une plainte déposée contre eux en mai 2002 par le directeur de la sécurité sociale Jacques Thorin et celui qui vient de le remplacer, Henri Yacou. Ces derniers accusent les responsables de l’UNASS de les avoir séquestrés à cette époque au cours d’une mobilisation concernant la défense des revendications du personnel. Suite à la garde à vue, ces cinq militants de l’UGTG ont été mis en examen pour séquestration et entrave à la liberté du travail.
Les faits qui leur sont reprochés remontent à trois ans. Fait surprenant, c’est juste après la nomination du nouveau directeur, Henry Yacou, au mois d’octobre de cette année, que la justice se manifeste. Est-ce un avertissement de la nouvelle direction de la Sécurité Sociale pour mettre au pas l’UNASS? Pourtant Henry Yacou lors de son investiture, au cours d’une réception avait annoncé qu’il tiendrait compte des revendications du personnel. Qui l’a rappelé à l’ordre? Ce cadre qui visait un poste de directeur depuis quelques années, a d’abord rempli cette fonction en Guyane en attendant le départ de Thorin. Il est dans le même camp que les patrons du privé et du public qui ont décidé d’utiliser la répression judiciaire contre des responsables syndicaux, dans le but, vain du reste, de briser les luttes des travailleurs.
Guadeloupe-Abymes
Sécurité Sociale “ça suffit”
Voilà plusieurs mois que les agents d’accueil du Centre de Sécurité Sociale des Abymes protestent contre leurs conditions de travail et les conditions d’accueil des usagers du centre. Malgré les mobilisations successives, aucun geste pour améliorer la situation n’est venu des autorités responsables. Et ceci malgré les décisions actées lors d’un protocole qui a suivi leur dernière mobilisation de février 2005.
Le 26 septembre, à la suite d’une énième agression d’une de leurs collègues par un assuré en colère, les agents du centre d’accueil des Abymes ont fait valoir leur droit de retrait et ont cessé le travail.
Il faut savoir que le personnel du centre de sécurité sociale des Abymes travaille sous pression constante, ils ne sont que trois agents à l’accueil pour recevoir environ 200 personnes chaque jour et deux au service C.M.U pour en recevoir autant!!
Ces assurés sont nombreux par tous les temps devant la porte du centre trop exigu pour les contenir tous. La tension monte régulièrement, les assurés ne comprenant pas, avec raison, le peu de cas qui est fait de leur sort. Et se sont les agents qui payent pour les incompétences et l’incurie de la direction! Ils ont dit ça suffit!! La grève a démarré et un cahier de revendications a été remis au directeur général. Les agents réclament que:
- des travaux soient faits;
- qu’au moins des stores soient installés à l’extérieur pour abriter les usagers;
- que soit géré le flux des assurés;
- que les 2 agents de sécurité soient maintenus à leur poste;
- que l’amélioration de l’accueil en matière d’information et de confidentialité soit assurée.
Ils réclament aussi:
- Un parking pour le personnel;
- La formation continue pour l’ensemble du personnel;
- L’augmentation des moyens techniques de travail et la mise à disposition d’un correspondant en informatique pour pallier les pannes répétitives;
- La promotion au niveau 4 pour les agents de l’accueil.
Après un mois de grève, et devant leur détermination, la direction a cédé. Les travaux ont commencé le 25 octobre, et les agents seront déplacés momentanément au centre de Bergevin. Mais la vigilance demeure pour le reste des revendications.
Vous avez dit justice
Du 15-7 au 10-09-2003, les ouvriers de la plantation Bellevue (Baillif) appartenant à Francis Lignières, ont fait grève pour obtenir le paiement des jours fériés légaux. F. Lignières, non content de ne pas respecter la législation en vigueur sur les jours fériés, a porté plainte contre les grévistes. Résultat, les ouvriers grévistes ont été condamnés par la justice:
- Un premier à payer 900 euros, tous frais compris;
- 5 autres, à payer 3312 euros chacun, frais inclus;
- Et enfin 10 d’entre eux, 14 500 euros chacun.
Tout cet argent devrait être verser à F. Lignières. Et depuis plusieurs semaines les ouvriers condamnés ont commencé à payer ou plutôt se demandent comment ils pourront le faire. Ce sont des travailleurs qui très souvent ne perçoivent même pas le SMIC, dont le montant brut est de 1217,86 euros par mois.
Comment pourront-ils s’acquitter de ces condamnations?
F. Lignières, ce descendant d’esclavagiste, lui-même ayant un comportement quasi esclavagiste ne paie pas aux ouvriers ce qui leur revient de droit: le paiement des jours fériés légaux. Ces derniers font grève pour exiger leur dû. Et ne voilà-t-il pas que la justice les condamne à verser un véritable pactole à cet exploiteur. Comment s’étonner après que ces patrons esclavagistes ne respectent rien et affichent leur arrogance. On dirait qu’ils se savent à l’abri: la justice et les forces de police à leur service ; avec en plus des hommes politiques à leur dévotion.
Martinique
Bâtiment: les ouvriers exposés entre la vie et la mort
En l’espace d’une semaine, deux accidents se sont produits sur deux chantiers différents .Il s’agit tout d’abord du chantier «Pointe Courchet» au François où le mardi 18 octobre dans l’après-midi, un employé municipal s’est retrouvé coincé dans la cabine de sa camionnette par la pelle d’une pelleteuse. Alors que le conducteur d’engin était venu dégager la camionnette chargée de caillasses suite à une déformation de la route, subitement, pendant la manœuvre la pelle se fracassa sur la cabine juste dans le dos du conducteur. L’origine de cet accident provient de la rupture d’une durite hydraulique. Dans un état très grave , le conducteur de la camionnette se retrouva hospitalisé.
L’autre accident s’est produit le mercredi 26 octobre à 7 heures 15. Un électromécanicien qui travaillait pour l’entreprise la SIMP au Lamentin est mort la tête écrasée par le camion de la société. Il était seul à travailler à ce moment-là.
On ne sait pas encore les circonstances dans lesquelles s’est produit l’accident grave au François. Par contre ce que disent les ouvriers c’est que «ce n’est pas normal qu’une durite d’une pelleteuse se casse aussi brutalement. Est ce que cette machine avait reçu des visites régulières de contrôle? Cet engin répondait-il aux normes de sécurité?» Pas de réponse pour l’instant du côté des responsables.
Dans le bâtiment le rythme de travail imposé par le patronat est tel que bon nombre de travailleurs se plaignent d’une fatigue permanente. Mais c’est le cadet des soucis des patrons. Ce qui les intéresse c’est faire avant tout du profit.
L’autre accident sur le chantier de la SIMP, paraît lui aussi bizarre à tout le monde. La plupart des ouvriers se sont posés la question suivante: «comment peut on laisser un ouvrier effectuer seul un travail d’entretien sur du matériel aussi dangereux? Comment se fait-il que le camion ait reculé sur la victime au sol alors qu’il n’y avait personne aux alentours?» Personne ne comprend pour l’instant ce qui s’est passé.
Dans le bâtiment, les travailleurs sont de plus en plus exposés à un danger permanent. L’une des principales raisons est que les effectifs sont réduits. Actuellement, un ouvrier effectue le travail de deux voire de trois ouvriers; tout cela au nom de la rentabilité. Les cadences de travail augmentent de plus en plus. Voilà plus de 20 ans que les ouvriers n’ont qu’une demi-heure de pause casse croûte par jour. Le travail intérimaire et le travail clandestin sont actuellement une affaire juteuse pour le patronat. Ainsi les patrons embauchent qui et quand ils veulent et ils licencient à leur gré.
Voilà la réalité dans le bâtiment. Alors, il n’est pas étonnant que de tels accidents se produisent.
Guadeloupe
Succès de la grève dans les cliniques privées
Trois organisations syndicales: la CGTG, FGS-FO et l’UTS-UGTG, avaient appelé à la grève dans ce secteur le mardi 25 octobre. La négociation annuelle obligatoire de branche n’avait pas abouti après 7 mois de discussion, les patrons des cliniques privées ne voulant pas entendre parler d’une revalorisation satisfaisante des salaires. Les organisations syndicales demandaient 6% d’augmentation de la valeur du point, alors que la Fédération des cliniques proposait 2,8%. La grève a eu un effet salutaire: les patrons ont finalement cédé 4% le jour même. Les deux parties ont convenu que la négociation sur le renouvellement de la convention collective serait poursuivie ultérieurement.
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