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ÉditorialMartinique - HOPITAUX: Tous ensemble pour obliger le gouvernement à donner de l’argent pour le fonctionnement des hôpitaux
Ces jours derniers, les responsables syndicaux ont sensibilisé les personnels sur la dégradation de la situation budgétaire des hôpitaux depuis la mise en application de la réforme du financement des hôpitaux, selon la tarification à l’activité –T2A-. Ils ont décidé de lancer une mobilisation sur plusieurs jours pour la «défense de l’hôpital public» mobilisation qui regroupe toutes les catégories de personnels des hôpitaux.
En 2005, la part du financement des hôpitaux établie en fonction de l’activité déclarée est passée à 25% du budget des hôpitaux. Le CHG du Lamentin, celui de Trinité et le CHU de Fort-de-France connaissent déjà de grandes difficultés budgétaires. Les directions n’ont plus suffisamment d’argent pour effectuer les achats des deux derniers mois, en matériels de soins, d’hébergement et même en médicaments.
A brève échéance, les conséquences risquent d’être lourdes pour les salariés: aggravation des conditions de travail et baisses de salaires notamment pour les «précaires» à cause du non-remplacement des personnels en congé.
Pour la population, le risque est réel de voir l’hôpital public se paupériser et s’établir une médecine à deux vitesses. Celle pratiquée dans des établissements privés qui peuvent sélectionner les actes ou soins bien cotés, dits «à forte valeur ajoutée» et rapportant de l’argent et celle correspondant à des actes médicaux moins bien cotés qui serait exercée dans des hôpitaux sans gros moyens. Voilà le résultat de cette loi qui transforme l’hôpital en «entreprise» et le patient en «client».
Loin de permettre d’améliorer la situation dans les hôpitaux, la réforme du gouvernement Chirac-Raffarin peut tourner au cauchemar, si rien n’est fait pour obliger le gouvernement à compléter le financement nécessaire. C’est bien ce que comprennent les agents qui ont commencé à se mobiliser avec les syndicats.
Il y a toutes les chances que cette mobilisation, même sur trois jours, ne suffira pas à faire reculer le gouvernement. Mais elle peut être un premier pas vers un changement du rapport de force entre les salariés et les gouvernants à la solde des plus riches, des gros possédants et fortunés.
Ceux des hôpitaux ne sont pas seuls à être attaqués. Tous ces derniers mois, le gouvernement a multiplié les mesures anti-ouvrières, antisyndicales, anti-jeunes, anti-retraités. Cela a été tour à tour le cas avec la loi Fillon sur la Sécurité Sociale et le financement des hôpitaux, la loi sur les retraites, ou celle sur l’enseignement ou sur la privatisation de l’EDF. A chaque fois, ces mesures ont déclenché la désapprobation des salariés et ils l’ont fait savoir clairement.
Alors l’ensemble des salariés des hôpitaux a intérêt à participer massivement à la mobilisation syndicale et à tenir pour faire céder ces gouvernants qui multiplient les mesures scélérates contre les travailleurs.
Si aujourd’hui ceux des hôpitaux de Martinique se mettent en lutte, cela pourrait montrer le chemin à tous les autres salariés!
Dans bien d’autres services publics, les conséquences néfastes de la politique gouvernementale se font sentir. A la Poste, aux Télécom, à EDF, dans tous ces secteurs, le passage à la privatisation, véritable cadeau aux capitalistes, va se traduire pour les travailleurs par une aggravation de leur condition et par des pertes d’emplois. De même, l’application de la décentralisation va pénaliser d’autres travailleurs de la fonction publique, comme ceux de la DDE, car l’Etat n’accompagne pas ce transfert des financements nécessaires.
Alors, des raisons d’être mécontents, tous les travailleurs de la fonction publique en ont. Tous ceux du privé également victimes des bas salaires ou des salaires bloqués, ou de la précarité, tous ceux-là, tous ensemble, devront entrer en lutte dans un grand mouvement pour faire reculer le patronat et le gouvernement à son service.
Les syndicats de l’ANPE Guadeloupe dénoncent l’aggravation des conditions de travail
Les syndicats de l’ANPE en Guadeloupe ont dénoncé l’aggravation des conditions de travail à travers plusieurs interventions faites à la presse la semaine dernière. La CGTG puis l’UGTG, ont mis l’accent sur l’absence de plan de formation de la Région depuis presque deux ans aujourd’hui.
Depuis la dernière mandature de Michaux Chevry aucun plan de formation n’est sorti des bureaux de la Région. L’équipe Michaux Chevry s’était contentée de financer le maximum de demandes individuelles de formation avant les élections, pour tenter d’obtenir les voix de ceux qu’elle aidait. Aujourd’hui, l’équipe Lurel, qui a fait toute une publicité pour «l’école de la deuxième chance» n’a toujours pas mis en œuvre un plan de formation pour l’année 2005! Alors que cette année, avec la décentralisation, c’est la Région qui a en charge l’ensemble de la formation professionnelle, cette situation a pour conséquence de priver tous les chômeurs non indemnisés par les ASSEDIC de possibilités de formation, rémunérées et financées par la collectivité.
Pour les agents de l’ANPE qui n’ont guère d’emploi stable à proposer aux chômeurs, l’absence de propositions de formation aggrave les conditions de réception des demandeurs d’emploi. Depuis juillet 2001, les chômeurs sont convoqués tous les 6 mois par l’ANPE. Les convocations sont émises automatiquement et il y a très peu de moyens, pour les agents de l’ANPE, de repousser ces dates de convocation. Conclusion, les agences sont prises d’assaut par les chômeurs dès 8 heures du matin. Ceux-ci attendent parfois 3 heures avant d’être reçus pour s’entendre dire qu’il n’y a pas d’offre d’emploi ou pas de formation. Certains chômeurs acceptent de plus en plus mal ces déplacements et cette attente inutiles. Certains à bout de nerfs s’emportent et s’en prennent aux agents qui les reçoivent. Il y a déjà eu plusieurs agressions verbales contre plusieurs agents. La CGTG a dénoncé les convocations tous les 6 mois d’autant plus qu’une nouvelle mesure de l’ANPE vise à mettre en place des réceptions mensuelles pour tous les demandeurs d’emploi. Ces réceptions mensuelles vont à coup sûr aggraver encore les conditions de travail des employés de l’ANPE. Dans la situation actuelle de licenciements dans de nombreux secteurs, ces nouvelles convocations obligatoires permettront un contrôle encore plus étroit des chômeurs. Ces entretiens supplémentaires ne vont sûrement pas déboucher sur plus de placements sur des postes stables, et ce n’est pas leur objectif. Ils visent à faire accepter n’importe quel petit boulot aux chômeurs, petits boulots précaires faisant partie de la panoplie Borloo ou De Villepin. La CGTG a appelé les chômeurs à se regrouper dans les syndicats et à lutter pour obtenir de vrais emplois.
Martinique
Succès des grévistes des Leaderprice
En grève totale depuis le mardi 24 octobre, les employés des magasins Leaderprice ont repris le travail le mardi 8 novembre 2005 après avoir signé avec leur patron un accord leur donnant satisfaction sur une part importante de leurs revendications.
Ils ont obtenu notamment une augmentation de salaire de 65€ pour tous (ils demandaient 120€) à laquelle viennent s’ajouter 7€ en bons d’achat, la revalorisation de 13% de l’indemnité kilométrique. Ils ont obtenu également que le vendredi saint soit considéré comme un jour férié. Ce jour là les magasins seront ouverts mais l’organisation du travail sera faite sur la base du volontariat. Quant au Mardi gras et au Mercredi des Cendres où les magasins restent ouverts entre 8 et 12 heures, le personnel pourra bénéficier de l’une ou l’autre demi-journée. Les grévistes ont obtenu le respect de la convention collective nationale concernant la pause qui ne constitue pas du travail effectif dans les contrats de travail. Dans la foulée, les grévistes ont obtenu la clarification d’autres points concernant le fonctionnement des magasins.
A l’issue de ces négociations marathon, menée avec leur syndicat CGTM majoritaire dans ces entreprises et le syndicat CDMT, les grévistes ont repris le travail la tête haute. Ces travailleurs, jeunes pour la plupart, bien qu’éparpillés sur plusieurs communes, ont maintenu leurs piquets de grève, ils ont su déjouer les provocations, faire face aux déclarations de leur patron dénigrant leurs revendications salariales sur les ondes et rester soudés. En cette période où le patronat, appuyé par un gouvernement aux ordres, se sent très à son aise, c’est très encourageant pour les travailleurs de voir que les plus jeunes d’entre eux ne se laissent pas faire.
Guadeloupe
Toutes et tous en grève le 29 novembre
Les syndicats ont décidé d’appeler les travailleurs à une nouvelle journée d’action le 29 novembre 2005, pour poursuivre la mobilisation du 4 octobre. La CGTG, en particulier, fait valoir auprès des salariés, qu’il est nécessaire de maintenir une pression, ce qui pour elle constitue une forme de préparation à une véritable lutte d’ensemble de tous les travailleurs.
Nous à Combat Ouvrier appelons les travailleurs à participer très nombreux à cette journée de lutte du 29 novembre. Il est en effet très important de faire savoir au patronat et à ses gouvernants que le mécontentement des travailleurs grandit et finira par se transformer en véritable explosion de colère. Mais une telle explosion aura ceci de particulier, par rapport aux déchaînements actuels des jeunes des banlieues, qu’elle se produira dans les rangs de ceux qui sont les véritables maîtres de l’économie, ceux sans qui rien ne peut fonctionner.
Un jour ces «acteurs principaux de l’économie» vont poser leurs conditions pour continuer à faire tourner la machine!
Alors il faudra bien que les patrons cèdent sur les revendications et les changements importants réclamés par la classe des salariés!
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