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PARAÎT TOUTES LES DEUX SEMAINES   -   Samedi 19 novembre 2005      N° 934
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Martinique
Les agens d’EDF se font entendre

Depuis mercredi dernier, les agents d’EDF Martinique ont déposé un préavis de grève sur les bureaux de la direction à Pointe des Carrières.
Ce préavis est surtout le signe que rien ne va plus au Centre de Schoelcher où une trentaine d’agents dénoncent les conditions de travail qu’ils jugent insupportables, et exigent aujourd’hui que la direction prenne en compte leur demande d’une réorganisation du travail sur ce Centre.
Mais il faut surtout observer qu’au-delà des agents de Schoelcher, il semble bien qu’il existe un mécontentement général des agents d’EDF. Cela tient sans doute au fait que la direction, trop contente d’avoir eu ces derniers temps les coudées franches, a sans doute franchi le pas de trop. Il est clair que les assemblées du personnel qui se tiennent dans les différents centres recueillent un avis assez favorable et le cahier de revendication commence à prendre forme.
Résultat la direction d’EDF est aujourd’hui contrainte d’entamer des négociations. Ces négociations ont bel et bien commencé jeudi dernier à Pointe des Carrières sur la base des revendications des salariés. Ces négociations se poursuivront le mercredi 16 dans le même lieu.
D’ores et déjà quels que soient les résultats des négociations, c’est un palier qui est franchi dans ce secteur d’activité. Ce premier pas sera vraisemblablement suivi par d’autres car les travailleurs d’EDF sont appelés à une assemblée générale qui se tiendra le jeudi 17 pour faire le point sur les résultats obtenus.



Martinique
Présentation des mesures du plan Borloo au patronat! Une nouvelle série de contrats précaires pour les travailleurs!

Durant la première semaine de novembre, le Conseil général et la préfecture ont présenté au patronat le plan Borloo (ministre de l’Emploi), dit de «cohésion sociale» de janvier 2005. Ce plan comporte des nouveaux dispositifs d’aides à l’emploi. Il s’agit de remplacer les contrats emploi solidarité (CES) par de nouveaux contrats, les CA (Contrat d’avenir) et les CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi). En fait ces nouveaux contrats proposés aux RMIstes ne sont rien d’autre que des contrats à durée déterminée et précaires qui sont accompagnés par de nouvelles subventions pour le patronat.
Ces contrats d’avenir sont prévus dans le cadre d’une convention entre l’Etat et les collectivités pour des chômeurs RMIstes depuis au moins 6 mois. D’autre part, d’une durée minimale de deux ans, ils peuvent être prolongés d’un an ou de trois ans pour les handicapés ou les plus de cinquante ans. Payé au SMIC horaire, le salarié effectue 26 heures par semaine, c'est-à-dire qu’il perçoit une rémunération insuffisante pour subvenir à ses besoins. Le patron quant à lui en tire tout bénéfice, il est exonéré de charges sociales (accident de travail, allocations familiales et assurances sociales), mais en plus touche une subvention de 425,20 euros et une aide complémentaire dégressive. Cette aide comme le rappelle le Conseil général correspond à un «soutien à l’activité économique qui représente 40 % de son budget, soit 117 millions d’euros en 2004», bref! de l’argent pris directement dans la poche des contribuables. Et le préfet Yves Dassonville d’ajouter dans les colonnes du France-Antilles du 7 novembre: «l’argent est donné à l’entreprise et non à l’allocataire. On aide l’entreprise plutôt que l’employé».
A cette rencontre étaient présents: la direction départementale du travail, l’ANPE, les Assédic et l’Agence Départementale d’Insertion (ADI). «Un guide pour l’emploi» dans lequel figurent toutes les «mesures d’accompagnement à l’embauche et d’assouplissement de la réglementation» a été présenté au patronat.
Les contrats d’accom-pagnement à l’embauche mis en place par l’ANPE correspondent à vingt heures de travail hebdomadaire payées au taux horaire du SMIC et ce pendant 6 mois à deux ans. Dans ce cadre également, le patron est exonéré de charges sociales tout en percevant une aide correspondant à 95 % du SMIC.
Et toute cette politique appelée hypocritement «mesures du plan de cohésion sociale» consiste en des mesures qui ont pour objectif d’imposer aux Rmistes d’accepter n’importe quel emploi pour n’importe quel salaire. Voilà les mesures qu’ils prétendent combattre le chômage!
Malgré tous ces cadeaux faits aux patrons, ces derniers ne sont pas plus prêts pour autant à embaucher des Rmistes. Et le fait que Claude Lise, Président du Conseil général «déplore que les Rmistes ne bénéficient pas forcément d’une image très positive auprès des entrepreneurs» ne change rien.
En fait, les patrons ne se préoccupent que de leurs intérêts particuliers et les politiques sont à leur service pour défendre leurs intérêts généraux de classe. Les patrons ne choisissent d’embaucher que si ça les intéresse.
Les Rmistes quant à eux ne seront certainement pas dupes ; la plupart d’entre eux savent très bien que ces fameuses mesures du plan Borloo ne représentent rien de bon pour eux. En effet, pourquoi accepteraient-ils d’être exploités comme leurs collègues et d’être payés deux fois voire trois fois moins qu’eux?
Si les travailleurs veulent obliger les patrons à embaucher des Rmistes ou d’autres catégories de chômeurs, avec des salaires convenables pour tous, c’est seulement par leur combativité et leurs mobilisations qu’ils y arriveront.



Guadeloupe
Succès du repas de soutien du comité contre le racisme et l’humiliation

C’est dans une ambiance populaire et conviviale que s’est déroulé le repas de soutien du comité contre le racisme et l’humiliation, comité de soutien à M.Hilaire Lefort, Fritz et Mathias Mathiasin, aux familles Beaudoin et Capouranin, victimes de brutalités policières.
Plus d’une centaine de personnes ont participé à ce repas le vendredi 11 novembre à Grande-Savane Petit Bourg, chez M. Baudoin dit Alfala.
Le comité, créé en janvier 2005 pour soutenir M. Hilaire Lefort, un homme de 83 ans, sauvagement agressé et méprisé par des gendarmes de Basse-Terre, s’est depuis, élargi suite à d’autres agressions qui ont eu lieu au cours de la même année. Au mois de février, Fritz et Mathias Mathiasin ont été violemment frappés par des gendarmes du Lamentin alors qu’ils roulaient sur une piste cyclable. Les gendarmes qui effectuaient un contrôle sur la piste n’ont pas accepté que les Mathiasin leur fassent une remarque. Au mois de juin, ils s’en sont pris à la famille Beaudoin à Petit-Bourg, dont un fils a été molesté au cours d’une perquisition. Tôt le matin, les gendarmes ont brisé les portes d’entrée, cassé des meubles. Ils ont frappé le fils en lui cassant une dent.
Récemment, au mois de septembre, c’est la Famille Capouranin – Siousaram, à Dubédou le Moule, qui a été victime d’une perquisition effectuée par des policiers du SRPJ. Le père a été frappé, jeté par terre, menotté. Sa femme et ses deux enfants en bas âge ont été isolés dans une chambre. Les policiers ont brisé une porte vitrée pour pénétrer sur les lieux. Dans ces deux dernières affaires, le procureur a déclaré qu’il y avait eu erreur d’adresse! Il s’agissait selon les représentants de la justice et des forces de l’ordre de retrouver des gangsters. Mais toutes ces victimes n’en sont pas restées là. Elles ont rejoint le comité et ont porté plainte.
La présence de nombreux participants dans le repas de soutien prouve la solidarité qui se manifeste dans la population pour ces victimes. Cette manifestation a été aussi l’occasion que les membres du comité et ceux qui s’étaient déplacés par solidarité, passent un moment agréable ensemble. Une animation musicale avec la participation du chanteur Daniel Forestal et du saxophoniste Alain Meji, a été fortement appréciée. Une tombola s’est déroulée dans une ambiance sympathique. Le premier gagnant a eu droit à un coq sur pied provenant du poulailler de M. Baudoin. Les différentes victimes ont fait une intervention ainsi que Maître Rhodes, avocat de M. Hilaire Lefort. Madame Capouranin, elle, s’est exprimée en public pour la première fois. Les participants sont repartis satisfaits après quelques pas de danse.



Guadeloupe
Mort de Daniel Souila, un miliant actif de la CGTG

Daniel Souila était le secrétaire du syndicat CGTG de la DSDS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales). Il était membre de la commission exécutive et du bureau de la CGTG, au sein duquel il occupait la fonction de responsable des relations internationales. C’était un militant de longue date et très actif. Atteint d’une grave maladie, il a continué jusqu’au bout de ses forces à assumer ses responsabilités au sein de la Confédération. Il était estimé et aimé de ses camarades pour son efficacité, son sérieux et son humanité. Il avait choisi le combat syndical, mais il comprenait et appréciait l’action des militants de Combat Ouvrier. Il manquera à tous ses camarades.



Le Moule
La Sotradom pénalisée pour l’accident du Pont de Corneille

Le 24 juin 2003, sur le chantier d’alors du pont de Corneille, le jeune Patrick Brute était victime d’un accident mortel du travail. C’est l’entreprise de bâtiment et de travaux publics, la Sotradom, qui reconstruisait le pont. Mais elle avait sous-traité une part du marché à une entreprise spécialisée. C’est pour cette entreprise que travaillait Patrick Brute au moment de l’accident.
Le mardi 8 novembre dernier le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a condamné la Sotradom à une amende de 25000. Les rapports de l’Inspection du travail et de la gendarmerie avaient montré la responsabilité de cette entreprise qui ne respectait pas les règles de sécurité sur le chantier du pont de Corneille. Ce sont ces rapports qui ont permis de pénaliser la Sotradom.
Mais les parents de Patrick Brute, qui souffrent dans leur chair, doivent continuer toujours d’attendre puisque les juges ont décidé que l’affaire ne sera jugée devant le tribunal civil de Pointe-à-Pitre qu’à une date ultérieure. Il y a mort d’homme mais ces gens doivent attendre des années pour que le procès se tienne et pour recevoir les dits «dédommagements».



Martinique
Mobilisation du rassemblement pour la défense de l’hôpital public

Du 14 au 17 novembre, les organisations syndicales de la Santé, le syndicat des médecins, le syndicat national des cadres hospitaliers et l’union hospitalière ont appelé à la mobilisation pour « défendre l’hôpital public et obtenir du gouvernement les 66 millions nécessaires pour fonctionner correctement dans le respect des conditions de travail et de soins.»
Après avoir tenu une conférence de presse commune ces organisations regroupées en «Rassemblement pour la défense de l’hôpital public» ont appelé les délégués et militants à être présents le jeudi 10 autour de la délégation qui devait rencontrer le préfet.
Lors d’assemblées générales et dans de nombreuses réunions, les syndicats CGTM, CDMT, UGTM, ou FO, ont sensibilisé les personnels sur la dégradation de la situation dans les hôpitaux. Ils prévoient un renforcement de la mobilisation avec des grèves tournantes notamment dans les hôpitaux des communes du 14 au 16 novembre. Puis le jeudi 17 novembre, les organisations constituant le «rassemblement pour la défense de l’hôpital public» ont appelé à une grève générale dans la Santé.
Elles ont le soutien de l’association des maires de la Martinique et des associations représentant les usagers de l’hôpital. Une audience est prévue à l’agence régionale de l’hospitalisation pour informer le représentant de l’Etat des exigences minimum et immédiates pour permettre le fonctionnement des hôpitaux.
Ces organisations attendent une réponse des pouvoirs publics dans un délai de 10 jours, faute de quoi elles se disent prêtes à déposer un nouveau préavis de grève pour le 28 novembre.



Guadeloupe
Tous aux manifestations de soutien aux victimes des violences policières!

Les examens en audience publique des plaintes déposées contre les gendarmes par le fils Beaudoin, Fritz et Mathias Mathiasin auront lieu bientôt. Le mardi 29 novembre, à Basse-Terre c’est l’affaire du fils Baudoin qui sera examinée. Le jeudi 1er décembre Fritz et Mathias Mathiasin sont convoqués au tribunal de Pointe-à-Pitre.
Pour préparer la mobilisation, le comité de lutte contre le racisme et l’humiliation organise une conférence de presse le samedi 26 novembre à 10h30 à la salle Rémy Nainssouta à Pointe-à-Pitre et un meeting le lundi 28 novembre à 18h30 à Rémy Nainsouta.
Combat-Ouvrier lance un appel à une large participation à ces manifestations.
Tous devant le tribunal de Basse-Terre le mardi 29 novembre pour soutenir le fils Beaudoin!
Tous au tribunal de Pointe-à-Pitre le jeudi 1er décembre pour soutenir les Mathiasin!




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