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Haïti
La tempête Alpha, meurtrière, les dirigeants criminels
La tempête Alpha était la 22e tempête tropicale de la saison des ouragans dans l'Atlantique, elle a balayé l’île d’Hispaniola le 24 octobre, laissant derrière elle au moins 26 morts selon les responsables.
Du côté d’Haïti, parmi les régions touchées on retrouve les villes de Gonaïves, Jacmel, Léogane. Dans le Nord-Ouest les rivières autour de Port de paix ont débordé, 50 maisons ont été endommagées à Hinche.
Dans la zone métropolitaine, l’eau dévalant du Morne l’Hôpital a fait des dégâts emportant plusieurs maisons dans la commune de Carrefour. A Léogane, la rivière Rouyonne est sortie de son lit emportant une partie de la route, les patients de l'Hôpital Ste Croix qui étaient au rez-de-chaussée ont été transportés à l'étage. Au niveau de la Route du Sud, c'est le processus d'isolement qui se poursuit, les ponts de Grand-Gôave et de Léogane sont toujours désaffectés. La rivière de Jacmel a débordé isolant la ville une fois de plus.
Le bilan annoncé par le Bureau de Protection Civile a été d’au moins 12 morts, 4 disparus, 435 familles sinistrées, 189 maisons détruites et 208 maisons endommagées. Il est en dessous de la réalité. Dans ces inondations, plusieurs personnes ont disparu qui n’ont pas été recensées, sans parler des dégâts sur les maisons, les champs, le bétail.
Aux Gonaïves c’était la panique quand l'eau a commencé à inonder certains quartiers, la ville n’a jamais été restaurée un an après la catastrophe provoquée par la tempête Jeanne qui a fait plus de 2.000 morts en septembre 2004. Les promesses de relocalisation des habitants des quartiers les plus vulnérables n'ont jamais été tenues.
Le gouvernement Latortue utilise les dons et aides financières pour promouvoir des élections à la solde des nantis, et la MINUSTAH à des fins de répression. Ces matériels suffiraient pour intervenir au plus vite sur les routes, les rivières, et minimiser les effets des événements naturels.
Il y a cent ans la révolution de 1905 (deuxième partie)
La révolution russe de 1905 a vu pour la première fois dans l’histoire du Mouvement ouvrier apparaître les «soviets» ou «conseils ouvriers» en langue russe. Ils ont été de véritables organes de pouvoir ouvrier, dans les usines, les quartiers, les villes, création des ouvriers eux-mêmes.
Ce deuxième article raconte la suite de la révolution et la grève de novembre.
La grève de novembre 1905
Le travail a repris après le 21 octobre mais les réunions ouvrières se poursuivent le soir, la presse socialiste est diffusée, les ouvriers voient l’intérêt de travailler moins longtemps. Le soviet informé de ce souhait invite alors à revendiquer les 8 heures. Dans ce combat l’ouvrier n’a plus le soutien des libéraux, de certains entrepreneurs qui en octobre approuvaient la lutte contre l’absolutisme. La lutte pour les 8 heures amène donc les ouvriers à poser le problème de se préparer à prendre le pouvoir. L’insurrection, l’armement de la classe ouvrière apparaissent indispensables. Cela se discute à l’initiative des ouvriers d’usines les plus à l’avant-garde et est repris par le soviet.
La grève de novembre commence par celle des employés des Postes et télégraphes, puis celle des cheminots. Ces grèves gênent le commerce. Les ouvriers font donc appel à la conscience du soldat: en combattant la révolution, il défend un régime qui le broie lui aussi. C’est l’appel à la fraternisation des soldats avec les ouvriers en lutte. Dans plusieurs villes, à Moscou, à Saint Petersbourg, des soldats renoncent à tirer sur les manifestants.
En novembre également, la colère monte dans les campagnes où la misère règne. Les paysans refusent de fournir de nouveaux soldats, de payer des impôts. Les moujiks brûlent les châteaux, les propriétaires fuient. L’union des paysans envoie des représentants au soviet ouvrier.
Le pouvoir autocratique ne veut pas céder. Les ouvriers se préparent à l’insurrection. Pas question de faire semblant de croire que le tsar va accorder une constitution démocratique et que tout sera réglé.
Les manifestations ouvrières se multiplient. Des soldats s’y associent.
Pour s’opposer à la fraternisation des troupes avec les grévistes, le gouvernement fait appel à des bandes criminelles qu’il arme. La loi martiale est décrétée. La presse révolutionnaire attaquée. Le 26 novembre, le pouvoir fait arrêter le président du soviet de Saint Petersbourg. Le 3 décembre, c’est tout le soviet qui sera en état d’arrestation. Il aura fonctionné 50 jours. Mais les combattants ouvriers ne renoncent pas. Ils décident de se battre jusqu’au bout. (La fin dans le prochain numéro)
Déjeûner de soutien
Le comité contre le racisme et l’humiliation (Comité de soutien à M Hilaire Lefort) soutenant aussi Fritz et Mathias Mathiasin, La famille Baudoin, M Caroupanin et Madame Siousaran victimes des abus de la gendarmerie vous invite à son déjeuner de soutien:
Le vendredi 11 novembre à Midi. Chez M Baudoin (dit Alfala), route de Grande Savane à Petit Bourg. Réservation à faire à l’avance aux adresses suivantes:
-Au siège du comité, C/O Madly Lefort, 20 rue Alexandre Isaac (derrière le petit marché) à Petit-Bourg. Tel: 0590.95.71.65 ou 0690.42.45.62
-Au bar «le verger», 38 rue Alsace Lorraine, à Pointe à Pitre. Tel: 0590.83.98.90
U.S.A.
Rosa Parks, symbole de la lutte des noirs aux USA
Le 24 octobre dernier, Rosa Parks est morte à l’âge de 92 ans. Cette femme Noire a accompli un geste historique qui est à l’origine du mouvement de lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis et qui en fit un symbole de la lutte des Noirs. Le 1er décembre 1955, elle a refusé de céder sa place à un passager blanc dans un bus de la ville de Montgomery, en Alabama alors en pleine ségrégation raciale. Elle était alors âgée de 42 ans, et exerçait le métier de couturière. Elle a expliqué dans son autobiographie qu’à la fin d’une dure journée de travail elle avait éprouvé un sentiment de lassitude, qui l’avait conduite à ce geste d’insoumission.
L’Alabama est un état du sud des Etats Unis, l’un des plus racistes du pays. En 1955, dans les états du sud, les lois ségrégationnistes imposaient la séparation des Noirs et des Blancs dans les lieux publics. Dans les bus, qui comportaient 36 places assises, les 10 places avant étaient réservées aux Blancs, les Noirs pouvaient occuper les 10 places arrières. Les places centrales dépendaient de l’appréciation du chauffeur. Les bus étaient utilisés par une majorité de Noirs, mais lorsqu’il n’y avait plus de places assises et qu’un Blanc montait dans le bus, un Noir devait lui céder sa place, y compris à l’arrière. C’est ce qui est arrivé le 1er décembre, mais ce jour-là, Rosa Parks refusa de se lever.
Rosa Parks était alors membre de la NAACP (Association nationale pour l’avancement des gens de couleur). Dans son autobiographie, elle raconte: « je me souviens, petite fille, être allée me coucher en entendant les descentes du Ku Klux Klan (organisation criminelle blanche raciste) la nuit, en entendant un lynchage, et en ayant peur qu’ils mettent le feu à la maison ». Si elle explique son geste non prémédité par sa lassitude, elle ajoute qu’elle était due à sa révolte face à une situation qui obligeait les Noirs à toujours céder devant les Blancs. Après une longue journée de travail, elle a refusé de céder une fois de plus.
Rosa Parks fut arrêtée et condamnée à une amende pour violation de la loi. Cinq jours plus tard, une organisation nouvellement créée, dirigée par un jeune pasteur de 26 ans, Martin Luther King, appela les Noirs à boycotter les bus de la ville. Le boycott dura 380 jours. Le chiffre d’affaire de la compagnie de transport chuta de 60%. Les Noirs de l’ensemble des Etats Unis manifestèrent leur solidarité, alors que le Klu-Klux Klan tentait de terroriser les Noirs de Montgomery par des attentats à la bombe. Une centaine de personnes furent poursuivies pour atteinte à la liberté du commerce et certaines furent emprisonnées. Mais les Noirs ne cédèrent pas et obtinrent un premier succès. Le 13 novembre 1956, la cour suprême des Etats Unis déclara illégales les mesures de ségrégation dans les transports publics de l’Alabama.
Le boycott des bus servit d’exemple dans d’autres villes, comme Tallahassee en Floride, où il dura un an et fut victorieux.
Le geste de Rosa Parks est à l’origine du mouvement dit de résistance active non-violente dont le leader fut Martin Luther King. Il devint le plus important mouvement de masse des Noirs américains. Il eut un retentissement considérable aux USA et dans le monde. Il fut couronné de succès obligeant les USA à abolir toutes les lois ségrégationnistes, même si le racisme demeure encore dans les faits.
CÔTE D'IVOIRE
L’assassinat de Firmin Mahé par l’armée française
Le 13 mai 2005, un peloton de militaires français blessait légèrement d’une balle à la jambe Firmin Mahé, un Ivoirien de 30 ans, «coupeur de route» (bandit de grands chemins). Il ressort que ce serait pendant le transport de Mahé à l’hôpital que trois soldats français l’auraient probablement tué en l’étouffant avec un sachet en plastique. Puis ils l’ont livré au CHU de Man, une Capitale régionale à l’ouest de la Côte d’Ivoire.
Cet assassinat a été étouffé pendant plusieurs mois par le haut commandement de la force «licorne» déployée sur tout le territoire de la Côte d’Ivoire depuis le mois de septembre 2002.
La ministre de la Défense, Alliot-Marie, annonçait le 17 octobre dernier la suspension de l’ancien général qui commandait la force «licorne » de juin 2004 à juin 2005, le général Henri Poncet, du colonel Burgaud et d’un sous-officier qui faisait partie du dispositif de l’époque. Parallèlement à ces suspensions, le procureur du tribunal aux armées de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour homicide volontaire.
Le gouvernement français donne un général en pâture à l’opinion publique pour tout simplement s’assurer les bonnes grâces du Président ivoirien Laurent Gbagbo. Car les militaires français en Côte d’Ivoire ne sont pas à leur première crapulerie.
En effet, cette force d’intervention française, dont le rôle serait de s’interposer entre les deux camps opposés en Côte-d’Ivoire, n’en est pas à son premier assassinat. Au mois de novembre 2004 de violents affrontements avaient opposé les soldats de licorne aux jeunes fidèles au Président ivoirien Laurent Gbagbo. L’armée française avait alors tiré dans le tas faisant de nombreux morts et blessés. Auparavant il y avait eu ces vols d’argent commis par des soldats français chargés précisément de garder une banque. Belle armée en vérité!
Le gouvernement français a toujours couvert les assassinats, tortures et autres exactions de ses armées dans leurs forfaitures colonialistes. Alors aujourd’hui, pour tenter de redorer son blason auprès de la population ivoirienne, ce gouvernement fait sauter un fusible comme ce général Poncet. Mais il masque de plus en plus mal le fait que l’armée française est surtout en Côte d’Ivoire pour protéger les intérêts des grosses sociétés capitalistes françaises.
Martinique
CFTU: les chauffeurs ont gagné
Les chauffeurs de la CFTU (Compagnie foyalaise de transports urbains) ont obtenu satisfaction vendredi 28 octobre après trois semaines de grève. Organisés en intersyndicale CGTM-CSTM, ils s’étaient mobilisés au départ pour obtenir le déplacement d’un cadre jugé arrogant et peu compétent. La direction n’entendant pas désavouer son cadre, la grève prit une autre tournure. Les bus devant rester bloqués pour appuyer leur revendication, ils ont décidé de rajouter les revendications prévues dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires, notamment des augmentations de salaire et le paiement d’un 13ème mois. Jour après jour la mobilisation des chauffeurs est restée forte. Un jour, ils faisaient un barrage filtrant à Fort de France, interpellant les chauffeurs des bus de communes qui transportaient des passagers dans la ville, un autre jour ils organisaient une opération escargot à l’entrée de la ville. Seule une minorité de chauffeurs indépendants circulait.
En fin de semaine, renversement de situation: la direction de la CFTU et ses actionnaires, la CACEM, communauté d’agglomération des communes regroupant Fort de France, Lamentin, Schoelcher et Saint Joseph, ont accepté de donner satisfaction aux revendications des grévistes. Ces derniers ont obtenu le déplacement du cadre et le paiement d’un 13ème mois, la moitié étant payée dès décembre 2005 et la totalité en 2006. Les grévistes ont obtenu également le paiement des jours de grève.
A la CFTU, la lutte et la détermination ont payé.
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